par etienne lorant » ven. 14 févr. 2014, 17:02
Récit de la conversion de Simone Weil:
C'est, ayant fait ces découvertes, qu'un jour de 1938, à Solesmes, elle vit l'expérience de la conversion soudaine, dont elle a laissé ce récit: "J'avais des crises violentes de maux de tête intenses. Comme j'avais le poème dont je vous ai parlé, intitulé Amour, je me suis exercée à le réciter en y appliquant toute mon attention et en adhérant de toute mon âme à la tendresse qu'il enferme. Je croyais le réciter seulement comme un beau poème, mais à mon insu, cette récitation avait la vertu d'une prière. C'est au cours d'une de ces récitations que, comme je vous l'ai écrit, le Christ lui-même est descendu et m'a prise"
Il s'est produit un saut. Du vide au "comble du comble", puisque ce qui, ici, comble l'âme, c'est le Christ lui-même. Simone Weil ne comprend pas d'abord ce qui se passe. Elle ne comprend pas comment elle est passée, subitement, de l'effroi devant l'abîme du malheur des hommes au transport vers Dieu, par Dieu. Dans les choses spirituelles, l'expérience excède et dépasse la théorie. L'expérience est en excès sur la réflexion rationnelle, qu'elle surprend et suspend tout à la fois: "Dans mes raisonnements sur l'insolubilité du problème de Dieu, écrit Simone Weil, je n'avais pas prévu la possibilité d'un contact réel, de personne à personne, ici-bàs, entre un humain et Dieu". Cette expérience précède la réflexion puisqu'elle la met en route et suscite le désir d'en savoir plus: "Depuis cet instant, écrit-elle à Joë Bousquet, le nom de Dieu et celui du Christ se sont mêlés de plus en plus irrésistiblement à mes pensées"
Extrait de : "Attente de Dieu" - Simone Weil
[b]Récit de la conversion de Simone Weil[/b]:
C'est, ayant fait ces découvertes, qu'un jour de 1938, à Solesmes, elle vit l'expérience de la conversion soudaine, dont elle a laissé ce récit: "[i]J'avais des crises violentes de maux de tête intenses. Comme j'avais le poème dont je vous ai parlé, intitulé Amour, je me suis exercée à le réciter en y appliquant toute mon attention et en adhérant de toute mon âme à la tendresse qu'il enferme. Je croyais le réciter seulement comme un beau poème, mais à mon insu, cette récitation avait la vertu d'une prière. C'est au cours d'une de ces récitations que, comme je vous l'ai écrit, le Christ lui-même est descendu et m'a prise[/i]"
Il s'est produit un saut. Du vide au "comble du comble", puisque ce qui, ici, comble l'âme, c'est le Christ lui-même. Simone Weil ne comprend pas d'abord ce qui se passe. Elle ne comprend pas comment elle est passée, subitement, de l'effroi devant l'abîme du malheur des hommes au transport vers Dieu, par Dieu. Dans les choses spirituelles, l'expérience excède et dépasse la théorie. L'expérience est en excès sur la réflexion rationnelle, qu'elle surprend et suspend tout à la fois: "[i]Dans mes raisonnements sur l'insolubilité du problème de Dieu, écrit Simone Weil, je n'avais pas prévu la possibilité d'un contact réel, de personne à personne, ici-bàs, entre un humain et Dieu[/i]". Cette expérience précède la réflexion puisqu'elle la met en route et suscite le désir d'en savoir plus: "[i]Depuis cet instant, écrit-elle à Joë Bousquet, le nom de Dieu et celui du Christ se sont mêlés de plus en plus irrésistiblement à mes pensées[/i]"
Extrait de : "Attente de Dieu" - Simone Weil