par Jean-Mic » lun. 20 févr. 2012, 18:32
Cher Onubense,
Votre message pose plusieurs questions dont celle des mortifications, celle du chemin vers la sainteté et celle de la dévotion au Sacré-Cœur, sans oublier les richesses de la Tradition dans l'Orthodoxie et le dialogue entre les Eglises.
Je suggérerais volontiers aux modérateurs d'en faire au moins deux fils distincts : mortifications et sainteté d'une part, Sacré-Cœur d'autre part, sinon on risque de ne pas s'y retrouver quand les conversations vont se croiser.
Sur la question des mortifications et de leur excès, c'est clairement un pierre d'achoppement dans la lecture de certains saints ou mystiques. Les détails sont vraiment peu ragoûtants, franchement morbides et parfois, passez-moi le jeu de mots, malsain(t)s

! Le genre
gore n'a pas été inventé avec les films d'horreur, je vous le garantis. Qu'on le veuille ou non, on ne peut pas faire l'économie de les lire à la lumière primo de l'histoire afin de les resituer dans leurs contextes, secundo de la psychanalyse et de la médecine en générale (aïe, je ne vais pas me faire que des amis

!).
Pourtant ces mêmes auteurs nous livrent des merveilles authentiques sur la présence de Dieu, la présence à Dieu, la souffrance de Dieu, la toute-puissance de l'Amour, l'affront fait à Dieu par notre péché, etc., j'en passe.
Avec un ami prêtre, nous travaillons en vue de faire connaître les écrits et l'expérience mystique d'une religieuse du XVII°, de la congrégation des Sœurs de Nevers, du nom de Marcelline Pauper. A la lumière de cette expérience, permettez quelques conseils pour la lecture des écrits des mystiques et certaines vies de saints :
- 1/ Tout d'abord, tous les flagellants n'ont pas été canonisés, loin de là. Rappelez-vous que l'Eglise tient très peu compte des phénomènes extraordinaires (visions, stigmates, etc.) pour juger de la sainteté des personnes. De la même manière, si les mortifications sont évoquées dans les vies de saints, c'est toujours de manière secondaire, ce ne sont pas elles qui fondent la réputation de sainteté. (Pour certains, les phénomènes dits supra-normaux ont même été une sorte d'obstacle à la reconnaissance de l'Eglise : pour un exemple récent, pensez à Padre Pio)
- 2/ Ne confondez pas la voie et le but. Nous sommes tous appelés à la sainteté, mais ce n'est en singeant les actes des saints que nous pouvons y arriver, mais bien par les dispositions du cœur. Pour les mystiques, replacez les choses dans leur contexte, quant à vous, soyez pierres vivantes là où le Seigneur vous a posé : lieu, date, famille, activité, Eglise particulière, ...
- 3/ Au risque de surprendre, je dirais que certains écrits ne sont peut-être pas à mettre entre toutes les mains dans leur version intégrale. Choisissez plutôt les éditions critiques et commentées et laissez-vous d'abord toucher par les merveilles de leur spiritualité. Ensuite seulement, vous pourrez passer à la version intégrale.
- 4/ Enfin, merci à Onubense de nous le rappeler, la plupart des mystiques ont eu recours à la direction spirituelle (le starets dans la Tradition orthodoxe) et ont soumis leurs actes (dont les mortifications) à l'obéissance à leur directeur spirituel. Sur ce point précis, on peut dire que la confiance et l'obéissance sont infiniment plus signifiants que les mortifications.
Pardonnez-moi si je suis un peu brouillon et si tout ça est un peu jeté à la va-vite.
A tous, salut fraternel
Cher Onubense,
Votre message pose plusieurs questions dont celle des mortifications, celle du chemin vers la sainteté et celle de la dévotion au Sacré-Cœur, sans oublier les richesses de la Tradition dans l'Orthodoxie et le dialogue entre les Eglises. [u]Je suggérerais volontiers aux modérateurs d'en faire au moins deux fils distincts : mortifications et sainteté d'une part, Sacré-Cœur d'autre part, sinon on risque de ne pas s'y retrouver quand les conversations vont se croiser.[/u]
[b]Sur la question des mortifications et de leur excès, c'est clairement un pierre d'achoppement dans la lecture de certains saints ou mystiques[/b]. Les détails sont vraiment peu ragoûtants, franchement morbides et parfois, passez-moi le jeu de mots, malsain(t)s :diable: ! Le genre [i]gore[/i] n'a pas été inventé avec les films d'horreur, je vous le garantis. Qu'on le veuille ou non, on ne peut pas faire l'économie de les lire à la lumière primo de l'histoire afin de les resituer dans leurs contextes, secundo de la psychanalyse et de la médecine en générale (aïe, je ne vais pas me faire que des amis :fessee: !).
[b]Pourtant ces mêmes auteurs nous livrent des merveilles authentiques[/b] sur la présence de Dieu, la présence à Dieu, la souffrance de Dieu, la toute-puissance de l'Amour, l'affront fait à Dieu par notre péché, etc., j'en passe.
Avec un ami prêtre, nous travaillons en vue de faire connaître les écrits et l'expérience mystique d'une religieuse du XVII°, de la congrégation des Sœurs de Nevers, du nom de Marcelline Pauper. A la lumière de cette expérience, permettez quelques conseils pour la lecture des écrits des mystiques et certaines vies de saints :
[list]1/ Tout d'abord, tous les flagellants n'ont pas été canonisés, loin de là. Rappelez-vous que l'Eglise tient très peu compte des phénomènes extraordinaires (visions, stigmates, etc.) pour juger de la sainteté des personnes. De la même manière, si les mortifications sont évoquées dans les vies de saints, c'est toujours de manière secondaire, ce ne sont pas elles qui fondent la réputation de sainteté. (Pour certains, les phénomènes dits supra-normaux ont même été une sorte d'obstacle à la reconnaissance de l'Eglise : pour un exemple récent, pensez à Padre Pio)[/list]
[list]2/ Ne confondez pas la voie et le but. Nous sommes tous appelés à la sainteté, mais ce n'est en singeant les actes des saints que nous pouvons y arriver, mais bien par les dispositions du cœur. Pour les mystiques, replacez les choses dans leur contexte, quant à vous, soyez pierres vivantes là où le Seigneur vous a posé : lieu, date, famille, activité, Eglise particulière, ...[/list]
[list]3/ Au risque de surprendre, je dirais que certains écrits ne sont peut-être pas à mettre entre toutes les mains dans leur version intégrale. Choisissez plutôt les éditions critiques et commentées et laissez-vous d'abord toucher par les merveilles de leur spiritualité. Ensuite seulement, vous pourrez passer à la version intégrale.[/list]
[list]4/ Enfin, merci à Onubense de nous le rappeler, la plupart des mystiques ont eu recours à la direction spirituelle (le starets dans la Tradition orthodoxe) et ont soumis leurs actes (dont les mortifications) à l'obéissance à leur directeur spirituel. Sur ce point précis, on peut dire que la confiance et l'obéissance sont infiniment plus signifiants que les mortifications.[/list]
Pardonnez-moi si je suis un peu brouillon et si tout ça est un peu jeté à la va-vite.
A tous, salut fraternel