L'invitation aux Noces de l'Agneau

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L'invitation aux Noces de l'Agneau

par etienne lorant » jeu. 22 août 2013, 9:44

Le jeudi de la 20e semaine du temps ordinaire

Livre des Juges 11,29-39a
.
Jephté était un vaillant guerrier. L'esprit du Seigneur s'empara de lui, et il traversa les pays de Galaad et Manassé, et Mispa de Galaad. De là, il passa la frontière des Ammonites. Jephté fit alors ce vœu au Seigneur : « Si tu livres les Ammonites entre mes mains,
la première personne qui sortira de ma maison pour venir à ma rencontre quand je reviendrai victorieux appartiendra au Seigneur, et je l'offrirai en sacrifice d'holocauste. »
Jephté passa chez les Ammonites pour les attaquer, et le Seigneur les livra entre ses mains.
Il les battit depuis Aroër jusqu'à proximité de Minnith et jusqu'à Abel-Keramim, soit le territoire de vingt villes. Ce fut une très grande défaite, et les Ammonites durent se soumettre aux Israélites.
Lorsque Jephté revint à Mispa, comme il arrivait à sa maison, voici que sa fille sortit à sa rencontre en dansant au son des tambourins. C'était son unique enfant ; en dehors d'elle, il n'avait ni fils ni fille. Dès qu'il l'aperçut, il déchira ses vêtements et s'écria : « Hélas, ma fille, tu m'accables ! C'est toi qui fais mon malheur ! J'ai parlé trop vite devant le Seigneur, et je ne peux pas reprendre ma parole. » Elle lui répondit : « Mon père, tu as parlé trop vite devant le Seigneur, traite-moi donc selon ta parole, puisque maintenant le Seigneur t'a vengé de tes ennemis, les Ammonites. »
Et elle ajouta : « Je ne te demande qu'une chose : laisse-moi un répit de deux mois. J'irai me cacher dans la montagne avec mes amies, pour pleurer le malheur de mourir sans avoir connu le mariage. »
Il lui dit : « Va », et il la laissa partir pour deux mois. Elle s'en alla donc, elle et ses amies, dans la montagne, et elle pleura son malheur.
Les deux mois écoulés, elle revint vers son père, et il accomplit sur elle le vœu qu'il avait prononcé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,1-14.
Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. ' Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes.
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. ' Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce,
et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ' L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. '
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »


Cy Aelf, Paris

En me rendant à la messe ce matin, j'espérais que le prêtre - qui est un érudit, m'expliquerait comment, dans l'ancien testament, un juif valeureux pouvait en arriver, à cause de sa victoire, à immoler sa propre et unique fille ! Mais mon espoir a été déçu: dans son homélie, il n'a pu que confirmer les usages sanglants de cette époque... Il a toutefois souligné que la fille unique de Jephté ne s'est pas rebellée; elle n'a pas cherché son salut dans la fuite - au contraire elle s'est soumise en apprenant le voeu imprudent formulé par son père. Elle a voulu pleurer avec ses proches, durant deux mois, le fait qu'elle ne deviendrait pas adulte par son mariage - comme toutes ses amies et suivantes.

Ce sont ces épousailles - qui n'auront jamais lieu - qui permettent d'établir le lien avec l'Evangile de ce jour. Ce lien semble très faible et pourtant, il s'agit également de noces qui ne déroulent pas comme elles avaient été prévues. Les premiers invités non seulement n'en étaient pas dignes, mais se mirent à massacrer les messagers - et en retour, le roi fit brûler leurs villes. C'est un langage que les juifs du temps de Jésus peuvent comprendre, puisque leur histoire est remplie de récits semblables. La signification de la parabole de Jésus est, bien sûr, que les hériters de la première Alliance n'étaient pas dignes de participer au repas des noces de l'Agneau. En sorte que tous les autres hommes, jusqu'à nous, ont été invités. Ces invités, nous en faisons partie, nous qui ne sommes pas juifs, mais à une seule condition: il faut "revêtir le Christ". Et c'est tout à fait logique, car quiconque devient chrétien, doit se comporter à l'image de son maître.

A noter que l'Evangile de Matthieu a été écrit après la destruction du temple et de la ville de Jérusalem par Titus, une destruction annoncée par le Christ lui-même. Les premiers lecteurs de l'Evangile l'ont bien compris ainsi.

Vite revêtir le vêtement des noces !

par etienne lorant » jeu. 23 août 2012, 17:45

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,1-14.
Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. '
Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ;
les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes.
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. '
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce,
et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ' L'autre garda le silence.
Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. '
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Il est bien parlé du roi qui va célébrer les noces de son fils. Dès lors, la question que beaucoup de posent, à propos du vêtement de noce - trouve facilement une réponse simple: tous sont appelés, mais il faut "revêtir" le Christ. A ce sujet saint Paul écrit dans le chapitre 5 de son Épître aux Romains:

"Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans ripailles ni beuveries, sans orgies ni débauches, sans dispute ni jalousie,
mais revêtez le Seigneur Jésus Christ ; ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour satisfaire ses tendances égoïstes"

L'image qui m'est venue est bien de revêtir Jésus comme un vêtement qui protège notre corps des démons déchaînés qui nous entourent de ce temps.

Aujourd'hui, au contact de cet Évangile, je reprends un peu de force, car ayant rencontré une de mes proches, j'ai devant ma mère, hier, demandé que nous parlions. Mais le refus a été catégorique. J'ai ressenti que je suis haï et cette haine m'a abattu d'un seul coup. Mais il semblerait également que je me sois beaucoup affaibli ces derniers temps du fait de la mauvaise nourriture de la maison de repos (insuffisante pour moi: ma mère me trouve les traits "creusés"), des soucis de tous ordres - le monde va de pire en pis et vous le savez, et encore des nombreuses ouvertures et fermetures de boutique pour changer les idées de ma mère et de sa voisine.

Reste que les nouvelles venant des pays Arabes m'ont inspiré - au travers des notes du Journal d'Etty Hillesum, d'avoir à me convertir encore et encore, et de faire pénitence.

J'ai toujours rejeté les "messagers de fin de temps" que l'Eglise n'a pas reconnus, mais je ne peux pas rejeter les informations concernant une guerre "Israël"-Iran-USA, en sachant que la Russie est alliée à l'Iran et que, déjà tout le moyen-orient est en flammes...

Je me retire pour prier.

Jésus, fils de David, le fils unique du Dieu vivant, aie pitié de moi pécheur !

http://www.adlumen.com/pains/

"Je t'instruirai, je te montrerai la route à suivre, les yeux sur toi, je serai Ton conseil" (Ps 32:8)
.

Le vêtement des Noces

par stephlorant » dim. 09 oct. 2011, 20:44

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,1-14.
Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. '
Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ;
les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes.
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. '
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce,
et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ' L'autre garda le silence.
Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. '
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


J'avoue tout simplement que je peine pour la question de cet homme qui se retrouve jeté dehors, dans les ténèbres, pieds et poings liés. Je me suis dit : "Seigneur, serait-ce moi ?". Car je suis bien au fait de toutes les grâces dont j'ai déjà bénéficié. Et si, tout à la fin, je n'en étais pas trouvé digne ?

Or, ces derniers jours, outre le rejet pur et simple de mon affection par mes proches, j'ai aussi découvert que je ne bénéficierai certes pas d'une bonne pension de retraite, mais aussi que mes souffrances physiques et morales iront en augmentant, dans un monde où personne n'a plus pitié de quiconque.

C'est à un Dieu de la miséricorde que je crois, et j'ai de plus en plus le coeur serré devant certaines froideurs... Chez moi, dans ma propre famille, le soin que j'ai de ceux qui sont les plus faibles, a suscité un agacement de plus en plus agressif de la part des plus forts. Et cela continue. Pour le restant de mes jours, je me souviendrai de la réponse que j'ai reçue lorsque j'ai quêté une simple parole de réconfort. J'étais très malade et affaibli, mais avant même d'avoir formulé un quelconque souhait, j'ai entendu : "Si vraiment tu n'es pas bien, tu n'as qu'à te faire placer".... Hop, problème posé, problème expédié ! Et ce jour-là, j'ai demandé au Seigneur qu'il me donne le cran d'aller jusqu'au bout sans jamais rien attendre des hommes et des femmes que j'ai aimés.

Suis-je donc capable de dureté ? Bien sûr. Mais ce n'est pas la dureté de caractère qui permet de finir et de mourir seul, c'est la confiance, c'est la foi tout entière abandonnée dans le Christ. Pour moi, dans le contexte de cet Évangile, et aujourd'hui particulièrement, revêtir le vêtement des noces, c'est dire à Jésus: "Quoi que tu veuilles de moi, mon Maître, je me soumets. Et je ne ne veux pas de la simple résignation, je veux être aussi fougueux qu'à l'âge de vingt-neuf ans, quand ayant rencontré vraiment le Seigneur ressuscité, j'ai dit d'un seul élan du coeur : je t'en supplie, fais que je meure à l'instant, afin que jamais ne s'épuise la Joie reçue de toi !

Ma mère vieillit chaque jour un peu plus. Mais chaque jour un peu plus elle place sa confiance en son fils. Si je lui dis : "Bois un peu plus, il faut au moins finir ce verre !", elle ne réagit plus comme autrefois, mais elle prend le verre et boit toute l'eau qui restait. Et je suis souvent gêné de ce sourire tant chargé d'amour de reconnaissance et d'abandon: elle ne ferait rien qui pourrait me peiner...

Eh bien, s'il en est ainsi avec ma mère, comme il en fut autrefois avec mon père - qui grognait d'abord, puis me disait: "Merci ! Merci !", je dois devenir capable de m'abandonner de la même façon lorsque j'en serai réduit à m'abandonner à des mains et des visages inconnus.

Mon vêtement de noces sera l'abandon total de tout mon être. Amen, qu'il en soit ainsi !

Re: Revêtir le vêtement des noces.

par Belin » jeu. 01 sept. 2011, 15:58

Merci pour cette belle méditation mon frère. Dieu vous bénisse et vous soutienne dans cet élan

Re: Revêtir le vêtement des noces.

par PaxetBonum » ven. 19 août 2011, 8:57

stephlorant a écrit : mais avons-nous tellement de temps devant nous ?
Merci pour cette belle méditation

Re: Revêtir le vêtement des noces.

par Anne » ven. 19 août 2011, 4:36

stephlorant a écrit : L'homme qui n'a pas revêtu le vêtement des noces, n'a pas fait ce qu'il faut pour le revêtir. Qu'est-ce que cela veut dire ? Tout simplement ce que les mots nous indiquent clairement: pour enfiler le vêtement de la fête, on retire d'abord l'habit du quotidien, on se lave, et ensuite seulement, on revêt l'habit de la noce. L'image est vraiment très claire.
Maintenant, elle l'est en effet ! :oui:

Revêtir le vêtement des noces.

par stephlorant » jeu. 18 août 2011, 19:11

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,1-14.

Jésus disait en paraboles : « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils.Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.

Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. 'Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.

Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ' L'autre garda le silence.Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. ' Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Le premier paragraphe de cette parabole rapporte comment Dieu a cherché, tout au long de la première alliance à rassembler son peuple. Il leur envoyé des patriarches et des prophètes, mais ils ne se sont engagés que du bout de lèvres, et se sont détournés au moindre prétexte venu. Ils sont allés jusqu'au meurtre, mais le Seigneur a pris patience.

Le second paragraphe prophétise sur les païens (c'est-à-dire nous) qui sommes devenus héritiers enfants de Dieu dans le Christ, par adoption. J'ai retrouvé dans la Lettre aux Romains, chapitre 3, ce qui me le confirme: "Dieu serait-il seulement le Dieu des Juifs ? N'est-il pas aussi le Dieu des païens ? Bien sûr, il est aussi le Dieu des païens, puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu : ceux qui ont reçu la circoncision, il va les rendre justes par la foi ; et les autres, qui ne l'ont pas reçue, il les justifiera aussi au moyen de la foi. Sommes-nous en train d'éliminer la Loi au moyen de la foi ? Absolument pas ! Au contraire, nous la confirmons."

Mais quel est donc le mystère de cet homme, qui se retrouve déjà dans la salle de noces, qui est remplie de convives, mais qui sera jeté dehors, pieds et poings liés ? Eh bien, c'est celui qui dit aujourd'hui : "Je crois en Dieu, mais je ne pratique pas". Ô malheureux que je suis, car ces mots autrefois, je les ai prononcés à voix haute - comme pour m'excuser. Je voulais dire: je crois, mais la vérité, c'est que je doutais. Mais ensuite, j'ai dit 'je crois' et désormais, je n'ai plus besoin de l'affirmer, puisque mieux que de pratiquer ma foi, celle-ci est devenue le fondement de ma vie.

L'homme qui n'a pas revêtu le vêtement des noces, n'a pas fait ce qu'il faut pour le revêtir. Qu'est-ce que cela veut dire ? Tout simplement ce que les mots nous indiquent clairement: pour enfiler le vêtement de la fête, on retire d'abord l'habit du quotidien, on se lave, et ensuite seulement, on revêt l'habit de la noce. L'image est vraiment très claire. Le dernier paragraphe concerne chacun d'entre nous. Il ne suffit pas de croire, mais il faut croître; il ne suffit pas de se dévêtir, mais il faut revêtir le Christ. Et ce que je crois pour ma part,
c'est que beaucoup parviendront au parvis du Royaume en ayant entrepris de se préparer en toute dernière minute !

Je préfère donc peiner maintenant, et c'est vrai que j'ai difficile, mais il n'est pas facile de décoller ces vieux vêtements souillés de toutes sortes de sueurs, et c'est vrai que la douche fait frémir, et vrai encore que l'on a peur de s'habiller de blanc ensuite, de crainte de se tâcher de nouveau. Est-ce que quelqu'un comprend tout cela ? Alors, Dieu le bénira, c'est mon frère, c'est ma soeur, et cette entreprise nous paraît longue, mais avons-nous tellement de temps devant nous ?

Re: Le vêtement des noces

par espoir1001 » sam. 29 août 2009, 12:06

Sans trop vouloir m'avancer pour répondre à votre réflexion je pense que c'est le rôle du purgatoire qui en quelque sorte "purge" l'Homme de toutes idèes de pécher puisqu'il ne peut y entrer qu'à cette condition et comme il n'a surement pas envie d'en ressortir il ne lui viendrait même plus à l'idèe de pécher ; par contre pour l'enfer je ne suis pas si sure car sauf erreur de ma part il me semble que Jésus en est allé récupérer quelques unes mais je peux me tromper.

Fraternellement :)

Re: Le vêtement des noces

par Dúbida » sam. 29 août 2009, 11:05

Bonjour,

Il y a un truc qui me chiffonne et c'est pour ça que je remonte ce sujet.
Etienne donne un extrait du Journal d'un curé de campagne où Bernanos écrit à propos des damnés : "Le malheur, l’inconcevable malheur de ces pierres embrasées qui furent des hommes, c’est qu’elles n’ont plus rien à partager."

Est-ce que ça veut dire qu'en enfer et/ou au paradis, on perd sa personnalité propre pour se fondre dans un moule ? Par exemple, les damnés n'ont plus que des mauvais traits de caractère et les "sauvés" que des bons ? Comment se fait-il qu'au paradis, les hommes n'aient plus l'envie ou même l'idée de pécher ?

Re: Le vêtement des noces

par espoir1001 » ven. 21 août 2009, 23:15

Ce qui perd le plus l' Homme c'est l'orgueil car c'est lui qui entraûne a sa suite la haine, et tous les sentiments négatifs.

Charité Amour et Paix dans la Foi :coeur:

Re: Le vêtement des noces

par coeurderoy » ven. 21 août 2009, 16:00

Cela me rappelle le sermon entendu le jour de l'Assomption : "Dieu a dû déposer le manteau nuptial sur les épaules de Marie avec une telle délicatesse qu'il est probable qu'elle ne s'en soit pas rendue compte..." (Père Denis Trinez) : j'aime cette image car Marie ne s'est jamais enorgueillie de rien, comme le dit Bernanos la toute pure ne peut même pas avoir de dégoût mais comme "un étonnement" face aux pécheurs : pourquoi a-t-elle été si merveilleusement préservée ?...Pour notre Joie, Confiance, Amour et don absolus...

Re: Le vêtement des noces

par gerardh » ven. 21 août 2009, 14:38

________

Bonjour,

Pour moi, la robe de noces, c'est la justice de Dieu, dont le chrétien est revêtu, à l'instar du Fils prodigue, revêtu, lui, de la plus belle robe.


________

Re: Le vêtement des noces

par coeurderoy » ven. 21 août 2009, 4:55

etienne lorant a écrit :Je ne suis pas fixé dans ce que j'ai écrit à propos de ses "pleurs et grincements de dents". Dans le passage que tu cites, c'est vrai que cela fait songer plus "immédiatement" à l'enfer. Au sujet des damnés, je crois qu'ils n'ont pas fait qu'ignorer Dieu, mais ils l'ont rejeté et haï. Ils ont fait un choix définitif.

Bernanos explique que l'enfer, c'est de ne plus aimer. Dans le passage qui suit, il dit vraiment que la faculté d'aimer à carrément disparu ! Et c'est pourquoi les damnés se retrouvent incapables de partager quoi que ce soit:
Je partage cet avis. J'avais rencontré, à vingt et un an, un prêtre tradi (assez tourmenté, isolé, exilé) qui me disait que les damnés étaient vraiment ceux qui de leur plein gré, par haine du Christ et de l'Eglise avaient refusé l'Amour, choisi désespérément cette coupure (dam), isolement, refus de Dieu.
Aujourd'hui "maintes hontes bues" comme dit Villon, je sais que bien des hommes n'iront certainement pas en enfer et que le "Purificatoire" est encore une preuve de plus de l'infinie patience et miséricorde de notre Père cherchant ses brebis perdues... Dieu aime infiniment ses créatures, TOUTES ses créatures et spécialement les plus fragiles, tordues, difformes, laides : ce que notre esprit et nos yeux ne peuvent admettre. C'est amusant, tant en milieu "tradi" que charismatique j'ai rencontré des gens persuadés... du contraire, prêts à juger et condamner si facilement sur les apparences et à se rengorger de leur petite vertu et court savoir en ce domaine. Que je suis heureux d'avoir pu échapper à ces petits milieux identitaires, étriqués et pourris d'orgueil spirituel...

Aujourd'hui je ne veux pas m'inquiéter outre mesure, réussir à discerner "où j'en suis", faire des pronostics, user de la théologie eschatologique même si ces Evangiles et la tristesse liée à la peine du dam ne me laissent pas de glace évidemment !

Oui, l'enfer c'est l'absence d'Amour, cette force et élan des Personnes Trinitaires donnant à notre coeur sa dimension en le choisissant comme sanctuaire élu de la liturgie céleste qui s'y accomplit : que je sois "très clean" ou pas du tout importe peu si j'accepte cette invasion de l'Amour et m'ouvre entièrement au dessein du Père sur ma petite vie, banale et si commune...

In Christo !

Re: Le vêtement des noces

par Anne » ven. 21 août 2009, 3:39

espoir51 a écrit : car pourquoi le personnage a t'il gardé le silence lorsqu'on lui a demandé 'pourquoi il n'avait pas d'habit de noce" son manque de réponse est une forme de dédain
À moins que ce ne soit une forme de gêne: il s'est bien présenté aux noces: il a entendu l'appel, il a répondu à l'invitation, mais il lui manque quelque chose et il le sait (il n'a pas le bon habit)...

Manque de foi, manque dans les services à rendre aux autres, manque de pardon, manque de patience... ?
:incertain:

Re: Le vêtement des noces

par espoir1001 » jeu. 20 août 2009, 22:54

etienne lorant a écrit :Il y a sans doute dans chaque âme une tendance à être le fils aîné (dans la parabole du fils prodigue). "Je fais tout ce que je dois, donc j'ai des droits sur le paradis"... Et il est bien possible qu'une pratique régulière nous donne cette illusion de sécurité. Mais je crois aussi qu'il y a toujours en nous, une "faille profonde" par laquelle nous ne cessons de crier et de supplier pour notre salut. Si nous reconnaissons cette sorte de défiguration intérieure, alors, nous sommes prêts à revêtir le Christ. Car c'est ce qui est faible que Dieu choisit pour confondre ce qui est fort, et c'est ce qui est fou pour confondre ce qui est sage". Paul dit encore: c'est quand je suis faible que je suis fort. Je crois que se sauve celui qui aura choisi d'aimer tout en se reconnaissant incapable d'aimer comme il faudrait...
Exactement c'est cette faille qui permet a Dieu de pénétrer au plus profond de nous toucher et d'approfondir notre foi

Amour Charité et Foi en le Christ vous accompagne

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