par Raistlin » lun. 27 févr. 2012, 18:02
Bonjour Sofia,
Sofia a écrit :En gros, ce n'est qu'au siècle dernier (XXe siècle donc) que votre religion aurait accepté l'idée de traiter la douleur chez les personnes soignées.
C'est aussi à cette époque que sont nés les premiers analgésiques performants ! La question ne se posait pas avant. Et le fait que l'Église n'ait pas cherché à interdire ce genre de produits montre amplement et irréfutablement qu'il n'y a aucune interdiction de la foi chrétienne vis-à-vis de l'utilisation d'analgésiques.
Sofia a écrit : Avant cela, vous auriez refusé tout traitement antalgique et considéré :
. que la douleur était salvatrice et pouvait rapprocher les chrétiens du Christ (qui l'a supporté pour sauver l'humanité), ou encore
. que c'était une punition bien méritée qui encourageait le pécheur à se (re)convertir.
Bien sûr que la souffrance peut être salvatrice ! Et tout l'art du chrétien est d'unir ses souffrances à celles du Christ pour le salut des âmes. Mais cela ne signifie nullement que le chrétien peut rechercher la souffrance pour elle-même.
Voyez-vous, la souffrance, nul n'y échappe. Certaines religions enseignent à la supprimer en supprimant la personne (bouddhisme), d'autres enseignent que c'est la volonté de Dieu et qu'il faut s'y résigner, etc. Le christianisme ne dit pas que la souffrance est une bonne chose, il dit que nous pouvons unir notre souffrance à celle du Christ, que nous pouvons lui donner un sens par amour.
J’ajoute que si l’Église avait vu la souffrance comme une punition bien méritée, elle aurait interdit la médecine. Ce qu’elle ne fit pas. Au contraire, c’est même elle qui inventa l’hôpital.
La souffrance, c’est un peu comme le martyr pour un chrétien : il ne faut pas la vouloir pour elle-même et il faut lutter contre elle autant que nous pouvons (surtout quand elle surgit chez nos frères). Néanmoins, quand elle nous frappe, nous pouvons aussi l’offrir par amour et pour le salut du monde… comme le Christ a offert ses souffrances.
Sofia a écrit :S'ajouteraient dans certains cas des injonctions de la Bible, comme le fameux « tu enfanteras dans la douleur ».
Rien à voir : c’est une conséquence liée au péché originel qui est simplement énoncée là, pas une règle. Il arrive que des femmes accouchent sans que ce soit une torture, il n’y a pas de prêtre à côté pour donner des coups de bâtons au cas où ce serait trop facile.
Sofia a écrit :On nous a même dit – mais cela m'étonne – que certaines résistances au développement des soins palliatifs avaient été chrétiennes, car l'un de ses principaux objectifs est de réduire au maximum la douleur chez les personnes en fin de vie.
Absurde. Le chrétien doit soulager la misère et la souffrance de ses frères. Si vous voulez vous en convaincre, je vous propose de lire l’Évangile du jour :
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. ' (Matthieu 25, 31-40)
Je ne pense pas que l’esprit de ce passage soit de laisser nos frères souffrir.
Cordialement,
Bonjour Sofia,
[quote="Sofia"]En gros, ce n'est qu'au siècle dernier (XXe siècle donc) que votre religion aurait accepté l'idée de traiter la douleur chez les personnes soignées.[/quote]
C'est aussi à cette époque que sont nés les premiers analgésiques performants ! La question ne se posait pas avant. Et le fait que l'Église n'ait pas cherché à interdire ce genre de produits montre amplement et irréfutablement qu'il n'y a aucune interdiction de la foi chrétienne vis-à-vis de l'utilisation d'analgésiques.
[quote="Sofia"] Avant cela, vous auriez refusé tout traitement antalgique et considéré :
. que la douleur était salvatrice et pouvait rapprocher les chrétiens du Christ (qui l'a supporté pour sauver l'humanité), ou encore
. que c'était une punition bien méritée qui encourageait le pécheur à se (re)convertir.[/quote]
Bien sûr que la souffrance peut être salvatrice ! Et tout l'art du chrétien est d'unir ses souffrances à celles du Christ pour le salut des âmes. Mais cela ne signifie nullement que le chrétien peut rechercher la souffrance pour elle-même.
Voyez-vous, la souffrance, nul n'y échappe. Certaines religions enseignent à la supprimer en supprimant la personne (bouddhisme), d'autres enseignent que c'est la volonté de Dieu et qu'il faut s'y résigner, etc. Le christianisme ne dit pas que la souffrance est une bonne chose, il dit que nous pouvons unir notre souffrance à celle du Christ, que nous pouvons lui donner un sens par amour.
J’ajoute que si l’Église avait vu la souffrance comme une punition bien méritée, elle aurait interdit la médecine. Ce qu’elle ne fit pas. Au contraire, c’est même elle qui inventa l’hôpital.
La souffrance, c’est un peu comme le martyr pour un chrétien : il ne faut pas la vouloir pour elle-même et il faut lutter contre elle autant que nous pouvons (surtout quand elle surgit chez nos frères). Néanmoins, quand elle nous frappe, nous pouvons aussi l’offrir par amour et pour le salut du monde… comme le Christ a offert ses souffrances.
[quote="Sofia"]S'ajouteraient dans certains cas des injonctions de la Bible, comme le fameux « tu enfanteras dans la douleur ». [/quote]
Rien à voir : c’est une conséquence liée au péché originel qui est simplement énoncée là, pas une règle. Il arrive que des femmes accouchent sans que ce soit une torture, il n’y a pas de prêtre à côté pour donner des coups de bâtons au cas où ce serait trop facile.
[quote="Sofia"]On nous a même dit – mais cela m'étonne – que certaines résistances au développement des soins palliatifs avaient été chrétiennes, car l'un de ses principaux objectifs est de réduire au maximum la douleur chez les personnes en fin de vie. [/quote]
Absurde. Le chrétien doit soulager la misère et la souffrance de ses frères. Si vous voulez vous en convaincre, je vous propose de lire l’Évangile du jour :
[i] [color=#0000FF] Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. '[/i] [/color] (Matthieu 25, 31-40)
Je ne pense pas que l’esprit de ce passage soit de laisser nos frères souffrir.
Cordialement,