Bonjour Hélène,
Christian
Les études montrent qu’elle cause plus de dommages que le mal qu’elle prétend combattre.
Hélène
Quelles études ? Pourriez-vous nous en citer ?
Il y a des références dans le texte de ma conférence. Elles sont peu nombreuses en français, notre pays faisant un délit de l’apologie de la drogue. Le site suivant a recueilli tous les rapports officiels sur le sujet dans les pays de langue anglaise et les Pays-Bas
http://www.druglibrary.org/schaffer/Lib ... tudies.htm
Un site très modéré qui souligne les effets désastreux de la répression sans aller jusqu’à prôner la légalisation complète est celui du Transnational Institute.
http://www.tni.org/drugs/index.htm
J’ai quelque part une bibliographie que je retrouverai et vous enverrai si le sujet vous intéresse suffisamment.
Bien sûr, on peut se fier aux laboratoires...qui veulent le bien de notre humanité. On vient d'apprendre que le Vioxx, anti-inflammatoire produit par Merck Frost, était la cause de crises d'angine et d'arrêts cardiaques... responsable, contrôlé et bien sûr, garantissant le minimum de toxicité:
Vous venez de découvrir que l’être humain n’est pas infaillible. L’alternative à la production dans les laboratoires clandestins par des chimistes improvisés n’est pas l’infaillibilité, c’est vrai. Mais c’est une production moins toxique et moins meurtrière. Un progrès, non ?
Christian
Vous nous aviez habitués à plus de réalisme et d’humanité, chère Hélène.
Hélène
Parce que la junkie, je la vois comme le temple de l'Esprit Saint avec toute la dignité à laquelle elle a droit que je suis irréaliste et inhumaine ? Pauvre de moi...oui...c'est pas humain de vouloir le bien de ses frères et soeurs...c'est pas humain de vouloir l'empêcher de s'autodétruire... vous avez raison, je suis bien sans-coeur...
Si vous me disiez que la répression protège effectivement nos populations, que grâce à elle, la drogue est introuvable, que personne ne peut s’autodétruire, je serais le plus enthousiaste à me rendre à votre argument. Mais cette junkie, temple de l’Esprit Saint, trouve-t-elle sa dignité à s’injecter des produits frelatés, à négocier ses doses auprès de trafiquants et d’autres junkies dans des bars louches et des allées glauques, à se prostituer pour financer son besoin ? Le mal est là. La drogue est autour de nous. Des décennies de répression ne l’ont pas fait disparaître des cités et des lycées. Alors, faut-il persévérer dans ce qui ne marche pas avec le coût humain chez nous et dans les pays producteurs, avec les prisons surpeuplées devenues écoles du crime, avec les morts par overdose et SIDA, avec la culture de la clandestinité, le blanchiment d’argent ? Ou bien on essaie autre chose, par exemple, protéger ceux qui souffrent ?
Christian
Pour rattacher cette réflexion au fil qui nous occupe, disons que légaliser la drogue, c’est assécher financièrement les trafiquants islamistes de la Malaisie à l’Afghanistan au Liban, et leurs réseaux de distribution dans nos banlieues, et le recyclage de cet argent en armes. Protéger nos enfants et couper les vivres aux terroristes et à la racaille, n'est-ce pas une politique raisonnable ?
Hélène
C'est bien commode de trouver des coupables dans les pays étrangers qui viennent exporter leurs produits toxiques dans nos bons pays civilisés. Nous, on aime bien blâmer la Colombie pour la drogue...vous c'est l'Afghanistan et le Liban ? Sachez qu'on n'a pas besoin de se procurer les drogues de façon très exotique...ici, au Québec, on est un super producteur de marijuana.
Je ne fais pas porter le chapeau aux seuls pays lointains. Je mentionne spécifiquement dans l’intervention que vous citez les réseaux de distribution chez nous (je ne crois pas que la France soit un producteur notable).
j'ai lu une partie de votre conférence et dès le départ, je ne suis pas d'accord avec l'utopie que le crime cesserait...il n'en est rien du tout ! Je vous cite en exemple, notre beau pays aux prises avec la contrebande de cigarettes et d'alcool. Des réseaux bien formés font la loi ici pour en moyenne 28% du marché ! C'est énorme ! Pourquoi ? La cigarette et l'alcool sont pourtant légales […]
Vous amalgamez deux phénomènes.
La fabrication et la commercialisation de drogues est interdite. La demande existe. Des hors-la-loi fabriquent donc et commercialisent des produits. Sans contrôle et sans hygiène, d’où risque de mort fortement accru pour les consommateurs.
La fabrication et la commercialisation de cigarettes et d’alcool est permise. Des grandes et petites firmes fabriquent ces produits dans les meilleures conditions d’hygiène que peuvent atteindre des êtres humains faillibles pour répondre à une demande de consommateurs déraisonnables mais pleinement informés de la nocivité des produits. Cette consommation est fortement taxée dans certains pays. Des hors-la-loi se procurent l’alcool et les cigarettes auprès des producteurs officiels et les passent en contrebande dans les pays taxateurs. Le risque pour le consommateur n’est absolument pas accru. Le seul perdant est le fisc.
Puisque la drogue serait légale, il faudra bien que les compagnies d'assurances indemnisent les soins pour celui qui aura pris une dose de trop, l'ambulance et la chambre d'hôpitale...et pourquoi pas, qu'on lui fournisse gratuitement son "médicament" préparé en laboratoire contrôlé et responsable ?
A ma connaissance aujourd’hui, aucun hôpital ne refuse aux drogués les soins d’urgence en cas de mauvais trip et la collectivité paie pour les cures de désintoxication. Elle paie surtout le coût de la répression (la moitié – 50% - des détenus aux Etats-Unis le sont pour des délits liés à la drogue). Les compagnies d’assurances indemnisent et répercutent dans les primes le coût des vols effectués par les toxicomanes pour de procurer l’argent de leurs doses.
Encore une fois, je n’ai jamais pris de drogue, je découragerai de toutes mes forces n’importe qui d’en prendre. La question est de savoir quel est le remède qui n’est pas pire que le mal.
Bien à vous
Christian