Méditations d'évangile

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Re: Acquittons-nous de la charité fraternelle avec douceur !

par Belin » lun. 09 sept. 2013, 17:45

je pense que l'expression "correction fraternelle" correspond mieux au titre

Re: Pour le Christ, L'essentiel n'est pas là où nous pensons

par ticaramel972 » mer. 22 août 2012, 23:24

PriereUniverselle a écrit :Pour cette femme qui décéda dans la semaine qui suivit, Jésus était le pardon. Sa réponse n’était ni intellectuelle ni sentimentale mais quelque chose de vécu, un témoignage. Et nous, quelle est notre réponse ? Pour nous, qui est Jésus ? Qu’est-ce qu’il représente pour nous ? Bref, quelle(s) idée(s) nous faisons-nous de lui ?
Pour moi Jésus est Amour et Vérité et je sens qu'il m'appelle à vivre en ce sens.

Fraternellement.

Que Dieu nous aide à trouver le vrai sens de notre vie !

par PriereUniverselle » mar. 11 oct. 2011, 21:56

28ème dimanche Ordinaire-A : Isaïe 25, 6-9/ Mathieu 22, 1-14

Ce n’est pas une mais deux paraboles qui nous sont proposées dans l’histoire du roi qui célébrait les noces de son fils : dans la première, les invités refusent de venir, préférant s’occuper de leurs affaires personnelles. La seconde parle d’un invité qui fut chassé de la salle de noce parce qu’il n'avait pas revêtu le vêtement de noce.

Y a-t-il un lien entre ces deux paraboles ? Ce roi qui désire avoir le tout-venant aux noces de son fils mais demande à la fin à ses serviteurs de jeter dehors l’homme qui ne portait pas le vêtement de noce ne manque-t-il pas de cohérence ?

A y regarder de plus près, le roi n’est pas incohérent avec lui-même car l’enseignement de ces deux paraboles est le suivant : il ne suffit pas de dire oui à l’invitation de Dieu pour entrer dans son Royaume. Encore faut-il correspondre aux exigences de ce Royaume, se montrer digne de l’invitation adressée à tous les peuples de la terre.

Concrètement, il s’agit de mener une existence en accord avec les engagements pris au baptême. Nous aurions donc tort de penser que les deux paraboles s’adressent uniquement aux juifs n’ayant pas répondu à l'invitation qui leur avait été faite.

C’est aussi de nous qu’il s’agit car Dieu nous invite tous les jours mais chacun se défile en remettant à plus tard sa participation à la fête, en laissant les soucis et la tristesse empoisonner et gâcher sa vie, en se laissant prendre par les affaires et les loisirs du monde ou en différant indéfiniment sa conversion véritable aux valeurs évangéliques.

Arrêtons-nous ici sur trois de ces valeurs. Premièrement, la liberté par rapport aux biens de ce monde. Cette liberté, on la voit clairement chez saint Paul qui a appris à « être rassasié et à avoir faim, à avoir tout ce qu’il lui faut et àà manquer de tout » (Ph 4, 12).

C’est parce que nous sommes encore attachés aux biens que nous courons sans cesse, que nous leur consacrons plus de temps qu’au Créateur et que nous faisons des dépressions dès que ces biens viennent à diminuer ou à manquer. Si nous n'apprenons pas à nous détacher des choses, nous serons d’éternels insatisfaits et, pire encore, nous serons des hommes et des femmes prêts à toute forme de compromission, prêts à vendre notre âme pour posséder et accumuler des choses passagères et périssables.

La seconde valeur sur laquelle je voudrais attirer notre attention est la solidarité. Paul avait bénéficié de cette solidarité comme il le rappelle aux Philippiens : « Vous avez bien fait de m’aider tous ensemble quand j’étais dans la gêne. Et mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus». Cette dernière phrase montre que le bien que nous faisons ne restera pas sans récompense de la part de Dieu.

La solidarité avec nos frères démunis, au chômage, sans feu ni lieu est-elle une valeur en hausse ou en baisse dans notre vie personnelle et collective ? L’amour fraternel, c’est-à-dire l’amour qui pousse à voler au secours de l’homme blessé, attaqué, détroussé ou abandonné, l’amour manifesté autrefois par le bon Samaritain entre Jérusalem et Jéricho, voilà le vêtement de noce, écrivait saint Augustin. Oui, c’est l’amour qui nous fait entrer dans le Royaume car « Dieu est amour » ( St Jean).

La dernière valeur dont il faut parler c'est la joie. On reproche aux assemblées chrétiennes d’être tristes et froides.

Et le reproche ne date pas d’aujourd’hui. En effet, au XIXè siècle déjà, le philosophe allemand F. Nietzsche trouvait que les chrétiens n’avaient pas l’air sauvés. Les eucharisties ressemblent parfois à des enterrements, peut-être parce que nous avons oublié que le jour du Seigneur est un jour de joie, un jour de fête comme en témoigne la description du prophète Isaïe : « Ce jour-là, écrit-il, le Seigneur préparera pour tous les peuples un festin de viandes et de vins capiteux… Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes toutes les nations… Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages… Et ce jour-là, on dira : Voici notre Dieu, en lui nous espérions et il nous a sauvés… Exultons, réjouissons-nous » (Is 25, 6-9).

Oui, le dimanche est un jour de réjouissance et l'eucharistie, une fête. C'est la fête de l'action de grâce pour toutes les situations difficiles dont nous avons été sauvés, pour les merveilles que Dieu accomplit chaque jour dans notre vie et dans celle de nos frères.

A ce propos, il serait bon aussi que nous ayons une pensée pour nos frères de la communauté juive qui ont célébré la fête du Yom Kippour : la fête du Grand Pardon.

Avec eux, demandons à Dieu de nous aider à trouver le vrai sens de nos vies.

Que chacun de nous puisse prendre le temps de la conversion !

Que nous puissions revêtir le vêtement de la noce, c’est-à-dire le vêtement de la joie, de la solidarité, de l’adoration de Celui qui nous a créés, bref le vêtement de l’amour de Dieu et du prochain ! Car c’est cela qui donne véritablement du poids, de la valeur et de l’éternité à notre brève existence.

Nous sommes appelés à tendre la main !

par PriereUniverselle » dim. 25 sept. 2011, 19:42

26ème dimanche ordinaire : Année -A : Mt 21, 28-32

Nous avons écouté la parabole des deux fils. Le premier commence par refuser mais finit par aller travailler à la vigne de son père. Ce fils représente les publicains et les prostituées qui, après avoir dit « non » à Dieu par leur conduite, ont accueilli le message de Jean-Baptiste et ont cru en Jésus. Cela signifie d’abord que les jeux ne sont pas faits d’avance, que nous ne sommes pas conditionnés par des déterminismes nous dépouillant de notre liberté et de notre responsabilité.

Cela signifie ensuite que nous sommes appelés à ne pas voir les autres figés mais en devenir, à leur donner leurs chances, à leur tendre la main, à être patients avec eux au lieu de les enfermer dans leur passé ou de les étiqueter définitivement. Saint Paul l’a bien perçu, qui exhorte les Philippins à s’encourager, à avoir de la tendresse et de la pitié, à ne jamais être vantards ou prétentieux.

Prétentieux, les anciens et les chefs des prêtres l’étaient dans la mesure où ils se croyaient justes et méprisaient les publicains et les prostituées. Ce sont pourtant ces derniers qui entreront les premiers dans le Royaume.

Les auditeurs de Jésus devaient être étonnés d’entendre une telle affirmation comme les ouvriers de la première heure étaient stupéfaits, dimanche dernier, de percevoir le même salaire que les ouvriers de la dernière heure. Chefs des prêtres et anciens seront précédés dans le Royaume par les prostituées et les publicains parce qu’ils se sont installés dans leur suffisance.

La même chose risque de nous arriver si nous pensons que nous n’avons plus besoin de conversion, si nous manquons d’humilité. Ce que publicains et prostituées nous apprennent, en effet, c’est que le Royaume de Dieu se gagne avec les fruits de l’humilité. Etre humble, ce n’est pas se détester. Nous avons à nous aimer sans nous désintéresser des autres.

L’humilité nous conduit ainsi à prendre conscience de notre valeur et de nos qualités mais sans jamais les faire peser sur ceux qui croisent notre chemin. Elle conduit aussi à reconnaître la valeur de l’autre. Je ne te suis ni supérieur, ni inférieur. Mon seul désir est de te rencontrer pour t’enrichir et pour que tu m’enrichisses car nul n’est complet tout seul. En effet, quel qu’il soit et quoi qu’il possède, aucun être humain ne peut se suffire à lui-même.

J’ai dit que le premier fils représentait les publicains et les prostituées. Je voudrais à présent parler du second fils qui, après avoir dit « oui », n’alla pas travailler à la vigne de son père. Ce ne sont pas uniquement les chefs des prêtres et les anciens qui sont visés ici.

C’est chacun de nous qui est interpellé, étant donné que nos actes contrastent bien souvent avec nos discours. En effet, nous parlons de justice et d’égalité mais nous sommes les premiers à pratiquer l’injustice, le racisme et le sectarisme au travail, et dans l’Eglise.

En appelant Dieu notre Père, nous reconnaissons implicitement que sudistes ou nordistes et pauvres ou riches sont des frères, enfants d’un même Père, le Père du ciel, mais, dans la réalité, nous avons tendance à limiter notre aide et notre amour aux gens de notre famille, de notre religion, de notre classe sociale, de notre ethnie ou de notre parti politique.

Après la Shoah, après l’occupation de la France par les Nazis, après Hiroshima et Nagasaki, nous avons dit « plus jamais ça » mais à combien de génocides, d’exterminations et d’occupations n’avons-nous pas assisté depuis dans notre monde ? De belles choses sont dites et écrites sur la femme, sur la parité, sur l’égalité entre l’homme et la femme mais, concrètement, la femme est encore loin d’occuper la place qui devrait lui revenir.

Partout, y compris dans l’Eglise, sa voix a parfois encore du mal à se faire entendre. Prêtres et évêques, font de belles homélies sur la miséricorde et la tendresse de Dieu mais apportons nous tous toujours un accompagnement d'une parole autre que la dureté, le mépris que l'on affiche souvent à l'égard des divorcés remariés et des prêtres ayant abandonné le ministère. Ce sont toutes ces incohérences que Jésus dénonce à travers le comportement du second fils.

Au total, l’évangile de ce jour nous enseigne que le dire n’a de valeur que s’il est en conformité avec le faire et que ce qui compte, en définitive, ce sont les actes et non les belles paroles, les intentions ou les théories plus ou moins savantes.

Nous comprenons dès lors pourquoi Jésus déclare que « ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’ qui entreront dans le Royaume des cieux mais ceux qui font la volonté de son Père » (Mt 7, 21).

Que Dieu nous accorde de l’aimer et d’aimer nos frères « non pas en parole mais en acte et en vérité » (1 Jn 3, 18). Implorons son Esprit afin que nous devenions plus humbles et plus cohérents dans nos différents engagements !

Re: Le pardon n’a-t-il pas de limites ?

par Griffon » sam. 17 sept. 2011, 21:22

C'est une belle preuve de sérénité !

Parfois, on peut réagir pour amener l'autre à réfléchir sur son acte.
Mais,... ce n'est à faire qu'avec l'assistance de l'Esprit-Saint.

Cordialement,

Griffon.

Re: Le pardon n’a-t-il pas de limites ?

par mike.adoo » sam. 17 sept. 2011, 16:26

Bonjour Griffon

En résumé , ce que je voulais expliquer , c'est qu'une faute se corrige et une offense se pardonne .
Pour le reste , je suis assez d'accord avec vos propos .
Si je reprends l'exemple des fautes d'orthographe ( que j'ai très bien connu avec mes cas sociaux ) je n'ai pas le souvenir d'avoir considéré ces fautes ( on dit aussi " erreurs " ) comme des affronts ou des offenses . J'observais un protocole pédagogique en insistant sur le fait que seul l'auteur des fautes en subirait les conséquences , le moment venu .
J'ai eu un ami qui , dans ses messages , écrivait systématiquement " voir " au lieu de " voire " . Je lui ai indiqué son erreur une dizaine de fois , en vain . C'est vrai que cette faute m'agace mais il n'y a vraiment pas de quoi mettre en branle l'arsenal du pardon !
Je partage le reste de votre analyse lorsque vous dites que le pardon n'exempte pas d'une réparation, ou d'une éducation.
Je reconnais avoir un rapport à l'offense un peu particulier ; En effet , lorsqu'une personne m'insulte , par exemple , je pars du principe que cette personne a de bonnes raisons de le faire ; je récolte ce que j'ai semé ... donc , pas d'offense ; je ne peux pas en vouloir à quelqu'un que j'ai blessé et qui me rend la monnaie de ma pièce !
Si , par contre , cette personne m'agresse à tort ( erreur sur la personne ou malentendu ...) je ne peux pas non plus lui en vouloir de s'être trompée ...
C'est vrai qu'il y a fort longtemps que je ne me suis pas senti offensé .

PS ...( Et ça ne me manque pas ;) )

Re: Le pardon n’a-t-il pas de limites ?

par Griffon » sam. 17 sept. 2011, 12:22

Bonjour Mike,

Je ne suis pas sûr que votre distinction apporte une clarification.
Et l'explication que vous en donner me conduit à une grande confusion.

Il y a des fautes qui ne sont pas des offenses.
D'accord : les fôtes d'orthographe, par exemple.
Quoique,... si je les multiplie, cela finisse par agacer les lecteurs qui auront le sentiment qu'on se fiche pas mal d'eux.
Et on serait alors déjà dans l'offense.

Je suis beaucoup plus perturbé par vos exemples.
Le mari violent ou volage commet des offenses graves vis-à-vis de sa femme, de ses enfants, de lui-même et de Dieu.

Vous associez l'offense à une blessure d'amour propre.
Ben... la femme du mari volage est bien sûr blessée dans son amour propre.
Mais pas que là.

Et bien sûr, une offense est avant tout une blessure contre la charité (et donc aussi contre l'amour propre).

Et le chrétien est sensé pardonné toute offense.
Mais le pardon n'exempte pas d'une réparation, ou d'une éducation.

Par exemple, la femme blessée par un mari volage doit au final arriver à lui pardonner.
Ce qui n'est pas une mince démarche !
Mais ce pardon ne consiste certainement pas à " on oublie tout et on recommence ".
Il est judicieux de mettre un temps d'épreuve et de réparation où le mari peut démontrer qu'il veut vraiment recommencer dans une vraie fidélité.

Cordialement,

Griffon.

Re: Le pardon n’a-t-il pas de limites ?

par mike.adoo » sam. 17 sept. 2011, 12:01

PriereUniverselle a écrit :24ème dimanche Ordinaire- Année A : Matthieu 18, 21-35

Dans la première lecture, Ben Sirac le Sage nous recommande de pardonner au prochain. Mais que signifie pardonner ? Que faut-il faire quand le prochain commet les mêmes fautes ? Concrètement, une épouse doit-elle continuellement supporter un mari violent et volage ? Un mari doit-il tolérer indéfiniment une femme égoïste et dépensière ? Un employeur peut-il fermer toujours les yeux sur les fautes de ses employés ? S’il le fait, ne risque-t-il pas de compromettre et de perdre son entreprise ? Comment être bon sans que la bonté ne devienne bêtise ? Combien de fois devons-nous pardonner à ceux qui nous ont offensés ?


Bonjour

Dans ce message , je me bornerai à ne répondre qu'au premier paragraphe ( ci-dessus ).
Il ne faut pas confondre faute et offense . Bien qu'une faute puisse offenser , il s'agit de deux choses différentes .
Un mari violent ou volage présente un problème comportemental et on n'est pas violent ou volage par hasard . Il ne s'agit pas de pardonner mais de chercher la cause de ces dérives .
Le pardon , dans ces cas serait presque un encouragement !
Au niveau de l'entreprise , je tiendrai le même discours ; La législation va d'ailleurs dans le bon sens : Avertissement ( s ) puis licenciement .
Avertir un employé , doit être assimilé à une "correction fraternelle " . Par la suite , les sanctions doivent tomber !

Ben Sirac , comme Jésus , fait allusion aux offenses , c'est à dire aux blessures ( d'amour propre ) qui nous sont infligées . Dans ce cas , oui! il faut toutes les pardonner !
Par contre , les modalités du pardon doivent être adaptées à la mentalité de l'offenseur .
Parfois , une explication ,suivie d'une réconciliation peut être envisagée . Parfois , un pardon peut être interprété comme une faiblesse ce qui conduit à ajouter la moquerie à de nouvelles offenses ! Cela nous renvoie à la question : " Comment répondre à l'insensé ? "viewtopic.php?f=91&t=16283&hilit=ne+r%C ... sens%C3%A9 page 5

Le pardon n’a-t-il pas de limites ?

par PriereUniverselle » mar. 13 sept. 2011, 19:04

24ème dimanche Ordinaire- Année A : Matthieu 18, 21-35

Dans la première lecture, Ben Sirac le Sage nous recommande de pardonner au prochain. Mais que signifie pardonner ? Que faut-il faire quand le prochain commet les mêmes fautes ? Concrètement, une épouse doit-elle continuellement supporter un mari violent et volage ? Un mari doit-il tolérer indéfiniment une femme égoïste et dépensière ? Un employeur peut-il fermer toujours les yeux sur les fautes de ses employés ? S’il le fait, ne risque-t-il pas de compromettre et de perdre son entreprise ? Comment être bon sans que la bonté ne devienne bêtise ? Combien de fois devons-nous pardonner à ceux qui nous ont offensés ?

Bref, le pardon n’a-t-il pas de limites ? Telle est la question de Pierre dans l’évangile d’aujourd’hui. Pour Jésus, on ne doit pas arrêter de pardonner. Avant de dire pourquoi nous devons éviter de garder rancune, je voudrais faire remarquer que pardonner ne signifie pas oublier car les choses ne disparaissent pas aussi facilement du cœur et de la mémoire mais affronter de plein fouet sa propre mémoire blessée et croire de nouveau en l’autre, en sa renaissance (A. Dupleix) comme la triple demande de Jésus à Pierre après la résurrection- « M’aimes-tu plus que les autres ? »- prouve que le premier n’avait pas oublié le triple reniement du second. C’est après cela qu’intervient la re-création, la restauration de Pierre : « Sois le pasteur de mes brebis ». Sommes-nous capables d’agir de la sorte ?

Au cours d’une retraite d'une chorale, quelqu’un fit part de sa difficulté à prononcer le « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aux autres » du « Notre Père ». Si j’interrogeais cette assemblée, beaucoup feraient probablement le même aveu. Ils me diraient que ce bout de phrase ne passe pas. Il ne passe pas parce que pardonner est difficile en couple, en famille, dans la vie professionnelle, dans le milieu ecclésial ou dans les relations internationales. Il est en effet difficile de pardonner à une personne qui a violé notre fille, pris notre conjoint, assassiné un membre de notre famille, détruit notre réputation, nous a abandonné au moment où nous comptions sur lui, nous veut du mal ou sans cesse complote contre nous.

La réaction naturelle est plutôt de rendre coup pour coup, d’appeler la foudre sur l’ennemi, de souhaiter sa mort. En Orient, la vengeance était sacrée. Et pourtant le pardon une exigence incontournable de la vie chrétienne. Pourquoi ? Pour Ben Sirac, Dieu ne peut accorder la guérison et le pardon des péchés à celui qui n’a pas de pitié pour son semblable. Le pardon a ainsi des conséquences sur celui qui le reçoit mais aussi sur celui qui le donne. Deuxièmement, Ben Sirac estime qu’il serait dommage que nous puissions partir dans la tombe avec de vieilles rancunes.

La troisième raison qui ne figure pas dans le livre de Ben Sirac le Sage peut être résumée ainsi : si nous répondons au mal par le mal, c’est l’escalade. Il n’y a plus moyen d’exister, plus d’avenir pour la vie familiale, professionnelle ou ecclésiale, plus de paix. C’est le règne de la violence destructrice. Jésus donne une quatrième raison dans la parabole du débiteur impitoyable: nous sommes insolvables devant Dieu. Non seulement nous n’avons pas de quoi lui rembourser mais Il nous remet infiniment plus que le petit peu de mal que nos frères nous font. Jésus ajoute donc à la question de Pierre un éclairage nouveau : nos discussions et nos débats ne se limitent pas à ce monde visible.

Au-delà des personnes humaines que nous côtoyons, Dieu est toujours partie prenante, lui qui est l’unique juge de l’humanité et vers qui nous marchons. C'est donc avec lui que nous devons pardonner. Demandons-Lui de nous apprendre à pardonner. Car c’est de Lui que vient tout pardon. Comme le dit une prière eucharistique, « c’est à Dieu que nous le devons si la vengeance fait place au pardon et si l’amour triomphe de la haine ». C’est Lui qui pardonne en nous quand nous pardonnons à ceux qui nous ont fait du tort.

La prière de Jésus sur la croix est, de ce point de vue, significative. En effet, Jésus ne dit pas à ses bourreaux qu’il leur pardonne mais demande à son Père de leur pardonner. C’est la raison pour laquelle je conseille aux personnes qui me disent avoir du mal à pardonner d’abandonner leur problème entre les mains de Dieu et de lui demander la force de pardonner plus tard. Je les invite aussi à prier pour celui qui les a offensés, le cœur peut-être encore plein de colère, de rancune et d’amertume. Parfois, je leur propose cette prière : « Seigneur, ce voyou ou cette sorcière, je ne peux pas les voir ; mais je veux que vous les regardiez. Je vous les confie. Touchez leur cœur afin qu’il se détourne du mal. Touchez le mien afin que j’arrive à leur pardonner un jour ».

Si nous jetons ainsi nos ennemis dans les bras de Dieu, alors notre regard sur eux change. Certes, nous n’oublions pas le mal qu’ils nous ont fait mais nous commençons à les voir avec le regard de Dieu et nous entrons peu à peu dans la dynamique du pardon, un pardon dont non ne dira jamais assez qu’il est nécessaire si nous voulons « relancer l’histoire et reconstruire le monde malgré la catastrophe ».

Acquittons-nous de la charité fraternelle avec douceur !

par PriereUniverselle » mar. 13 sept. 2011, 18:52

23ème dimanche ordinaire : Matthieu 18, 15-20

Ceux que nous côtoyons en famille, au travail, dans les partis politiques, dans les associations, dans les groupes de prière, dans les communautés religieuses, etc. sont nos frères. Que faut-il faire quand ces frères ont commis un péché ? Faut-il se taire ? Non, car le silence peut favoriser et couvrir le mal. « Ce monde est dangereux, non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui savent et qui se taisent », disait le physicien allemand Albert Einstein.

Oui, il y a des silences dangereux comme il y a des silences complices ! Des silences hypocrites déguisés en tolérance ! Nous ne pouvons pas nous taire quand nous voyons nos frères se fourvoyer car Dieu nous veut responsables les uns des autres, il veut que nous veillions les uns sur les autres comme le prophète Ézéchiel était naguère une sentinelle pour la maison d’Israël. Si nous devons parler, c’est enfin parce que Dieu nous demandera des comptes si nous n’avertissons pas le méchant, si nous ne l’invitons pas à abandonner sa mauvaise conduite. Ne nous dérobons donc pas à ce devoir d'admonestation corrective fraternelle.

Mais comment s’y prendre ? Question capitale car, si nous avons besoin de courage et de franchise pour dénoncer le mal sous toutes ses formes, il est aussi nécessaire que nous ayons assez de tact de bonté et de délicatesse pour le faire de manière constructive afin que cette amicale correction apparaisse non pas comme une disqualification mais comme un encouragement. N’oublions pas que, quand nous intervenons, ce n’est pas pour ridiculiser, accabler ou humilier mais pour prévenir, pour aider l’autre à s’améliorer et à grandir.

C’est pour cette raison que Jésus nous recommande, dans un premier temps, de parler seul à seul avec le frère. Ce tête à tête a pour but de permettre au frère de garder sa réputation et son honneur. Si cette démarche n’aboutit pas, Jésus demande que nous fassions ensuite appel à deux ou trois personnes, pour éviter la précipitation et pour mieux convaincre. Si le frère refuse d’écouter ces personnes, il s’exclut alors de la communauté. Nous ne sommes pas pour autant dispensés de l’aimer car la seule dette dont nous ne pouvons pas nous défaire est celle de l’amour mutuel comme le rappelle l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains. Acquittons-nous de « la dette de la charité fraternelle » avec douceur et compassion.

Aussi nous pouvons prier pour le frère. Parce que la prière, surtout la prière commune, est un moyen efficace que nous sommes appelés à utiliser pour venir à bout de certaines situations. « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux », dit Jésus. Prier pour le frère à qui on a donné toutes ses chances, c’est une manière de dire à Dieu : « Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour sauver notre frère mais en vain.

Nous le confions maintenant à ta miséricorde. Touche son cœur afin qu’il puisse revenir dans le droit chemin ! » L’humainement impossible devient ainsi possible grâce à la prière commune. Sans déprécier la prière individuelle (Mt 6,6), nous devons comprendre que la prière commune est le sommet de notre prière. Parce qu’elle a une densité de présence du Christ plus grande que la prière individuelle. Les rabbins en avaient conscience, qui affirmaient que là où deux ou trois sont ensemble et la Torah (la loi sainte) entre eux, là réside la Shekina, c’est-à-dire la gloire de Yahvé.

Au total, retenons que Notre Seigneur Jésus ne nous demande pas de parler lâchement dans le dos de nos frères ou de nous taire quand ils ont commis un péché mais d’avoir le courage et la simplicité d’aller les voir pour leur montrer leur erreur. Cette démarche, nous ne la faisons pas parce que nous serions meilleurs ou irréprochables mais uniquement parce que Dieu nous a établis sentinelles, veilleurs, guetteurs de nos frères, parce que sa volonté est qu’aucune brebis ne se perde et que le Ciel est concerné par ce qui se passe sur la terre : « Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le Ciel ».

«Seigneur, Accordez-nous de nous la grâce de devenir “les sentinelles de l’aurore” (Jean-Paul II) qui avertissent, dénoncent, invitent à la conversion à temps et à contretemps - mais toujours dans la charité - ; qui encouragent, exhortent, soutiennent, accompagnent ; qui se donnent sans compter et n’ont de cesse que la brebis perdu ait retrouvé le chemin de la Bergerie du Père. »

Re: La foi est loin d’être un long fleuve tranquille !

par gerardh » lun. 29 août 2011, 11:41

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Bonjour,

Dans un psaume, il y a : "demeure tranquille, appuyé sur l'Eternel".



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La foi est loin d’être un long fleuve tranquille !

par PriereUniverselle » lun. 29 août 2011, 3:49

22ème dimanche A : Mt 16, 21-27 - (2011)

La foi est loin d’être un long fleuve tranquille !

Dimanche dernier, quand Pierre déclara à Jésus « tu es le messie », il fut félicité et désigné comme le roc sur lequel sera bâtie l’Église du Christ. Mais quelle idée Pierre se faisait-il du « messie » ? Comme beaucoup de Juifs, Pierre attendait un messie fort, puissant, invincible. Jésus, lui, se présente comme un messie vulnérable, désarmé. Nous comprenons dès lors pourquoi il annonce aux disciples qu’il doit « partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué et ressusciter le troisième jour ». Nous comprenons aussi pourquoi il sermonne Pierre en ces termes : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes. »

Quelles sont les pensées des hommes ? C’est la première question à laquelle je voudrais répondre. Les hommes pensent que vous n’êtes rien si vous ne possédez ni richesse, ni savoir, ni pouvoir ; ils rêvent de gloire et de succès, de triomphe et de titres ; ils sont assoiffés d’argent et d’honneurs ; ils attachent beaucoup d’importance aux apparences, s’intéressent davantage au contenant qu’au contenu ; ils veulent « gagner le monde entier » et sont prêts, pour cela, à piétiner, à écraser, voire à tuer leurs frères. Pour Jésus, la seule valeur de l’homme réside dans sa capacité à aider ses semblables à vivre et à vivre debout. Pour lui, exister, c’est sortir de soi-même, comme le suggère l’étymologie latine de ce verbe (ex-ire), Pour lui, l’homme n’est vraiment homme que s’il fonde sa vie sur l’amour, sur le don de soi.

Pour Saint Paul, qui exhorte les Romains à offrir à Dieu leur personne et leur vie, « c’est là l’adoration véritable ». Si le Christ est séduisant (« tu m’as séduit et je me suis laissé séduire », affirme Jérémie), c’est d’abord parce qu’il s’est offert, parce qu’il a accepté de perdre sa vie, parce qu’il a renoncé à lui-même. C’est sur ce chemin de renoncement à soi-même que le Christ nous appelle à le suivre. Renoncement que S. Kierkegaard explique de la manière suivante : « Deux jeunes s'aiment mais ils appartiennent à deux peuples différents et parlent deux langues totalement différentes. Si leur amour veut survivre et grandir, il est nécessaire que l’un des deux apprenne la langue de l'autre. Sinon, ils ne pourront pas communiquer et leur amour ne durera pas. Ainsi en est-il entre Dieu et nous. Nous parlons le langage de la chair, lui celui de l'esprit ; nous parlons le langage de l'égoïsme, lui celui de l'amour. Renoncer à soi-même, c'est apprendre la langue de Dieu. »

Mais Jésus ne parle pas que de renoncement à soi-même. Il nous invite aussi à prendre notre croix. Celui qui dira plus tard à Gethsémani « Père, si cela est possible, que ce calice s’éloigne de moi » (Mt 26, 42) ne veut pas faire ici l’apologie de la souffrance. En nous invitant à prendre notre croix, il ne nous demande pas de rechercher la souffrance. Ce qu’il veut dire, c’est que la vie chrétienne n'est pas facile. Il est effectivement difficile de vivre le partage et la solidarité alors même que tout pousse à amasser et à dépenser pour soi ; difficile de passer une heure auprès d’un malade ou d’une personne âgée quand on s’imagine que d’autres peuvent utiliser ce temps pour gagner plus d’argent, difficile de pardonner à ceux qui nous ont offensés ou blessés, difficile de s’afficher comme chrétien dans un environnement qui proclame que « Dieu est mort » et où certains médias prennent un malin plaisir à dénigrer l’Église et à la tourner en dérision, difficile de résister à la tentation du divorce dans une société où beaucoup de mariages ne durent pas plus de cinq ans, difficile d’être honnête en affaires quand les règles économiques sont celles du plus fort ou des dessous de table.

Face à ces difficultés, nous pouvons être tentés d’abandonner la partie, de baisser les bras. Jérémie a connu pareille tentation mais n’y a pas succombé comme il le confesse lui-même dans la première lecture de ce 22e dimanche : « À longueur de journée, la parole du Seigneur attire sur moi l’injure et la moquerie. Je me disais ‘‘je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom’’. Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m’épuisais à le maîtriser, sans y réussir. » Devant ce Jérémie tour à tour découragé et retrouvant l’envie de témoigner du Seigneur, nous comprenons que la foi est loin d’être un long fleuve tranquille.

Pour le Christ, L'essentiel n'est pas là où nous pensons !

par PriereUniverselle » lun. 29 août 2011, 3:43

21ème dimanche ordinaire –année A : Mt.16, 13-20

Le Christ n’attend pas d’abord de nous une connaissance intellectuelle sur lui...

Juifs, Grecs, Syriens et Romains avaient fait de Césarée de Philippe une ville d’adoration de leurs dieux. C'est dans cette ville abritant de nombreux temples que le charpentier de Galilée demande à ceux qui l'accompagnent : « Le Fils de l’homme, qui est-il d’après ce que disent les hommes ? ». Réponses des disciples : « Pour les uns, il est Jean-Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». Mais Jésus n’est pas satisfait de cette réponse. Si Jésus n’est pas satisfait de la réponse des disciples, c’est aussi parce que le ouï-dire ne l’intéresse pas. Il veut que les disciples se prononcent personnellement. C’est pourquoi il pose une autre question: « Et vous, que dites-vous ?

Pour vous, qui suis-je ?». Cette fois-ci, Simon-Pierre prend la parole au nom des disciples. Pour lui, Jésus n’est pas seulement l'’un des prophètes, un envoyé de Dieu mais L’envoyé, Le Messie attendu depuis des siècles, le Fils du Dieu vivant.

Dans le contexte de l'époque, la réponse de Pierre est stupéfiante. D’abord, parce que les juifs n'avaient pas coutume de prononcer à haute voix le nom de Dieu ; ensuite, parce qu’elle vient d’un petit pêcheur juif. Pierre aurait pu être crucifié pour une telle déclaration. Loin de s'offusquer, Jésus approuve Pierre avant de préciser qu'une telle révélation lui vient de Dieu. « Ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ».

Cette histoire s’est passée il y a deux mille ans, loin d’ici. Les lieux ont changé, les Dieux aussi. Les dieux d’aujourd’hui sont en effet plus matériels. Le bonheur qu’ils sont censés apporter est immmédiat et palpable. Mais, comme les faux-dieux d’hier, ils risquent de nous éloigner de nous-mêmes, de nous détourner de Celui pour qui nous avons été créés. C’est la raison pour laquelle cet évangile s’adresse à chacun d’entre nous. Le Christ n'attend pas d’abord de nous une connaissance intellectuelle sur lui, que nous lisions des livres sur sa vie. Il nous demande de le connaître, de nous abandonner à lui, de lui faire confiance,d'entrer en relation avec lui. Cette relation se vivra de diverses manières en fonction de chacune de nos histoires personnelles.

Voici la réponse d’une femme de 34 ans qui avait le cancer et à qui on portait la communion : « Les médecins m’ont dit avant-hier que mes jours sont comptés. Or je continue à être en colère contre le père de ma fille, 8 ans après notre séparation qui s’est très mal passée. Je voudrais partir après lui avoir pardonné ; je voudrais me réconcilier avec lui puisque Jésus nous appelle à pardonner. » Trois jours plus tard, son ex-mari vint chez elle, elle se confessa puis fit la paix avec lui. Pour cette femme qui décéda dans la semaine qui suivit, Jésus était le pardon. Sa réponse n’était ni intellectuelle ni sentimentale mais quelque chose de vécu, un témoignage. Et nous, quelle est notre réponse ? Pour nous, qui est Jésus ? Qu’est-ce qu’il représente pour nous ? Bref, quelle(s) idée(s) nous faisons-nous de lui ?

Bref, le premier parmi les disciples, Pierre a reconnu Jésus comme le Fils du Dieu vivant. Dès cet instant, il met une confiance indéfectible en Jésus, il est prêt à donner sa vie pour lui. Pour sa part, Jésus a désormais une confiance totale en Pierre. D’où cette réponse : « Sur toi, je bâtirai mon Église, et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux; tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ».

Pierre devient ainsi le premier chef visible de l'Église. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est à un simple pêcheur que Jésus confie la direction de son peuple. Il en sera ainsi pour la suite des âges : l'Église que nous sommes sera confiée non pas à des héros mais à des hommes fragiles et limités. D’autre part, nous devons comprendre que Jésus n'a pas donné à Pierre la propriété de l'Église. L’Eglise ou communauté des croyants appartient au Christ : « sur toi je bâtirai mon Eglise », dit Jésus. C'est ce dernier qui nous convoque tous les dimanches. C'est lui qui rassemble, bâtit la communauté. C'est lui qui inspire et dirige l’Eglise. C'est lui qui nous conduit. Si l’Eglise était l’affaire des hommes, elle aurait disparu depuis longtemps. En confiant l’Eglise à Pierre, Jésus a voulu bâtir une communauté d’hommes et de femmes qui se rassemblent pour faire quelque chose ensemble. Il en résulte qu’on ne peut être chrétien tout seul. Car une foi solitaire s’atrophie et meurt à petit feu.

Dans cette Église, tout n'est pas parfaitement pur ni pleinement achevé. Mais le Seigneur a confié à Pierre le service du discernement et du pardon. C'est Pierre qui devra juger si les membres de l'Église vivent en conformité avec le projet de Jésus. Désormais, pour connaître le Christ et pour vivre en communion avec lui, il sera impossible de contourner l'Église. Car le pouvoir des clés et le pouvoir de lier et de délier ont été confiés à Pierre.

Nous pouvons nous demander pourquoi Jésus a donné autant de pouvoirs à un simple pêcheur. L’apôtre Paul pose la même question dans sa lettre aux Romains : « Les décisions du Seigneur sont insondables ; ses chemins, impénétrables. Qui a connu sa pensée ? » L’important n’est pas de connaître la pensée du Seigneur mais de faire confiance à Pierre et à l’Eglise, de les écouter en dépit des limites et faiblesses qu’ils peuvent avoir. Parce que Jésus a été le premier à leur faire confiance.

Dieu nous rencontre dans le murmure d'une légère brise !

par PriereUniverselle » lun. 08 août 2011, 21:46

19ème dimanche A : Mt 14, 22-33

Après la multiplication des pains, Jésus renvoie tout le monde : les disciples sur l’autre rive et les foules dans leurs villages. D’une part, pour les détourner de l’idée qu’il est un roi temporel (Jn 6, 15), le messie attendu par Israël, celui qui viendrait chasser l’occupant romain ; d’autre part, pour leur signifier que les nourritures terrestres, quelque nécessaires qu’elles soient, ne sont pas les plus importantes. Après quoi, il se rend dans la montagne à l’écart, pour prier.

La montagne : lieu privilégié de la rencontre avec Dieu (1 R 19, 9). Pensons, par exemple, à la rencontre d’Élie avec Yahvé sur le mont Horeb, rencontre qui n’est pas sans rappeler celle que fit Moïse sur la même montagne. Nous devons comprendre ici que, si transformer le monde, combattre la famine, lutter contre la misère et l’injustice sont des tâches fort utiles, la rencontre avec Dieu ne l’est pas moins.

Jésus veut nous dire, en d’autres termes, que prier n’est pas une perte de temps dans un monde qui apparaît souvent comme une. C’est dans la prière, en effet, que nous pouvons voir si notre manière d’être et de faire est en conformité avec la volonté de Dieu. C’est elle qui nous permet encore de découvrir que, même si la maladie, l’échec, les guerres, les tensions entre pays, les coups d’État nous font souffrir, ils n’ont pas le dernier mot.

Celui qui a le dernier mot, c’est bien le Christ qui « est au-dessus de tout » (Rm 9, 15) et domine les eaux. Ce Christ, pouvons-nous éprouver sa présence aujourd’hui ? Si oui, comment se manifeste-t-il ? Élie pensait trouver Dieu dans l’ouragan, le tremblement de terre et le feu. Il ne le rencontra que dans « le murmure d’une brise légère ».

Cessons donc de courir après le merveilleux, le spectaculaire. Comme le bien, Dieu ne fait pas de bruit. C’est dans l’humble ordinaire de nos vies qu’il se donne à découvrir. En effet, Dieu n’a pas arrêté de se manifester. Il nous parle, nous fait signe ; il vient à notre aide ; il est prêt à nous secourir lorsque la tempête fait rage et que nulle clarté ne luit ; il passe constamment près de nous dans la personne d’un frère, d’un ami, d’un voisin qui vole à notre secours ou qui a besoin de notre aide mais nous ne sommes guère conscients de son passage, soit parce que nous le cherchons dans des événements extraordinaires, soit parce que nous sommes distraits, empêtrés dans nos petits problèmes ou repliés sur nous-mêmes.

Les trois lectures de ce dimanche nous enseignent aussi que notre foi ne peut nous conduire à une rencontre en vérité avec le Seigneur que si nous avons fait l’expérience de notre propre fragilité, que si nous nous sommes débarrassés de toute prétention.

Une prétention qui avait conduit Élie à penser qu’il pouvait se sauver lui-même en se réfugiant dans la caverne. On voit la même chose avec Pierre. Tant que celui-ci s’appuyait sur l’ordre de Jésus, il pouvait marcher sur l’eau. Dès qu’il détourna son regard de Jésus, il commença à perdre pied. Nous ne sommes forts que si nous nous accrochons au Christ ; notre foi ne s’approfondit que quand nous nous dépouillons de nous-mêmes, quand nous acceptons de quitter nos fausses sécurités.

« Homme de peu de foi », dit Jésus à Pierre. La foi, nous l’avons toujours petite, fragile, imparfaite. En effet, notre cheminement spirituel est un mélange d’élan et de doute, d’enthousiasme et de désespoir, de confiance et d’appel au secours à Jésus quand la barque de notre vie est battue par les vagues d’une mer déchaînée.

Autant dire que la foi n’est pas définitivement acquise, que nul ne peut prétendre la posséder une fois pour toutes, que nous ignorons comment elle sera dans les mois à venir. La seule certitude est que, dans nos tempêtes (nos épreuves même les plus douloureuses et incompréhensibles), le Christ nous accompagne, nous disant comme aux disciples sur le lac de Galilée: « Confiance ! N’ayez pas peur ! ».

Amen.

Ouvrons notre esprit et notre cœur à l’Esprit de Dieu !

par PriereUniverselle » dim. 12 juin 2011, 17:54

Pentecôte 2011 : Actes 2, 1-11, 1 Co 12, 3-7.12-13 et Jean 20, 19-23


Ouvrons notre esprit et notre cœur à l’Esprit de Dieu ! Bonne fête de la Pentecôte 2011 !


Selon saint Jean, c’est le soir de Pâques que les apôtres reçoivent l’Esprit saint. Quant à Luc, il situe la venue de l’Esprit saint 50 jours après Pâques. Soit dit en passant, « pentecôte » vient d’un mot grec , « pentêkostê »,qui signifie « cinquantième ». L’Esprit Saint est-il descendu sur les apôtres le
cinquantième jour après la résurrection ou bien le soir de Pâques ?

La réponse à cette question a peu d’importance. Le plus important, c’est le changement qui se produit dans la vie des disciples après que le Ressuscité eut répandu son souffle sur eux. Si l’on en croit le récit des Actes, Pierre et ses compagnons se mettent en effet à parler en d’autres langues de sorte
que Parthes, Mèdes, Élamites, Romains, Arabes et Crétois les entendent proclamer les merveilles de Dieu dans leur langue maternelle. Eux qui étaient obligés de vivre cachés et de verrouiller les portes du cénacle par peur des Juifs, ils vont ce jour là parler ouvertement de ce Jésus ressuscité par Dieu
après avoir été livré et crucifié par les Israélites. Nous avons là une caractéristique de l’Esprit saint : sa capacité à transformer les personnes à qui il est donné (il fait passer les apôtres de la peur au courage et à l’audace).

Deuxième caractéristique de l’Esprit Saint : il est imprévisible et insaisissable comme le vent dans la mesure où il vient quand il veut et souffle où il veut. On ne le possède pas ; au contraire, c’est lui qui nous possède. « Tu ne sais ni d’où il vient ni où il va », disait Jésus à Nicodème. La seule chose que nous sachions, c’est qu’il nous conduit, qu’il nous accompagne comme il conduisait Abraham, Moïse ou la sainte famille.

Troisièmement, l’Esprit Saint est dispensateur de dons. En effet, chacun de nous reçoit de lui un ou plusieurs dons, non pas pour fanfaronner ou pour faire marcher les autres mais uniquement en vue du bien de tous, pour l’édification de la communauté. Enfin, l’Esprit Saint nous met en marche ; il nous envoie en mission. Une mission qui consiste d’abord à voir et à traiter toute personne comme un frère car, comme dit Paul, « tous, juifs et païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps » (1 Co 12, 13). Membres d’un seul corps, enfants d’un seul et même Père, nous sommes cependant différents les uns des autres à tout point de vue parce qu’il est bon que, tout en étant relié aux autres, chacun reste lui-même, pleinement lui-même.

L’Esprit saint nous invite à honorer cette unité dans la diversité, à rejoindre chacun dans sa langue, à refuser le nivellement, à dire non à la pensée unique car prier le même Dieu ne signifie pas le prier de la même façon. Arabes, Elamites, Parthes, Mèdes et Crétois, chacun entendait le message des apôtres dans sa propre langue, écrit Luc dans les Actes des apôtres. Chacun comprenait les apôtres dans sa propre langue probablement parce que ces derniers voulaient non pas s’affirmer mais proclamer les merveilles de Dieu contrairement aux bâtisseurs de la tour de Babel qui recherchaient leur propre gloire (Gn 11, 4).

Chacune de nos initiatives peut être Babel ou Pentecôte, c’est-à-dire volonté de domination ou volonté de servir, repli sur soi ou ouverture aux hommes et à Dieu, nivellement ou accueil de la différence. En effet, A Babel, les hommes rêvaient d’un monde où tout le monde parlerait la même langue, où
chacun serait semblable à tous les autres. Ce rêve échoua parce que le projet de Dieu sur l'humanité n'est pas l'uniformité ou le nivellement mais le respect et l’accueil des différences.

A la Pentecôte, au contraire, toutes les langues et toutes les cultures sont prises au sérieux. Que Dieu donne à chacun de nous la grâce et la force d'honorer cette diversité des manières de voir et de faire ! Que notre société et notre Eglise se rapprochent plus de Pentecôte que de Babel ! La paix du monde ne peut se réaliser par l’imposition d’une seule langue, une seule culture. De plus, l’uniformité appauvrit. Seule la diversité des caractères, des goûts, des langues et des cultures enrichit. La mission consiste aussi à remettre à nos frères leurs péchés, à pardonner à ceux qui nous ont offensés.

Quand, dans l’évangile de ce dimanche, Jésus souhaite la paix aux apôtres et les exhorte à se pardonner, il veut montrer que seul le pardon libère et apaise à la fois le coupable et la victime.

Que l’Esprit Saint nous aide à nous pardonner ! Qu’il guérisse les blessures plus profondes de nos cœurs ! Qu’il nous rende forts et courageux afin que nous puissions abattre les barrières et les murs qui existent entre les peuples, les classes, les religions, les ethnies et les races. Qu’il fasse de nous des hommes et des femmes tolérants !

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