par spk » lun. 03 juin 2013, 12:11
Vous posez une question fondamentale. On devine bien qu'il faudrait éviter deux excès, qui seraient abolir tout sentiment et ne se fier qu'à ses sentiments, mais comment trouver le bon équilibre?
On s'accordera sans doute sur un point : le sentiment ne doit pas être la norme qui dicte le jugement et la conduite. Ce n'est pas parce que quelque chose m'attire que cette chose est bonne, et ma haine est mauvaise conseillère. Donc, le sentiment doit être soumis. Soumis à la vérité et à la justice, qui ne font qu'un.
Mais ce serait une erreur de sauter de "le sentiment ne doit pas être la norme" à "il faut faire taire le sentiment". Et plus qu'une erreur de logique, ce serait une faute, qui rappelle le concept de "banalité du mal" proposé par Hannah Arendt pour comprendre le cas d'Eichmann, cet homme qui a "su" faire taire ses sentiments afin de n'écouter que son "devoir", en quoi consiste toute sa monstruosité.
C'est que la vérité, elle aussi, peut n'être qu'illusion. Cette norme a besoin d'un signe qui l'authentifie. Or, ce signe, c'est la transformation intérieure qu'elle produit, ce que la tradition chrétienne nomme la charité. Qui croit être dans la vérité et est sans charité est un "sépulcre blanchi".
Celui qui dit la vérité, c'est le prophète. Mais il y a de faux prophètes. Comment reconnaître les vrais des faux? C'est à leurs fruits qu'il convient de les juger. Ces fruits sont l'amour et les vertus qui l'accompagnent.
La sécheresse du coeur est donc une épreuve, un moment de crise de la vie spirituelle, et certainement pas sa finalité.
Vous posez une question fondamentale. On devine bien qu'il faudrait éviter deux excès, qui seraient abolir tout sentiment et ne se fier qu'à ses sentiments, mais comment trouver le bon équilibre?
On s'accordera sans doute sur un point : le sentiment ne doit pas être la norme qui dicte le jugement et la conduite. Ce n'est pas parce que quelque chose m'attire que cette chose est bonne, et ma haine est mauvaise conseillère. Donc, le sentiment doit être soumis. Soumis à la vérité et à la justice, qui ne font qu'un.
Mais ce serait une erreur de sauter de "le sentiment ne doit pas être la norme" à "il faut faire taire le sentiment". Et plus qu'une erreur de logique, ce serait une faute, qui rappelle le concept de "banalité du mal" proposé par Hannah Arendt pour comprendre le cas d'Eichmann, cet homme qui a "su" faire taire ses sentiments afin de n'écouter que son "devoir", en quoi consiste [b]toute[/b] sa monstruosité.
C'est que la vérité, elle aussi, peut n'être qu'illusion. Cette norme a besoin d'un signe qui l'authentifie. Or, ce signe, c'est la transformation intérieure qu'elle produit, ce que la tradition chrétienne nomme la [b]charité[/b]. Qui croit être dans la vérité et est sans charité est un "sépulcre blanchi".
Celui qui dit la vérité, c'est le prophète. Mais il y a de faux prophètes. Comment reconnaître les vrais des faux? C'est à leurs fruits qu'il convient de les juger. Ces fruits sont l'amour et les vertus qui l'accompagnent.
La sécheresse du coeur est donc une épreuve, un moment de crise de la vie spirituelle, et certainement pas sa finalité.