par Emmanuel Lyasse » mer. 02 mai 2012, 14:56
Je n'ai guère de compétence sur la question. J'ignore absolument le slavon. J'avais déjà entendu parler de ce texte (chez Petitfils, je crois), mais ne l'avais jamais lu.
J'ai trouvé aussi le site qu'indique Raistlin qui donne des éléments qui semblent (avec les réserves d'usage) solides et des interprétations qui sont, comme toujours, sujettes à caution.
Egalement ceci
http://freyr1978.skyrock.com/2556002989 ... tique.html
Il faut bien comprendre ce dont il s'agit: un manuscrit qui se présente comme une traduction de Josèphe en slavon (l'ancêtre du russe). Josèphe a écrit en grec à la fin du premier siècle de notre ère. Ses deux ouvrages principaux sont La Guerre des Juifs, qui raconte la grande révolte juive des années 60, à laquelle il a participé avant de se rallier à Rome, en remontant assez loin pour en expliquer les causes, et les Antiquités juives, écrites ensuite, qui reprennent toute l'histoire du peuple juif et, sur leur fin, chevauchent l'ouvrage précédent avec plus de détails. Ces ouvrages ont pour but d'expliquer ce qu'est son peuple aux Romains et aux Grecs. D'après sa préface de la Guerre, il s'agit d'une version traduite et remaniée d'un livre qu'il avait d'abord écrit pour ses compatriotes, dans sa langue, vraisemblablement l'araméen plutôt que l'hébreu. De celui-là, nous n'avons aucune trace.
À ma connaissance, le slavon n'a jamais été écrit avant Cyrille et Méthode, évangélisateurs de la Russie au IXe siècle. La traduction date donc, au plus tôt, de ce siècle. Il n'y aurait donc pas de raison de s'en préoccuper, si elle ne donnait pas un texte différent du texte grec que nous connaissons, en particulier (mais pas seulement) sur Jésus et Jean-Baptiste. La première idée qui vient à un esprit raisonnable est que le traducteur russe médiéval a trafiqué le texte et que ses élucubrations n'ont absolument aucune valeur.
Mais il y a évidemment une autre hypothèse plus tentante: le traducteur russe avait en main un manuscrit de Josèphe meilleur que ceux qui nous sont parvenus et cette traduction slavonne nous donnerait la vraie version de l'œuvre. Certains (dont Étienne Nodet, de l'école de Jérusalem, d'après ce que je trouve) ont poussé beaucoup plus loin la plaisanterie: la traduction serait celle de l'original araméen dont parle Josèphe dans la préface de la version grecque.
Évidemment, on ne peut rien prouver. Comme toujours en matière d'exégèse, la question de base est celle de la charge de la preuve. Est-ce à celui qui avance une hypothèse qui renverse tout de prouver qu'elle est bonne, ou à ceux qui s'en tiennent à ce qui est admis depuis des siècles de prouver qu'elle est fausse ? Le bon sens demanderait la première solution, l'usage courant privilégie la seconde.
Il reste qu'il est hautement invraisemblable qu'un manuscrit plus complet ait été conservé en Russie. Quant aux raisons d'un caviardage, on est forcément dans le flou puisqu'on ne sait ni qui a fait cette traduction, ni quand, ni pourquoi. Il est clair que ce qu'il raconte n'est compatible ni avec le judaïsme officiel, ni avec les évangiles.
Une complication supplémentaire. D'après tout ce que je trouve, le manuscrit slavon ne contient que la Guerre, et non les Antiquités. Or la Guerre ne mentionne ni Jésus, ni Jean Baptiste.
Je n'ai guère de compétence sur la question. J'ignore absolument le slavon. J'avais déjà entendu parler de ce texte (chez Petitfils, je crois), mais ne l'avais jamais lu.
J'ai trouvé aussi le site qu'indique Raistlin qui donne des éléments qui semblent (avec les réserves d'usage) solides et des interprétations qui sont, comme toujours, sujettes à caution.
Egalement ceci http://freyr1978.skyrock.com/2556002989-La-Guerre-des-Juifs-en-slavon-une-source-authentique.html
Il faut bien comprendre ce dont il s'agit: un manuscrit qui se présente comme une traduction de Josèphe en slavon (l'ancêtre du russe). Josèphe a écrit en grec à la fin du premier siècle de notre ère. Ses deux ouvrages principaux sont La Guerre des Juifs, qui raconte la grande révolte juive des années 60, à laquelle il a participé avant de se rallier à Rome, en remontant assez loin pour en expliquer les causes, et les Antiquités juives, écrites ensuite, qui reprennent toute l'histoire du peuple juif et, sur leur fin, chevauchent l'ouvrage précédent avec plus de détails. Ces ouvrages ont pour but d'expliquer ce qu'est son peuple aux Romains et aux Grecs. D'après sa préface de la Guerre, il s'agit d'une version traduite et remaniée d'un livre qu'il avait d'abord écrit pour ses compatriotes, dans sa langue, vraisemblablement l'araméen plutôt que l'hébreu. De celui-là, nous n'avons aucune trace.
À ma connaissance, le slavon n'a jamais été écrit avant Cyrille et Méthode, évangélisateurs de la Russie au IXe siècle. La traduction date donc, au plus tôt, de ce siècle. Il n'y aurait donc pas de raison de s'en préoccuper, si elle ne donnait pas un texte différent du texte grec que nous connaissons, en particulier (mais pas seulement) sur Jésus et Jean-Baptiste. La première idée qui vient à un esprit raisonnable est que le traducteur russe médiéval a trafiqué le texte et que ses élucubrations n'ont absolument aucune valeur.
Mais il y a évidemment une autre hypothèse plus tentante: le traducteur russe avait en main un manuscrit de Josèphe meilleur que ceux qui nous sont parvenus et cette traduction slavonne nous donnerait la vraie version de l'œuvre. Certains (dont Étienne Nodet, de l'école de Jérusalem, d'après ce que je trouve) ont poussé beaucoup plus loin la plaisanterie: la traduction serait celle de l'original araméen dont parle Josèphe dans la préface de la version grecque.
Évidemment, on ne peut rien prouver. Comme toujours en matière d'exégèse, la question de base est celle de la charge de la preuve. Est-ce à celui qui avance une hypothèse qui renverse tout de prouver qu'elle est bonne, ou à ceux qui s'en tiennent à ce qui est admis depuis des siècles de prouver qu'elle est fausse ? Le bon sens demanderait la première solution, l'usage courant privilégie la seconde.
Il reste qu'il est hautement invraisemblable qu'un manuscrit plus complet ait été conservé en Russie. Quant aux raisons d'un caviardage, on est forcément dans le flou puisqu'on ne sait ni qui a fait cette traduction, ni quand, ni pourquoi. Il est clair que ce qu'il raconte n'est compatible ni avec le judaïsme officiel, ni avec les évangiles.
Une complication supplémentaire. D'après tout ce que je trouve, le manuscrit slavon ne contient que la Guerre, et non les Antiquités. Or la Guerre ne mentionne ni Jésus, ni Jean Baptiste.