par etienne lorant » lun. 14 janv. 2013, 19:41
eux ans se sont écoulés depuis le renversement du président Ben Ali. Mais la révolution du peuple tunisien pourrait bien se faire au détriment des femmes. "On n’aura une idée claire sur la situation des femmes en Tunisie qu’une fois la rédaction de la Constitution achevée", résume Meriem Ben Lamine, enseignante et chercheuse à l’université de Tunis.
Au sein de l’Association tunisienne des femmes juristes où elle milite, elle lutte pour l’égalité des genres. Une idée mais qui ne coule pas de source.
"Cela fait partie des objectifs de la révolution que de créer une société plus juste, plus équitable. Et que les femmes puissent être l’égal de l’homme, qu’elles puissent exercer leurs droits", relève pourtant Emilie Romzée, coordinatrice au Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme (REMDH).
Le dernier projet de loi fondamentale affirme l’égalité des hommes et des femmes "en droits et en devoirs", alors qu’un texte précédent ne parlait que de "complémentarité" de la femme à l’homme. L’abandon de cette dernière notion, proposée par les islamistes au pouvoir, est le fruit d’une levée de boucliers de la part de la société civile.
"Cette résistance citoyenne (s’exprime) grâce aux acquis des femmes depuis 50 ans", note Ahlem Belhaj, présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD). Avec le code du statut personnel, les Tunisiennes disposent depuis 1956 de droits inégalés dans le monde arabe, comme le mariage par consentement mutuel, l’accès au divorce ou le rejet de la polygamie. Et à travers ces droits, une liberté et une indépendance plutôt rares dans le monde arabe.
Insultes et violences
Mais au quotidien, les femmes ne comptent plus les atteintes à leurs libertés, les stigmatisations, les insultes, les agressions Celles-ci se sont accrues depuis l’arrivée des islamistes d’Ennahda au pouvoir suite aux premières élections libres dans le pays, en octobre 2011. "Il y a une pression morale pour qu’elles se comportent, agissent ou s’habillent de telle ou telle manière", constate Mme Belhaj.
Et ces pressions se muent parfois en violences. La responsable de l’ATFD cite le cas récent d’une mère de famille tabassée par un chauffeur de taxi à la suite d’une altercation avec lui ; ce dernier n’aurait pas supporté le ton de la jeune femme à son égard Le viol d’une jeune femme par deux policiers à l’automne dernier est emblématique de ces violences et de l’attitude peu réactive voire ambiguë des autorités. Celles-ci avaient décidé de poursuivre la jeune femme pour "l’indécence" de sa tenue vestimentaire, avant de renoncer à toute action judiciaire, les excuses publiques du Président en prime.
En octobre, l’ATFD avait déjà dénoncé une campagne d’intimidation de la police contre les femmes. Elle dénonçait les pressions voire le harcèlement subis par les femmes dans les espaces publics, notamment lors de leurs sorties nocturnes.
(suite et fin de cet article sous le spoiler)
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eux ans se sont écoulés depuis le renversement du président Ben Ali. Mais la révolution du peuple tunisien pourrait bien se faire au détriment des femmes. "On n’aura une idée claire sur la situation des femmes en Tunisie qu’une fois la rédaction de la Constitution achevée", résume Meriem Ben Lamine, enseignante et chercheuse à l’université de Tunis.
Au sein de l’Association tunisienne des femmes juristes où elle milite, elle lutte pour l’égalité des genres. Une idée mais qui ne coule pas de source.
"Cela fait partie des objectifs de la révolution que de créer une société plus juste, plus équitable. Et que les femmes puissent être l’égal de l’homme, qu’elles puissent exercer leurs droits", relève pourtant Emilie Romzée, coordinatrice au Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme (REMDH).
Le dernier projet de loi fondamentale affirme l’égalité des hommes et des femmes "en droits et en devoirs", alors qu’un texte précédent ne parlait que de "complémentarité" de la femme à l’homme. L’abandon de cette dernière notion, proposée par les islamistes au pouvoir, est le fruit d’une levée de boucliers de la part de la société civile.
"Cette résistance citoyenne (s’exprime) grâce aux acquis des femmes depuis 50 ans", note Ahlem Belhaj, présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD). Avec le code du statut personnel, les Tunisiennes disposent depuis 1956 de droits inégalés dans le monde arabe, comme le mariage par consentement mutuel, l’accès au divorce ou le rejet de la polygamie. Et à travers ces droits, une liberté et une indépendance plutôt rares dans le monde arabe.
Insultes et violences
Mais au quotidien, les femmes ne comptent plus les atteintes à leurs libertés, les stigmatisations, les insultes, les agressions Celles-ci se sont accrues depuis l’arrivée des islamistes d’Ennahda au pouvoir suite aux premières élections libres dans le pays, en octobre 2011. "Il y a une pression morale pour qu’elles se comportent, agissent ou s’habillent de telle ou telle manière", constate Mme Belhaj.
Et ces pressions se muent parfois en violences. La responsable de l’ATFD cite le cas récent d’une mère de famille tabassée par un chauffeur de taxi à la suite d’une altercation avec lui ; ce dernier n’aurait pas supporté le ton de la jeune femme à son égard Le viol d’une jeune femme par deux policiers à l’automne dernier est emblématique de ces violences et de l’attitude peu réactive voire ambiguë des autorités. Celles-ci avaient décidé de poursuivre la jeune femme pour "l’indécence" de sa tenue vestimentaire, avant de renoncer à toute action judiciaire, les excuses publiques du Président en prime.
En octobre, l’ATFD avait déjà dénoncé une campagne d’intimidation de la police contre les femmes. Elle dénonçait les pressions voire le harcèlement subis par les femmes dans les espaces publics, notamment lors de leurs sorties nocturnes.
(suite et fin de cet article sous le spoiler)
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