par Anne » ven. 21 oct. 2011, 5:12
Ça me semble couvrir à peu près tout...
L’encens apparaît d'abord comme une marque d’adoration rendue à Dieu, intimement liée à l’idée de sacrifice : « offrir l’encens aux idoles, dans l’antiquité, c’était sacrifier aux dieux ». A la messe, c’est ce sentiment d’adoration qui fait encenser le Corps et le Sang du Seigneur à l’élévation, la croix de l’autel, le livre des Évangiles, et le prêtre comme tenant la place du Christ. C’est pour cette même raison que l’on encense les reliques des saints, et même les fidèles qui sont devenus par leur baptême membres du Christ. Observons qu’un même rite d’encensement peut allier deux significations : l’encensement des fidèles est tout autant une purification qu’un honneur rendu au Christ présent en eux.
L'encens a conservé pour l'Église, sa signification antique de symbole de la prière qui monte vers Dieu, selon le verset du psaume 140 déjà cité. Dans l’Apocalypse, l'encens qui s'exhale devant le trône de l'Agneau est assimilé à la prière des saints (Ap 5, 8). Il nous rappelle que cette prière se doit d'être pure, ardente, embaumée du parfum de nos vertus. Par son odeur agréable, l'encens nous fait souvenir que nous devons être « la bonne odeur de Jésus-Christ » (2Co 2,15) et répandre en tout lieu la connaissance et l'amour de Dieu.
L'encens est également brûlé devant l'autel pour signifier que les créatures doivent être employées et consumées pour le service du lieu saint, pour « signifier que l'oblation de l'Église et sa prière montent comme l'encens en présence de Dieu » (PGMR, n°51). [...]
L’encens, enfin, évoque une nouvelle fois la liturgie céleste : « De la main de l’ange, la fumée des parfums s’éleva devant Dieu, avec la prière des saints. Puis l’ange saisit la pelle et l’emplit du feu de l’autel qu’il jeta sur la terre »(Ap 8, 3-5). Quel symbole peut le mieux exprimer le lien entre nos liturgies de la terre et celle du Ciel que ce feu divin, sur lequel brûle l’encens, pris sur l’autel céleste et jeté sur la terre ?
Concluons sur ces mots de Romano Guardini pour qui l'encens évoque « le mystère de la beauté qui s'élève avec grâce sans utilité pratique ; le mystère de l'amour qui brûle, se consume et s'exhale en mourant. Sans doute, il ne manque pas d'esprits bornés pour dire encore : « A quoi bon tout cela ». L'encens est un sacrifice de parfums, « formé, dit l'Écriture, de la prière des saints ». Il est le symbole de la prière, de celle surtout qui n'est pas intéressée, qui ne veut rien d'autre que s'élever, comme le Gloria après chaque psaume, qui adore et qui remercie Dieu de ce qu'il est grand » (Romano Guardini : Les signes sacrés, p. 58).
Tiré de
Pourquoi l'encens ? par Monsieur l’abbé Christophe Lefebvre
http://journaldelalliance.org/index.php ... Itemid=142
Ça me semble couvrir à peu près tout...
[quote]L’encens apparaît d'abord comme une marque d’adoration rendue à Dieu, intimement liée à l’idée de sacrifice : « offrir l’encens aux idoles, dans l’antiquité, c’était sacrifier aux dieux ». A la messe, c’est ce sentiment d’adoration qui fait encenser le Corps et le Sang du Seigneur à l’élévation, la croix de l’autel, le livre des Évangiles, et le prêtre comme tenant la place du Christ. C’est pour cette même raison que l’on encense les reliques des saints, et même les fidèles qui sont devenus par leur baptême membres du Christ. Observons qu’un même rite d’encensement peut allier deux significations : l’encensement des fidèles est tout autant une purification qu’un honneur rendu au Christ présent en eux.
L'encens a conservé pour l'Église, sa signification antique de symbole de la prière qui monte vers Dieu, selon le verset du psaume 140 déjà cité. Dans l’Apocalypse, l'encens qui s'exhale devant le trône de l'Agneau est assimilé à la prière des saints (Ap 5, 8). Il nous rappelle que cette prière se doit d'être pure, ardente, embaumée du parfum de nos vertus. Par son odeur agréable, l'encens nous fait souvenir que nous devons être « la bonne odeur de Jésus-Christ » (2Co 2,15) et répandre en tout lieu la connaissance et l'amour de Dieu.
L'encens est également brûlé devant l'autel pour signifier que les créatures doivent être employées et consumées pour le service du lieu saint, pour « signifier que l'oblation de l'Église et sa prière montent comme l'encens en présence de Dieu » (PGMR, n°51). [...]
L’encens, enfin, évoque une nouvelle fois la liturgie céleste : « De la main de l’ange, la fumée des parfums s’éleva devant Dieu, avec la prière des saints. Puis l’ange saisit la pelle et l’emplit du feu de l’autel qu’il jeta sur la terre »(Ap 8, 3-5). Quel symbole peut le mieux exprimer le lien entre nos liturgies de la terre et celle du Ciel que ce feu divin, sur lequel brûle l’encens, pris sur l’autel céleste et jeté sur la terre ?
Concluons sur ces mots de Romano Guardini pour qui l'encens évoque « le mystère de la beauté qui s'élève avec grâce sans utilité pratique ; le mystère de l'amour qui brûle, se consume et s'exhale en mourant. Sans doute, il ne manque pas d'esprits bornés pour dire encore : « A quoi bon tout cela ». L'encens est un sacrifice de parfums, « formé, dit l'Écriture, de la prière des saints ». Il est le symbole de la prière, de celle surtout qui n'est pas intéressée, qui ne veut rien d'autre que s'élever, comme le Gloria après chaque psaume, qui adore et qui remercie Dieu de ce qu'il est grand » (Romano Guardini : [i]Les signes sacrés[/i], p. 58).[/quote]
Tiré de [i]Pourquoi l'encens ?[/i] par Monsieur l’abbé Christophe Lefebvre
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