par Hélène » jeu. 20 juil. 2006, 23:29
Métazét a écrit :Non, je ne dis pas ça. Mais je dis que ne montrer qu'un seul côté de la médaille
Pourquoi, si les parents, qui sont les premiers éducateurs de leur enfants, savent dans leur for intérieur que le côté de la médaille qu'ils présentent est le bon, ne pourraient-ils pas s'en tenir à cela ? Le reste du monde, l'école, la société, se chargeront bien de lui montrer l'envers de la médaille...
qui consisterait par exemple - pour être concret - à répondre à une question d'enfant : "Dis maman/papa, le Christ il a vraiment ressuscité ?", par : "Mais bien sûr mon enfant, la Bible et notre Saint Père nous le disent et nous devons leur faire confiance !"
Ce serait une réponse un peu nunuche... si c'est cela qu'on vous a répondu, je comprends votre soif d'aller voir ailleurs. Car la foi ne consiste pas à obéir au pape platement comme des robots, c'est une rencontre personnelle avec le Christ, pas parce que le pape l'a dit, parce qu'on en a fait l'expérience personnellement. Aussi, petit détail syntaxique, Jésus
n'a pas ressuscité : il
EST ressuscité...et toujours vivant ! ;-)
ou à l'inverse, par : "N'écoute pas toutes ces sornettes du caté, ce ne sont que de vieilles légendes entretenues par les pouvoirs écclésiastiques pour manipuler les fidèles !", risque effectivement, d'endoctriner
Ce serait en effet plutôt malhonnête...
La réponse que personnellement je donnerais serait du genre : "Mon enfant, les chrétiens pensent que oui, car cela est mentionné dans leur livre sacré, la Bible, qui est la base de leur foi. Mais tout le monde n'est pas chrétien, et certaines personnes pensent que la Bible ne constitue pas un témoignage fiable, et doutent que cela soit vrai, voire pensent que cela est faux car ils ne sont pas prêt à admettre une chose si extraordinaire sans des preuves solides à l'appui."
Cette réponse ne me semble pas neurtre du tout. Bien franchement...être un enfant et entendre cela ne me donnerait pas le goût de découvrir qui est Jésus et c'est quoi qu'Il vient faire dans l'histoire de l'humanité et dans mon histoire personnelle. Nous ne croyons pas, une fois encore, parce que cela est écrit dans "un livre sacré" ou parce qu'un pape l'a dit et que nous devons obéir (cela vient après) ! Quelle vision étrange du chrétien vous avez...j'imagine que vous en avez rencontré qui vous ont répondu cela mais, c'est dommage, c'est franchement dommage. La foi est une rencontre personnelle avec le Christ vivant et vivifiant. À partir de cette rencontre, nous avons la force de nous lever et d'aller vers les autres, de célébrer notre foi dans l'Eucharistie en accueillant toujours plus sa Vie dans l'Esprit afin d'être capable de pardonner, d'aimer, de partager cette Vie parce que nous avons accueilli son Pardon, son Amour, sa Vie. Nous n'allons pas à la Messe pour "pratiquer une religion", nous allons à la Messe pour célébrer notre salut et vivre en frères et soeurs. Nous "pratiquons" notre religion dans notre quotidien, au boulot, dans le métro, dans les loisirs, dans l'engagement social...en aimant, en pardonnant, en espérant, en étant des artisans de paix, par notre joie, par un exemple de vie droite et juste, etc. Si je vais maintenant à l'Église et que j'adhère totalement à son enseignement (ce qui n'était pas acquis d'avance !), c'est parce que logiquement, la rencontre avec le Ressuscité m'y a conduit. Ce n'est pas l'inverse qui s'est produit : je n'ai pas rencontré le Ressuscité parce que j'allais à la Messe (hélas, j'étais trop occupée à bailler et à me moquer avant de rejeter tout durant 15 longues années) mais c'est une rencontre totalement inattendue et inespérée qui m'a fait revenir. Cette conviction est tellement forte que j'ai l'assurance que c'est cette conviction inouïe qui a donné le courage aux martyrs de témoigner par leur propre vie et, hélas par leur mort violente.
Sous l'expression "sensibilité d'être humain", j'entend tout ce qui ne relève pas de la stricte raison : émotions, subjectivité, expérience personnelle, motivation, intuitions, etc.
La foi n'est pas une question d'expérience sensorielle ou sensitive. Sinon nous baignons dans le Nouvel Âge où tout est axé sur les sens. Il faut lire les histoires des saints pour voir combien les sens ou les affectivités peuvent être un obstacle à la rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ. Citons, par exemple, les "sécheresses" de Thérèse de Lisieux qui n'a jamais senti ni bénéficié de consolations sensibles ou encore
La nuit obscure de saint Jean de la Croix qui explique en détails le passage de la "nuit des sens" et de la "nuit de l'esprit". Le chrétien peut objectivement être en état de grâce (et dans une joie profonde) alors qu'il est dans la déréliction la plus totale et angoissante et vertigineuse.
L'athéisme n'est pas nécessairement dû - pour chaque athée - à la rigoureuse application de la froide raison. Même chez moi, bien que je justifie mon agnosticisme rationnellement lorsque je débat, le contexte de ma "déconversion" est étroitement lié à de fortes expériences émotionnelles. Quelque part, on pourrait presque dire que j'ai expérimenté l'absence de Dieu.
Mon cher Mikaël, mais nous l'expérimentons tous "l'absence de Dieu" ! Nous ne devenons pas athées pour autant ! La chose est que cette expérience est une expérience totalement subjective. Dieu était (et est) objectivement toujours là. Sinon, nous tomberions dans le néant. Si je ne fais qu'expérimenter la déréliction, c'est parce que je suis en pleine purification de mes sens car ce ne sont pas eux qui dirigent la présence ou non de Dieu. Dieu est au-delà de mes sens et de ce que je ressens ou pas. C'est cela la foi. De croire sans voir. Sinon, c'est pas la foi, si nous possédons déjà l'objet de notre désir, nous sommes alors dans la pleine clarté, la béatitude...et ce n'est pas pour ici bas. Nous y goûtons un peu, Dieu merci de temps en temps, mais cela ne dépend pas de nos ressentis, de nos émotions. Ces ressentis, tout au plus, peuvent être une ruse redoutable du démon (comme dirait Thérèse d'Avila). On ne fait pas d'expérience sensible de Dieu. Bien sûr, notre affectivité, nos émotions, notre imaginaire sont sollicités et c'est très bien...mais ce n'est pas cela la foi. La foi...c'est dur, parfois aride, parfois froid, parfois ténèbres...heureusement qu'il y a les autres vertus théologales pour nous faire avancer ! L'espérance ! L'Amour ! Sinon, on se décourage et on abandonne la bataille...on reste, on régresse...
J'espère vous avoir montré qu'on peut effectivement les mettre sur le même plan, l'athéisme pouvant relever d'un même type de processus que la religion.
Comment quelqu'un qui a la foi pourrait-il proposer au même plan l'athéisme à son enfant ? Ça n'a pas de sens. Vraiment. Il faut être cohérent avec soi-même. On donne ce que l'on croit être le meilleur pour nos enfants et la vie se chargera de leur montrer tous les choix dont ils disposent. Cela ne fait pas de lui un être "plus ouvert" parce que ses parents lui proposeraient le bouddhisme, le Nouvel Âge, l'athéisme, le catholicisme, l'ésotérisme, ou autres idéologies...l'enfant a besoin de repères et de limites pour se structurer. Sinon, il s'étale et s'enfonce comme dans un marais boueux.
Les rives sont la chance du fleuve.
En tout cas il faudra bien que nous trouvions un terrain d'entente avec ma fiancée lorsque nous aurons des enfants (eh oui, mon intervention sur ce fil n'est pas entièrement désintéressée... ou devrais-je dire : neutre ;-) ... ce sont des questions très concrètes que l'on se pose et auxquelles on essaye de trouver une réponse, étant donner notre divergence concernant les questions religieuses...)
Ce n'est pas de mes affaires mais puisque vous nous en faites part, pourquoi ne pas leur faire le cadeau de la foi de votre fiancée ? Cela ne vous enlève rien et, comme vous dites, lorsqu'ils seront grands, ils pourront faire leur choix. Ils ne risquent rien de devenir chrétiens...et puis, ce serait le plus grand signe d'amour que vous pourriez offrir à votre bien-aimée. Pour avoir travaillé en paroisse, tant de parents "athées" ou révoltés contre l'Église nous arrivent complètement décontenancés devant la demande de leur enfant à vouloir recevoir le baptême et/ou les autres Sacrements. D'où cela leur vient-il alors qu'ils sont nés d'une "branche morte" au niveau de la foi ? Nous avons comme principe de croire que c'est le Christ qui appelle...
Personnellement, je ne finirai jamais de bénir le Seigneur d'avoir donné à mes parents le désir du baptême pour moi. C'est la plus grande faveur et le plus beau cadeau qu'un être humain puisse faire à un autre.
Cordialement,
Hélène
[quote="Métazét"]Non, je ne dis pas ça. Mais je dis que ne montrer qu'un seul côté de la médaille[/quote]
Pourquoi, si les parents, qui sont les premiers éducateurs de leur enfants, savent dans leur for intérieur que le côté de la médaille qu'ils présentent est le bon, ne pourraient-ils pas s'en tenir à cela ? Le reste du monde, l'école, la société, se chargeront bien de lui montrer l'envers de la médaille...
[quote]qui consisterait par exemple - pour être concret - à répondre à une question d'enfant : [i]"Dis maman/papa, le Christ il a vraiment ressuscité ?"[/i], par : [i]"Mais bien sûr mon enfant, la Bible et notre Saint Père nous le disent et nous devons leur faire confiance !"[/i][/quote]
Ce serait une réponse un peu nunuche... si c'est cela qu'on vous a répondu, je comprends votre soif d'aller voir ailleurs. Car la foi ne consiste pas à obéir au pape platement comme des robots, c'est une rencontre personnelle avec le Christ, pas parce que le pape l'a dit, parce qu'on en a fait l'expérience personnellement. Aussi, petit détail syntaxique, Jésus [i]n'a[/i] pas ressuscité : il [i]EST [/i]ressuscité...et toujours vivant ! ;-)
[quote]ou à l'inverse, par : "N'écoute pas toutes ces sornettes du caté, ce ne sont que de vieilles légendes entretenues par les pouvoirs écclésiastiques pour manipuler les fidèles !", risque effectivement, d'endoctriner[/quote]
Ce serait en effet plutôt malhonnête...
[quote]La réponse que personnellement je donnerais serait du genre : [i]"Mon enfant, les chrétiens pensent que oui, car cela est mentionné dans leur livre sacré, la Bible, qui est la base de leur foi. Mais tout le monde n'est pas chrétien, et certaines personnes pensent que la Bible ne constitue pas un témoignage fiable, et doutent que cela soit vrai, voire pensent que cela est faux car ils ne sont pas prêt à admettre une chose si extraordinaire sans des preuves solides à l'appui."[/i][/quote]
Cette réponse ne me semble pas neurtre du tout. Bien franchement...être un enfant et entendre cela ne me donnerait pas le goût de découvrir qui est Jésus et c'est quoi qu'Il vient faire dans l'histoire de l'humanité et dans mon histoire personnelle. Nous ne croyons pas, une fois encore, parce que cela est écrit dans "un livre sacré" ou parce qu'un pape l'a dit et que nous devons obéir (cela vient après) ! Quelle vision étrange du chrétien vous avez...j'imagine que vous en avez rencontré qui vous ont répondu cela mais, c'est dommage, c'est franchement dommage. La foi est une rencontre personnelle avec le Christ vivant et vivifiant. À partir de cette rencontre, nous avons la force de nous lever et d'aller vers les autres, de célébrer notre foi dans l'Eucharistie en accueillant toujours plus sa Vie dans l'Esprit afin d'être capable de pardonner, d'aimer, de partager cette Vie parce que nous avons accueilli son Pardon, son Amour, sa Vie. Nous n'allons pas à la Messe pour "pratiquer une religion", nous allons à la Messe pour célébrer notre salut et vivre en frères et soeurs. Nous "pratiquons" notre religion dans notre quotidien, au boulot, dans le métro, dans les loisirs, dans l'engagement social...en aimant, en pardonnant, en espérant, en étant des artisans de paix, par notre joie, par un exemple de vie droite et juste, etc. Si je vais maintenant à l'Église et que j'adhère totalement à son enseignement (ce qui n'était pas acquis d'avance !), c'est parce que logiquement, la rencontre avec le Ressuscité m'y a conduit. Ce n'est pas l'inverse qui s'est produit : je n'ai pas rencontré le Ressuscité parce que j'allais à la Messe (hélas, j'étais trop occupée à bailler et à me moquer avant de rejeter tout durant 15 longues années) mais c'est une rencontre totalement inattendue et inespérée qui m'a fait revenir. Cette conviction est tellement forte que j'ai l'assurance que c'est cette conviction inouïe qui a donné le courage aux martyrs de témoigner par leur propre vie et, hélas par leur mort violente.
[quote]Sous l'expression [b]"sensibilité d'être humain"[/b], j'entend tout ce qui ne relève pas de la stricte raison : émotions, subjectivité, expérience personnelle, motivation, intuitions, etc.[/quote]
La foi n'est pas une question d'expérience sensorielle ou sensitive. Sinon nous baignons dans le Nouvel Âge où tout est axé sur les sens. Il faut lire les histoires des saints pour voir combien les sens ou les affectivités peuvent être un obstacle à la rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ. Citons, par exemple, les "sécheresses" de Thérèse de Lisieux qui n'a jamais senti ni bénéficié de consolations sensibles ou encore [i]La nuit obscure [/i]de saint Jean de la Croix qui explique en détails le passage de la "nuit des sens" et de la "nuit de l'esprit". Le chrétien peut objectivement être en état de grâce (et dans une joie profonde) alors qu'il est dans la déréliction la plus totale et angoissante et vertigineuse.
[quote]L'athéisme n'est pas nécessairement dû - pour chaque athée - à la rigoureuse application de la froide raison. Même chez moi, bien que je justifie mon agnosticisme rationnellement lorsque je débat, le contexte de ma "déconversion" est étroitement lié à de fortes expériences émotionnelles. Quelque part, on pourrait presque dire que j'ai expérimenté l'absence de Dieu.[/quote]
Mon cher Mikaël, mais nous l'expérimentons tous "l'absence de Dieu" ! Nous ne devenons pas athées pour autant ! La chose est que cette expérience est une expérience totalement subjective. Dieu était (et est) objectivement toujours là. Sinon, nous tomberions dans le néant. Si je ne fais qu'expérimenter la déréliction, c'est parce que je suis en pleine purification de mes sens car ce ne sont pas eux qui dirigent la présence ou non de Dieu. Dieu est au-delà de mes sens et de ce que je ressens ou pas. C'est cela la foi. De croire sans voir. Sinon, c'est pas la foi, si nous possédons déjà l'objet de notre désir, nous sommes alors dans la pleine clarté, la béatitude...et ce n'est pas pour ici bas. Nous y goûtons un peu, Dieu merci de temps en temps, mais cela ne dépend pas de nos ressentis, de nos émotions. Ces ressentis, tout au plus, peuvent être une ruse redoutable du démon (comme dirait Thérèse d'Avila). On ne fait pas d'expérience sensible de Dieu. Bien sûr, notre affectivité, nos émotions, notre imaginaire sont sollicités et c'est très bien...mais ce n'est pas cela la foi. La foi...c'est dur, parfois aride, parfois froid, parfois ténèbres...heureusement qu'il y a les autres vertus théologales pour nous faire avancer ! L'espérance ! L'Amour ! Sinon, on se décourage et on abandonne la bataille...on reste, on régresse...
[quote]J'espère vous avoir montré qu'on peut effectivement les mettre sur le même plan, l'athéisme pouvant relever d'un même type de processus que la religion.[/quote]Comment quelqu'un qui a la foi pourrait-il proposer au même plan l'athéisme à son enfant ? Ça n'a pas de sens. Vraiment. Il faut être cohérent avec soi-même. On donne ce que l'on croit être le meilleur pour nos enfants et la vie se chargera de leur montrer tous les choix dont ils disposent. Cela ne fait pas de lui un être "plus ouvert" parce que ses parents lui proposeraient le bouddhisme, le Nouvel Âge, l'athéisme, le catholicisme, l'ésotérisme, ou autres idéologies...l'enfant a besoin de repères et de limites pour se structurer. Sinon, il s'étale et s'enfonce comme dans un marais boueux. [i]Les rives sont la chance du fleuve[/i].
[quote]En tout cas il faudra bien que nous trouvions un terrain d'entente avec ma fiancée lorsque nous aurons des enfants (eh oui, mon intervention sur ce fil n'est pas entièrement désintéressée... ou devrais-je dire : neutre ;-) ... ce sont des questions très concrètes que l'on se pose et auxquelles on essaye de trouver une réponse, étant donner notre divergence concernant les questions religieuses...)[/quote]
Ce n'est pas de mes affaires mais puisque vous nous en faites part, pourquoi ne pas leur faire le cadeau de la foi de votre fiancée ? Cela ne vous enlève rien et, comme vous dites, lorsqu'ils seront grands, ils pourront faire leur choix. Ils ne risquent rien de devenir chrétiens...et puis, ce serait le plus grand signe d'amour que vous pourriez offrir à votre bien-aimée. Pour avoir travaillé en paroisse, tant de parents "athées" ou révoltés contre l'Église nous arrivent complètement décontenancés devant la demande de leur enfant à vouloir recevoir le baptême et/ou les autres Sacrements. D'où cela leur vient-il alors qu'ils sont nés d'une "branche morte" au niveau de la foi ? Nous avons comme principe de croire que c'est le Christ qui appelle...
Personnellement, je ne finirai jamais de bénir le Seigneur d'avoir donné à mes parents le désir du baptême pour moi. C'est la plus grande faveur et le plus beau cadeau qu'un être humain puisse faire à un autre.
Cordialement,
Hélène