par Xavi » sam. 20 oct. 2012, 10:37
Bien qu’il ait parfois été sévère avec la religion, certaines des réflexions de Henry David Thoreau (1817-1862) manifestent une sensibilité profonde à la beauté de la création.
En voici quelques unes, de sources diverses, rassemblées ci-dessous :
Henry David Thoreau a écrit : Nous étant fixés sur la terre, nous avons oublié le ciel.
Ces mouvements partout dans la Nature sont certainement la pulsation divine. La voile qui s'enfle, le ruisseau qui court, l'arbre qui ondule, le vent qui erre..., d'où leur viendraient autrement cette excellence et cette liberté infinies ?
Je crois que le créateur du monde épuise tout son art dans chaque flocon et chaque goutte de rosée qu'il envoie sur la terre. Nous croyons que l'un prend forme mécaniquement, que l'autre tombe et coule : ce sont en réalité des produits de l'enthousiasme, des enfants de l'extase, achevés avec un art consommé.
Le poème de la création ne s'arrête jamais, mais rares sont les oreilles capables de le capter.
Je ne vois rien de meilleur ni de plus sacré que des ébats sans fin dans le jardin que Dieu a créé pour nous. Cette pensée exclut le soupçon du péché. Oh ! si les hommes sentaient cela, ils ne construiraient jamais de temple, même de marbre ou de diamant, de crainte de commettre un sacrilège, mais ils se récréeraient toujours dans ce Paradis.
Cette terre qui s'étend autour de moi comme une carte n'est que la doublure de ce qu'il y a de plus profond en mon âme.
La même terre est bonne pour les hommes et pour les arbres.
La nature à chaque instant s’occupe de votre bien-être. Elle n’a pas d’autre fin. Ne lui résistez pas.
Le sens de la nature c'est le sens de ce qui est, à la fois, autre et proche. Autre par un dynamisme non converti à une exclusive logique d'usage, proche parce que ce dehors existe dialectiquement avec le dedans. Dehors et dedans ne sont pas séparés mais leur alliance constitue le monde à la fois extérieur et intérieur, humain et non-humain, dans sa richesse, sa diversité et son unité.
Je ne fais aucun cas des philosophies de l’univers dans lesquelles l’homme et les institutions occupent trop de place et absorbent l’attention. L’homme n’est que le point où je suis placé et, de là, la vue est infinie. Ce n’est pas une salle des miroirs où je me reflète...
Vivez pleinement chaque saison, respirez là, buvez là, goûtez en les fruits et acceptez l'influence que chacune peut avoir sur nous.
Nous ne vivons pas notre vie pleinement et entièrement; nous ne remplissons pas tous nos pores de notre sang; notre respiration n’est ni assez complète ni assez profonde pour que, chaque fois que nous inspirons et expirons, la vague aille briser sa crinière sur notre rivage le plus extrême, courant jusqu’à ce qu’elle rencontre le sable qui nous borde en nous renvoyant le bruit du ressac. […]
Nous ne vivons qu’une partie de notre vie. Ne laisserons-nous pas le flot pénétrer, n’ouvrirons-nous pas les portes, ne mettrons-nous pas en mouvement tous les rouages ? Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.
Je ne veux pas faire naufrage sur une vaine réalité. Je veux vivre de telle sorte que je tire ma joie et mon inspiration des événements les plus ordinaires et des faits de chaque jour
Les nécessités de la vie pour l’homme en ce climat peuvent, assez exactement, se répartir sous les différentes rubriques de Vivre, Couvert, Vêtement et Combustible ; car il faut attendre que nous nous les soyons assurés pour aborder les vrais problèmes de la vie avec liberté et espoir de succès.
Une fois qu’il s’est procuré les choses nécessaires à l’existence, s’offre une autre alternative que de se procurer les superfluités ; et c’est de se laisser aller maintenant à l’aventure sur le vaisseau de la vie, ses vacances loin d’un travail plus humble ayant commencé
L'art de la vie, de la vie du poète, c'est d'être occupé sans avoir rien à faire.
Ce qu'il y a devant nous et ce que nous laissons derrière, ceci est peu de chose comparativement à ce qui est en nous. Et lorsque nous amenons dans le monde ce qui dormait en nous, des miracles se produisent.
Travaillerons-nous toujours à nous procurer davantage, et non parfois à nous contenter de moins ?
Simplifiez, simplifiez, simplifiez. À quoi sert l’immense gaspillage d’énergie que déploient les hommes pour conquérir le confort. En sont-ils plus heureux? Ne mènent-ils pas plutôt une vie de morne désespoir? Je gagnai les bois parce que je voulais vivre à bon escient, n’affronter que les données essentielles de la vie et voir si je pouvais apprendre ce qu’elle avait à enseigner et non pas découvrir à l’heure de la mort que je n’avais pas vécu.
Comme je faisais particulièrement cas de ma liberté, comme je pouvais vivre à la dure tout en m'en trouvant fort bien, je n'avais nul désir pour le moment de passer mon temps à gagner de riches tapis ou de beaux meubles, à m'assurer une cuisine délicate, à acquérir une maison de style grec ou gothique.
Tandis que sans hésiter mes amis entraient dans le commerce ou embrassaient des professions, je considérai cette occupation comme valant au moins autant que la leur : courir les montagnes tout l'été pour cueillir les baies qui se trouvaient sur ma route, en disposer ensuite, sans souci; de la sorte, garder les troupeaux d'Amète.
Mais j'ai depuis appris que le commerce est la malédiction de tout ce à quoi il touche; et que, commerceriez-vous de messages du ciel, l'entière malédiction du commerce s'attacherait à l'affaire.
En général, les hommes, même en ce pays relativement libre, sont tout simplement, par suite d’ignorance et d’erreur, si bien pris par les soucis factices et les travaux inutilement rudes de la vie, que ses fruits les plus beaux ne savent être cueillis par eux.
Certains se montrent « industrieux », et paraissent aimer le labeur pour lui-même, ou peut-être parce qu'il les préserve de faire pis; à ceux-là je n'ai présentement rien à dire. A ceux qui ne sauraient que faire de plus de loisir qu'ils n'en ont actuellement, je conseillerais de travailler deux fois plus dur qu'ils ne font.
Pour moi, je trouvai que la profession de journalier était la plus indépendante de toutes, en ceci principalement qu'elle ne réclamait que trente ou quarante jours de l'année pour vous faire vivre. La journée du journalier prend fin avec le coucher du soleil, et il est alors libre de se consacrer à telle occupation de son choix, indépendante de son labeur; tandis que son employeur, qui spécule d'un mois sur l'autre, ne connaît pas de répit d'un bout à l'autre de l'an.
Mais tout cela est fort égoïste, ai-je entendu dire à quelques-uns de mes concitoyens. Je confesse que je me suis jusqu'ici fort peu adonné aux entreprises philanthropiques. J'ai fait quelques sacrifices à certain sentiment de devoir, et j'ai sacrifié ce plaisir-là aussi. Il est des gens pour employer tout leur art à me persuader de me faire le soutien de quelque famille pauvre de la ville; et si je n'avais rien à faire, - car le Diable trouve de l'ouvrage pour les paresseux, - je pourrais m'essayer la main à quelque passe-temps de ce genre.
Cependant, lorsque j'ai songé à m'accorder ce luxe, et à soumettre leur Ciel à une obligation en entretenant certaines personnes pauvres sur un pied de confort égal en tous points à celui sur lequel je m'entretiens moi-même, lorsque je suis allé jusqu'à risquer de leur en faire l'offre, elles ont toutes sans exception préféré d'emblée rester pauvres. Alors que mes concitoyens et concitoyennes se dévouent de tant de manières au bien de leurs semblables, j'estime qu'on peut laisser au moins quelqu'un à d'autres et moins compatissantes recherches.
La charité comme toute autre chose réclame des dispositions particulières. Pour ce qui est de faire le bien, c'est une vraie profession. En outre, j'en ai honnêtement fait l'essai, et, si étrange que cela puisse paraître, je suis satisfait qu'elle ne convienne pas à mon tempérament. Le bien que je fais, au sens ordinaire du mot, doit être en dehors de mon sentier principal, et la plupart du temps tout inintentionnel.
Il n'est d'odeur aussi nauséabonde que celle qui émane de la bonté corrompue. C'est humaine, c'est divine charogne. Si je tenais pour certain qu'un homme soit venu chez moi dans le dessein conscient de me faire du bien, je chercherais mon salut dans la fuite comme s'il s'agissait de ce vent sec et brûlant des déserts africains appelé le simoun, lequel vous remplit la bouche, le nez, les oreilles et les yeux de sable jusqu'à l'asphyxie; et cela de peur de me voir gratifié d'une parcelle de son bien - de voir une parcelle de son virus mélangée à mon sang. Non…
Il n’y a qu’un remède à l’amour : aimer davantage.
Ce que je veux, c'est la fleur et le fruit de l'homme; qu'un parfum passe de lui à moi, et qu'un arôme de maturité soit notre commerce. Sa bonté doit être non pas un acte partiel plus qu'éphémère, mais un constant superflu, qui ne lui coûte rien et dont il reste inconscient. Cette charité qui nous occupe couvre une multitude de péchés.
Je voudrais désormais vivre en compagnie d’une âme bienveillante, vivre une vie telle qu’on peut la concevoir – double par sa diversité, simple par son harmonie. Vivre seuls tous les deux, afin de contempler notre unité et ne devenir qu’un parce qu’indivisibles. Une telle communauté est un gage de vie sacrée. Comment pourrions-nous tolérer quelque chose d’indigne dans notre entourage ? Ecouter d’une même oreille chaque son de l’été, contempler d’un même œil chaque paysage estival – nos regards se croisant et se mêlant à l’objet pour ne plus faire qu’un, courbe et dédoublé. Se lasser de deux langues, la pensée jaillissant sans cesse d’une double fontaine.
Bien qu’il ait parfois été sévère avec la religion, certaines des réflexions de Henry David Thoreau (1817-1862) manifestent une sensibilité profonde à la beauté de la création.
En voici quelques unes, de sources diverses, rassemblées ci-dessous :
[quote="Henry David Thoreau"] Nous étant fixés sur la terre, nous avons oublié le ciel.
Ces mouvements partout dans la Nature sont certainement la pulsation divine. La voile qui s'enfle, le ruisseau qui court, l'arbre qui ondule, le vent qui erre..., d'où leur viendraient autrement cette excellence et cette liberté infinies ?
Je crois que le créateur du monde épuise tout son art dans chaque flocon et chaque goutte de rosée qu'il envoie sur la terre. Nous croyons que l'un prend forme mécaniquement, que l'autre tombe et coule : ce sont en réalité des produits de l'enthousiasme, des enfants de l'extase, achevés avec un art consommé.
Le poème de la création ne s'arrête jamais, mais rares sont les oreilles capables de le capter.
Je ne vois rien de meilleur ni de plus sacré que des ébats sans fin dans le jardin que Dieu a créé pour nous. Cette pensée exclut le soupçon du péché. Oh ! si les hommes sentaient cela, ils ne construiraient jamais de temple, même de marbre ou de diamant, de crainte de commettre un sacrilège, mais ils se récréeraient toujours dans ce Paradis.
Cette terre qui s'étend autour de moi comme une carte n'est que la doublure de ce qu'il y a de plus profond en mon âme.
La même terre est bonne pour les hommes et pour les arbres.
La nature à chaque instant s’occupe de votre bien-être. Elle n’a pas d’autre fin. Ne lui résistez pas.
Le sens de la nature c'est le sens de ce qui est, à la fois, autre et proche. Autre par un dynamisme non converti à une exclusive logique d'usage, proche parce que ce dehors existe dialectiquement avec le dedans. Dehors et dedans ne sont pas séparés mais leur alliance constitue le monde à la fois extérieur et intérieur, humain et non-humain, dans sa richesse, sa diversité et son unité.
Je ne fais aucun cas des philosophies de l’univers dans lesquelles l’homme et les institutions occupent trop de place et absorbent l’attention. L’homme n’est que le point où je suis placé et, de là, la vue est infinie. Ce n’est pas une salle des miroirs où je me reflète...
Vivez pleinement chaque saison, respirez là, buvez là, goûtez en les fruits et acceptez l'influence que chacune peut avoir sur nous.
Nous ne vivons pas notre vie pleinement et entièrement; nous ne remplissons pas tous nos pores de notre sang; notre respiration n’est ni assez complète ni assez profonde pour que, chaque fois que nous inspirons et expirons, la vague aille briser sa crinière sur notre rivage le plus extrême, courant jusqu’à ce qu’elle rencontre le sable qui nous borde en nous renvoyant le bruit du ressac. […]
Nous ne vivons qu’une partie de notre vie. Ne laisserons-nous pas le flot pénétrer, n’ouvrirons-nous pas les portes, ne mettrons-nous pas en mouvement tous les rouages ? Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.
Je ne veux pas faire naufrage sur une vaine réalité. Je veux vivre de telle sorte que je tire ma joie et mon inspiration des événements les plus ordinaires et des faits de chaque jour
Les nécessités de la vie pour l’homme en ce climat peuvent, assez exactement, se répartir sous les différentes rubriques de Vivre, Couvert, Vêtement et Combustible ; car il faut attendre que nous nous les soyons assurés pour aborder les vrais problèmes de la vie avec liberté et espoir de succès.
Une fois qu’il s’est procuré les choses nécessaires à l’existence, s’offre une autre alternative que de se procurer les superfluités ; et c’est de se laisser aller maintenant à l’aventure sur le vaisseau de la vie, ses vacances loin d’un travail plus humble ayant commencé
L'art de la vie, de la vie du poète, c'est d'être occupé sans avoir rien à faire.
Ce qu'il y a devant nous et ce que nous laissons derrière, ceci est peu de chose comparativement à ce qui est en nous. Et lorsque nous amenons dans le monde ce qui dormait en nous, des miracles se produisent.
Travaillerons-nous toujours à nous procurer davantage, et non parfois à nous contenter de moins ?
Simplifiez, simplifiez, simplifiez. À quoi sert l’immense gaspillage d’énergie que déploient les hommes pour conquérir le confort. En sont-ils plus heureux? Ne mènent-ils pas plutôt une vie de morne désespoir? Je gagnai les bois parce que je voulais vivre à bon escient, n’affronter que les données essentielles de la vie et voir si je pouvais apprendre ce qu’elle avait à enseigner et non pas découvrir à l’heure de la mort que je n’avais pas vécu.
Comme je faisais particulièrement cas de ma liberté, comme je pouvais vivre à la dure tout en m'en trouvant fort bien, je n'avais nul désir pour le moment de passer mon temps à gagner de riches tapis ou de beaux meubles, à m'assurer une cuisine délicate, à acquérir une maison de style grec ou gothique.
Tandis que sans hésiter mes amis entraient dans le commerce ou embrassaient des professions, je considérai cette occupation comme valant au moins autant que la leur : courir les montagnes tout l'été pour cueillir les baies qui se trouvaient sur ma route, en disposer ensuite, sans souci; de la sorte, garder les troupeaux d'Amète.
Mais j'ai depuis appris que le commerce est la malédiction de tout ce à quoi il touche; et que, commerceriez-vous de messages du ciel, l'entière malédiction du commerce s'attacherait à l'affaire.
En général, les hommes, même en ce pays relativement libre, sont tout simplement, par suite d’ignorance et d’erreur, si bien pris par les soucis factices et les travaux inutilement rudes de la vie, que ses fruits les plus beaux ne savent être cueillis par eux.
Certains se montrent « industrieux », et paraissent aimer le labeur pour lui-même, ou peut-être parce qu'il les préserve de faire pis; à ceux-là je n'ai présentement rien à dire. A ceux qui ne sauraient que faire de plus de loisir qu'ils n'en ont actuellement, je conseillerais de travailler deux fois plus dur qu'ils ne font.
Pour moi, je trouvai que la profession de journalier était la plus indépendante de toutes, en ceci principalement qu'elle ne réclamait que trente ou quarante jours de l'année pour vous faire vivre. La journée du journalier prend fin avec le coucher du soleil, et il est alors libre de se consacrer à telle occupation de son choix, indépendante de son labeur; tandis que son employeur, qui spécule d'un mois sur l'autre, ne connaît pas de répit d'un bout à l'autre de l'an.
Mais tout cela est fort égoïste, ai-je entendu dire à quelques-uns de mes concitoyens. Je confesse que je me suis jusqu'ici fort peu adonné aux entreprises philanthropiques. J'ai fait quelques sacrifices à certain sentiment de devoir, et j'ai sacrifié ce plaisir-là aussi. Il est des gens pour employer tout leur art à me persuader de me faire le soutien de quelque famille pauvre de la ville; et si je n'avais rien à faire, - car le Diable trouve de l'ouvrage pour les paresseux, - je pourrais m'essayer la main à quelque passe-temps de ce genre.
Cependant, lorsque j'ai songé à m'accorder ce luxe, et à soumettre leur Ciel à une obligation en entretenant certaines personnes pauvres sur un pied de confort égal en tous points à celui sur lequel je m'entretiens moi-même, lorsque je suis allé jusqu'à risquer de leur en faire l'offre, elles ont toutes sans exception préféré d'emblée rester pauvres. Alors que mes concitoyens et concitoyennes se dévouent de tant de manières au bien de leurs semblables, j'estime qu'on peut laisser au moins quelqu'un à d'autres et moins compatissantes recherches.
La charité comme toute autre chose réclame des dispositions particulières. Pour ce qui est de faire le bien, c'est une vraie profession. En outre, j'en ai honnêtement fait l'essai, et, si étrange que cela puisse paraître, je suis satisfait qu'elle ne convienne pas à mon tempérament. Le bien que je fais, au sens ordinaire du mot, doit être en dehors de mon sentier principal, et la plupart du temps tout inintentionnel.
Il n'est d'odeur aussi nauséabonde que celle qui émane de la bonté corrompue. C'est humaine, c'est divine charogne. Si je tenais pour certain qu'un homme soit venu chez moi dans le dessein conscient de me faire du bien, je chercherais mon salut dans la fuite comme s'il s'agissait de ce vent sec et brûlant des déserts africains appelé le simoun, lequel vous remplit la bouche, le nez, les oreilles et les yeux de sable jusqu'à l'asphyxie; et cela de peur de me voir gratifié d'une parcelle de son bien - de voir une parcelle de son virus mélangée à mon sang. Non…
Il n’y a qu’un remède à l’amour : aimer davantage.
Ce que je veux, c'est la fleur et le fruit de l'homme; qu'un parfum passe de lui à moi, et qu'un arôme de maturité soit notre commerce. Sa bonté doit être non pas un acte partiel plus qu'éphémère, mais un constant superflu, qui ne lui coûte rien et dont il reste inconscient. Cette charité qui nous occupe couvre une multitude de péchés.
Je voudrais désormais vivre en compagnie d’une âme bienveillante, vivre une vie telle qu’on peut la concevoir – double par sa diversité, simple par son harmonie. Vivre seuls tous les deux, afin de contempler notre unité et ne devenir qu’un parce qu’indivisibles. Une telle communauté est un gage de vie sacrée. Comment pourrions-nous tolérer quelque chose d’indigne dans notre entourage ? Ecouter d’une même oreille chaque son de l’été, contempler d’un même œil chaque paysage estival – nos regards se croisant et se mêlant à l’objet pour ne plus faire qu’un, courbe et dédoublé. Se lasser de deux langues, la pensée jaillissant sans cesse d’une double fontaine.[/quote]