De la dictature de la pensée ?

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : De la dictature de la pensée ?

Interview de Maurice Dantec

par jean_droit » ven. 05 janv. 2007, 14:05

Ce matin j'ai lu une interview du Point de Maurice Dantec.
Quoique je n'aime pas trop les propos extrémistes, j'ai trouvé qu'il apportait une note de fraicheur dans nos conformismes.
Cette phrase m'a semblée bien vue :
"Nous ne sommes pas « tous à l'Onu ». Nous sommes tous en Dieu-Christ, quelqu'un saisit la nuance ?"

par FMD » jeu. 04 janv. 2007, 0:08

[align=justify]
Karol W a écrit :Je ne vois pas en quoi le fait de publier un ouvrage négationniste comme l'est, par exemple, ce torche-cul intitulé Les mythes fondateurs de la politique israélienne, permet d'"effacer toute trace de l'existence" des victimes du génocide nié. Il y a une énorme différence entre exprimer ses idées et éliminer les preuves que lesdites idées sont fausses, ce qui impliquerait dans ce cas de détruire des milliers d'archives, de dynamiter les camps d'extermination d'Auschwitz, de Maidanek, de Treblinka, etc. Est-ce ce que messieurs Faurisson, Cohn-Bendit (Gabriel) et Garaudy proposent de faire?
Affirmer que ces preuves sont fausses ou qu'en réalité elles n'existent pas (Faurisson) est le moyen le plus commode de les éliminer, c'est d'ailleurs la principale méthode retenue pas les négationnistes. La destruction des preuves physiques est une autre possibilité, cependant elle nécessite d'obtenir la coopération des pouvoirs publics dans le cadre d'un négationnisme d'État. Ce cas existe mais est plus rare que le précédent, il est notamment mis en pratique en Turquie et dans la partie nord de Chypre. Reste enfin le négationnisme de type idéologique qui tend généralement à renverser les rôles entre les victimes et les bourreaux (Garaudy, mais aussi la propagande soviétique dans son ensemble). Ces trois grandes approches négationnistes concourent à une même finalité: l'élimination des preuves, c'est à dire une complicité pure et simple de maquillage des crimes. Le négationnisme revêt de surcroît une dimension anthropologique. Les négationnistes ne sont jamais que des mystificateurs et des pères du mensonge, prêts à travestir la vérité afin de transformer la victime innocente en coupable désigné pour reprendre le lexique girardien. Il n'y a plus de place pour ces faiseurs de mythes, ces vulgaires criminels, dans une société moderne. Nous ne sommes plus dans le domaine de l'idée ou de l'opinion mais dans celui de la complicité de meurtre.
Il me semble que non, d'ailleurs ces tristes sires n'ont pas, à ma connaissance, eu une quelconque accointance avec les bourreaux des Juifs; il ne saurait être question pour eux de "parachèvement" de l'oeuvre entreprise par les nazis, il s'agit plutôt d'une posture intellectuelle qui leur permet de trouver une place dans les cercles de l'antisionisme d'extrême-gauche.

Ces tristes sieurs comme vous dites n'ont fait que s'inspirer des mensonges avancés par d'anciens dignitaires nazis après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, lorsqu'ils ne se sont tout simplement pas tout simplement contentés de reprendre mot pour mot la propagande nazie, au sujet par exemple du typhus. La seule posture qu'il y a à se rendre complice d'un crime avéré en tentant de le dissimuler ou de le nier est criminelle, certainement pas intellectuelle. Que se passera-t-il si l'État laisse la propagande négationniste se répandre au point de supplanter la vérité? Les criminels seront tout simplement déliés de leur crime, désormais parfait, et réhabilités.
Certes, cette posture pseudo-intellectuelle est en réalité une imposture, mais Bernard-Henri Lévy n'adopte t-il pas la même (im)posture dans son ouvrage L'Idéologie française, où il voit dans toute la pensée française depuis le développement d'un "fascisme aux couleurs de la France", dans lequel il mêle pèle-mèle Maurras et Péguy, l'école des cadres d'Uriage et la revue Esprit d'Emmanuel Mounier?

Il s'agit effectivement d'une imposture mais le parallèle avec le négationnisme s'arrête à cette comparaison structurelle car les moyens et surtout la fin sont totalement différents; Bernard-Henri Lévy distille sa propre idéologie là où les négationnistes cherchent avant tout à masquer un crime, pour diverses raisons d'ailleurs.
Le problème n'est pas que des intellectuels trafiquent la mémoire; il survient quand la mémoire des victimes est confisquée par l'Etat, ce qui est le cas en Turquie où des gens sont mis en prison pour avoir fait mention du génocide arménien.
Il est un peu réducteur de voir seulement dans les négationnistes des intellectuels. En France, les cas récents de négationnisme se traduisent plutôt par des profanations de monuments par des inscriptions négationnistes (Lyon, avril 2006) ou encore par des manifestations violentes organisées par certaines représentations diplomatiques (idem). Les discours verbeux sur l'histoire que l'on entend en France me laissent pour le moins de marbre tant ils manquent, de manière inconsciente, l'essence même du négationnisme. L'histoire nous apprend tout simplement que les individus voyant les crimes commis à leur égard niés se laissent gagner par un sentiment d'injustice pouvant avoir de lourdes conséquences sur la paix civile ou dit autrement, ils risquent de faire justice eux-mêmes. Ce ne sont d'ailleurs pas les bonnes consciences intellectuelles qui sont venues exhumer le génocide arménien mais la lutte armée et ses déviances terroristes. Les historiens ne s'y intéressèrent que lorsque les bombes se mirent résonner de Paris à Los Angeles.
J'ignore en revanche si la négation dudit génocide peut, en Arménie, mener à des sanctions pénales comme c'est le cas en France, mais je me doute bien que vous avez plus de lumières que moi sur cette question
Ce crime est à ma connaissance sanctionné d'une peine maximale de quatre ans de prison et d'une amende pouvant atteindre 300% des revenus de l'individu en question. Assez paradoxalement, l'idée de cette loi vient de France puisqu'elle n'a été adoptée qu'en octobre dernier. Il faut dire que les cas de négationnisme sont plutôt rares dans le pays.[/align]

par FMD » mer. 03 janv. 2007, 21:33

[align=justify]Bonsoir et bienvenue Greensleeves! :)
Greensleeves a écrit :Il suffit de regarder les lois qui sont passées, sur le négationnisme ou le génocide arménien.
Depuis quand est-ce à la loi de décider ce qu'il est "juste" de penser ? Personnellement, le génocide arménien n'est pas un événement que je nierais, au contraire, mais pourquoi obliger ceux qui ne sont pas de cet avis à penser comme moi, ou du moins à se taire ? A ce rythme, il faut aussi une loi pour reconnaître les désastres du communisme.
Même si, historiquement, il y a des évidences : le communisme est une catastrophe et un danger, le génocide arménien a bien eu lieu, idem pour la Shoah, est-ce un crime de nier ces événements ?

Je ne suis pas certain le négationnisme entre dans le cadre d'une liberté d'expression juste et raisonnée. Il y a en effet un aspect propre aux génocides et autres crimes de masse qui ne saurait être oublié: la négation du crime n'est pas une action distincte du crime en lui-même, il s'agit de son parachèvement. Le bourreau ne souhaite pas seulement éliminer les individus d'un groupe donné, il lui faut également effacer toute trace de l'existence desdits individus et donc du crime. Si notre société n'était pas dominée par une morale encore majoritairement judéo-chrétienne capable de discerner les intentions des actes, les négationnistes encourraient les mêmes châtiments que les exécuteurs effectifs du crime. Il est cependant clair que la législation française actuelle sombre dans le particularisme de la souffrance – pourquoi les Juifs et les Arméniens mais pas les Cambodgiens? - et qu'il est à mon sens temps d'élargir la portée des lois existantes en abordant par exemple le négationnisme sous l'aspect d'un manque de respect envers les morts.
Greensleeves a écrit :Troisième point : même sans loi, des événements, des actes, sont devenus inattaquables. Je ne citerai que l'IVG et le Téléthon, qu a fait la Une de l'actualité récemment.
Aucun débat n'est possible sur ces sujets, du moins à grande échelle, ou alors on se fait immédiatement taxer de "rétrograde", "réactionnaire", etc.
Il est intéressant de noter que les mêmes qui sont opposés à toute discussion sur ces thèmes sont aussi les chantres de la "tolérance" dans d'autres domaines.
Cette remarque est on ne peut plus juste mais je ne pense pas que ce soit une fatalité. Il faut simplement que nous améliorons la forme de notre discours afin de discréditer toute caricature outrancière et convenue. Soyons à la fois irréprochables, parfaitement normaux et n'hésitons pas à faire entendre notre voix, y compris à notre modestes échelle, si les sujets nous tenant à coeur sont abordés. Certaines imprécations, fussent-elles justes et sincères, peuvent faire beaucoup de mal à la cause que l'on défend. Je songe ainsi à une récente interview de Xavier Dor réalisée par Tristan Mendès France où le Dr Dor a certes raison dans les grandes lignes mais emploie hélas un vocabulaire qui suffirait à le discréditer auprès du plus grand nombre du fait de sa grandiloquence – l'avortement est l'oeuvre des légions de l'enfer - et de ses références idéologiques marquées – allusion explicite à la Franc-maçonnerie.

PaX
Franck[/align]

par Greensleeves » mer. 03 janv. 2007, 19:07

[align=justify]:arrow: Il suffit de regarder les lois qui sont passées, sur le négationnisme ou le génocide arménien.
Depuis quand est-ce à la loi de décider ce qu'il est "juste" de penser ? Personnellement, le génocide arménien n'est pas un événement que je nierais, au contraire, mais pourquoi obliger ceux qui ne sont pas de cet avis à penser comme moi, ou du moins à se taire ? A ce rythme, il faut aussi une loi pour reconnaître les désastres du communisme.
Même si, historiquement, il y a des évidences : le communisme est une catastrophe et un danger, le génocide arménien a bien eu lieu, idem pour la Shoah, est-ce un crime de nier ces événements ?

:arrow: On peut penser ce qu'on veut, mais si on n'est pas "dans le vent", on est, au mieux et pour rester polie, un imbécile.
Pour preuve : une discussion avec une connaissance, tout récemment. Sujet : l'entre-deux tours de 2002 et les manifestations contre Le Pen. J'esayais de lui faire comprendre que ce n'est pas cohérent de prétendre défendre la démocratie en manifestant contre quelqu'un à qui le peuple a pourtant accordé sa confiance. Réponse de l'intéressé : "Oui mais de toute façon, même s'ils étaient nombreux, ceux qui avaient voté pour lui étaient des c*** ." :!:
Voilà résumée de manière admirable l'atmosphère ambiante.
Cela laisse songeur...

:arrow: Troisième point : même sans loi, des événements, des actes, sont devenus inattaquables. Je ne citerai que l'IVG et le Téléthon, qu a fait la Une de l'actualité récemment.
Aucun débat n'est possible sur ces sujets, du moins à grande échelle, ou alors on se fait immédiatement taxer de "rétrograde", "réactionnaire", etc.
Il est intéressant de noter que les mêmes qui sont opposés à toute discussion sur ces thèmes sont aussi les chantres de la "tolérance" dans d'autres domaines.[/align]

par Christophe » sam. 30 déc. 2006, 16:17

[align=justify][ Bonjour à tous. Je rappelles qu'il existe un fil spécifique dédié au débat sur le créationnisme et l'évolutionnisme : viewtopic.php?t=725 | Cordialement. Christophe ][/align]

par Métazét » sam. 30 déc. 2006, 14:29

Théophane a écrit :Ce que vous dites me fait penser au reportage que j'ai vu hier sur Arte où l'on ne présentait pas la thèse créationniste comme une hypothèse envisageable mais comme quelque chose de ridicule. Cela m'a beaucoup choqué.
Bonjour Théophane,

Les revendications (de l'Eglise ou d'autres personnes/institutions) de liberté d'exprimer son avis doivent nécessairement aller de pair avec l'acceptation de la liberté (pour d'autres) de le critiquer ou de ne pas être d'accord avec, tout avis étant nécessairement la négation de l'avis contraire...

Ceci étant dit, quel genre de thèse créationniste était ridiculisée par ce reportage ? S'il s'agit du soi-disant créationnisme "scientifique", alors je peux comprendre cette ridiculisation jusqu'à un certain point, car la démarche scientifique n'a pas vocation et ne peut pas, par sa nature même, réfuter ou prouver des thèses surnaturelles, de même qu'on ne peut pas manger de la soupe avec une fourchette. S'il s'agit du créationnisme métaphysique, c'est différent. L'hypothèse de l'Omphalos de Philip Henry Gosse, montre bien qu'il est tout à fait possible d'envisager un créationnisme compatible avec ce que nous apprennent les sciences.

Bien cordialement,

Mikaël

par Etienne » dim. 15 oct. 2006, 13:03

Bonjour,

La liberté n'est pas d'avoir la reconnaissance de notre pensée, parce qu'elle est différente de la masse, mais d'être convaincu de la vérité, si le monde ne la reconnait pas, vous savez bien que la vérité vous reconnait...
Lorsque le jour de la pentecôte ou de noêl vous n'avez que "Les dix commendements" ou "Sodome et Gomore", ou lorsque sur la 5 ou Arte on vous présente des reportages nous expliquant scientifiquement en se basant sur les crânes retrouvés au 1er siècle et les habitants d'aujourd'hui en palestine que Jésus était de type arabe avec un crâne plus gros que ceux de notre temps(diproportionné), ou lorsque vous discutez dans la rue de Jésus et qu'on le vilipende...Alors on comprend bien que "le messager n'est pas au-dessus de son maître" et que'"s'ils ont traité le maître de maison de Bélzéboul, qu'en sera t-il de la maisonnée"...
Q'importe que l'on me reconnaisse, pouvu que la vérité me connaisse et soit connue et continuellement diffusée.

A bientôt de vous lire.

par Marieg » mer. 20 sept. 2006, 16:57

Adnocturne, je pense que tu as raison,
on nous dit partout qu'il existe la liberté, mais, existe-elle vraiment?
si on dit "haut est fort" nos pensées et qu'elles sont contraires a celles
de la plus part des gens, on se sent a part, mis a l'écart :x

par Théophane » mer. 20 sept. 2006, 11:20

Ce que vous dites me fait penser au reportage que j'ai vu hier sur Arte où l'on ne présentait pas la thèse créationniste comme une hypothèse envisageable mais comme quelque chose de ridicule. Cela m'a beaucoup choqué.

De la dictature de la pensée ?

par Adnocturne » mer. 20 sept. 2006, 10:35

Avons nous encore le droit d’avoir une opinion différente ? Pouvons nous tranquillement affirmer un avis différent ? Non pas une opinion différente d’une instance politique, mais de la masse bien pensante de nos compatriotes ?
Ne sommes nous pas de plus en plus enclin à l’exercice pernicieux de l’autocensure ? Par peur du ridicule ? Du rejet ?
Aujourd’hui, la liberté d’expression, de pensé dont on nous « rabâche » les oreilles, n’est-elle pas valable uniquement si justement vous êtes d’accord avec la masse ? L’opinion dictée par les médias devient la seule valable ?

En gros : Tu as le droit d’un avis du moment que tu es d’accord avec nous !

Les médias sont entrain de réussir le tour de force d’imposer la Pensé Unique (ce que même le Stalinisme n’avait pas totalement réussis à faire).

Haut