Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

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Re: La Badaliya selon Massignon

par Pneumatis » ven. 19 août 2011, 15:14

Pneumatis a écrit :De sorte que par le fait même du dialogue, on rend le Christ présent ! Le Christ est la Vérité, et lorsque deux ou trois sont réunis en sont nom, il est au milieu d'eux. Nul ne possède la vérité, et même le plus érudit des catholiques n'a pas embrassé la vérité toute entière. En cela, il se trouve, relativement au Christ, tout comme un musulman ou un juif, en marche vers la Vérité. Je conçois d'avance tous les "mais" et les "si" qu'on a envie d'ajouter à cette phrase, qui doit choquer un catholique. Mais justement, commençons d'emblée par nous garder de "comparer" les religions. Nous savons, ou pensons savoir ce qui est vrai : que l'Eglise est la voie du salut, dans le Christ. OK. Prenons un peu de distance par rapport à ce "moi je sais".

Ce qui est important, dans le dialogue interreligieux, c'est que nous nous rassemblons au nom de la vérité sur Dieu, pour parler de Dieu. Alors ce dialogue devient par-là même évangélisation.
Bonjour, et désolé de me citer moi-même, mais c'est juste pour évoquer les réponses de S.S. Benoit XVI dans l'avion qui le conduisait à Madrid, qui font écho à ce que je disais là :

http://www.zenit.org/article-28671?l=french
Le pape a reconnu que dans l'histoire il y a eu « des abus aussi bien sur le concept de vérité que sur le concept de monothéisme ».
[...]
« La vérité en tant que telle est dialogante, car elle cherche à mieux connaître, à mieux comprendre et elle le fait en dialogue avec les autres. La plus grande défense de la liberté est donc la recherche de la vérité et de la dignité de l'homme », a conclu Benoît XVI.

La Badaliya selon Massignon

par Pneumatis » jeu. 04 août 2011, 10:39

Bonjour,

Cela fait un moment que je voulais retrouver le temps de revenir sur ce fil de discussion... Entre temps il a bien avancé, mais je me permets tout de même de dire ce que je voulais dire au départ.

Je pense que le fond de l'incompréhension qui persiste à habiter les débats autour du dialogue interreligieux vient de la fixation que l'on fait sur les doctrines. Bien entendu, professer une doctrine juste est essentielle. Mais si l'Eglise elle-même nous engage, essentiellement depuis Vatican II, à reconnaitre dans les autres religions les germes de Vérité qui y sont semés et à les "arroser" pour qu'elles poussent, c'est qu'il y a dans le dialogue un au-delà de la doctrine.

L'évangélisation est une nécessité pour tout chrétien : nous devons porter l'évangile à nos lèvres sans quoi tout ce que nous avons reçu est vain. Nous l'apprenons notamment de Saint Paul, mais c'est également une certitude qui se dégage de l'étude des Saintes Ecritures. Cependant, il faut savoir ce que signifie porter l'évangile à nos lèvres, et ne pas le faire hypocritement, c'est-à-dire en se trompant de but.

Il ne s'agit nullement d'être prosélyte. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, et c'est volontairement provocateur, on n'annonce pas l'évangile à quelqu'un dans le but de le convertir. Dans l'espoir, peut-être, car nous gardons l'espoir pour nous-même et pour tout homme qu'il soit converti. Mais le but premier de l'évangélisation, pour qui professe le Christ, n'est pas de convertir celui qui l'entend. Ce serait s'approprier une fonction qui ne revient qu'à Dieu seul par sa grâce.

Le but premier, c'est de se laisser soi-même convertir par la parole qu'on professe ! C'est capital à saisir : pour être configuré au Christ, nous devons bien entendu recevoir la parole de Dieu. Mais si nous nous arrêtons-là, si la parole de Dieu reçue "s'écrase" en nous et qu'elle ne rejailli pas de nos lèvres, alors elle est morte en nous, et c'est pour nous cause de grande malédiction que d'avoir retenu en nous cette parole, de l'avoir rendu stérile. Porter l'évangile à nos lèvres est une nécessité pour le propre salut de celui qui l'a reçu, car c'est la condition de sa fécondité réelle. Plus de détails ici, si vous le souhaitez : http://pneumatis.over-blog.com/article- ... 27514.html

Bref, on comprend alors mieux tout l'intérêt du dialogue : la semence au semeur, et le pain au consommateur (Isaïe 55, 10), qui donne tout son sens aux paroles de Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (chapitre 9, versets 13 à 16). Le dialogue interreligieux est en lui-même un acte véritable d'évangélisation, car la vocation de ce dialogue est de parler de Dieu. Bien sur on peut y dire tout et n'importe quoi, potentiellement. Mais :
- au moins une part est inspiré par Dieu (il y a quand même des catholiques fidèles à l'enseignement du Christ qui s'y expriment)
- on y est globalement motivé par la recherche de la paix et de la vérité

De sorte que par le fait même du dialogue, on rend le Christ présent ! Le Christ est la Vérité, et lorsque deux ou trois sont réunis en sont nom, il est au milieu d'eux. Nul ne possède la vérité, et même le plus érudit des catholiques n'a pas embrassé la vérité toute entière. En cela, il se trouve, relativement au Christ, tout comme un musulman ou un juif, en marche vers la Vérité. Je conçois d'avance tous les "mais" et les "si" qu'on a envie d'ajouter à cette phrase, qui doit choquer un catholique. Mais justement, commençons d'emblée par nous garder de "comparer" les religions. Nous savons, ou pensons savoir ce qui est vrai : que l'Eglise est la voie du salut, dans le Christ. OK. Prenons un peu de distance par rapport à ce "moi je sais".

Ce qui est important, dans le dialogue interreligieux, c'est que nous nous rassemblons au nom de la vérité sur Dieu, pour parler de Dieu. Alors ce dialogue devient par-là même évangélisation. Alors ce que nos bouches proclament, si imparfait et incomplet soit-il, est acte d'évangélisation. C'est le cas principalement pour ceux qui ont reçu l'évangile et qui l'annoncent à cette occasion, c'est-à-dire qui parlent de Dieu et de son royaume avec les mots de Jésus. C'est la semence au semeur. Mais la parole ainsi transmise est aussi pain au consommateur, et les paroles d'évangiles qui sont dites à l'occasion d'un tel dialogue devienne l'offrande du pain, au consommateur, un pain proprement eucharistique puisque des mots mêmes de Jésus, il devient présent dans cette réunion de ceux qui dialoguent au nom de la Vérité.

Voilà, le dialogue interreligieux, dès lors évidemment qu'il est sincère, et c'est-à-dire justement NON-prosélyte, est intrinsèquement un acte d'évangélisation, et je crois que nos Papes l'ont compris, sinon les rencontres d'Assise n'auraient aucun intérêt. Le fait que le fruit de ces rencontres puissent être de progresser dans la paix n'est finalement qu'un juste retour des choses, le fruit dont finalement on sait bien ce qu'est l'arbre.

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Kaeso » jeu. 04 août 2011, 1:20

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Suliko » jeu. 04 août 2011, 0:43

Cher Kaeso, pourriez-vous m'expliquer quel est le lien entre la théologie de Lubac et le dialogue interreligieux postconciliaire? Je n'ai que peu lu de Lubac...

Personnellement, je suis plutôt réservée sur ces rencontres d'Assise...Si le but est la paix entre les nations et donc un objectif qui n'est pas spirituel, pourquoi est-ce le Pape qui s'en charge? On pourrait envisager notre Pape demander aux dirigeants d'Etat de tenir une réunion dans laquelle ils s'engageraient pour la paix, et notamment la paix entre les religions...De plus, ce genre de manifestation (Assise) engage toute l'Eglise, alors que les autres confessions, beaucoup moins centralisées et hiérarchiques que l'Eglise catholique, peuvent toujours contester la participation d'un ou deux de leurs fidèles ou clercs à cette manifestation...Cela n'empêchera donc pas nos frères d'Orient de souffrir du fondamentalisme islamique...par exemple.

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Kaeso » jeu. 04 août 2011, 0:11

Cher monsieur.

(...) En peu de mots monsieur Cracboum a mieux montré le véritable fondement des rencontres d'Assise : la théologie lubacienne. C'est de cela qu'il s'agit. Le reste, je veux dire le nécessaire respect dû au souverain pontife, ne doit pas faire oublier que cette théologie du surnaturel, pour reçue qu'elle soit depuis J-P II sinon Vat. II, n'est pas la seule autorisée dans l'Eglise. Que cette nouvelle théologie, légitimée par les Papes, fonde un discours aux antipodes de ceux des siècles précédents, pas nécessairement contradictoire mais assurément contraire : une vision nouvelle des choses à tout le moins radicalement contraire. Il n'y a donc pas à s'étonner que les anciennes théologies de la grâce, jamais condamnées donc ayant encore cours, puissent s'en offusquer. Au final, la question revient à ceci :
1. La théologie lubacienne ou ses dérives (comme on voudra) est-elle erronée et périlleuse pour la foi ?
2. Comment interpréter l'imprégnation lubacienne du magistère ?

Deux remarques en direction des lefebvristes.
1. Même à admettre 1, qu'ils expriment leur désaccord par des propositions absolues, non par des propositions modales (qui seraient scandaleuses au sensum ecclésial).
2. Avant de censurer la doctrine lubacienne, et par là les enseignements et actes pontificaux qui s'en nourrissent, qu'ils s'interrogent sur leurs compétences réelles. Quel spectacle déplaisant que ces incompétents censurant outrageusement des papes : la plèbe, se passionnant de choses qui la dépasse, censure l'autorité plutôt qu'y assentir...

(...)

[Je crois qu'avant de commencer à échanger sur ce forum, il serait plus convenable pour vous d'apprendre ce qu'est la politesse et le savoir-vivre, vous ne trouvez pas? Si c'est la polémique que vous recherchez ici avec les administrateurs et les prêtres de ce forum je crois que vous feriez mieux de le quitter maintenant. Vous êtes donc avertis et il n'y aura pas un second avertissement! | Salomon Rex]

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Griffon » mer. 03 août 2011, 17:52

Merci père Guy,

En effet, la vocation de l'Eglise est d'être la lumière du monde.
Elle doit briller dans les ténèbres.
Ainsi pourra-t-elle apporter le Christ à toutes les nations.

Que Dieu vous bénisse,

Griffon.

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Sapin » mer. 03 août 2011, 17:38

Kaeso a écrit :Je ne crois pas qu'il s'agisse, dans l'esprit des Papes, de rencontres destinées à l'évangélisation des infidèles. Ou alors, par un biais très indirect.
Je crois que toute action de l'Église, quelle qu'elle soit, est toujours pour évangéliser. les actions ou les discours neutres dans l'Église n'existent pas!

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Kaeso » dim. 31 juil. 2011, 19:42

Guy a écrit :
PaxetBonum a écrit :Quel intérêt a un bouddhiste d'aller là-bas entendre que Jésus est la Paix du monde et qu'il faut le suivre comme le fait l'Eglise catholique ?
Il pourrait recevoir ce message dans n'importe quelle église si il prenait le temps d'en pousser la porte
Voilà une façon bien simple de régler le problème, pourtant sur le «plancher des vaches», les choses ne sont pas si simples que cela. Jésus-Christ n'intéresse pas seulement les chrétiens. Aussi étrange que cela puisse paraître, d'autres religions ne confessent pas encore Jésus-Christ, le Fils de Dieu, Sauveur du monde, mais le reconnaissent comme un grand sage, c'est déjà un point de départ. Et comme il est reconnu comme un grand sage, ils sont intéressé a savoir que Jésus est aussi la Paix du monde. Il faut d'abord rassembler avant d'évangéliser.
Je ne crois pas qu'il s'agisse, dans l'esprit des Papes, de rencontres destinées à l'évangélisation des infidèles. Ou alors, par un biais très indirect.

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par ti'hamo » dim. 31 juil. 2011, 19:19

@Sofia
"autrement dit le chemin de la paix c'est le chemin de l’Église (= le chemin que l’Église a décidé de suivre) »."
Ou alors (et je me raccorderais plutôt à ce sens là) : le chemin qui mène à la paix, si on le poursuit, mène à l'Église. Autrement dit, œuvrer pour la paix, c'est préparer un terrain bien plus favorable au mûrissement des esprits permettant la conversion.

Mais c'est vrai uniquement de la vraie paix : non pas celle qui consiste à gommer les différences et arrondir les angles et à tout fondre en une espèce de spiritualité vague et englobante, pour éviter tout conflit même purement intellectuel ;
mais la paix qui permet de confronter des points de vue même antinomiques en toute amitié.

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Sapin » sam. 30 juil. 2011, 6:24

PaxetBonum a écrit :Quel intérêt a un bouddhiste d'aller là-bas entendre que Jésus est la Paix du monde et qu'il faut le suivre comme le fait l'Eglise catholique ?
Il pourrait recevoir ce message dans n'importe quelle église si il prenait le temps d'en pousser la porte
Voilà une façon bien simple de régler le problème, pourtant sur le «plancher des vaches», les choses ne sont pas si simples que cela. Jésus-Christ n'intéresse pas seulement les chrétiens. Aussi étrange que cela puisse paraître, d'autres religions ne confessent pas encore Jésus-Christ, le Fils de Dieu, Sauveur du monde, mais le reconnaissent comme un grand sage, c'est déjà un point de départ. Et comme il est reconnu comme un grand sage, ils sont intéressé a savoir que Jésus est aussi la Paix du monde. Il faut d'abord rassembler avant d'évangéliser.

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Sofia » sam. 23 juil. 2011, 17:44

@ PaxetBonum
C'est drôle parce que, sur tous les sujets où nous échangeons, nous ne nous comprenons jamais ! Je ne dois pas être catho-compatible. :>
PaxetBonum a écrit :Quel intérêt a un bouddhiste d'aller là-bas entendre que Jésus est la Paix du monde et qu'il faut le suivre comme le fait l'Eglise catholique ?
Je ne comprends pas pourquoi vous dites que le bouddhiste va à cette rencontre pour « entendre que Jésus est la Paix du monde et qu'il faut le suivre comme le fait l'Eglise catholique ». Je ne vois notamment pas ce qui vous laisse penser que les catholiques essaieront de faire entendre aux non-chrétiens qu'« il faut [suivre le Christ] comme le fait l'Eglise catholique » : il me semble que ces rencontres n'abordent pas les questions de foi et ne cherchent pas à débattre de « quelle est la "vraie" religion ».
Vous oubliez aussi que les représentants de toutes les religions ont la parole (lien). Ils ne viennent pas juste entendre, ils parlent également.

Quelles peuvent être les motivations du bouddhiste ? A mon avis, celles-ci :

« Nous sommes ici réunis, en réponse à une invitation de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, pour témoigner face aux hommes et aux femmes de bonne volonté, dans un engagement commun et dans la prière propre à chaque confession religieuse, de la volonté de surmonter les oppositions entre les peuples en faveur d'une authentique promotion de la paix. Dans l'esprit de la première convocation d'Assise, nous accueillons l'invitation à proclamer face au monde que la religion ne doit jamais devenir le prétexte de conflits, de haines et de violences, tels que notre époque connaît à nouveau. En ce moment historique, l'humanité a besoin de voir des gestes de paix et d'entendre des paroles d'espérance. »
> Discours d'introduction du cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuan, Assise, 2002.

Edit : je tente une comparaison un peu glauque pour essayer de me faire comprendre. En fait, c'est comme si vous me disiez : « Sofia, pourquoi, en tant que païenne, vas-tu à un enterrement religieux où tu entendras que le défunt est à présent aux côtés de Dieu et repose dans la paix du Christ ? ». Certes, j'entendrais des choses qui ne correspondent pas à mes idées, mais mon but serait ici de rendre hommage au mort, pas d'engager un débat sur l'utilité des prières pour les défunts.

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par PaxetBonum » sam. 23 juil. 2011, 17:06

Sofia a écrit :
PaxetBonum a écrit :Et je m'interroge toujours sur leur volonté d'y participer si c'est pour qu'on leur donne toujours le même message de vérité, qu'ils pourraient entendre dans toute église catholique.
Excusez-moi, mais je ne comprends pas cette remarque. Pouvez-vous expliciter ?
Et bien il semble que le Cardinal dise que nous allons témoigner (selon votre interprétation : nous = tous les chrétiens) que Jésus est la Paix et que l'Eglise suit ce chemin.
Quel intérêt a un bouddhiste d'aller là-bas entendre que Jésus est la Paix du monde et qu'il faut le suivre comme le fait l'Eglise catholique ?
Il pourrait recevoir ce message dans n'importe quelle église si il prenait le temps d'en pousser la porte

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Mac » sam. 23 juil. 2011, 11:19

Bonjour Sofia,
Sofia a écrit :Deuxième point, vous faites dire au cardinal que « le chemin de la paix c'est l’Église », ce qui serait exclusif (si le chemin de la paix c'est l’Église, les deux se confondent, et seule l’Église est le chemin de la paix). On ne voit pas en effet pas pourquoi un non-chrétien viendrait s'associer à ceci.
Or, le cardinal ne dit pas que « le chemin de la paix c'est l’Église » mais que « le chemin de la paix c'est le chemin de l’Église ». Je le comprends comme « entre le chemin de la paix et le sentier de la guerre, l’Église a choisi le chemin de la paix, autrement dit le chemin de la paix c'est le chemin de l’Église (= le chemin que l’Église a décidé de suivre) ». Et ça, un non-chrétien peut le dire sans forcément renier ses croyances, s'il pense que l’Église est véritablement engagée sur le chemin de la paix.
Il est possible que je me trompe, mais c'est ce que j'ai compris des propos du cardinal.
Votre analyse est exact, mais je crois que le cardinal inspiré par le Saint Esprit a utilisé cette formule qui permet une double lecture car il va de soi que le chemin de la ( vrai) paix c'est l'Église avec à sa tête le Christ qui donne la vrai paix.

Fraternellement en Notre Seigneur Jésus Christ.

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par Sofia » sam. 23 juil. 2011, 11:00

PaxetBonum a écrit :Et je m'interroge toujours sur leur volonté d'y participer si c'est pour qu'on leur donne toujours le même message de vérité, qu'ils pourraient entendre dans toute église catholique.
Excusez-moi, mais je ne comprends pas cette remarque. Pouvez-vous expliciter ?

Re: Le dialogue interreligieux et les rencontres d'Assise

par PaxetBonum » jeu. 21 juil. 2011, 14:30

Sofia a écrit : Si on pense (comme vous le faites) que le cardinal englobe tout le monde dans ce « notre », on tombe sur la contradiction que vous soulevez : il ne me semble pas très logique que des non-chrétiens viennent à cette rencontre pour confesser que le Christ est leur paix. Pour moi, Mgr Levada parle ici au nom des chrétiens, et c'est à eux (et uniquement à eux) que se rapporte le « notre ». En gros, « Pour nous chrétiens [il utilise l'expression un peu plus haut dans le texte publié par ZENIT], cette rencontre permet de confesser que le Christ est notre paix ».
Alors là, c'est plus clair, merci
Reste à savoir comment les autres reçoivent ce message et celui qu'ils nous renvoient après ces propos de notre part.
Et je m'interroge toujours sur leur volonté d'y participer si c'est pour qu'on leur donne toujours le même message de vérité, qu'ils pourraient entendre dans toute église catholique.
Sofia a écrit : Deuxième point, vous faites dire au cardinal que « le chemin de la paix c'est l’Église », ce qui serait exclusif (si le chemin de la paix c'est l’Église, les deux se confondent, et seule l’Église est le chemin de la paix). On ne voit pas en effet pas pourquoi un non-chrétien viendrait s'associer à ceci.
Or, le cardinal ne dit pas que « le chemin de la paix c'est l’Église » mais que « le chemin de la paix c'est le chemin de l’Église ». Je le comprends comme « entre le chemin de la paix et le sentier de la guerre, l’Église a choisi le chemin de la paix, autrement dit le chemin de la paix c'est le chemin de l’Église (= le chemin que l’Église a décidé de suivre) ». Et ça, un non-chrétien peut le dire sans forcément renier ses croyances, s'il pense que l’Église est véritablement engagée sur le chemin de la paix.

Il est possible que je me trompe, mais c'est ce que j'ai compris des propos du cardinal.
Merci de cet éclairage, je n'avais pas vu cela exactement sous ce jour

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