par elenos » jeu. 10 oct. 2013, 15:18
Non, ce n'est pas plus juste, et il y a une raison essentielle à cela : c'est le mot grec (ou latin...) qui a été choisi, par les personnes dûment accréditées par la communauté pour le faire. Cette personne avait ses raisons de choisir le mot "croix" plutôt que "baton de voyage", et nous avons à les respecter.
Il y a sans doute d'autres raisons : il n'est pas tenu de penser que Jésus ignorait de quel manière il allait mourir, les évangélistes ont peut-être utilisé un terme qui, à leur époque, pouvait encore signifier bâton (en l’occurrence, stauros ou crux), et enfin, le texte évangélique a une structure orale et une rythmique à respecter, qu'on ne retrouve plus du tout dans nos traductions actuelles, mais que le grec s'efforce de respecter, et qui est par contre évidente en araméen. Les auteurs ne pouvaient donc pas remplacer un mot unique par toute une locution, sous peine de déséquilibrer totalement la texture du récit.
Je vous cite à nouveau : .
...et enfin, le texte évangélique a une structure orale et une rythmique à respecter, qu'on ne retrouve plus du tout dans nos traductions actuelles, mais que le grec s'efforce de respecter, et qui est par contre évidente en araméen. Les auteurs ne pouvaient donc pas remplacer un mot unique par toute une locution, sous peine de déséquilibrer totalement la texture du récit
Vos connaissances relèvent ici d'une belle érudition. Notamment du grec des évangiles ! Je suis bien loin de là !
Je ne connais ni l’hébreu ni l’araméen. Par contre connaissant le grec classique (et le latin) et même celui plus tardif des évangiles, ce que vous dites est parfaitement vérifiable (quand on le cherche toutefois car ce n'est pas évident). J’ai relu la traduction de l’évangile de Jean par sœur Jeanne d’Arc. Cette dernière est (à ma connaissance) la seule qui présente le texte grec avec une rythmique
qu’elle matérialise par des coupures que l’on retrouve mais
en lisant à haute voix (un peu comme dans la prosodie de certains poètes modernes). D’autre part elle tente de la reproduire en français. Cette rythmique du texte grec n’a rien de la versification traditionnelle des poètes grecs qui était fondée sur la longueur des voyelles mais elle suit parfaitement
le souffle du lecteur. Surtout lorsque l’on sait qu'on lisait surtout au moins à voix haute ou basse comme dans les monastères. Je ne crois pas qu’il existe ailleurs des textes grecs des évangiles reproduisant ces coupures pour respecter le souffle de la voix humaine. Peut-être dans les manuscrits des monastères d’orient ...
Merci pour ces apports de vos connaissances que vous donnez ici.
PS En fait j'ai lu quelque chose de semblable. Dans la bibliothèque d'une université américaine, lors d'un séjour aux USA. Une "mise en page" d'évangile grec par un professeur de langues anciennes et qui reproduisait le "souffle" du lecteur. Je n'ai pas eu l'idée d'en recopier un chapitre.
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Non, ce n'est pas plus juste, et il y a une raison essentielle à cela : c'est le mot grec (ou latin...) qui a été choisi, par les personnes dûment accréditées par la communauté pour le faire. Cette personne avait ses raisons de choisir le mot "croix" plutôt que "baton de voyage", et nous avons à les respecter.
Il y a sans doute d'autres raisons : il n'est pas tenu de penser que Jésus ignorait de quel manière il allait mourir, les évangélistes ont peut-être utilisé un terme qui, à leur époque, pouvait encore signifier bâton (en l’occurrence, [i]stauros [/i]ou [i]crux[/i]), et enfin, le texte évangélique a une structure orale et une rythmique à respecter, qu'on ne retrouve plus du tout dans nos traductions actuelles, mais que le grec s'efforce de respecter, et qui est par contre évidente en araméen. Les auteurs ne pouvaient donc pas remplacer un mot unique par toute une locution, sous peine de déséquilibrer totalement la texture du récit.[/quote]
Je vous cite à nouveau : .[i]...et enfin, le texte évangélique a une structure orale et une rythmique à respecter, qu'on ne retrouve plus du tout dans nos traductions actuelles, mais que le grec s'efforce de respecter, et qui est par contre évidente en araméen. Les auteurs ne pouvaient donc pas remplacer un mot unique par toute une locution, sous peine de déséquilibrer totalement la texture du récit[/i]
Vos connaissances relèvent ici d'une belle érudition. Notamment du grec des évangiles ! Je suis bien loin de là !
Je ne connais ni l’hébreu ni l’araméen. Par contre connaissant le grec classique (et le latin) et même celui plus tardif des évangiles, ce que vous dites est parfaitement vérifiable (quand on le cherche toutefois car ce n'est pas évident). J’ai relu la traduction de l’évangile de Jean par sœur Jeanne d’Arc. Cette dernière est (à ma connaissance) la seule qui présente le texte grec avec une rythmique [b]qu’elle matérialise par des coupures [/b]que l’on retrouve mais [b]en lisant à haute voix[/b] (un peu comme dans la prosodie de certains poètes modernes). D’autre part elle tente de la reproduire en français. Cette rythmique du texte grec n’a rien de la versification traditionnelle des poètes grecs qui était fondée sur la longueur des voyelles mais elle suit parfaitement [b]le souffle du lecteur[/b]. Surtout lorsque l’on sait qu'on lisait surtout au moins à voix haute ou basse comme dans les monastères. Je ne crois pas qu’il existe ailleurs des textes grecs des évangiles reproduisant ces coupures pour respecter le souffle de la voix humaine. Peut-être dans les manuscrits des monastères d’orient ...
Merci pour ces apports de vos connaissances que vous donnez ici.
PS En fait j'ai lu quelque chose de semblable. Dans la bibliothèque d'une université américaine, lors d'un séjour aux USA. Une "mise en page" d'évangile grec par un professeur de langues anciennes et qui reproduisait le "souffle" du lecteur. Je n'ai pas eu l'idée d'en recopier un chapitre.