par bassanio » sam. 13 janv. 2007, 2:53
Boris a écrit :bassanio a écrit :Bien entendu, chaque citoyen feint de s'y intéresser, mais son avis n'est que très superficiel.
Je pense surtout que l'avis est trop rapidement relativisé : ainsi il est vidé de son contenu.
"Moi je pense comme ceci mais ce n'est que mon avis personnel qui ne vaut pas plus pas moins que celui de mon voisin qui pense comme cela. Même si je pense le contraire, il faut être tolérant et laisser dire."
Ainsi va la vie

Vous finirez par avoir une maladie de foie (touchons du bois, la Croix par exemple) à force de vous en faire pour le salut d'autrui.
Boris a écrit :Il n'y a rien de pire que la tolérance ! Elle a chassé le respect pour le remplacer par l'indifférence.
C'est là que vous faites erreur. La tolérance n'est pas l'abandon de ses convictions, bien au contraire. Par exemple, nous pouvons parler de tolérance entre nous. Vous n'ignorez pas ce que je suis, et je n'ignore pas ce que vous êtes. La politesse ouvre le protocole de communication, le respect ouvre le regard sur la pensée de l'autre, et la tolérance fixe les limites de nos propos à ce qui est acceptable par l'autre. En fait, l'intolérance n'existe pas. La notion de tolérance l'inclut déjà. Ce qu'aujourd'hui on appelle l'intolérance n'est rien d'autre que le refus de communiquer.
Mais je suis d'accord avec vous pour dire que l'indifférence est une fuite de la réalité de l'autre. On préfère avoir une opinion superficielle qui n'est en rien basé sur l'expérience, mais sur des rumeurs non-vérifiées. Alors, on dit "les cathos", "les laïcards", "les fanatiques musulmans", "les ...", mais on n'a jamais vérifié par soi-même la réalité de la vie d'un catholique, d'un laïque (terme fourre-tout qui ne représente rien), un musulman, etc ...
"L'autre", aujourd'hui, se définit surtout comme tout ce que nous rejetons, mais mérite-t'il vraiment d'être rejeté ou ne porte-t'il pas injustement la "croix" dont on l'affuble. Je suis convaincu que nous pourrions être amis, faire de gentilles promenades à la campagne ou en forêt, tout en préservant nos convictions intimes. Cela aussi, c'est la tolérance. Elle agit à la fois comme un aimant, rapproche les individus et éloigne ses limites, et à la fois comme un repoussoir, éloigne les individus et rétrécit ses limites.
Votre opinion sur moi, le relativiste, est-elle toujours aussi détestable que ce vous auriez affirmé à prime abord sans les discussions que nous avons eu? C'est réciproque. J'ai déjà eu des propos abominables sur les "cathos". Je les nuancerai à l'avenir. Si nous ne sommes pas d'accord sur une série de points, nous nous comprenons humainement sûrement mieux. Voilà ce qu'apporte l'expérience de la rencontre. On ne change pas les gens, on apprend juste à mieux les connaître.
Voilà. Amicalement,
bassanio
[quote="Boris"][quote="bassanio"]Bien entendu, chaque citoyen feint de s'y intéresser, mais son avis n'est que très superficiel.[/quote]
Je pense surtout que l'avis est trop rapidement relativisé : ainsi il est vidé de son contenu.
"Moi je pense comme ceci mais ce n'est que mon avis personnel qui ne vaut pas plus pas moins que celui de mon voisin qui pense comme cela. Même si je pense le contraire, il faut être tolérant et laisser dire."[/quote]
Ainsi va la vie :) Vous finirez par avoir une maladie de foie (touchons du bois, la Croix par exemple) à force de vous en faire pour le salut d'autrui.
[quote="Boris"]Il n'y a rien de pire que la tolérance ! Elle a chassé le respect pour le remplacer par l'indifférence.[/quote]
C'est là que vous faites erreur. La tolérance n'est pas l'abandon de ses convictions, bien au contraire. Par exemple, nous pouvons parler de tolérance entre nous. Vous n'ignorez pas ce que je suis, et je n'ignore pas ce que vous êtes. La politesse ouvre le protocole de communication, le respect ouvre le regard sur la pensée de l'autre, et la tolérance fixe les limites de nos propos à ce qui est acceptable par l'autre. En fait, l'intolérance n'existe pas. La notion de tolérance l'inclut déjà. Ce qu'aujourd'hui on appelle l'intolérance n'est rien d'autre que le refus de communiquer.
Mais je suis d'accord avec vous pour dire que l'indifférence est une fuite de la réalité de l'autre. On préfère avoir une opinion superficielle qui n'est en rien basé sur l'expérience, mais sur des rumeurs non-vérifiées. Alors, on dit "les cathos", "les laïcards", "les fanatiques musulmans", "les ...", mais on n'a jamais vérifié par soi-même la réalité de la vie d'un catholique, d'un laïque (terme fourre-tout qui ne représente rien), un musulman, etc ...
"L'autre", aujourd'hui, se définit surtout comme tout ce que nous rejetons, mais mérite-t'il vraiment d'être rejeté ou ne porte-t'il pas injustement la "croix" dont on l'affuble. Je suis convaincu que nous pourrions être amis, faire de gentilles promenades à la campagne ou en forêt, tout en préservant nos convictions intimes. Cela aussi, c'est la tolérance. Elle agit à la fois comme un aimant, rapproche les individus et éloigne ses limites, et à la fois comme un repoussoir, éloigne les individus et rétrécit ses limites.
Votre opinion sur moi, le relativiste, est-elle toujours aussi détestable que ce vous auriez affirmé à prime abord sans les discussions que nous avons eu? C'est réciproque. J'ai déjà eu des propos abominables sur les "cathos". Je les nuancerai à l'avenir. Si nous ne sommes pas d'accord sur une série de points, nous nous comprenons humainement sûrement mieux. Voilà ce qu'apporte l'expérience de la rencontre. On ne change pas les gens, on apprend juste à mieux les connaître.
Voilà. Amicalement,
bassanio