Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

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Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par archi » lun. 01 juil. 2013, 21:45

AdoramusTe a écrit :Je remarque que ceux qui agitent en permanence le BEC sont de très mauvais promoteurs de la liturgie traditionnelle car ils privilégient l'intellect plutôt que l'expérience personnelle. Et très souvent, l'effet est inverse de celui escompté.
Certes. Le BEC n'est pas dénué d'intérêt, mais de toutes façons il ne fait pas le tour de la question. L'intérêt du texte que j'ai mentionné, c'est qu'il ne parle pas que du BEC. Mais comme vous dites, l'intellect ne suffit effectivement pas.
Néanmoins, rappeler les paroles de Benoit XVI «Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste.» me semble déjà un bon point de départ.
Tout à fait d'accord.

In Xto,
archi.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par AdoramusTe » lun. 01 juil. 2013, 21:38

archi a écrit : Le fait de découvrir ce qui a été perdu ne doit pas exclure la (juste) critique. Et quelque part, je ne comprends pas cet acharnement de certains à vouloir soutenir la messe traditionnelle en s'empressant de préciser que les 2 formes sont également valables. Si la messe traditionnelle a survécu malgré une interdiction (jugée depuis illégitime), ce n'est pas juste par nostalgie ou par recherche d'un certain style esthétique, mais bien parce que la nouvelle présente d'énormes insuffisances, certaines évidentes pour qui assiste simplement aux 2 liturgies telles qu'elles sont habituellement célébrées, d'autres qui requièrent plus d'examen des différences ou de bonnes connaissances liturgiques. Et il convient de pointer ces insuffisances là où elles ne sont pas évidentes pour tout le monde.
Je ne dis pas que ces « études » sont inutiles. Je m'y intéresse moi-même. Je dis simplement que dans la pratique, ce n'est pas ce qui peut venir en premier, pour le fidèle moyen d'aujourd'hui.
Je remarque que ceux qui agitent en permanence le BEC sont de très mauvais promoteurs de la liturgie traditionnelle car ils privilégient l'intellect plutôt que l'expérience personnelle. Et très souvent, l'effet est inverse de celui escompté.

Néanmoins, rappeler les paroles de Benoit XVI «Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste.» me semble déjà un bon point de départ.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par archi » lun. 01 juil. 2013, 21:18

AdoramusTe a écrit :Personnellement, je pense que la meilleure promotrice de la messe traditionnelle est elle-même.
Il faut en faire l'expérience soi-même pour comprendre ce qui a été perdu et du fossé qui a été volontairement mis entre deux formes.
C'est pourquoi il est plus efficace de la faire découvrir aux autres que de diffuser des argumentaires comme celui de l'abbé Aulagnier.
A mon sens, il vaut mieux lire le livre l'abbé de Servigny, "Orate Fratres", qui ne s'engage pas sur le terrain de la critique de la réforme et laisse le lecteur réfléchir (viewtopic.php?f=154&t=25565)
Le fait de découvrir ce qui a été perdu ne doit pas exclure la (juste) critique. Et quelque part, je ne comprends pas cet acharnement de certains à vouloir soutenir la messe traditionnelle en s'empressant de préciser que les 2 formes sont également valables. Si la messe traditionnelle a survécu malgré une interdiction (jugée depuis illégitime), ce n'est pas juste par nostalgie ou par recherche d'un certain style esthétique, mais bien parce que la nouvelle présente d'énormes insuffisances, certaines évidentes pour qui assiste simplement aux 2 liturgies telles qu'elles sont habituellement célébrées, d'autres qui requièrent plus d'examen des différences ou de bonnes connaissances liturgiques. Et il convient de pointer ces insuffisances là où elles ne sont pas évidentes pour tout le monde.

Il ne s'agit pas d'être en état de guerre permanente, mais il faut être ferme sur le respect accordé à la liturgie sacrée, et plus encore à la Très Sainte Eucharistie qui y est consacrée. Le moins que l'on puisse dire est que le respect dû et traditionnellement porté à celle-ci s'est énormément amenuisé dans les célébrations modernes. Et tout ne s'y réduit pas à ce qu'on peut qualifier d'"abus" vis-à-vis des textes.

In Xto,
archi.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par AdoramusTe » lun. 01 juil. 2013, 20:17

Suliko a écrit : Par contre, une chose que j'apprécie de la forme ordinaire, c'est la lecture d'un passage de l'AT.
C'est vrai que les passages de l'A.T. sont intéressants car mis en rapport avec l'Evangile.
C'est un inconvénient mineur.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par Suliko » dim. 30 juin 2013, 21:28

Personnellement, je pense que la meilleure promotrice de la messe traditionnelle est elle-même.
Il faut en faire l'expérience soi-même pour comprendre ce qui a été perdu et du fossé qui a été volontairement mis entre deux formes.
C'est pourquoi il est plus efficace de la faire découvrir aux autres que de diffuser des argumentaires comme celui de l'abbé Aulagnier.
Je suis tout à fait d'accord avec vous. Et je dirais même plus : le contact direct avec n'importe quelle liturgie traditionnelle (par exemple celle de Saint Jean Chrysostome) peut amener à une prise de conscience de l'appauvrissement subi.
Le problème, c'est qu'il est possible de se voir répliquer que la forme ordinaire est trop souvent mal célébrée. A cela, je ne sais que répondre, car je ne connais pas assez les détails techniques des deux formes.
Par contre, une chose que j'apprécie de la forme ordinaire, c'est la lecture d'un passage de l'AT.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par AdoramusTe » ven. 28 juin 2013, 9:26

archi a écrit : Je n'ai pas tout lu et il y aura certainement des points que je ne partage pas, mais bon, l'abbé rappelle notamment ce qu'ont dit ou écrit le RP Bouyer, Mgr Gamber, le Card. Ratzinger, le Card Stickler... Rien que pour ça, ça vaut le coup de les (re)lire.
Personnellement, je pense que la meilleure promotrice de la messe traditionnelle est elle-même.
Il faut en faire l'expérience soi-même pour comprendre ce qui a été perdu et du fossé qui a été volontairement mis entre deux formes.
C'est pourquoi il est plus efficace de la faire découvrir aux autres que de diffuser des argumentaires comme celui de l'abbé Aulagnier.
A mon sens, il vaut mieux lire le livre l'abbé de Servigny, "Orate Fratres", qui ne s'engage pas sur le terrain de la critique de la réforme et laisse le lecteur réfléchir (viewtopic.php?f=154&t=25565)

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par archi » jeu. 27 juin 2013, 22:09

Cgs a écrit :Pas du tout. Lire une rupture est une profonde erreur. En regardant les deux missels, et des missels et des formes du rite plus anciens, je suis frappé par la constance de la structure de la Sainte Messe. Regarder l'évolution du Canon est d'ailleurs très éclairant.

Je ne comprends pas cette obstination à cracher, c'est le mot, sur une forme du rite. Ces critiques se mélangent d'ailleurs avec plein de choses qui n'ont rien à voir avec la forme du rite lui-même, et qui concernent davantage la façon dont les assemblées paroissiales.

Quelques questions simples : à quoi ces critiques servent-elles ? Proposent-elles des changements argumentés ? Essaient-elles de comprendre, sans approuver forcément, les changements effectués ? Discernent-elles bien les enjeux ? Je n'ai pas l'impression...
Je n'ai pas le temps de faire une réponse détaillée, mais j'ai vu que l'abbé Aulagnier vient de sortir un article qui répond largement à vos objections:
http://www.revue-item.com/8209/deprecie ... -possible/

Je n'ai pas tout lu et il y aura certainement des points que je ne partage pas, mais bon, l'abbé rappelle notamment ce qu'ont dit ou écrit le RP Bouyer, Mgr Gamber, le Card. Ratzinger, le Card Stickler... Rien que pour ça, ça vaut le coup de les (re)lire.

In Xto,
archi.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par AdoramusTe » mer. 26 juin 2013, 22:52

Cgs a écrit : Dans le cas "face au peuple", une solution est de mettre devant le prêtre une grosse croix de 30 cm de haut (bien évidemment tournée vers lui, et non vers les fidèles). Ainsi, au moment de la consécration, le prêtre reste le centre ("In persona Christi"): il célèbre la Sainte Eucharistie en regardant la Croix.
Bonsoir,

L'eau a passé sous les ponts depuis mon message de réponse à archi, et j'ai mis de l'eau dans mon vin.
Il faut dire que j'assiste plus régulièrement à la forme extraordinaire le dimanche.

J'ai fait l'expérience -- sans à priori -- que la forme extraordinaire, de part le rite, portait réellement à la prière d'une manière jamais atteinte même dans les rares endroits où la forme ordinaire est correctement célébrée.
J'insiste réellement sur le rite, et pas spécialement le latin ou le chant grégorien qui l'accompagne : le fait que le prêtre ne soit jamais en situation de face-à-face pendant toute la messe, les prières récitées à voix basse, les gestes, les génuflexions, l'absence de latitude laissée au prêtre pendant la célébration, l'absence de toute pollution qui vienne de l'arbitraire du prêtre, sacralité du sanctuaire, etc.
Tout cela fait partie des perceptions réellement objectives et non idéologiques. D'ailleurs, la moyenne d'âge de ceux qui suivent cette forme est particulièrement basse. Loin des querelles de rites, le mystère attire.

La forme ordinaire est élitiste dans le sens ou elle nécessite que le prêtre soit un vrai spécialiste de l'art de célébrer pour faire les choses convenablement, pour faire les bons choix, tellement les rubriques ont été appauvries. Le rite est devenu verbeux avec le maximum à voix haute, faisant perdre tout sens du mystère. Les gestes du prêtres réduits au maximum. Les normes insistent pour que le prêtre soit souvent face aux fidèles. C'est la part objective.
Ensuite, il y a tout ce dans quoi cette forme s'est embourbée : intervention massive et généralisée des fidèles dans le sanctuaire ainsi désacralisé, distribution de la communion par les fidèles, disparition des chorales remplacées par des assemblées chantantes et entraînant une baisse de qualité du répertoire musical qui n'est plus liturgique, animatrices liturgiques ultra présentes, etc.
Je pourrais parler des messes identitaires : messes des enfants, messes de familles, messe des jeunes, messe des espagnols, messe des africains, etc. Une vraie foire.
Vous parlez des jeunes prêtres, c'est vrai qu'ils sont mieux formés. Mais, hélas beaucoup sont déformés soit au contact des anciens soit par la pression des paroissiens et de l'environnement hostile.

Je déplore tout cela, pour tous les catholiques. Mais je suis convaincu qu'il y a une responsabilité objective dans le rite et que rien ne pourra être reconstruit sur une ruine.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par Cgs » mer. 26 juin 2013, 21:03

Bonsoir,

Dans le cas "face au peuple", une solution est de mettre devant le prêtre une grosse croix de 30 cm de haut (bien évidemment tournée vers lui, et non vers les fidèles). Ainsi, au moment de la consécration, le prêtre reste le centre ("In persona Christi"): il célèbre la Sainte Eucharistie en regardant la Croix.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par Anaisunivers » mer. 26 juin 2013, 20:14

Cgs a écrit :Personnellement, dans le Nouvel Ordo, je ne vois pas de préférence pour l'Inter Oecumenici. Après, il est possible qu'à une certaine époque on ait encouragé et réaffirmé le caractère communautaire de la Sainte Messe, chose que l'on avait peut-être un peu oublié. Il ne faut pas oublier que lorsque le prêtre célébrait face à Dieu au Moyen-Age, et que personne ne comprenait le latin ni ne le lisait dans l'assistance, les chapelles latérales n'étaient pas forcément recueillies et silencieuses. Le "risque" de l'Ad Orientem, si tant est que l'on peut employer ce mot, est de ne plus sentir la communauté, mais d'être un groupe d'individualités tourné vers Dieu. Or, la Sainte Messe n'est pas cela non plus, pas plus qu'un spectacle où l'on se regarde célébrer Dieu. Les deux formes (plus exactement le fait d'être tourné vers Dieu ou en assemblée) rappellent bien cette double symbolique de la Sainte Messe. Elles ne sont donc pas opposées, mais se complètent.
Le problème de cette interprêtation de la "communauté" est de négliger le rôle du prêtre : il reste le pasteur qui guide le peuple, il amène les prières des fidèles à Dieu. Communauté ou pas. En ce sens, être ad orientem a plus de sens...

In Christo,

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par Cgs » mer. 26 juin 2013, 13:59

Bonjour,
archi a écrit :Ah, la fameuse "forme ordinaire célébrée selon les normes de l'Eglise et les façons de célébrer traditionnelles", qu'on a tant de mal à trouver...
Première question, comment faites-vous pour célébrer de cette façon?
Avez-vous un autel orienté ou "face au peuple"? Pour la forme extraordinaire, les textes vous permettent de réclamer un lieu propice à la célébration orientée, mais pour la forme ordinaire, dans la plupart des lieux de culte, ça va être plus difficile...
Quelles options choisir parmi les innombrables options permises? Est-ce-qu'on peut prendre la Prex II? Ou une célébration "traditionnelle" se limitera-t-elle au canon romain (en omettant les listes des saints ou pas)? Etc...

C'est un des gros problèmes de la forme ordinaire, ce n'est pas une forme, c'est un canevas, et il faut au célébrant une énergie démesurée pour régler des tas de questions que les rubriques de la forme extra résolvent directement dès lors qu'on les a apprises. Mgr Aillet, qu'on ne pourra pas accuser d'être hostile à la FORM ni à sa célébration de façon "traditionnelle", avait fait cette constatation il y a quelques mois dans une interview.
Célébrer en FORM selon les normes liturgiques en vigueur ne pose pas, il me semble, de problème particulier quand le prêtre est prêt à le faire. L'orientation de l'autel peut se changer s'il est orienté, et dans certaines églises, l'autel n'a pas de sens particulier (du moment qu'il y a assez de place autour).

Les nombreuses options reflètent la souplesse de ce qu'est un missel, et évite justement de tomber dans un rubricisme et un rigorisme qui ne sont pas de mise dans la célébration de la Sainte Messe. Si un prêtre trouve qu'il y a trop d'options, il peut se fixer sur certains choix tout au long du temps liturgique annuel (voire tout au long de son sacerdoce, et c'est en pratique ce qui se passe le plus souvent).

Après, on peut effectivement penser qu'il y a trop d'options. Dans ce cas, il est tout à fait légitime de proposer et d'envisager une simplification de la FORM dans le futur. Mais à mon avis, ce n'est pas la priorité, et il faudrait déjà une traduction en français (et dans les autres langues) du Nouvel Ordo, et une correcte application de cet ordo dans les paroisses.
archi a écrit : Et finalement, en quoi une célébration en latin et grégorien, orientée, avec ars celebrandi traditionnel, du style de l'Oratoire de Londres, est-elle plus légitime ou légale au seul regard des normes (puisque vous mentionnez l'incapacité des évêques à faire respecter les normes), qu'une célébration en vernaculaire, avec cantiques en vernaculaire, face au peuple, sans abus liturgique particulier, disons du style qu'on peut trouver dans la plupart des églises parisiennes? Après tout, les instructions en vigueur lors de l'introduction du nouveau rite encourageaient, même si elles ne les rendaient pas obligatoires, la célébration face au peuple (Inter Oecumenici) et le vernaculaire (présentation du N.O.M par Paul VI: "Ce n’est plus le latin, mais la langue courante, qui sera la langue principale de la messe").

Et finalement, même si on a réussi à assembler un cadre exceptionnel style Oratoire de Londres qui permet une vraie célébration de la FORM selon l'ars celebrandi traditionnel (latin, grégorien, orientée, beaux ornements, servants d'autel entraînés... le tout de façon régulière), qu'a-t-on gagné par rapport à la FERM? Malgré tout ce qu'on peut faire, malgré toutes les options qu'on peut choisir, on garde un texte inférieur à celui de la FERM, composé en fonction de la théologie particulière des années 60 (alors que la FERM, qui a évolué organiquement tout au long des siècles, représente vraiment, de ce fait, la théologie de toute l'Eglise, et pas juste les accents théologiques d'une époque).
Je trouve que l'existence des deux formes du rite se complètent merveilleusement. D'ailleurs, une FORM bien célébrée ne change pas vraiment de la FERM. La langue courante permet au premier abord une compréhension plus aisée du contenu de la Sainte Messe. Le calendrier liturgique en 3 ans au lieu d'1 an permet de lire davantage la Bible dans un cadre liturgique (donc avec sermon derrière). Ces deux points sont très importants pour l'évangélisation. Evidemment, on ne retrouve pas cela en réalité depuis 1960, puisque l'application de ces normes, en France du moins, a clairement été un échec pour l'évangélisation, mais on ne peut nier que ces éléments la facilite. A nous de nous bouger pour amener des gens à la Sainte Messe !

Personnellement, dans le Nouvel Ordo, je ne vois pas de préférence pour l'Inter Oecumenici. Après, il est possible qu'à une certaine époque on ait encouragé et réaffirmé le caractère communautaire de la Sainte Messe, chose que l'on avait peut-être un peu oublié. Il ne faut pas oublier que lorsque le prêtre célébrait face à Dieu au Moyen-Age, et que personne ne comprenait le latin ni ne le lisait dans l'assistance, les chapelles latérales n'étaient pas forcément recueillies et silencieuses. Le "risque" de l'Ad Orientem, si tant est que l'on peut employer ce mot, est de ne plus sentir la communauté, mais d'être un groupe d'individualités tourné vers Dieu. Or, la Sainte Messe n'est pas cela non plus, pas plus qu'un spectacle où l'on se regarde célébrer Dieu. Les deux formes (plus exactement le fait d'être tourné vers Dieu ou en assemblée) rappellent bien cette double symbolique de la Sainte Messe. Elles ne sont donc pas opposées, mais se complètent.
archi a écrit : Bref, on a beau faire tout ce qu'on peut, la FORM et le cadre normatif qui va avec, restent une liturgie de rupture, composée et mise en oeuvre à une époque de rupture par des clercs imprégnés à un degré plus ou moins grand d'herméneutique de la rupture, et ce même si le missel et les textes n'allaient pas aussi loin que certains révolutionnaires qui sont à l'origine des abus les plus criants dans les célébrations actuelles. On aura beau y rajouter le maximum de détails traditionnels, on n'aura guère qu'un ersatz.
Pas du tout. Lire une rupture est une profonde erreur. En regardant les deux missels, et des missels et des formes du rite plus anciens, je suis frappé par la constance de la structure de la Sainte Messe. Regarder l'évolution du Canon est d'ailleurs très éclairant.

Je ne comprends pas cette obstination à cracher, c'est le mot, sur une forme du rite. Ces critiques se mélangent d'ailleurs avec plein de choses qui n'ont rien à voir avec la forme du rite lui-même, et qui concernent davantage la façon dont les assemblées paroissiales.

Quelques questions simples : à quoi ces critiques servent-elles ? Proposent-elles des changements argumentés ? Essaient-elles de comprendre, sans approuver forcément, les changements effectués ? Discernent-elles bien les enjeux ? Je n'ai pas l'impression...
archi a écrit : Les clercs de plus en plus nombreux, du style de Mgr Cordileone, qui redécouvrent depuis Summorum Pontificum le rite traditionnel, et se rendent compte de tout ce dont on les avait privés, étaient à priori, pour la plupart, des clercs plutôt conservateurs, respectueux des normes liturgiques, mais ils n'avaient jamais découvert cela dans les rubriques de la forme ordinaire...
La nouvelle génération de prêtres, et d'ailleurs de fidèles aussi, est très prometteuse. De nombreux prêtres se forment au deux formes du rite, des laïcs se bougent pour rendre les célébrations de la Sainte Messe très belles et priantes, certains évêques remettent la liturgie au coeur de la vie des croyants (et Dieu sait que ce n'est pas facile après la période que nous avons passée), des communautés retrouvent le goût de la vie monastique, etc.

In Xto,

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par archi » mer. 26 juin 2013, 12:58

AdoramusTe a écrit :Archi, je pense à vous en entendant parler de cet article ;) :
Oui, merci, j'avais vu. Bon article. ;)

In Xto,
archi.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par AdoramusTe » lun. 24 juin 2013, 22:06

Archi, je pense à vous en entendant parler de cet article ;) :

«The Devirilization of the Liturgy in the Novus Ordo Mass»

http://rorate-caeli.blogspot.com/2013/0 ... novus.html

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par Théophane » ven. 01 févr. 2013, 15:23

salésienne05 a écrit :Pour répondre à Théophane, chez nous aussi, dans la Société salésienne, société des Fils et société des Filles sont séparés (sauf le jour de la saint François de Sales). J'apprécie ces temps spirituels entre femmes, où l'on peut cheminer avec notre sensibilité propre. Les hommes aussi semblent apprécier être entre hommes. Ce qui n'exclue pas que nous vivions des temps forts tous ensemble, évidemment.
Exactement. A une époque où la mixité est partout (ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose), c'est important de pouvoir se retrouver entre hommes ou entre femmes. Même si certains le nient, nous avons une sensibilité différente, qui se retrouve également dans la spiritualité et la façon de vivre la foi.

Re: Une spiritualité plus masculine (Mgr Cordileone)

par archi » mer. 30 janv. 2013, 13:56

Ah, la fameuse "forme ordinaire célébrée selon les normes de l'Eglise et les façons de célébrer traditionnelles", qu'on a tant de mal à trouver...
Première question, comment faites-vous pour célébrer de cette façon?
Avez-vous un autel orienté ou "face au peuple"? Pour la forme extraordinaire, les textes vous permettent de réclamer un lieu propice à la célébration orientée, mais pour la forme ordinaire, dans la plupart des lieux de culte, ça va être plus difficile...
Quelles options choisir parmi les innombrables options permises? Est-ce-qu'on peut prendre la Prex II? Ou une célébration "traditionnelle" se limitera-t-elle au canon romain (en omettant les listes des saints ou pas)? Etc...

C'est un des gros problèmes de la forme ordinaire, ce n'est pas une forme, c'est un canevas, et il faut au célébrant une énergie démesurée pour régler des tas de questions que les rubriques de la forme extra résolvent directement dès lors qu'on les a apprises. Mgr Aillet, qu'on ne pourra pas accuser d'être hostile à la FORM ni à sa célébration de façon "traditionnelle", avait fait cette constatation il y a quelques mois dans une interview.

Et finalement, en quoi une célébration en latin et grégorien, orientée, avec ars celebrandi traditionnel, du style de l'Oratoire de Londres, est-elle plus légitime ou légale au seul regard des normes (puisque vous mentionnez l'incapacité des évêques à faire respecter les normes), qu'une célébration en vernaculaire, avec cantiques en vernaculaire, face au peuple, sans abus liturgique particulier, disons du style qu'on peut trouver dans la plupart des églises parisiennes? Après tout, les instructions en vigueur lors de l'introduction du nouveau rite encourageaient, même si elles ne les rendaient pas obligatoires, la célébration face au peuple (Inter Oecumenici) et le vernaculaire (présentation du N.O.M par Paul VI: "Ce n’est plus le latin, mais la langue courante, qui sera la langue principale de la messe").

Et finalement, même si on a réussi à assembler un cadre exceptionnel style Oratoire de Londres qui permet une vraie célébration de la FORM selon l'ars celebrandi traditionnel (latin, grégorien, orientée, beaux ornements, servants d'autel entraînés... le tout de façon régulière), qu'a-t-on gagné par rapport à la FERM? Malgré tout ce qu'on peut faire, malgré toutes les options qu'on peut choisir, on garde un texte inférieur à celui de la FERM, composé en fonction de la théologie particulière des années 60 (alors que la FERM, qui a évolué organiquement tout au long des siècles, représente vraiment, de ce fait, la théologie de toute l'Eglise, et pas juste les accents théologiques d'une époque).

Bref, on a beau faire tout ce qu'on peut, la FORM et le cadre normatif qui va avec, restent une liturgie de rupture, composée et mise en oeuvre à une époque de rupture par des clercs imprégnés à un degré plus ou moins grand d'herméneutique de la rupture, et ce même si le missel et les textes n'allaient pas aussi loin que certains révolutionnaires qui sont à l'origine des abus les plus criants dans les célébrations actuelles. On aura beau y rajouter le maximum de détails traditionnels, on n'aura guère qu'un ersatz.

Les clercs de plus en plus nombreux, du style de Mgr Cordileone, qui redécouvrent depuis Summorum Pontificum le rite traditionnel, et se rendent compte de tout ce dont on les avait privés, étaient à priori, pour la plupart, des clercs plutôt conservateurs, respectueux des normes liturgiques, mais ils n'avaient jamais découvert cela dans les rubriques de la forme ordinaire...

In Xto,
archi.

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