par etienne lorant » mar. 20 déc. 2011, 11:21
Je ne pensais pas trouver un texte dans l’Évangile qui correspondrait à cette ""invitation de Jésus à son anniversaire... eh bien, je me trompais ! La voici :
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,15-24.
En entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! »
Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : 'Venez, maintenant le repas est prêt.' Mais tous se mirent à s'excuser de la même façon. Le premier lui dit : 'J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir ; je t'en prie, excuse-moi.' Un autre dit : 'J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t'en prie, excuse-moi.' Un troisième dit : 'Je viens de me marier, et, pour cette raison, je ne peux pas venir.' A son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Plein de colère, le maître de maison dit à son serviteur : 'Dépêche-toi d'aller sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.'
Le serviteur revint lui dire : 'Maître, ce que tu as ordonné est fait, et il reste de la place.'
Le maître dit alors au serviteur : 'Va sur les routes et dans les sentiers, et insiste pour faire entrer les gens, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner.' »
Que dire sur un tel Évangile ?
C'est très vexant d'avoir préparé une fête, de s'être préparé, d'avoir pensé à chacun et songé, parfois longuement, par quel bon mot accueillir tel ou tel... et puis se retrouver devant des excuses qui dévoilent plus qu'elles ne cachent l'embarras et l'ennui, c'est-à-dire le manque d'affection. Ce qui me causé beaucoup de plaisir et même d'enthousiasme, c'est l'envoi du serviteur qui a pour ordre de ramener tant bien que mal, contents ou pas contents, tous les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux de la ville (je me suis imaginé ce cortège: en voilà qui, ramenés manu militari, ne vont certainement pas regretter le banquet !) Or, les pauvres, c'est nous; les estropiés, c'est nous aussi; les aveugles et les boiteux, c'est encore nous.
Il y a de nouveau dans cette parabole une double portée dans le temps. Israël, le peuple élu, n'a pas reconnu le temps où le Messie l'a visité - et dès lors, ce seront les païens qui entreront avant eux dans le Royaume. Mais l'autre portée est de tous les temps: dans chacune de nos vies, il faut reconnaître le temps où nous aussi, nous sommes appelés. Appelés à reconnaître que, tels que nous sommes, nous avons besoin de secours, et que le secours est à notre portée.
Pauvres de biens spirituels, estropiés dans notre âme, aveugles concernant notre avenir et boiteux en toute chose, les hommes ne manquent certainement pas d'occasions dans leur vie de découvrir l'appel pressant de la conversion...
Au cours de mon premier mois d'armée, en janvier 1978, j'ai eu un violent accident de voiture - un choc frontal avec un autre véhicule, mais qui ne m'a laissé que quelques égratignures. Il m'a fallu moins de quelques mois pour réaliser cette chose étrange: cet accident, non seulement m'avait laissé intact, mais avait aussi changé mon affectation militaire. Plutôt que d'être envoyé avec mes camarades du centre d'instruction, vers une grosse Unité dont les désordres intérieurs (divers faits de mœurs) étaient connus... j'ai été affecté dans une toute petite caserne, dans laquelle j'ai fini mon temps d'armée en étant préservé tant physiquement que moralement.
Et bien qu'ayant cessé de pratiquer ma religion depuis des années, cette affaire aux multiples interrogations a contribué largement à mon retour vers Dieu. Car j'avais l'esprit assez clair pour dire: il n'est pas possible que tout cela soit coïncidences, il s'est véritablement passé quelque chose que je dois explorer.
Ainsi, d'un Noël à l'autre, la grâce passe. De mille et une façons, Dieu s'adresse à chacun et nous dit: "Reviens ! Reviens !" et l'invitation se fait de plus en plus pressante à mesure que le temps passe.
Le Seigneur ne laisse personne tranquille dans son péché: Il nous cherche. Il a toujours un temps d'avance sur nos désirs les plus immodérés, et Il nous apprend que sans Lui nous n'aurions peut-être pas une heure à vivre ! Je pense à Saül sur le chemin de Damas. Soudain, l'éblouissement, la chute: "Qui es-tu ?" demande-t-il. "C'est moi, Jésus, celui que tu persécutes". Tombé lourdement sur le sol, le futur Paul est aussi devenu aveugle pour mieux être éclairé et il a boité sur le reste de la route de Damas, afin de reconnaître que son chemin était parsemé de cailloux.
"Ad augusta per angusta" dit le proverbe latin...
Je ne pensais pas trouver un texte dans l’Évangile qui correspondrait à cette ""invitation de Jésus à son anniversaire... eh bien, je me trompais ! La voici :
[b][i][color=#0000FF]Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,15-24.
En entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! »
Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : 'Venez, maintenant le repas est prêt.' Mais tous se mirent à s'excuser de la même façon. Le premier lui dit : 'J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir ; je t'en prie, excuse-moi.' Un autre dit : 'J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t'en prie, excuse-moi.' Un troisième dit : 'Je viens de me marier, et, pour cette raison, je ne peux pas venir.' A son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Plein de colère, le maître de maison dit à son serviteur : 'Dépêche-toi d'aller sur les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.'
Le serviteur revint lui dire : 'Maître, ce que tu as ordonné est fait, et il reste de la place.'
Le maître dit alors au serviteur : 'Va sur les routes et dans les sentiers, et insiste pour faire entrer les gens, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner.' »
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Que dire sur un tel Évangile ?
C'est très vexant d'avoir préparé une fête, de s'être préparé, d'avoir pensé à chacun et songé, parfois longuement, par quel bon mot accueillir tel ou tel... et puis se retrouver devant des excuses qui dévoilent plus qu'elles ne cachent l'embarras et l'ennui, c'est-à-dire le manque d'affection. Ce qui me causé beaucoup de plaisir et même d'enthousiasme, c'est l'envoi du serviteur qui a pour ordre de ramener tant bien que mal, contents ou pas contents, tous les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux de la ville (je me suis imaginé ce cortège: en voilà qui, ramenés manu militari, ne vont certainement pas regretter le banquet !) Or, les pauvres, c'est nous; les estropiés, c'est nous aussi; les aveugles et les boiteux, c'est encore nous.
Il y a de nouveau dans cette parabole une double portée dans le temps. Israël, le peuple élu, n'a pas reconnu le temps où le Messie l'a visité - et dès lors, ce seront les païens qui entreront avant eux dans le Royaume. Mais l'autre portée est de tous les temps: dans chacune de nos vies, il faut reconnaître le temps où nous aussi, nous sommes appelés. Appelés à reconnaître que, tels que nous sommes, nous avons besoin de secours, et que le secours est à notre portée.
Pauvres de biens spirituels, estropiés dans notre âme, aveugles concernant notre avenir et boiteux en toute chose, les hommes ne manquent certainement pas d'occasions dans leur vie de découvrir l'appel pressant de la conversion...
Au cours de mon premier mois d'armée, en janvier 1978, j'ai eu un violent accident de voiture - un choc frontal avec un autre véhicule, mais qui ne m'a laissé que quelques égratignures. Il m'a fallu moins de quelques mois pour réaliser cette chose étrange: cet accident, non seulement m'avait laissé intact, mais avait aussi changé mon affectation militaire. Plutôt que d'être envoyé avec mes camarades du centre d'instruction, vers une grosse Unité dont les désordres intérieurs (divers faits de mœurs) étaient connus... j'ai été affecté dans une toute petite caserne, dans laquelle j'ai fini mon temps d'armée en étant préservé tant physiquement que moralement.
Et bien qu'ayant cessé de pratiquer ma religion depuis des années, cette affaire aux multiples interrogations a contribué largement à mon retour vers Dieu. Car j'avais l'esprit assez clair pour dire: il n'est pas possible que tout cela soit coïncidences, il s'est véritablement passé quelque chose que je dois explorer.
Ainsi, d'un Noël à l'autre, la grâce passe. De mille et une façons, Dieu s'adresse à chacun et nous dit: "Reviens ! Reviens !" et l'invitation se fait de plus en plus pressante à mesure que le temps passe.
Le Seigneur ne laisse personne tranquille dans son péché: Il nous cherche. Il a toujours un temps d'avance sur nos désirs les plus immodérés, et Il nous apprend que sans Lui nous n'aurions peut-être pas une heure à vivre ! Je pense à Saül sur le chemin de Damas. Soudain, l'éblouissement, la chute: "Qui es-tu ?" demande-t-il. "C'est moi, Jésus, celui que tu persécutes". Tombé lourdement sur le sol, le futur Paul est aussi devenu aveugle pour mieux être éclairé et il a boité sur le reste de la route de Damas, afin de reconnaître que son chemin était parsemé de cailloux.
"Ad augusta per angusta" dit le proverbe latin...