Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

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Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par seba15 » ven. 19 avr. 2013, 21:53

Isabelle47 a écrit :Merci, Pneumatis.
Il est dommage que les catholiques s'obstinent encore à négliger les textes de l'AT ou, pire, à les considérer comme étrangers à la religion chrétienne. C'est un non sens. Merci de vos explications.
Je pense pas que c'est si négligé que ça, les messes propose souvent des textes du nouveau testament mais aussi de l'ancien. Moi j'ai souvent vu un texte de chaque testament dans les différentes messe que j'ai assisté. Je pense que ce qui a a garder de l'ancien c'est la relation étroite entre dieux et les juifs de l'ancien testament, c'est une chose qu'on peut retrouver si on croit que dieu peut agir dans nos vies. Par contre dans l'ancien il y a bien des choses complètement obsolète comme la circoncision, les interdictions sur la nourriture etc...

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Johnny » ven. 19 avr. 2013, 11:36

Pneumatis a écrit :
Deuxième métaphore : quand on dit que Jésus n'est pas venu abolir mais "accomplir" les Ecritures, le verbe "accomplir" en grec peut se traduire par "remplir". Il s'agit de "compléter" un contenant. On pourrait dire que l'ancien testament est la coupe vide, et le nouveau testament, le vin venu la remplir... et bien essayez donc de boire le vin sans toucher la coupe !
Excellent !

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Isabelle47 » ven. 19 avr. 2013, 0:39

Pneumatis a écrit :
Constitution Dogmatique Dei Verbum a écrit : Notre sainte Mère l’Église, de par la foi apostolique, tient pour sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint (cf. Jn 20, 31 ; 2 Tm 3, 16 ; 2 P 1, 19-21 ; 3, 15-16), ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Église elle-même.

[...]

L’économie du salut, annoncée d’avance, racontée et expliquée par les auteurs sacrés, apparaît donc dans les livres de l’Ancien Testament comme la vraie Parole de Dieu ; c’est pourquoi ces livres divinement inspirés conservent une valeur impérissable : « Car tout ce qui a été écrit l’a été pour notre instruction, afin que par la patience et la consolation venant des Écritures, nous possédions l’espérance » (Rm 15, 4).

[...]

Inspirateur et auteur des livres de l’un et l’autre Testament, Dieu les a en effet sagement disposés de telle sorte que le Nouveau soit caché dans l’Ancien et que, dans le Nouveau, l’Ancien soit dévoilé. Car, même si le Christ a fondé dans son sang la Nouvelle Alliance (cf. Lc 22, 20 ; 1 Co 11, 25) , néanmoins les livres de l’Ancien Testament, intégralement repris dans le message évangélique, acquièrent et manifestent leur complète signification dans le Nouveau Testament (cf. Mt 5, 17 ; Lc 24, 27 ; Rm 16, 25-26 ; 2 Co 3, 14-16) , auquel ils apportent en retour lumière et explication.
(C'est moi qui surligne)

Voir aussi ce texte capital de la commission pontificale pour les relations avec le Judaïsme, 1985 : :arrow: http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... sm_fr.html dont je cite un passage important (désolé pour la longueur)
1. Il s’agit de présenter l’unité de la Révélation biblique (AT et NT) et du dessein divin, avant de parler de chacun des événements de l’histoire, pour souligner que chaque événement ne prend sens que considéré dans la totalité de cette histoire, de la création à l’achèvement. Cette histoire concerne tout le genre humain et particulièrement les croyants. C’est ainsi que le sens définitif de l’élection d’Israël n’apparaît qu’à la lumière de l’accomplissement total (Rom 9-11) et que l’élection en Jésus Christ est encore mieux comprise en référence à l’annonce et à la promesse (cf. Hébr 4, 1-11).

2. Il s’agit d’événements singuliers concernant une nation singulière mais qui, dans la vision de Dieu qui révèle son propos, sont destinés à recevoir une signification universelle et exemplaire.

Il s’agit en outre de présenter les événements de l’Ancien Testament non comme des événements qui concernent seulement les juifs, mais qui nous concernent aussi personnellement. Abraham est vraiment le père de notre foi (cf. Rom 4, 11-12; Canon romain: patriarchae nostri Abrahae). Et il est dit (1 Cor 10, 1): «Nos pères ont tous été sous la nuée, tous ont passé à travers la mer». Les patriarches et les prophètes et autres personnalités de l’Ancien Testament ont été et seront toujours vénérés comme saints dans la tradition liturgique de l’Église orientale, comme aussi de l’Église latine.

3. De l’unité du plan divin découle le problème du rapport entre l’Ancien Testament et le Nouveau. L’Église, déjà des temps apostoliques (cf. 1 Cor 10, 11; Hébr 10, 1), et puis constamment dans sa tradition, a résolu ce problème surtout au moyen de la typologie, ce qui souligne la valeur primordiale que l’Ancien Testament doit avoir dans la vision chrétienne. Cependant la typologie suscite chez beaucoup de gens un malaise et c’est là peut-être l’indice d’un problème non résolu.

4. Dans l’usage donc de la typologie, dont nous avons reçu l’enseignement et la pratique de la Liturgie et des Pères de l’Église, on veillera à éviter toute transition de l’Ancien au Nouveau Testament qui serait considéré uniquement comme une rupture. L’Église, dans la spontanéité de l’Esprit qui l’anime a vigoureusement condamné l’attitude de Marcion** et s’est toujours opposée à son dualisme.

5. Il importe aussi de souligner que l’interprétation typologique consiste à lire l’Ancien Testament comme préparation et, à certains égards, ébauche et annonce du Nouveau (cfr. v. gr. Hébr 5, 5-10 etc.). Le Christ est désormais la référence-clé des Ecritures: «le rocher était le Christ» (1 Cor 10, 4).

6. Il est vrai donc et il faut aussi le souligner, que l’Église et les chrétiens lisent l’Ancien Testament à la lumière de l’événement du Christ mort et ressuscité, et que, à ce titre, il y a une lecture chrétienne de l’Ancien Testament qui ne coïncide pas nécessairement avec la lecture juive. Identité chrétienne et identité juive doivent ainsi être chacune soigneusement distinguées dans leur lecture respective de la Bible. Mais ceci n’ôte rien à la valeur de l’Ancien Testament dans l’Église et n’empêche pas que les chrétiens puissent à leur tour profiter avec discernement des traditions de lecture juive.

7. La lecture typologique ne fait que manifester les insondables richesses de l’AT, son contenu inépuisable et le mystère dont il est rempli et ne doit pas faire oublier qu’il garde sa valeur propre de Révélation que le NT souvent ne fera que reprendre (cf. Mc 12, 29-31). D’ailleurs, le Nouveau Testament lui-même demande d’être lu aussi à la lumière de l’Ancien. La catéchèse chrétienne primitive y aura constamment recours (cf. v. gr. 1 Cor 5, 6-8; 10, 1-11).

8. La typologie signifie en outre la projection vers l’accomplissement du plan divin quand «Dieu sera tout en tous» (1 Cor 15, 28). Ce fait vaut aussi pour l’Église qui, déjà réalisée dans le Christ, n’en attend pas moins sa perfection définitive comme Corps du Christ. Le fait que le Corps du Christ tende encore vers sa stature parfaite (cf. Eph 4, 12-13) n’ôte rien a la valeur de l’être chrétien. Ainsi la vocation des patriarches et l’Exode de l’Egypte ne perdent par leur importance et leur valeur propre dans le plan de Dieu du fait qu’ils en sont en même temps des étapes intermédiaires (cf. v.g. Nostra Aetate, n. 4).

9. L’Exode, par exemple, représente une expérience de salut et de libération qui ne s’achève pas en elle-même, mais porte en soi, outre son sens propre, la capacité de se développer ultérieurement. Le salut et la libération sont déjà accomplis dans le Christ et se réalisent graduellement par les sacrements dans l’Église. C’est ainsi que se prépare l’accomplissement du plan de Dieu qui attend donc sa consommation définitive, avec le retour de Jésus comme Messie pour lequel nous prions chaque jour. Le Royaume, pour l’avènement duquel nous prions aussi chaque jour, sera finalement installé. Alors le salut et la libération auront transformé dans le Christ les élus et la totalité de la création (cf. Rom 8, 19-23).

10. En outre, en soulignant la dimension eschatologique du christianisme, on arrivera à une plus grande conscience que, lorsqu’il considère l’avenir, le peuple de Dieu de l’ancienne et de la nouvelle Alliance tend vers des buts analogues: la venue ou le retour du Messie —même si c’est à partir de deux points de vue différents. Et on se rendra compte plus clairement que la personne du Messie à propos de laquelle le peuple de Dieu est divisé, est aussi un point de convergence pour lui (cf.«Sussidi per l’ecumenismo» du diocèse de Rome, n. 140).On peut dire ainsi que juifs et chrétiens se rencontrent dans une espérance comparable, fondée sur une même promesse, faite à Abraham (cf. Gen 12, 1-3; Hébr 6, 13-18).

11. Attentifs au même Dieu qui a parlé, suspendus à la même parole, nous avons à témoigner d’une même mémoire et d’une commune espérance en Celui qui est le maître de l’histoire. Il faudrait ainsi que nous prenions notre responsabilité de préparer le monde à la venue du Messie en oeuvrant ensemble pour la justice sociale, le respect des droits de la personne humaine et des nations pour la réconciliation sociale et internationale. A cela nous sommes poussés, juifs et chrétiens, par le précepte de l’amour du prochain, une espérance commune du Règne de Dieu et le grand héritage des Prophètes. Transmise assez tôt par la catéchèse, une telle conception éduquerait de façon concrète les jeunes chrétiens à des rapports de coopération avec les juifs, allant au-delà du simple dialogue (cf. Orientations, IV

Merci.

Il serait souhaitable que nous pensions en terme d'unité (du plan divin) mais aussi de nos responsabilités "pour la justice sociale (...) dans une espérance commune du Règne de Dieu et le Grand héritage des prophètes".

Il serait bon aussi de comprendre que l'Eglise "tient pour sacrés les textes de l'AT comme ceux du NT" et qu'il ne s'agit pas de rejeter le premier pour privilégier le second mais que l'un et l'autre sont intrinsèquement liés.

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Isabelle47 » ven. 19 avr. 2013, 0:31

Merci, Pneumatis.
Il est dommage que les catholiques s'obstinent encore à négliger les textes de l'AT ou, pire, à les considérer comme étrangers à la religion chrétienne. C'est un non sens. Merci de vos explications.

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Pneumatis » ven. 19 avr. 2013, 0:10

J'ai cru lire dans un message précédent que c'était comme avec un ancien et un nouveau contrat d'assurance. Si j'ai bien compris la métaphore, alors elle est fausse. Les écrits de l'ancien testament ne sont pas caducs comme avec d'anciennes clauses d'assurance. Jean-Paul II parlait, à dessein, de "l’Ancienne Alliance, qui n’a jamais été révoquée".

Remarque personnelle, à propos du fait que Jésus accomplit les Saintes Ecritures... je me permets une ou deux petites métaphores. Quand on pose la dernière pièce d'un puzzle, le puzzle est "accomplit". Se promener en ne gardant en main et en ne regardant, même en la scrutant, que cette dernière pièce, toute seule, ne permet en aucun cas de comprendre le puzzle. Il faut la placer dans le puzzle et contempler l'ensemble dans son unité.

Deuxième métaphore : quand on dit que Jésus n'est pas venu abolir mais "accomplir" les Ecritures, le verbe "accomplir" en grec peut se traduire par "remplir". Il s'agit de "compléter" un contenant. On pourrait dire que l'ancien testament est la coupe vide(*), et le nouveau testament, le vin venu la remplir... et bien essayez donc de boire le vin sans toucher la coupe ! ;)

(*) il faudrait plutôt dire partiellement remplie, mais ça casserait un peu ma métaphore

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Pneumatis » jeu. 18 avr. 2013, 23:59

Constitution Dogmatique Dei Verbum a écrit : Notre sainte Mère l’Église, de par la foi apostolique, tient pour sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint (cf. Jn 20, 31 ; 2 Tm 3, 16 ; 2 P 1, 19-21 ; 3, 15-16), ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Église elle-même.

[...]

L’économie du salut, annoncée d’avance, racontée et expliquée par les auteurs sacrés, apparaît donc dans les livres de l’Ancien Testament comme la vraie Parole de Dieu ; c’est pourquoi ces livres divinement inspirés conservent une valeur impérissable : « Car tout ce qui a été écrit l’a été pour notre instruction, afin que par la patience et la consolation venant des Écritures, nous possédions l’espérance » (Rm 15, 4).

[...]

Inspirateur et auteur des livres de l’un et l’autre Testament, Dieu les a en effet sagement disposés de telle sorte que le Nouveau soit caché dans l’Ancien et que, dans le Nouveau, l’Ancien soit dévoilé. Car, même si le Christ a fondé dans son sang la Nouvelle Alliance (cf. Lc 22, 20 ; 1 Co 11, 25) , néanmoins les livres de l’Ancien Testament, intégralement repris dans le message évangélique, acquièrent et manifestent leur complète signification dans le Nouveau Testament (cf. Mt 5, 17 ; Lc 24, 27 ; Rm 16, 25-26 ; 2 Co 3, 14-16) , auquel ils apportent en retour lumière et explication.
(C'est moi qui surligne)

Voir aussi ce texte capital de la commission pontificale pour les relations avec le Judaïsme, 1985 : :arrow: http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... sm_fr.html dont je cite un passage important (désolé pour la longueur)
1. Il s’agit de présenter l’unité de la Révélation biblique (AT et NT) et du dessein divin, avant de parler de chacun des événements de l’histoire, pour souligner que chaque événement ne prend sens que considéré dans la totalité de cette histoire, de la création à l’achèvement. Cette histoire concerne tout le genre humain et particulièrement les croyants. C’est ainsi que le sens définitif de l’élection d’Israël n’apparaît qu’à la lumière de l’accomplissement total (Rom 9-11) et que l’élection en Jésus Christ est encore mieux comprise en référence à l’annonce et à la promesse (cf. Hébr 4, 1-11).

2. Il s’agit d’événements singuliers concernant une nation singulière mais qui, dans la vision de Dieu qui révèle son propos, sont destinés à recevoir une signification universelle et exemplaire.

Il s’agit en outre de présenter les événements de l’Ancien Testament non comme des événements qui concernent seulement les juifs, mais qui nous concernent aussi personnellement. Abraham est vraiment le père de notre foi (cf. Rom 4, 11-12; Canon romain: patriarchae nostri Abrahae). Et il est dit (1 Cor 10, 1): «Nos pères ont tous été sous la nuée, tous ont passé à travers la mer». Les patriarches et les prophètes et autres personnalités de l’Ancien Testament ont été et seront toujours vénérés comme saints dans la tradition liturgique de l’Église orientale, comme aussi de l’Église latine.

3. De l’unité du plan divin découle le problème du rapport entre l’Ancien Testament et le Nouveau. L’Église, déjà des temps apostoliques (cf. 1 Cor 10, 11; Hébr 10, 1), et puis constamment dans sa tradition, a résolu ce problème surtout au moyen de la typologie, ce qui souligne la valeur primordiale que l’Ancien Testament doit avoir dans la vision chrétienne. Cependant la typologie suscite chez beaucoup de gens un malaise et c’est là peut-être l’indice d’un problème non résolu.

4. Dans l’usage donc de la typologie, dont nous avons reçu l’enseignement et la pratique de la Liturgie et des Pères de l’Église, on veillera à éviter toute transition de l’Ancien au Nouveau Testament qui serait considéré uniquement comme une rupture. L’Église, dans la spontanéité de l’Esprit qui l’anime a vigoureusement condamné l’attitude de Marcion** et s’est toujours opposée à son dualisme.

5. Il importe aussi de souligner que l’interprétation typologique consiste à lire l’Ancien Testament comme préparation et, à certains égards, ébauche et annonce du Nouveau (cfr. v. gr. Hébr 5, 5-10 etc.). Le Christ est désormais la référence-clé des Ecritures: «le rocher était le Christ» (1 Cor 10, 4).

6. Il est vrai donc et il faut aussi le souligner, que l’Église et les chrétiens lisent l’Ancien Testament à la lumière de l’événement du Christ mort et ressuscité, et que, à ce titre, il y a une lecture chrétienne de l’Ancien Testament qui ne coïncide pas nécessairement avec la lecture juive. Identité chrétienne et identité juive doivent ainsi être chacune soigneusement distinguées dans leur lecture respective de la Bible. Mais ceci n’ôte rien à la valeur de l’Ancien Testament dans l’Église et n’empêche pas que les chrétiens puissent à leur tour profiter avec discernement des traditions de lecture juive.

7. La lecture typologique ne fait que manifester les insondables richesses de l’AT, son contenu inépuisable et le mystère dont il est rempli et ne doit pas faire oublier qu’il garde sa valeur propre de Révélation que le NT souvent ne fera que reprendre (cf. Mc 12, 29-31). D’ailleurs, le Nouveau Testament lui-même demande d’être lu aussi à la lumière de l’Ancien. La catéchèse chrétienne primitive y aura constamment recours (cf. v. gr. 1 Cor 5, 6-8; 10, 1-11).

8. La typologie signifie en outre la projection vers l’accomplissement du plan divin quand «Dieu sera tout en tous» (1 Cor 15, 28). Ce fait vaut aussi pour l’Église qui, déjà réalisée dans le Christ, n’en attend pas moins sa perfection définitive comme Corps du Christ. Le fait que le Corps du Christ tende encore vers sa stature parfaite (cf. Eph 4, 12-13) n’ôte rien a la valeur de l’être chrétien. Ainsi la vocation des patriarches et l’Exode de l’Egypte ne perdent par leur importance et leur valeur propre dans le plan de Dieu du fait qu’ils en sont en même temps des étapes intermédiaires (cf. v.g. Nostra Aetate, n. 4).

9. L’Exode, par exemple, représente une expérience de salut et de libération qui ne s’achève pas en elle-même, mais porte en soi, outre son sens propre, la capacité de se développer ultérieurement. Le salut et la libération sont déjà accomplis dans le Christ et se réalisent graduellement par les sacrements dans l’Église. C’est ainsi que se prépare l’accomplissement du plan de Dieu qui attend donc sa consommation définitive, avec le retour de Jésus comme Messie pour lequel nous prions chaque jour. Le Royaume, pour l’avènement duquel nous prions aussi chaque jour, sera finalement installé. Alors le salut et la libération auront transformé dans le Christ les élus et la totalité de la création (cf. Rom 8, 19-23).

10. En outre, en soulignant la dimension eschatologique du christianisme, on arrivera à une plus grande conscience que, lorsqu’il considère l’avenir, le peuple de Dieu de l’ancienne et de la nouvelle Alliance tend vers des buts analogues: la venue ou le retour du Messie —même si c’est à partir de deux points de vue différents. Et on se rendra compte plus clairement que la personne du Messie à propos de laquelle le peuple de Dieu est divisé, est aussi un point de convergence pour lui (cf.«Sussidi per l’ecumenismo» du diocèse de Rome, n. 140).On peut dire ainsi que juifs et chrétiens se rencontrent dans une espérance comparable, fondée sur une même promesse, faite à Abraham (cf. Gen 12, 1-3; Hébr 6, 13-18).

11. Attentifs au même Dieu qui a parlé, suspendus à la même parole, nous avons à témoigner d’une même mémoire et d’une commune espérance en Celui qui est le maître de l’histoire. Il faudrait ainsi que nous prenions notre responsabilité de préparer le monde à la venue du Messie en oeuvrant ensemble pour la justice sociale, le respect des droits de la personne humaine et des nations pour la réconciliation sociale et internationale. A cela nous sommes poussés, juifs et chrétiens, par le précepte de l’amour du prochain, une espérance commune du Règne de Dieu et le grand héritage des Prophètes. Transmise assez tôt par la catéchèse, une telle conception éduquerait de façon concrète les jeunes chrétiens à des rapports de coopération avec les juifs, allant au-delà du simple dialogue (cf. Orientations, IV

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par taliesin » jeu. 18 avr. 2013, 23:07

Personnellement, en ce qui concerne le Pentateuque, j'aime beaucoup la Genèse et l'Exode, mais les trois autres me lassent rapidement...

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par seba15 » jeu. 18 avr. 2013, 20:12

Moi je trouve qu'il y a aussi un gros décalage entre l'ancien et le nouveau testament.
J'ai lu jusqu'au Roi et quand j'ai vu que c'était que des guerres de religions et d'une rare violence, je me suis dit autant aller directement aux livres sur les prophéties et j'ai aimé un peu plus ce que j'ai lu dans esaïe ou il commençait a y avoir une remise en cause de toute cette violence.
Le point le plus troublant c'est que c'est avec la bénédiction de dieu qui leur dit de prendre cette terre qu'il leur offre.
On est vraiment très loin de ce qui est écrit dans les évangiles, aime ton prochain comme toi même.

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Johnny » mer. 17 avr. 2013, 20:07

Pneumatis a écrit : En effet. C'est ce que certains exégètes appellent néomarcionisme (de l'hérésiarque Macion, dont la particularité était de rejeter l'ensemble de l'Ancien Testament - ce qui a par ailleurs eu pour bénéfice d'obliger l'Eglise à fixer un canon des Ecritures ensuite).

Mais tout cela suppose une petite révolution culturelle, à la manière de celle qu'évoquait Cinci plus haut.
Je crois que certains suggéraient de rebaptiser l'Ancien Testament "Première Alliance" afin de ne pas annoncer d'emblée que ces textes étaient à remiser...

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Pneumatis » mer. 17 avr. 2013, 19:55

Johnny a écrit :
Isabelle47 a écrit :
C'est tout de même étonnant comme on évacue ici facilement le judaïsme; c' est pourtant le fondement historique du christianisme :siffle:
Chassez le naturel, il revient au galop.

C'est une tendance de l’Église d'oublier ou d'évacuer l'AT.
En effet. C'est ce que certains exégètes appellent néomarcionisme (de l'hérésiarque Macion, dont la particularité était de rejeter l'ensemble de l'Ancien Testament - ce qui a par ailleurs eu pour bénéfice d'obliger l'Eglise à fixer un canon des Ecritures ensuite). L'antijudaïsme, théologique ou non, né avec Marcion et jamais vraiment éradiqué de la pensée chrétienne, est extrêmement difficile à guérir. C'est une purification très longue que l'Eglise doit opérer, mais le concile Vatican II, puis Jean-Paul II et après lui Benoit XVI, ont déjà ouvert des portes importantes pour avancer dans ce sens.

Aujourd'hui les théologiens qui prennent leur distance avec l'antijudaïsme théologique sont de plus en plus nombreux, mais ils demeurent encore majoritairement attachés à ce qu'on peut appeler une "théologie de la substitution" qui a encore de très beaux jours devant elle.

La lecture de la Bible que nous avons, et en particulier des évangiles, souffre beaucoup de cette méconnaissance du Tanakh et en particulier de son exégèse traditionnelle, du temps des apôtres. Pourtant, quand on commence à relire les évangiles pour ce qu'ils sont, à savoir une exégèse juive des Ecritures éclairée par l'événement "Jésus" (à laquelle Jésus procède d'ailleurs, comme Luc en a gardé le témoignage en Lc 24, 27), des midrashim en d'autres termes, et avec une estime retrouvée pour cette tradition, alors beaucoup de choses s'éclairent. Ne serait-ce qu'en replaçant les débats auxquels se livre Jésus dans le contexte des débats de l'époque entre écoles de sages à Jérusalem. Ou comment découvrir à quel point les évangiles nous sont inconnus !

Mais tout cela suppose une petite révolution culturelle, à la manière de celle qu'évoquait Cinci plus haut.

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Cinci » mer. 17 avr. 2013, 18:55

Bonjour Christophe68,

Merci à vous pour le message de retour. C'est quand même gentil.

:)

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Isabelle47 » mer. 17 avr. 2013, 12:13

Christophe68 a écrit :
Isabelle47 a écrit :Nous avons probablement du mal à lire certains livres de l'AT parce qu'aujourd'hui, nous sommes éloignés de ce monde. Et que nous avons deux mille ans de christianisme derrière nous :)
Mais cela vaut la peine d'insister un peu, ne serait-ce que pour nous rendre compte que Dieu n'abandonne jamais son peuple, malgré les désobéissances, les échecs, le chaos.
Et aussi, bien sûr, pour en faire la lecture de l'annonce du NT :oui:
Mais le Peuple de l'AT a bel est bien abandonné le Seigneur en faisant crucifier son Fils unique...

Je rajoute les livres que vous citez à ma liste Teano, je vais finir par le relire en entier :>
Mais oui... :( et comme vous pouvez le constater, certains en sont encore à penser que les juifs sont les assassins du Christ... Cinquante ans après VaticanII...

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Johnny » mer. 17 avr. 2013, 11:25

Isabelle47 a écrit :
C'est tout de même étonnant comme on évacue ici facilement le judaïsme; c' est pourtant le fondement historique du christianisme :siffle:
Chassez le naturel, il revient au galop.

C'est une tendance de l’Église d'oublier ou d'évacuer l'AT. J'ai cru comprendre (mais je n'en suis pas certain) qu'il n y avait pas de lecture de l'AT à la messe à une certaine époque.

Mais pourtant, le Nouveau Testament fait sans arrêt référence à l'Ancien : on ne peut le comprendre complètement sans avoir un minimum de culture Biblique.

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Isabelle47 » mer. 17 avr. 2013, 11:11

Christophe68 a écrit :Et ce n'est pas le sujet de ce fil en plus de cela je suis d'accord.

Par contre je ne serais pas contre la recommandation d'un fil spécifique consacré à ce débat sur le forum, si celui ci a eu lieu évidemment...
C'est tout de même étonnant comme on évacue ici facilement le judaïsme; c' est pourtant le fondement historique du christianisme :siffle:

Re: Les Livres de l' AT indispensable aux Catholiques

par Christophe68 » mer. 17 avr. 2013, 10:33

Merci beaucoup pour votre réponse si complète Cinci. Je relis le livre de la Sagesse grâce à vos conseils !

Je vais probablement me pencher à nouveau sur le livre de l'Exode et les livres associés , un regard neuf est toujours rafraichissant comme vous le disiez.

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