par lmx » mar. 26 juin 2012, 0:02
Vous l'employez, c'est ce que vous dites, au sens scolastique. Ainsi le désir de connaître est naturel, au sens où il est orienté vers une fin, la vérité, qui ne saurait en aucun cas être le produit d'un conditionnement social. Il me paraît tout à fait opportun d'apporter cet éclairage. Mais si l'on comprend le sujet ainsi, la question ne se pose plus.
N'est-ce pas là une preuve que ce désir existe puisque la question du désir vous intéresse et suscite votre curiosité ?
Que font les êtres humains, si ce n'est quêter l'objet ultime de leur désir sans jamais le posséder? Et sans doute avons-nous à apprendre à renoncer à posséder l'objet ultime de notre désir. Qu'on l'appelle Dieu ou pas n'y change rien, car qui pourrait prétendre posséder Dieu?
Je suis d'accord avec le fait désir ne soit jamais comblé sur terre, et que vivre c'est nécessairement subir des frustrations. Le manque, la frustration, tout cela fait partie de la condition humaine.
Ce désir qui semble préoccuper les psychanalystes est un moteur, c'est aussi grâce à lui que nous dirigeons notre vie, que nous posons des "points" dans le futur comme autant d'objectifs et que nous nous y projetons pour "construire" notre vie. Sans doute est-il une bonne chose que le désir ne soit jamais entièrement assouvi sur terre sinon l'activité serait paralysée. Sans le désir de connaître, pas d'activité scientifique, philosophique etc.
Dans les dialogues, le Christ dit à Ste Catherine que son désir est infini. Mais ce désir est assouvi dans la vision béatifique où Dieu est "possédé" connu en lui-même et par lui-même.
Mais peut-être y-a-t-il aussi beaucoup de désirs "artificiels" conditionnés provoqués par la volonté d'imiter l'autre. Je ne connais pas vraiment cette théorie du désir mimétique mais sans doute permet-elle de comprendre le succès de la publicité à susciter du désir de consommer.
Parmi les nombreux enjeux de cette question, il y a la remise en question d'une certaine forme de narcissisme, très contemporaine, qui consiste à être à l'écoute de ses désirs en espérant y trouver le secret de son âme, comme si le désir était forcément un écho de notre nature profonde. Peut-être qu'au contraire les objets que nous croyons désirer ne sont que les vecteurs de nos illusions.
oui, le freudisme réduisait tous nos actes, tous nos désirs, même les plus beaux, les plus pures, à l'expression de pulsions sexuelles enfouies dans l'inconscient, et sans doute ces théories sont-elles à la base de ce narcissisme moderne que vous pointez du doigt. Il y a quelque chose de grisant, d'excitant, à ce dire que la "vérité" est en nous, dans les ténèbres de notre inconscient.
En revanche, je ne sais pas si je suis d'accord pour réduire cette fois le désir à une "illusion" provoquée par un phénomène extérieur. Il y a sûrement du vrai dans les deux théories, mais c'est la réduction du désir à une cause unique qui me pose un peu problème.
[quote]Vous l'employez, c'est ce que vous dites, au sens scolastique. Ainsi le désir de connaître est naturel, au sens où il est orienté vers une fin, la vérité, qui ne saurait en aucun cas être le produit d'un conditionnement social. Il me paraît tout à fait opportun d'apporter cet éclairage. Mais si l'on comprend le sujet ainsi, la question ne se pose plus.[/quote]
N'est-ce pas là une preuve que ce désir existe puisque la question du désir vous intéresse et suscite votre curiosité ?
[quote]Que font les êtres humains, si ce n'est quêter l'objet ultime de leur désir sans jamais le posséder? Et sans doute avons-nous à apprendre à renoncer à posséder l'objet ultime de notre désir. Qu'on l'appelle Dieu ou pas n'y change rien, car qui pourrait prétendre posséder Dieu?[/quote]
Je suis d'accord avec le fait désir ne soit jamais comblé sur terre, et que vivre c'est nécessairement subir des frustrations. Le manque, la frustration, tout cela fait partie de la condition humaine.
Ce désir qui semble préoccuper les psychanalystes est un moteur, c'est aussi grâce à lui que nous dirigeons notre vie, que nous posons des "points" dans le futur comme autant d'objectifs et que nous nous y projetons pour "construire" notre vie. Sans doute est-il une bonne chose que le désir ne soit jamais entièrement assouvi sur terre sinon l'activité serait paralysée. Sans le désir de connaître, pas d'activité scientifique, philosophique etc.
Dans les dialogues, le Christ dit à Ste Catherine que son désir est infini. Mais ce désir est assouvi dans la vision béatifique où Dieu est "possédé" connu en lui-même et par lui-même.
Mais peut-être y-a-t-il aussi beaucoup de désirs "artificiels" conditionnés provoqués par la volonté d'imiter l'autre. Je ne connais pas vraiment cette théorie du désir mimétique mais sans doute permet-elle de comprendre le succès de la publicité à susciter du désir de consommer.
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Parmi les nombreux enjeux de cette question, il y a la remise en question d'une certaine forme de narcissisme, très contemporaine, qui consiste à être à l'écoute de ses désirs en espérant y trouver le secret de son âme, comme si le désir était forcément un écho de notre nature profonde. Peut-être qu'au contraire les objets que nous croyons désirer ne sont que les vecteurs de nos illusions.[/quote]
oui, le freudisme réduisait tous nos actes, tous nos désirs, même les plus beaux, les plus pures, à l'expression de pulsions sexuelles enfouies dans l'inconscient, et sans doute ces théories sont-elles à la base de ce narcissisme moderne que vous pointez du doigt. Il y a quelque chose de grisant, d'excitant, à ce dire que la "vérité" est en nous, dans les ténèbres de notre inconscient.
En revanche, je ne sais pas si je suis d'accord pour réduire cette fois le désir à une "illusion" provoquée par un phénomène extérieur. Il y a sûrement du vrai dans les deux théories, mais c'est la réduction du désir à une cause unique qui me pose un peu problème.