par Christophe » lun. 19 janv. 2009, 14:44
Papé Robert a écrit :En l'occurrence, c'est le rôle de l'Église de définir la position cohérente avec l'Évangile.
Entièrement d'accord avec vous, Robert. Voici d'ailleurs ce que dit
Dei Verbum (§10) : "
la charge d'interpréter authentiquement la parole de Dieu écrite ou transmise a été confiée au seul Magistère vivant de l'Église, dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ."
Mais il se trouve précisément que l'Église s'est prononcée sur le sujet de ce fil, comme je l'ai déjà signalé plus haut : le
Catéchisme qualifie de "
gravement déshonnêtes" (§2376) les techniques qui - à l'instar de la greffe d'ovaire - "provoquent une dissociation des parentés, par l’intervention d’une personne étrangère au couple".
Si, comme l'évoque Fée Violine, il s'agit d'une greffe sans visée procréative, je pense que le péché n'est pas constitué. Mais s'il s'agit, comme dans l'exemple cité en ouverture de ce fil, de lutter contre la stérilité, il me semble clair que le Magistère condamne ce procédé.
D'autre part, il faut distinguer la moralité du procédé - jugée négativement par l'Église - et la dignité humaine des enfants qui en résultent. Ainsi, la fornication, l'inceste, l'adultère, la viol, le clonage, la fécondation in vitro, etc. sont moralement condamnés ; mais les enfants qui naissent de ces unions illégitimes ou de l'utilisation de ces techniques immorales sont néanmoins considérés comme pleinement humains, et pleinement dignes. Pour preuve, je me contenterai de citer l'instruction
Donum Vitae (1987).
Donum Vitae, §I.5 a écrit :Les embryons humains obtenus in vitro sont des êtres humains et des sujets de droits.- Leur dignité et leur droit à la vie doivent être respectés dès le premier moment de leur existence. Il est immoral de produire des embryons humains destinés à être exploités comme un " matériau biologique " disponible.
La différence entre l'adoption et la greffe d'ovaire, c'est que dans le premier cas, c'est le droit
de l'enfant qui est privilégié, dans le second, c'est un pseudo-droit
à l'enfant qui est revendiqué. L'adoption n'est pas un bien absolu : tant que les parents sont en vie et sont en capacité de remplir peu ou prou leur rôle d'éducation, les enfants sont laissés à la garde de leurs parents naturels ; ce n'est que lorsqu'il y a absence ou défaillance des parents que l'adoption est envisagée pour le bien de l'enfant. Mais l'enfant n'est pas conçu en vue de l'adoption (sauf les cas de mères porteuses, également condamnée par le Magistère) ! Dans le cas d'une greffe d'ovaire, c'est le droit à l'enfant qui prévaut, par l'utilisation d'une technique moralement illicite de guérison de la stérilité.
PaX
Christophe
[quote="Papé Robert"]En l'occurrence, c'est le rôle de l'Église de définir la position cohérente avec l'Évangile.[/quote]
Entièrement d'accord avec vous, Robert. Voici d'ailleurs ce que dit [url=http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651118_dei-verbum_fr.html]Dei Verbum[/url] (§10) : "[i]la charge d'interpréter authentiquement la parole de Dieu écrite ou transmise a été confiée au seul Magistère vivant de l'Église, dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ.[/i]"
Mais il se trouve précisément que l'Église s'est prononcée sur le sujet de ce fil, comme je l'ai déjà signalé plus haut : le [url=http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P81.HTM]Catéchisme[/url] qualifie de "[i]gravement déshonnêtes[/i]" (§2376) les techniques qui - à l'instar de la greffe d'ovaire - "provoquent une dissociation des parentés, par l’intervention d’une personne étrangère au couple".
Si, comme l'évoque Fée Violine, il s'agit d'une greffe sans visée procréative, je pense que le péché n'est pas constitué. Mais s'il s'agit, comme dans l'exemple cité en ouverture de ce fil, de lutter contre la stérilité, il me semble clair que le Magistère condamne ce procédé.
D'autre part, il faut distinguer la moralité du procédé - jugée négativement par l'Église - et la dignité humaine des enfants qui en résultent. Ainsi, la fornication, l'inceste, l'adultère, la viol, le clonage, la fécondation in vitro, etc. sont moralement condamnés ; mais les enfants qui naissent de ces unions illégitimes ou de l'utilisation de ces techniques immorales sont néanmoins considérés comme pleinement humains, et pleinement dignes. Pour preuve, je me contenterai de citer l'instruction [i]Donum Vitae[/i] (1987).
[quote="[url=http://209.85.129.132/search?q=cache:_GMYVhaRx9oJ:www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/bioethique/instruction-donum-vitae.html+donum+vitae&hl=fr&ct=clnk&cd=2&gl=fr&client=firefox-a]Donum Vitae, §I.5[/url]"][u]Les embryons humains obtenus in vitro sont des êtres humains et des sujets de droits.- Leur dignité et leur droit à la vie doivent être respectés dès le premier moment de leur existence.[/u] Il est immoral de produire des embryons humains destinés à être exploités comme un " matériau biologique " disponible.[/quote]
La différence entre l'adoption et la greffe d'ovaire, c'est que dans le premier cas, c'est le droit [i]de[/i] l'enfant qui est privilégié, dans le second, c'est un pseudo-droit [i]à[/i] l'enfant qui est revendiqué. L'adoption n'est pas un bien absolu : tant que les parents sont en vie et sont en capacité de remplir peu ou prou leur rôle d'éducation, les enfants sont laissés à la garde de leurs parents naturels ; ce n'est que lorsqu'il y a absence ou défaillance des parents que l'adoption est envisagée pour le bien de l'enfant. Mais l'enfant n'est pas conçu en vue de l'adoption (sauf les cas de mères porteuses, également condamnée par le Magistère) ! Dans le cas d'une greffe d'ovaire, c'est le droit à l'enfant qui prévaut, par l'utilisation d'une technique moralement illicite de guérison de la stérilité.
[i]PaX[/i]
Christophe