par salésienne05 » dim. 02 sept. 2012, 9:18
Que faisons-nous pour les autres ? Voilà bien une question rituelle...
Etre dans le "faire". Montrer que nous "faisons". Or, pour nous chrétiens, c'est Dieu qui nous pousse. Ce n'est pas nous qui nous metttons en route tous seuls. La première chose est de s'ajuster à Dieu, Le laisser nous ajuster à Lui. Sans doute serons-nous surpris de ce qui nous sera demandé.
Cobien de "recommençants", de convertis, se lancent, à corps et à coeur perdu dans l'action, sans d'abord être passé au creuset de Dieu. Je me souviens, après ma conversion, à 19 ans, je me suis mise à faire le catéchisme, à distribuer la soupe aux démunis, etc. Certes, ces actes n'étaient pas dénués de sens ni même d'un minimum de charité mais quand même, avec le recul, quel orgueil ! Mais heureusement, Dieu se sert même des ces actes imparfaits et orgueilleux !
Quoi que nosu fassions, nous ne le ferons toujours qu'imparfaitement : parler, e,seigner, soigner, soulager telle ou telle misère... mais avec le Seigneur, avec le Christ comme guide et ami, note action est sanctifiée. Elle n'est pas rendue parfaite humainement, mais elle est rendue spirituellement salvifique.
Jésus ne dit pas "Sans moi, vous en pouvez pas faire grand chose" mais bien :"Sans moi, vous ne pouvez rien faire". La nuance est de taille.
Parfois il faut plusieurs décennies pour savoir et comprendre ce que le Seigneur nous commande, après le commandement de L'aimer Lui. Plusieurs années, je me suis morfondue car je voulais trouver par moi-même ce que je pourrais bien faire pour autrui. Avec le recul, je me dis que certes je faisais le catéchisme, mais je n'étais pas capable d'être accueillante au téléphone avec mon grand-père qui m'appelait tous les jours car il se sentait seul. Certes je distribuais des repas aux démunis et je faisais de l'aide scolaire, mais je n'étais pas forcément disponible pour telle aide à apporter à mes proches. Par la suite, je me suis engagée chez les salésiennes, et évidemment, commle j'avais fait toutes mes recherches d'histoire sur Saint François de Sales et que j'avais commencé une licence de théologie, j'étais relativement rigoureuse sur la doctrine, sur le magistère, sur les grandes idées... et je me suis aperçue qu'en tant que mère de famille, c'étais la catastrophe : je voulais faire plein de choses à côté pour évangéliser, pour pratiquer la charité, mais je me mettais en colère pour un oui ou pour un non avec mes enfants, je soupirais dès que ma mère, handicapée à un âge ou normalement on est grand-parent superactif, venait nous voir...
Le Christ me montrait ainsi ma misère, me montrait que c'est de Lui que tout devait venir. Alors, moi qui n'avais guère de temps, je me suis mise à faire plus d'oraison pour écouter ce que Lui avait à me dire. Et ce qu'Il avait à me dire, c'est que toutes ces petites charités exercées au quotidien, qui ne se voyaient pas, étaient celles qui m'étaient demandées. Ainsi, quand ma mère handicapée vient, au lieu de me dire :"mince, cela me fait un enfant en plus, il va falloir que je fasse les courses avec elle au bras, les enfants qui n'obéissent qu'à moitié, il va falloir que je me plie à ses exigences alimentaires, ça va me demander mille fois plus de travail", je prie et me dis :"Quelle joie pour maman qui n'a pas beaucoup de plaisirs dans la vie si ce n'est d'être avec nous ! On va essayer d'aller promener un peu tous les jours, et finalement, ça me fera du bien à moi-aussi". Et le Seigneur aplanis la route : la joie qu'Il me donne fait que les choses se passent plus facilement, qu'il y a certes autant de travail mais je vois bien que certaines petites choses ont changé. Pour mes enfants, j'ai installé un petit coin prière pour les colères. Ainsi, chacun, lorsqu'il y a débordement, se met au coin prière pour demander pardon et pour demander au Seigneur de lui donner la force de ne plus se mettre en colère par égoïsme. Ce n'est pas une solution miracle. Mais bon, si je fais plein de choses à l'extérieur par moi-même alors que le Seigneur me demande de fleurir là où je suis, dans l'anonymat, dans l'humilité, je me prends pour mon propre maître et risque en plus de me glorifier de faire telle et telle chose.
Evidemment, ça dérape quand même, et je me surprends à vouloir faire des choses plutôt que d'agir en charité dans l'ombre. Au départ cela me pesait. Puis, j'ai eu la "récompense" de mes petits efforts lors de notre premier restaurant en amoureux en 7 ans (depuis la naissance des enfants) il y a quelques semaines (pour fêter nos 10 ans de mariage) : mon mari me disait que j'avais drôlement changé, que cela se ressentait dans toute la maison, qu'il sentait que la vie de prière que je menais pacifiait mes actes, me donnait une bienveillance et une écoute nouvelle. Il a rajouté quelques qualités au passage qui sont survenues sans que moi-même je m'en aperçoive.
Voilà. Ce n'est qu'un petit témoignage mais tant que nous voudrons nous-mêmes faire la charité, la charité ne sera pas le moteur, le Seigneur ne sera pas le moteur, et il y a fort à parier que ce ne sera pas "notre place".
Fraternellement.
Cécile
Que faisons-nous pour les autres ? Voilà bien une question rituelle...
Etre dans le "faire". Montrer que nous "faisons". Or, pour nous chrétiens, c'est Dieu qui nous pousse. Ce n'est pas nous qui nous metttons en route tous seuls. La première chose est de s'ajuster à Dieu, Le laisser nous ajuster à Lui. Sans doute serons-nous surpris de ce qui nous sera demandé.
Cobien de "recommençants", de convertis, se lancent, à corps et à coeur perdu dans l'action, sans d'abord être passé au creuset de Dieu. Je me souviens, après ma conversion, à 19 ans, je me suis mise à faire le catéchisme, à distribuer la soupe aux démunis, etc. Certes, ces actes n'étaient pas dénués de sens ni même d'un minimum de charité mais quand même, avec le recul, quel orgueil ! Mais heureusement, Dieu se sert même des ces actes imparfaits et orgueilleux !
Quoi que nosu fassions, nous ne le ferons toujours qu'imparfaitement : parler, e,seigner, soigner, soulager telle ou telle misère... mais avec le Seigneur, avec le Christ comme guide et ami, note action est sanctifiée. Elle n'est pas rendue parfaite humainement, mais elle est rendue spirituellement salvifique.
Jésus ne dit pas "Sans moi, vous en pouvez pas faire grand chose" mais bien :"Sans moi, vous ne pouvez [u]rien[/u] faire". La nuance est de taille.
Parfois il faut plusieurs décennies pour savoir et comprendre ce que le Seigneur nous commande, après le commandement de L'aimer Lui. Plusieurs années, je me suis morfondue car je voulais trouver par moi-même ce que je pourrais bien faire pour autrui. Avec le recul, je me dis que certes je faisais le catéchisme, mais je n'étais pas capable d'être accueillante au téléphone avec mon grand-père qui m'appelait tous les jours car il se sentait seul. Certes je distribuais des repas aux démunis et je faisais de l'aide scolaire, mais je n'étais pas forcément disponible pour telle aide à apporter à mes proches. Par la suite, je me suis engagée chez les salésiennes, et évidemment, commle j'avais fait toutes mes recherches d'histoire sur Saint François de Sales et que j'avais commencé une licence de théologie, j'étais relativement rigoureuse sur la doctrine, sur le magistère, sur les grandes idées... et je me suis aperçue qu'en tant que mère de famille, c'étais la catastrophe : je voulais faire plein de choses à côté pour évangéliser, pour pratiquer la charité, mais je me mettais en colère pour un oui ou pour un non avec mes enfants, je soupirais dès que ma mère, handicapée à un âge ou normalement on est grand-parent superactif, venait nous voir...
Le Christ me montrait ainsi ma misère, me montrait que c'est de Lui que tout devait venir. Alors, moi qui n'avais guère de temps, je me suis mise à faire plus d'oraison pour écouter ce que Lui avait à me dire. Et ce qu'Il avait à me dire, c'est que toutes ces petites charités exercées au quotidien, qui ne se voyaient pas, étaient celles qui m'étaient demandées. Ainsi, quand ma mère handicapée vient, au lieu de me dire :"mince, cela me fait un enfant en plus, il va falloir que je fasse les courses avec elle au bras, les enfants qui n'obéissent qu'à moitié, il va falloir que je me plie à ses exigences alimentaires, ça va me demander mille fois plus de travail", je prie et me dis :"Quelle joie pour maman qui n'a pas beaucoup de plaisirs dans la vie si ce n'est d'être avec nous ! On va essayer d'aller promener un peu tous les jours, et finalement, ça me fera du bien à moi-aussi". Et le Seigneur aplanis la route : la joie qu'Il me donne fait que les choses se passent plus facilement, qu'il y a certes autant de travail mais je vois bien que certaines petites choses ont changé. Pour mes enfants, j'ai installé un petit coin prière pour les colères. Ainsi, chacun, lorsqu'il y a débordement, se met au coin prière pour demander pardon et pour demander au Seigneur de lui donner la force de ne plus se mettre en colère par égoïsme. Ce n'est pas une solution miracle. Mais bon, si je fais plein de choses à l'extérieur par moi-même alors que le Seigneur me demande de fleurir là où je suis, dans l'anonymat, dans l'humilité, je me prends pour mon propre maître et risque en plus de me glorifier de faire telle et telle chose.
Evidemment, ça dérape quand même, et je me surprends à vouloir faire des choses plutôt que d'agir en charité dans l'ombre. Au départ cela me pesait. Puis, j'ai eu la "récompense" de mes petits efforts lors de notre premier restaurant en amoureux en 7 ans (depuis la naissance des enfants) il y a quelques semaines (pour fêter nos 10 ans de mariage) : mon mari me disait que j'avais drôlement changé, que cela se ressentait dans toute la maison, qu'il sentait que la vie de prière que je menais pacifiait mes actes, me donnait une bienveillance et une écoute nouvelle. Il a rajouté quelques qualités au passage qui sont survenues sans que moi-même je m'en aperçoive.
Voilà. Ce n'est qu'un petit témoignage mais tant que nous voudrons nous-mêmes faire la charité, la charité ne sera pas le moteur, le Seigneur ne sera pas le moteur, et il y a fort à parier que ce ne sera pas "notre place".
Fraternellement.
Cécile