La complémentarité des lectures chrétiennes et juives de l'Écriture

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Re: Nos frères Juifs

par poche » mar. 20 août 2013, 8:58

Je suis d'accord nous devrions étudier le Old Testament. Mais nous devons l'étudier avec une compréhension catholique. Nous devons savoir ce que c'est que l'Église catholique enseigne. Une fois que nous sommes familiers avec ce que l'Église catholique enseigne alors nous pouvons lire ce que les rabbins ont à dire au sujet de l'Ancien Testament. Il pourrait être très intéressant.

Re: Nos frères Juifs

par Pneumatis » lun. 19 août 2013, 13:16

Bonjour à tous,

Quelques précisions quant à mon précédent message :

- Je me suis permis de supposer que Toto s'accordait le droit de négliger l'ancien testament, dans la mesure où il a qualifier l'ancienne alliance dont il témoigne de "négligeable au regard de la nouvelle".

- Je n'ai pas cité saint Bernard, mais saint Paul. Et j'ai évoqué saint Bernard sans le citer (et c'est malheureux, je m'en excuse), en ayant en tête une lettre écrite à son Pape dans laquelle il lui reproche de ne pas faire d'effort d'évangélisation, de ne pas faire connaitre et exhorter les chrétiens à faire connaitre au monde entier le message du Christ, en l'excusant toutefois pour ce qui concerne le monde juif, puisque pour eux un temps a été prévu par Dieu à la fin. Il est cité par Benoit XVI dans les termes suivants : « un temps précis a été déterminé pour eux, que l’on ne peut pas anticiper. Les païens doivent les précéder dans leur totalité ». Je l'avais déjà évoqué dans :arrow: un article que j'ai écrit il y a quelques mois, dans lequel vous trouverez les références. Cet article faisait suite et commentait les récentes déclarations du Cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, disant que l’Eglise, en matière d’évangélisation, ne se donne pas de « mission à l’intention des juifs, à l’inverse de certains groupes évangéliques ».

- Si bien qu'on accueille bien évidemment avec joie les juifs convertis à la foi au Christ, et en aucun cas on ne leur cache le message du Christ, mais on n'oublie pas qu'après la Pentecôte, les apôtres, Pierre, Paul et les autres, ont essentiellement proposé l'évangile aux païens et aux craignant-Dieu et prosélytes. L'Eglise de la circoncision dont parle le Nouveau Testament est d'ailleurs restée distincte de l'Eglise des nations, jusqu'à malheureusement disparaître totalement au bout de cinq siècle. Cette disparition, qui suppose une paganisation des juifs convertis au Christ (des judéo-chrétiens devenant pagano-chrétiens) n'a jamais, jamais, été impulsée par les apôtres, pour ce que nous en laisse voir le Nouveau Testament et son exégèse. Il faut bien relire les Actes des Apôtres pour s'en rendre compte.
Phileas Fogg a écrit :N'importe quel travail sérieux d'exegéte, de théologie ou d'archéologue - chrétien ou non du reste - vous apprendra ce qui est utile de savoir sur le contexte de sa naissance pour comprendre le message évangélique. Les pères de l'Eglises eux vous donneront le sens du message, St Bernand que vous citez est tres fort à ce jeu et ses textes sont un vrai feu d'artifice de citations expliquées et mises en perspectives.
Il me semble enfin que vous devriez actualiser vos connaissances en matière de science exégétique. Aujourd'hui, précisément, les découvertes vont croissantes dans le domaine des sources juives du christianisme, et permettent une compréhension nettement renouvelée de bien des aspects de la prédication de Jésus et de ses subtilités. Si ce courant exégétique a eu bien du mal à s'imposer, c'est en grande partie parce qu'il est étouffée depuis bientôt 200 ans par un courant mainstream d'exégèse exclusivement historico-critique, d'origine protestante, que Benoit XVI a d'ailleurs largement critiqué en commentant et mettant l'accent sur Dei Verbum et ses recommandations.

Pour dire d'ailleurs ce que vous dites sur les textes rabbiniques, il faut vraisemblablement que vous n'ayez jamais pris le temps d'ouvrir le Talmud. On ne voit d'ailleurs pas bien pourquoi l'importance du recours aux sources juives ne se serait imposée qu'à saint Jérôme, et qu'elle ne nous concerne pas.

Enfin, il faut évidemment distinguer ce qui relève de l'enseignement rabbinique actuel et ce qui est plus ancien. C'est pourquoi des pionniers des études du judaïsme, comme le cardinal Jean Daniélou pour les plus mainstream, mais aussi surtout le regretté Roger le Déaut, et à sa suite aujourd'hui des exégètes comme Charles Perrot, Michel Remaud, Pierre Lenhardt, Frédéric Manns, Matthieu Colin, et bien d'autres, ont appris à dater et mettre au jour ce que la tradition rabbinique a su conserver de la torah orale contemporaine de Jésus et des apôtres ; en particulier l'essentiel du targum palestinien de la Torah, traduit en français par Roger le Déaut (qui devrait enrichir toutes les éditions sérieuses de la Bible en regard de l'Ancien Testament, si on s'intéressait un peu à ce que le lecteur comprenne ce qu'il lit). C'est le cas aussi pour bon nombre de midrashim, dont justement les évangiles attestent de l'existence au temps des apôtres.

Bref, si aujourd'hui l'Eglise enseigne que nous avons à sortir de "la théologie de la substitution", peut-être devrions-nous nous laisser un peu interpeller et bousculer dans nos certitudes : le royaume de Dieu est semblable à un trésor dont on tire de l'ancien et du nouveau. N'empêchons pas le nouveau de jaillir en nous faisant une idée trop étriquée de ce qu'est l'ancien !

Bien à vous,
Pneumatis

Re: Nos frères Juifs

par Toto » dim. 18 août 2013, 14:59

Suliko et Phileas Fogg ont répondu mieux que je n'aurais su le faire.
Et effectivement, je ne néglige absolument pas l'étude de l'Ancien testament (j'avais même en son temps suivi un cours au service d'information et de documentation judéo-chrétien).

Re: Nos frères Juifs

par Phileas Fogg » dim. 18 août 2013, 12:36

* Quant à la conversion des juifs l'Eglise est claire :

« Prions aussi pour les juifs. Que notre Dieu et Seigneur illumine leurs cœurs, pour qu'ils reconnaissent Jésus Christ comme sauveur de tous les hommes.
Dieu éternel et tout-puissant, qui veux que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, accorde, dans ta bonté, que, la plénitude des nations étant entrée dans ton Église, tout Israël soit sauvé. Par le Christ notre Seigneur. Amen ».

On y trouve exactement les deux vérités qu'expose Suliko :
1. le Christ est le Messie
2. tous ne l'accepteront pas, et parmi ceux là des juifs dont la conversion est un des signes de la fin des temps.

* Concernant l'apport du judaisme :

Cela pouvait être vrai dans les premiers siecles, et c'est justement ce qu'ont fait les père de l'Eglise qui ont recueilli le savoir juif encore présent, comme St Jérôme pour la Vulgate qui est ainsi bien plus riche que d'autres textes dits "originaux".

Mais 1500 ans après non seulement les juifs actuels ne sont que douteusement les descendants des tribus juives de l'Ancien Testament - ce que les antisémites ne comprennent pas - mais la religion rabbinique contemporaine n'est certainement pas la plus à même de nous parler du judaisme d'il y a deux mille ans.

Les textes rabbiniques non seulement sont postérieurs et recomposés y compris le principal : le texte même de la Bible massorétique, mais transmettent des commentaires tellement elucubrants que le doute est jetté même sur ce qu'ils pourraient contenir de transmission orales authentiques.

N'importe quel travail sérieux d'exegéte, de théologie ou d'archéologue - chrétien ou non du reste - vous apprendra ce qui est utile de savoir sur le contexte de sa naissance pour comprendre le message évangélique. Les pères de l'Eglises eux vous donneront le sens du message, St Bernand que vous citez est tres fort à ce jeu et ses textes sont un vrai feu d'artifice de citations expliquées et mises en perspectives.

Je n'ai jamais vu, du temps que je frequentais de loin ce milieu d'exegetes, que le fait d'être juif donnât une supériorité sur la compréhension des Ecritures.
Certaine reflexion du Talmud, comme telle autre d'un Rabbin contemporain, peut être excellente, comme peut l'être toute reflexion de qui étudie la question. Toute vérité vient du St Esprit.

bon dimanche

Re: Nos frères Juifs

par p.cristian » sam. 17 août 2013, 14:39

Sur cette citation du Coran et son interprétation depuis la génèse, on trouve cela dans la Mishna Sanhédrin, un texte de nature légale qui aurait été complété au 2ème siècle avant J.C. si je comprends bien.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sanh%C3%A9 ... t%C3%A9%29
http://www.on1foot.org/text/mishna-sanhedrin-45
http://www.jewishvirtuallibrary.org/jso ... drin4.html

Re: Nos frères Juifs

par mike.adoo » jeu. 08 août 2013, 11:19

OlivierT a écrit : Amis, pourquoi l'étude du Premier Testament est-elle si ignorée en nos rangs de Chrétiens?
Je vous invite vraiment à vous pencher sérieusement sur les commentaires de quelques rabbins, même contemporains.
Bonjour Olivier

Beaucoup de chrétiens connaissent mal la Bible en général . C'est le reproche que nous font les Témoins de Jehovah .
Pour autant , beaucoup de chrétiens s'intéressent à l'Ancien Testament . Je donne un exemple qui montre l'importance de cette démarche .
Tout le monde connaît cette phrase tirée du Coran :
Sourate 5, 32 : " […] Celui qui tue un homme, c’est comme s’il tuait toute l’humanité. De même celui qui le sauve, c’est comme s’il sauvait tout le genre humain […]

Citation profonde et originale ... Voire !

Il se trouve que je regarde ( régulièrement ) les émissions religieuses du dimanche matin ... et surtout celles de Josy Eisenberg ( que je salue au passage ) .
Un matin , donc , il fut question de Caïn et de son frère Abel ...

Et comme ils étaient dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua. Yahvé dit à Caïn :
— “Où est ton frère Abel ?”
Celui-ci répondit :
— “Je n’en sais rien ; suis-je le gardien de mon frère ?”
Il dit :
— “Qu’as-tu fait ? Un cri monte du sol vers moi, c’est le sang de ton frère !
(Gen 4,8-10 )

J'ai appris ce jour là que le mot " sang " dans la version originale en hébreu , est écrit au pluriel . Dès lors , il ne s'agit plus du sang d'Abel mais aussi de sa descendance potentielle .
Mathématiquement et virtuellement , a l'heure du crime , Caïn avait tué le quart de l'humanité . Ce que j'ai appris , les anciens le savaient déjà et la sourate en question y perd de son originalité .

Re: Nos frères Juifs

par OlivierT » ven. 19 juil. 2013, 1:57

Vraiment mes amis, je vous invite à acquérir "la Voix de la Thora", d'Elie Munk. J'en tire le meilleur profit pour éveiller ma réflexion.
Cela n'altère en rien l'éveil de ma conscience à la lecture des Evangiles. Que du contraire.
Il n'y a aucun mal à essayer l'exercice.

Re: Nos frères Juifs

par etienne lorant » mar. 14 mai 2013, 13:52

OlivierT a écrit : Je vous invite vraiment à vous pencher sérieusement sur les commentaires de quelques rabbins, même contemporains.
Voilà, c'était juste une petite expérience que je tenais à partager avec vous.
Oui, c'est très intéressant. A plusieurs points de vue, d'ailleurs: l'absence de voyelles, qui permet de "souffler" différentes définitions aux mots, et donc des interprétations qui vont dans toutes les directions. Le Premier Testament est ignoré de nombreux catholiques ? Ils ont tort, car dit Jésus: "le salut vient des Juifs". Et Jésus n'arrête pas de citer les Ecritures. J'aime beaucoup l'Ecclésiastique - et l'Ecclésiaste également.

Re: Nos frères Juifs

par Pneumatis » mar. 14 mai 2013, 12:49

OlivierT a écrit :Devant une certaine opacité du Premier Testament, je me suis mis en tête de l'approcher avec l'aide des commentaires de nos frères Juifs.
Je dois avouer que cela dépasse totalement ce à quoi je m'attendais.
Une première approche semble compliquée, une seconde passionnante.
J'étais à mille lieues d'imaginer le caractère existentiel de ce que renferme les récits bibliques de "la Torah". L'hébreu lui-même est d'une richesse immense, le symbolisme de ses caractères, la construction des mots, tout nous renvoie au plus profond de nous-mêmes.
Amis, pourquoi l'étude du Premier Testament est-elle si ignorée en nos rangs de Chrétiens?
Je vous invite vraiment à vous pencher sérieusement sur les commentaires de quelques rabbins, même contemporains.
Voilà, c'était juste une petite expérience que je tenais à partager avec vous.
Bonjour,

Je partage résolument cette démarche, et cette appréciation de l'état de notre rapport aux Ecritures. Réagissant à un propos d'actualité, j'ai d'ailleurs écrit un article sur le sujet, et c'est pourquoi je me permets de faire remonter ce fil de discussion. Mon article est à lire sur Aleteia, ici : :arrow: Le cardinal Koch évoque « la position délicate des catholiques quant à l’évangélisation des juifs ».

Je me permets de vous en citer un passage :
L’évolution des relations de l’Eglise Catholique avec le judaïsme comporte en effet de forts enjeux théologiques, en particulier pour sortir de plusieurs siècles de ce qui a été délicatement appelé antijudaïsme théologique, et qui s’exprime encore assez largement sous la notion de « théologie de la substitution ». [...]

Si en 2004, Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers, disait que « Aujourd'hui, l'Église a répudié toute « théologie de la substitution » et reconnaît l'élection actuelle du peuple juif », cette audacieuse et salvifique entreprise spirituelle reste difficile et lente à faire connaitre. [...]

Les conséquences de cette nouvelle théologie qui nous conduit à considérer le peuple juif comme un témoin toujours vivant de la première alliance, à l’instar des chrétiens qui sont témoins vivants de la nouvelle (et qui reste malgré tout l’unique voie ultime de salut), a des répercutions pastorales qui ne sont pas évidentes à gérer. Comme l’indique le cardinal Koch dans son entretien pour l’AED, la légitimité de l’état d’Israël comme terre promise au peuple juif est plutôt difficile à accueillir pour les chrétiens de terre sainte, qui l’ont vécu comme une injustice, et plus particulièrement pour les palestiniens, comme une catastrophe. [...]

Mais au-delà de ces difficultés pastorales et politiques, il y a un autre enjeu capital pour les chrétiens dans cette réforme théologique, qui est celle de l’annonce, et avant cela, de la réception de la Parole de Dieu. Longtemps les chrétiens se sont éloignés de la culture qui leur permet de comprendre la Torah et les Prophètes qui font pourtant partie de leur canon des Ecritures, et par là, se sont coupés de précieuses clefs de compréhension du message évangélique.

[...]
Bien à vous,
Pneumatis

Re: Nos frères Juifs

par etienne lorant » dim. 09 déc. 2012, 16:15

J'en suis convaincu. Je me souviens que Julien Green, après sa conversion du protestantisme au catholicisme, s'était mis carrément à apprendre l'hébreu, afin d'enrichir sa perception du Seigneur.

Re: Nos frères Juifs

par Mister be » sam. 08 déc. 2012, 0:29

OlivierT a écrit :Devant une certaine opacité du Premier Testament, je me suis mis en tête de l'approcher avec l'aide des commentaires de nos frères Juifs.
Je dois avouer que cela dépasse totalement ce à quoi je m'attendais.
Une première approche semble compliquée, une seconde passionnante.
J'étais à mille lieues d'imaginer le caractère existentiel de ce que renferme les récits bibliques de "la Torah". L'hébreu lui-même est d'une richesse immense, le symbolisme de ses caractères, la construction des mots, tout nous renvoie au plus profond de nous-mêmes.
Amis, pourquoi l'étude du Premier Testament est-elle si ignorée en nos rangs de Chrétiens?
Je vous invite vraiment à vous pencher sérieusement sur les commentaires de quelques rabbins, même contemporains.
Voilà, c'était juste une petite expérience que je tenais à partager avec vous.

Moi je vous conseille de suivre une Parasha...
Le cycle juif annuel de la lecture biblique commence le shabbat qui suit directement les fêtes des tabernacles (Souccot) et de Simhat Torah (la joie de la Torah). La parasha (פרשה, pluriel parashiot ou parashiyyot) est l'unité traditionnelle de division du texte de la Bible hébraïque selon la version reconnue à savoir le texte massorétique. Cette division du texte est indépendante de la numérotation des chapitres et des versets, qui ne font pas partie de la tradition des Massorètes. Les parashiot ne comportent pas non plus de numérotation. Cette division est la seule autorisée pour les rouleaux de la Torah. Néanmoins, les éditions juives imprimées du Pentateuque et de la Bible hébraïque possèdent les deux notations.

Au retour de la captivité à Babylone, la Torah fut divisée en 54 sections hebdomadaires, également appelées des sidrot (au singulier sidra), lesquelles comportent au total 669 sous-sections. Ces sections sont désignées par divers types d'espacement entre elles dans les rouleaux de Torah, ainsi que dans les rouleaux des Nevi'im ou des Ketouvim (en particulier les meguilot), et dans les codex massorétiques, mais certaines se distinguent par leur titre comme la Parashat Zakhor, la Parashat Kriyat Hayam, etc.

La haftara

La haftara est une portion des livres des Neviim ("Les Prophètes") qui est lue publiquement à la synagogue après la lecture de la Torah. Elle présente des textes liés thématiquement, sémantiquement et lexicalement avec la parasha qui l'a précède. Cette haftara dépend des différents rites juifs ashkénaze, sépharade, yéménite ou d'autres encore.

Comme dans la parasha, le prophète évoque le pouvoir absolu de Dieu. Il résume dans Is. 42:5 le premier récit de la Création (Gen. 1:1–2:4). Isa. 42:6–7et 42:16 font écho à la "lumière", et au contrôle de Dieu sur celle-ci, bien qu'élargissant le sens du mot. Isa. 42:7 évoque le dessillement des yeux (cf. Gen. 3:5–7) sous un jour plus favorable qu'il apparaît dans la parasha.

Brit Hadasha

La Brit Hadasha est la "nouvelle alliance" de la Besora Tova (la bonne nouvelle) prophétisée par les prophètes et ayant son accomplissement en Yeshoua le Messie, Fils de Dieu. Sorti du Père et descendu vers les hommes, Yeshoua est venu pour sauver l'humanité de ses péchés. Il est l'Agneau de Dieu qui a été sacrifié pour nous délivrer de la condamnation éternelle "Car Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle." (Jean 3:16). La Brit hadasha annonce l'accomplissement parfait du plan du salut du Dieu d'Israël prophétisé dans la Torah et dans les haftarot.

Ecoute du commentaire de la parasha sur http://www.bethyeshoua-channel.com/parashot.html

le samedi de 11h à 13h en live

Re: Nos frères Juifs

par etienne lorant » ven. 07 déc. 2012, 12:44

OlivierT a écrit :Devant une certaine opacité du Premier Testament, je me suis mis en tête de l'approcher avec l'aide des commentaires de nos frères Juifs.
Je dois avouer que cela dépasse totalement ce à quoi je m'attendais.
Une première approche semble compliquée, une seconde passionnante.
J'étais à mille lieues d'imaginer le caractère existentiel de ce que renferme les récits bibliques de "la Torah". L'hébreu lui-même est d'une richesse immense, le symbolisme de ses caractères, la construction des mots, tout nous renvoie au plus profond de nous-mêmes.
Amis, pourquoi l'étude du Premier Testament est-elle si ignorée en nos rangs de Chrétiens?
Je vous invite vraiment à vous pencher sérieusement sur les commentaires de quelques rabbins, même contemporains.
Voilà, c'était juste une petite expérience que je tenais à partager avec vous.
Je suis d'accord avec vous, Olivier, certaines lectures de l'Ancien Testament, m'apportent énormément. Il faut lire lentement.
Je me souviens des batailles livrées par les Israëlites, batailles inutiles et qui leur a coûté de nombreuses pertes. Plus particulièrement, le moyen employé par Dieu pour vaincre les Philistins suit une débâcle inutile dans laquelle même l'arche de l'alliance avait été capturée. Mais il a suffi d'une fronde et d'un caillou rond pour mettre fin aux tueries. Conclusion: les juifs voulaient que Dieu agisse à la manière des hommes, ils ne Lui faisaient confiance qu'à leur façon. Or, et moi ? Combien de fois n'ai-je pas considéré qu'avec ma foi, Dieu ne pourrait faire autrement que d'exaucer toutes mes prières !

Oui, découvertes enrichissantes, et j'applaudis :clap: :clap: :clap:

Re: Nos frères Juifs

par etienne lorant » jeu. 06 déc. 2012, 22:18

A propos ... ou en lien ... il semble que le livre du Pape soit très bien accueilli du côté de nos frères juifs et religieux - je viens de faire cette trouvaille :

UNE LECTURE JUIVE DU NOUVEAU LIVRE DU PAPE PAR LE RABBIN ALAN BRILL.
ARTICLE PUBLIE DANS LE "NATIONAL CATHOLIC REPORTER", LE 21 SEPTEMBRE 2007.




Traduction francaise :

Quand le Cardinal Joseph Ratzinger devint le pape Benoît XVI, les optimistes déclarèrent que ce choix dénotait un engagement à poursuivre l’important travail consistant à établir un pont avec le peuple juif. D'un autre côté, les pessimistes soulignèrent ses origines allemandes, sa ligne dure sur les autres religions et sa préférence pour une Église plus dogmatique et plus conservatrice. Or, le nouveau livre du pape Benoît XVI, Jésus de Nazareth, a prouvé que les optimistes avaient raison.

Jésus de Nazareth offre une interprétation du Nouveau Testament - et donc du Christianisme - qui est étonnamment favorable au judaïsme : "le peuple juif et sa foi sont les véritables racines du christianisme”. Dans des termes sans équivoques, Jésus est présenté comme un Juif, un disciple des véritables traditions bibliques et rabbiniques. Les enseignements de Jésus sont perçus comme une excroissance et un accomplissement de la Loi du Sinaï et de ritualisme juif.

Selon les approches chrétiennes traditionnelles, l'interprétation juive de la Bible était assimilée à une tradition rabbinique fausse, à une perversion de la Bible, et les Juifs, aveugles à la vérité, ne faisaient pas la volonté de Dieu. Comment le Pape Benoît a-t-il accompli cette réconciliation en forme d’exploit ? Que fait-il du rejet du judaïsme dans le Nouveau Testament et chez les Pères de l'Église ?

Benoît XVI a une vision de Jésus qui part du Deutéronome et de l'importance de Moïse, le législateur, en tant que prophète. Le Deutéronome enseigne que le but de la loi est de proclamer la royauté de Dieu. Par exemple, Benoît XVI déclare que la récitation juive de la Shema est un moyen d'affirmer la royauté de Dieu. Aux yeux de Benoît XVI, la connaissance biblique de Dieu passe par le rituel juif dans ses formes légales, et non par la description chrétienne ordinaire du rejet du légalisme par les prophètes.

Le judaïsme n'est pas exclu, révoqué ou abrogé, contrairement à ce qu’on toujours expliqué les penseurs chrétiens. Jésus prit le message de Moïse et le révéla au monde - pas seulement le message éthique des prophètes, mais aussi la royauté, le rituel, l'obéissance et la dévotion du Deutéronome. "Pour un croyant chrétien, les commandements de la Torah restent une référence décisive". Benoît XVI accepte, savoure presque, l'influence de la pratique juive sur la liturgie chrétienne, car elle dénote une continuité entre la fois juive et la foi chrétienne.

En conséquence, Benoît XVI déclare avec confiance que tous les Juifs pieux qui récitent quotidiennement la Shema affirment la royauté de Dieu. Sans le dire aussi explicitement, il semble sous-entendre que les Juifs connaissent Dieu et son royaume parce qu'ils connaissent Moïse, les prophètes, la Torah et son interprétation rabbinique. Qu'en est-il des critiques dirigées contre les Pharisiens ?

Le pape prend au pied de la lettre la déclaration de Jésus "Je ne suis pas venu les abolir, mais les réaliser" [les commandements de la Loi] et promet de démontrer que cela ne contredit pas saint Paul. Dans ce livre, la promesse n’est gardée qu’en partie. L’auteur n'explique pas les passages difficiles. Dans la lecture que Benoît XVI fait du Nouveau-Testament, toutes les déclarations sur ceux qui sont aveugles, mus par le démon ou trop obstinés pour voir la vérité visent les ricaneurs, les incroyants et même nos contemporains relativistes, n'importe qui sauf les juifs. À moins qu’elles ne dénotent seulement « un effort délicat de Dieu pour persuader les Israélites », qui restent néan-moins des fils obéissants du Père.

Benoît XVI présente quelques exemples de paraboles apparemment anti-juives. L'histoire des serviteurs déloyaux (Matthieu XXI, 33-46) sert habituellement à prouver que les Juifs ont été punis et remplacés. Benoît XVI se borne à offrir ses observations personnelles, en limitant de façon créative cette parabole à ceux qui niaient Dieu au temps de Jésus ou qui le nient aujourd’hui encore. De ce point de vue, il rejette ouvertement les Pères de l'Église qui condamnent les Juifs en s’appuyant sur les paraboles et souligne que le Nouveau Testament ne va pas dans leur sens.

En plusieurs endroits, le Pape Benoît XVI cite favorablement des documents rabbiniques, ce qui constitue en soi un acte de réconciliation important. Le Talmud n'est plus une source pernicieuse de fausses interprétations de la Bible, c’est une continuation du vrai message de la Bible. Le Pape respecte et accepte l'explication de l'historien américain du judaïsme, Jacob Neusner, concernant le motif pour lequel les Juifs rejettent le christianisme. Les religions ne débattent pas sur le fait que Jésus soit ou non le Messie - Les Juifs pensent que non -, mais sur le fait que Jésus peut ou non être vu comme divin.

Selon Benoît XVI, le judaïsme et le christianisme partagent les visions de la royauté de Dieu, comme la Bible la décrit du Deutéronome jusqu'à Daniel. Contrairement aux Juifs, les chrétiens supposent que la royauté du Dieu biblique passe par Jésus. Mais les uns et les autres partagent une même vision de la royauté.
[+] Texte masqué
http://www.nostra-aetate.org/ratzinger/brill.html

Re: Nos frères Juifs

par gerardh » jeu. 01 nov. 2012, 18:11

________

Bonsoir Olivier T,

Les rabbins juifs, avec toute leur prétendue sagesse, n'ont pas reconnu en Jésus leur Messie et l'ont rejeté. "Se disant sages, ils sonr devenus fous", insensés. Ce fut une erreur suprême, fondamentale, qui met à mal leur clairvoyance et leur science. C'est pourquoi leurs écrits ne sont que de vains verbiages, "ayant l'apparence de la piété mais en ayant renié la puissance". J'ai lu certains de leurs écrits et ils sont creux.

Cela dit il est vrai que l'Ancien testament possède une vraie richesse, si on le considère à la lumière de ce qu'est le Christ, qui en remplit toutes les pages de manière mystérieuse. Il y a donc tout intérêt à l'étudier, mais en considérant que sa substance c'est le Christ : celui que n'ont pas reçu l'essentiel des sages et des savants talmudiques et autres.



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Re: Nos frères Juifs

par Teano » jeu. 01 nov. 2012, 14:30

Bonjour Olivier T,

Je ne crois pas que l'étude de l'Ancien Testament soit négligée par les chrétiens. L'AT est lu en église, la liturgie y fait référence, les auteurs ecclésiastiques ont abondamment commenté l'AT. Mais, nous le lisons à la lumière du Christ, de son enseignement et de l'annonce que l'AT fait de Lui. Pour le judaïsme, la Torah est la source de la halakha : il s'agit de déterminer les conditions pratiques d'application de la Torah.
Toutefois, je partage votre avis : il y a une grande richesse d'interprétation, une dialectique propre au judaïsme qui est loin d'être sans intérêt, notamment en ce qui concerne l'exégèse littérale ou historique de l'AT.

In Christo

Teano

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