bonjour
1. je suis entiérement d'accord avec Kisito sur l'appréciation de la valeur exemplaire de la vie des saints canonisés : nous ne savons pas au final le pourquoi de la sainteté, le ressort profond qui fait que quelqu'un est au Ciel. De ce que l'Eglise ait canonisé quelqu'un en inférer que tous les actes et choix de sa vie sont exemplaires est une erreur.
La T.S. Vierge comme vous le dites, non seulement échappe à ce principe, mais en plus elle a correspondue entiérement aux grâces et dispositions de Dieu.
A la différence d'un saint même très saint, nous ne savons pas s'il l'a été autant que Dieu avait prévu qu'il puisse l'être, selon les caractères, les dispositions, les qualités, etc qu'Il lui a donné au cours de sa vie.
ajout personnel : c'est la limite des certains arguments qui veulent qu'il soit pertinent de canoniser des contemporains au motif qu'on pourrait plus facilement se retrouver dans leur vie. Le curé d'Ars est une source d'inspiration pour tout curé, même s'il n'a pas connu internet, les automobiles, qu'il a vécu à tel endroit perdu des Dombes au milieu du XIXeme. Ce qui nous inspire de sa vie est justement ce qui est l'illustration d'un principe, transposable en tout temps et lieux.
On le voit dans les sermons de St Thomas sur quelques vies de saints, notamment St Martin : ce qui nous importe n'est pas le détail terrestre de leur vie, mais la personnalité spirituelle, c'est le saint qui nous interesse, pas le tatonnement de sa vie terrestre dont la connaissance que nous avons du reste est le fruit d'un travail d'historien : qui a compilé des matériaux, incomplets, choisis, interprétés, etc. l'apparence extèrieure seule.
Nous savons peu de choses de la vie terrestre de St martin cependant nous savons qui il est. Et c'est avec cette personne dégagé de la coquille terrestre que nous entretenons une relation. Un peu comme une icône.
2. pour autant j'ai une reserve sur une de vos formules :
La seule raison qui doit motiver nos actions pour qu’elles soient bonnes c'est la gloire de Dieu. Tout doit être fait à cette fin, sinon ce qu'on fait est quelque part vicié.
Je ne suis pas d'accord pour deux raisons.
2.a. Un acte peut être qualifé de "bon" alors qu'il a une fin simplement naturellement (bonne).
Une matière bonne ou neutre jointe à une intention qui n'est pas mauvaise fait un acte moralement bon, même sans intention surnaturelle.
Une personne qui se propose d'aider son voisin, pour des raisons simplement philosophiques fait un acte qui moralement est bon.
Cet acte bon, pour un baptisé en état en grâce, mérite.
Certes ce mérite n'est pas pour la vie eternelle mais dans son ordre naturel : pour la vie terrestre.
C'est à dire pour parler un peu en épicier que Dieu doit accorder à cette personne des biens dans cet ordre naturel en récompense : dans l'ordre de la santé, de la bonne fortune, etc Notez que ces biens restent des biens : c'est à dire des choses qui conduisent au salut, par suite la "récompense" d'une action bonne peut tout à fait être une privation, une absence de telle ou telle chose, justement car elle déclenchera une reflexion chez cette personne sur le sens de sa vie, ou un plus grand détachement etc.
Une fin surnaturelle n'est donc pas condition de la bonté d'un acte.
Un acte qui ne serait pas fait en vue d'une fin surnaturelle n'est pas pour autant vicié.
Un acte peut être bon, sans avoir pour intention une fin surnaturelle.
2.b.On peut discuter aussi de l'intention : dans quelle mesure doit avoir une fin surnaturelle pour intention quand on pose l'acte.
on distingue plusieurs intentions : actuelle, habituelle (et aussi virtuelle, et parfois d'autres encore).
L'intention actuelle consiste à avoir à l'esprit la fin pour laquelle on pose l'acte, alors que l'on pose l'acte.
L'intention habituelle consiste à poser un acte pour une raison décidée antérieurement mais que nous n'avons pas nécéssairement à l'esprit au moment où on agit.
un exemple :
un chrétien décide de se passer de nutella, de confiture et autre à son petit déjeuner pour s'en tenir à du pain et du liquide caféiné, afin d'offrir cette sécheresse au profit des âmes du purgatoire, ou des chrétiens d'orient, ou pour toute autre intention.
Au des années il fait ainsi simplement parce qu'il n'y a rien d'autre dans ses placards, et n'a pas à l'esprit brumeux du matin l'intention de se passer de ces choses, ni l'intention de s'en passer pour telle ou telle raison.
Il pourrait se dire que ses actes sont faits sans intention de chercher la gloire de Dieu,
et pourtant la théologie morale nous dit que pour Dieu, tant que nous n'avons pas retiré notre intention première, elle continue d'informer nos actes, même si nous n'avons plus à l'esprit cette intetion première.
Toutes ces mortifications alimentaires sont donc devant Dieu réalisées aux intentions qui les ont motivées, même si nous même en avons oubliés la raison.
On parle d'actualiser l'intension justement du fait de rafraichir notre intention : de nous reconnecter à la fin pour laquelle on pose des actes.
C'est aussi pourquoi on recommande des offrandes d'oeuvres par exemple le matin, afin que toute la journée soit offerte, sachant que nous n'y penserons pas, pris dans le cours des événements. On recommande aussi réguliérement des récollections et retraites aussi à cette fin de retrouver la source qui vivifie nos actes. Pas tellement pour faire de nouvelles choses mais pour retrouver la raison des choses que l'on fait.
Cette intention habituelle suffit pour rendre surnaturelle la plupart des actes de la vie courante.
Il est donc faux de dire qu'un acte qui n'est pas fait en vue de la gloire de Dieu est vicié, au sens où il faudrait avoir à l'esprit la gloire de Dieu quand on le pose.
L'état de grâce donne une valeur eternelle à n'importe quel acte naturellement bon.
précision : cette intention habituelle ne suffit pas pour tous les actes, certains requierent une intention actuelle, c'est le cas par exemple du canon de la Messe pour le prêtre.
Pour les laïcs : la communion probablement doit être faite avec une intention actuelle, je crois qu'il en va ainsi pour l'absolution dans la confession, et que c'est la raison pour laquelle le prêtre demande de réciter l'acte de contrition au moment où il pronnonce la formule d'absolution.
Dans la prière de l'Office je crois qu'il y a quelque chose aussi de ce genre, en tout cas que pour ceux qui sont y tenus les distractions sont péchés graves.
L'Eglise en bonne mére a disposé à cette fin de l'Office d'une prière à prier avant et après l'Office et qui est très belle au demeurant : aperi os meum... elle a pour fin de concéder une indulgence et notamment de la rémission des fautes qui auraient été commises durant l'Office sous le coup de la faiblesse humaine.
Le rit dominicain en connait une variante qui remplace l'un des paragraphe par O sacrum convivium... renvoyant l'intention de celui qui va prier l'Office à la considération de la présence réelle.
mon intention - actuelle ni habituelle - n'étant de jouer le professeur
je vous souhaite une sainte journée