par Cinci » sam. 14 juil. 2012, 16:31
Spk,
Cette phrase qui vous pose problème ne voulait rien dire de plus que celle qu'elle dit.
N'empêche... elle me posait problème quand même.
Il dépend sur quel plan vous regarderez l'affaire.
A priori, c'est sûr que le rejet du nazisme chez les uns n'attendra pas le travail des historiens pour s'exprimer. J'ai participé à la création de tout un fil sur Pie XII et le nazisme. Je ne vais pas me mettre à penser qu'il faudrait maintenant des études savantes de cinquante ans avant que d'être capable de prendre position contre une dictature, etc. Seulement, c'est l'idée d'universalité dans le rejet qui me fait tiquer.
Comment vous expliquerez le fait qu'il puisse se trouver tantôt des néo-nazis ou des négationnistes de la Shoah et tout, si une conscience universelle (donc, présente chez tous) suffirait comme à elle seule à nous imposer l'exécration du régime honni ?
Pour ma part, je dirais que le chrétien (remplacez par ''le juif'' si vous préférez, l'homosexuel droit-de-l'hommiste, le libertaire, etc) n'aurait pas grand mal à se persuaduer lui-même du caractère foncièrement vicieux du totalitarisme hitlérien. Ce seront tous des gens que le totalitarisme en question auraient ciblé aussi, remarquez. Or je ne suis pas certain que le reste du monde n'entrant pas dans la catégorie des targets potentiels, devrait participer aussi fortement d'un mouvement de rejet viscéral vis à vis plusieurs aspects du même totalitarisme hitlérien. Aussi, je pense que là sera d'autant plus nécéssaire le travail de l'historien, pour mettre mieux en lumière les choses; ce qui reviendrait à vouloir convaincre un auditoire plus et mieux du caractère néfaste (si on parle du nazisme comme exemple) du sujet qui est traité.
Cette histoire d'universalité mais c'est un thème tellement présent dans l'univers mental franco-français. «La charte universelle... le droits de l'humanité, les droits de l'homme, etc.»
Mais non, mais non... Une culture
impose une façon de voir. Les ''droits de l'homme'' mais ça ne veut rien pour des Aztecs, pour des bourgeois de Florence au XIVe siècle, pour Tamerlan, pour le général de l'armée impériale du Japon, pour nos wahhabites déchaînés, etc.
Et alors l'historien ou les historiens sont comme un rouage de la mécanique de transmission culturelle. Ils participent de celle-ci. Ce sont des intervenants nécéssaires à certains égards. On ne peut pas se fier à une soi-disante ''conscience universelle'' et telle que pour maintenir et péréniser la condamnation de ceci ou cela.
On pourrait croire que le rejet du nazisme est le résultat du travail opéré par les historiens, je prétends que non
Entendez-le autrement.
«Je prétendrais, moi, le professeur Tournesol, que le rejet du communisme en dernier lieu chez les amis de Cohn-Bendit (oui, sur leur lit de mort) ne serait en rien le résultat de décades de réflexion, de l'influence d'une littérature sérieuse, d'une collection de témoignages accumulées et regroupés, de la distillation d'une idée majeur qui aura fait tache d'huile chez un milliers de décideurs publics après-coup, du vox pop à son tour influencé par des séries télé s'inspirant des travaux de tels et tels pourfendeurs crédibles, etc.»
Voyons, professeur...
Oui, c'est sûr qu'il y avait des russes blanc, et qui, dès 1917, s'opposaient farouchement au bolchévisme. Il n'était point besoin d'attendre après des historiens pour être le Tsar et trouver que le communisme était tout de même une idée malsaine. Sauf, qu'est-ce qui finirait bien par persuader d'erreur le dernier carré de la vieille garde, nos anciens et nostalgiques du ''petit père des peuples'', ou sinon la nouvelle génération de jeunes tendrons qui pousserait 100 ans après la disparition du dernier communiste ? La conscience universelle ? ou bien si ce serait le succ de la culture avec laquelle on alimenterait les jeunes pousses ?
Spk,
[quote]Cette phrase qui vous pose problème ne voulait rien dire de plus que celle qu'elle dit.[/quote]
N'empêche... elle me posait problème quand même.
Il dépend sur quel plan vous regarderez l'affaire.
[i]A priori[/i], c'est sûr que le rejet du nazisme chez les uns n'attendra pas le travail des historiens pour s'exprimer. J'ai participé à la création de tout un fil sur Pie XII et le nazisme. Je ne vais pas me mettre à penser qu'il faudrait maintenant des études savantes de cinquante ans avant que d'être capable de prendre position contre une dictature, etc. Seulement, c'est l'idée d'universalité dans le rejet qui me fait tiquer.
Comment vous expliquerez le fait qu'il puisse se trouver tantôt des néo-nazis ou des négationnistes de la Shoah et tout, si une conscience universelle (donc, présente chez tous) suffirait comme à elle seule à nous imposer l'exécration du régime honni ?
Pour ma part, je dirais que le chrétien (remplacez par ''le juif'' si vous préférez, l'homosexuel droit-de-l'hommiste, le libertaire, etc) n'aurait pas grand mal à se persuaduer lui-même du caractère foncièrement vicieux du totalitarisme hitlérien. Ce seront tous des gens que le totalitarisme en question auraient ciblé aussi, remarquez. Or je ne suis pas certain que le reste du monde n'entrant pas dans la catégorie des targets potentiels, devrait participer aussi fortement d'un mouvement de rejet viscéral vis à vis plusieurs aspects du même totalitarisme hitlérien. Aussi, je pense que là sera d'autant plus nécéssaire le travail de l'historien, pour mettre mieux en lumière les choses; ce qui reviendrait à vouloir convaincre un auditoire plus et mieux du caractère néfaste (si on parle du nazisme comme exemple) du sujet qui est traité.
Cette histoire d'universalité mais c'est un thème tellement présent dans l'univers mental franco-français. «La charte universelle... le droits de l'humanité, les droits de l'homme, etc.»
Mais non, mais non... Une culture [u]impose[/u] une façon de voir. Les ''droits de l'homme'' mais ça ne veut rien pour des Aztecs, pour des bourgeois de Florence au XIVe siècle, pour Tamerlan, pour le général de l'armée impériale du Japon, pour nos wahhabites déchaînés, etc.
Et alors l'historien ou les historiens sont comme un rouage de la mécanique de transmission culturelle. Ils participent de celle-ci. Ce sont des intervenants nécéssaires à certains égards. On ne peut pas se fier à une soi-disante ''conscience universelle'' et telle que pour maintenir et péréniser la condamnation de ceci ou cela.
[quote] On pourrait croire que le rejet du nazisme est le résultat du travail opéré par les historiens, je prétends que non[/quote]
Entendez-le autrement.
«Je prétendrais, moi, le professeur Tournesol, que le rejet du communisme en dernier lieu chez les amis de Cohn-Bendit (oui, sur leur lit de mort) ne serait en rien le résultat de décades de réflexion, de l'influence d'une littérature sérieuse, d'une collection de témoignages accumulées et regroupés, de la distillation d'une idée majeur qui aura fait tache d'huile chez un milliers de décideurs publics après-coup, du vox pop à son tour influencé par des séries télé s'inspirant des travaux de tels et tels pourfendeurs crédibles, etc.»
Voyons, professeur...
Oui, c'est sûr qu'il y avait des russes blanc, et qui, dès 1917, s'opposaient farouchement au bolchévisme. Il n'était point besoin d'attendre après des historiens pour être le Tsar et trouver que le communisme était tout de même une idée malsaine. Sauf, qu'est-ce qui finirait bien par persuader d'erreur le dernier carré de la vieille garde, nos anciens et nostalgiques du ''petit père des peuples'', ou sinon la nouvelle génération de jeunes tendrons qui pousserait 100 ans après la disparition du dernier communiste ? La conscience universelle ? ou bien si ce serait le succ de la culture avec laquelle on alimenterait les jeunes pousses ?