par jeanbaptiste » ven. 14 sept. 2012, 23:16
Je dois plutôt dire que "j'aimais beaucoup" les livres de Cassingena-Trévedy. J'ai relu Te Igitur et je dois avouer qu'il m'a bien moins impressionné qu'à la première lecture. En fait, le livre est un peu creux, et lorsque Cassingena s'en prend à faire de la psychologie (en l'annonçant) on préférerai qu'il s'abstienne.
J'ai acheté Chante et Marche, je viens de lire la très longue introduction. 88 pages pour ne presque rien dire, sinon jouer avec les langues (français et latin principalement) et s'attarder sur des détails en faisant appel à tous les auteurs patristiques, médiévaux ou modernes. Sans parler de ses tentatives continuelles de trouver les bonnes phrases, de faire de l'esprit, de montrer qu'il connaît bien la langue et qu'il l'aime.
Ça ne serait pas trop grave si l'auteur, très humblement, s'était donné via ce travail les objectifs suivants :
- réaliser l'équivalent pour le grégorien de la somme de Cantagrel sur les Cantates de Bach.
- Faire une nouvelle année Année Liturgique
- Oeuvrer non pas à une restauration (ce serait trop simple), mais à une renaissance moderne du grégorien.
- Réaliser un ouvrage pratique.
Rien que ça !
Que cet ouvrage soit un équivalent du Cantagrel, je n'en sais rien, peut-être bien. S'il s'agit d'érudition, Cassingena peut réussir son pari, il n'y a pas de problème.
Que cet ouvrage soit pratique, c'est déjà raté. Une introduction de 88 pages dans laquelle on peine à trouver un cheminement clair dans un style extrêmement précieux ; des partitions minuscules et des explications d'introït qui se perdent dans les considérations historico-scientifiques, font un ouvrage d'érudition mais pas un ouvrage pratique.
Qu'il prétende proposer là une nouvelle Année Liturgique, c'est également fichu. Pour donner une idée, l'Année Liturgique c'est une somme immense sur la liturgie tridentine qui a connu nombre d'éditions "réduites" afin de servir de livre de spiritualité aux familles les plus diverses : des plus humbles aux plus cultivés.
L'Année Liturgique de Guéranger c'est un peu l'Imitation de Jésus-Christ de la liturgie.
Personnellement, je ne me vois pas offrir le livre de Cassingena à quelqu'un qui n'est pas au moins intéressé par la recherche en science liturgique...
Qu'il oeuvre à une renaissance du grégorien. Peut-être sur le plan scientifique, mais dans ce domaine il n'y a pas de soucis à se faire pour le grégorien, la renaissance est déjà en marche depuis un bout de temps.
Je suis désolé du ton un peu amer que j'emploie ici. Je ne veux pas dire que le livre est mauvais, loin de là. Il y a beaucoup de choses passionnantes dedans. Mais je suis déçu car il manque totalement ses objectifs qui étaient pourtant beaux et nécessaires. Malheureusement, Cassingena ne fait ici que du Cassingena, c'est-à-dire un travail de recherche fait par un passionné de liturgie, un amoureux du grégorien, un vrai musicien, mais aussi un par quelqu'un un peu trop sûr de son "génie" et à la langue excessivement précieuse.
Je dois plutôt dire que "[i]j'aimais[/i] beaucoup" les livres de Cassingena-Trévedy. J'ai relu [i]Te Igitur[/i] et je dois avouer qu'il m'a bien moins impressionné qu'à la première lecture. En fait, le livre est un peu creux, et lorsque Cassingena s'en prend à faire de la psychologie (en l'annonçant) on préférerai qu'il s'abstienne.
J'ai acheté [i]Chante et Marche[/i], je viens de lire la très longue introduction. 88 pages pour ne presque rien dire, sinon jouer avec les langues (français et latin principalement) et s'attarder sur des détails en faisant appel à tous les auteurs patristiques, médiévaux ou modernes. Sans parler de ses tentatives continuelles de trouver les bonnes phrases, de faire de l'esprit, de montrer qu'il connaît bien la langue et qu'il l'aime.
Ça ne serait pas trop grave si l'auteur, très humblement, s'était donné via ce travail les objectifs suivants :
- réaliser l'équivalent pour le grégorien de la somme de Cantagrel sur les Cantates de Bach.
- Faire une nouvelle année Année Liturgique
- Oeuvrer non pas à une restauration (ce serait trop simple), mais à une renaissance moderne du grégorien.
- Réaliser un ouvrage [i]pratique[/i].
Rien que ça !
Que cet ouvrage soit un équivalent du Cantagrel, je n'en sais rien, peut-être bien. S'il s'agit d'érudition, Cassingena peut réussir son pari, il n'y a pas de problème.
Que cet ouvrage soit [i]pratique[/i], c'est déjà raté. Une introduction de 88 pages dans laquelle on peine à trouver un cheminement clair dans un style extrêmement précieux ; des partitions minuscules et des explications d'introït qui se perdent dans les considérations historico-scientifiques, font un ouvrage d'érudition mais pas un ouvrage pratique.
Qu'il prétende proposer là une nouvelle [i]Année Liturgique[/i], c'est également fichu. Pour donner une idée, l'[i]Année Liturgique[/i] c'est une somme immense sur la liturgie tridentine qui a connu nombre d'éditions "réduites" afin de servir de livre de spiritualité aux familles les plus diverses : des plus humbles aux plus cultivés.
L[i]'Année Liturgique[/i] de Guéranger c'est un peu l'[i]Imitation de Jésus-Christ[/i] de la liturgie.
Personnellement, je ne me vois pas offrir le livre de Cassingena à quelqu'un qui n'est pas au moins intéressé par la [i]recherche en science liturgique[/i]...
Qu'il oeuvre à une renaissance du grégorien. Peut-être sur le plan scientifique, mais dans ce domaine il n'y a pas de soucis à se faire pour le grégorien, la renaissance est déjà en marche depuis un bout de temps.
Je suis désolé du ton un peu amer que j'emploie ici. Je ne veux pas dire que le livre est mauvais, loin de là. Il y a beaucoup de choses passionnantes dedans. Mais je suis déçu car il manque totalement ses objectifs qui étaient pourtant beaux et nécessaires. Malheureusement, Cassingena ne fait ici que du Cassingena, c'est-à-dire un travail de recherche fait par un passionné de liturgie, un amoureux du grégorien, un vrai musicien, mais aussi un par quelqu'un un peu trop sûr de son "génie" et à la langue excessivement précieuse.