par MB » lun. 06 juin 2011, 15:12
jean_droit a écrit :
Je ne sais si ces remarques sont à charge ou à décharge.
Pour ma part je trouve très positif que la famille musulmane essaye de préserver la morale musulmane contre les moeurs occidentales dépravées.
C'est par notre négation du rôle éducateur des familles et notre slogan "Il est interdit d'interdire", que nous en sommes où nous sommes que nos églises se ferment et que l'Eglise de France est en plein déclin.
Cher Jean Droit,
Permettez-moi de m'inscrire en faux contre cette opinion.
L'islamisation n'est pas la "lutte contre les valeurs décadentes, etc.". Cela n'a rien à voir. Un exemple pour me faire comprendre : j'ai lu il y a quelques années l'histoire d'un intellectuel égyptien qui avait visité la France dans les années 1820, à l'époque de la Restauration. Il avait été accueilli dans les meilleurs salons, les meilleures maisons de l'époque, etc. Vous conviendrez avec moi que cette époque-là n'était pas aussi dévergondée que la nôtre (c'est l'époque de la loi sur la blasphème, des ultras, etc.). Et pourtant, malgré cela, cet homme avait été scandalisé : car on traitait les femmes, dans les salons, comme des égales ! On leur tenait la porte ! Elles avaient le droit de parler, et les hommes le devoir de se taire !
Pour un musulman, la décadence occidentale, c'est ça. Ce n'est pas la pornographie ou les émissions vulgaires (ils en ont leur lot chez eux, cf. les DVD pornos de Ben Laden). Pour eux, le fait qu'une femme soit l'égale de l'homme - même s'il n'est absolument pas question de sexe ou de séduction ou de je ne sais quoi - est en lui-même d'une obscénité gravissime.
Quand vous les entendez vous parler de la décadence de nos moeurs, vous succombez à un quiproquo ; eux ne veulent entendre par là que l'égalité des sexes ! Même si nous vivions dans une société parfaitement chrétienne, cela sera pour eux de la plus grosse obscénité : les femmes pouvant marcher seules dans la rue, faire des choses d'elles-mêmes, donner leur consentement au mariage, etc.
Vous savez, il y a peu de temps, j'ai eu l'occasion de vivre quelques mois à la Guillotière, à Lyon, dans le quartier maghrébin du centre-ville. L'ambiance n'était pas méchante (on était à mille lieues d'une cité), mais ce qui était frappant, c'était l'absence frappante de la féminité dans la rue - pas seulement des femmes, mais de la féminité en général. Nous, en Occident, nous vivons avec cette féminité qui s'affiche, et à la limite, même, nous en avons besoin : elle a un caractère public ; la sphère publique n'est pas réservée au masculin. Pour eux, c'est ce caractère public qui pose problème : il leur est insupportable de voir du féminin dans la rue, du féminin libre et égal du masculin, et c'est cela qu'ils appellent notre "décadence". Vous conviendrez que vous et eux ne mettez pas le même sens sur ce mot.
Par pitié, ne vous trompez donc pas de combat. Si le prix à payer pour lutter contre le déclin de nos moeurs, c'est l'asservissement des femmes (et le voile en est un signe), alors je préfère le déclin de nos moeurs.
Bien à vous
MB
[quote="jean_droit"]
Je ne sais si ces remarques sont à charge ou à décharge.
Pour ma part je trouve très positif que la famille musulmane essaye de préserver la morale musulmane contre les moeurs occidentales dépravées.
C'est par notre négation du rôle éducateur des familles et notre slogan "Il est interdit d'interdire", que nous en sommes où nous sommes que nos églises se ferment et que l'Eglise de France est en plein déclin.[/quote]
Cher Jean Droit,
Permettez-moi de m'inscrire en faux contre cette opinion.
L'islamisation n'est pas la "lutte contre les valeurs décadentes, etc.". Cela n'a rien à voir. Un exemple pour me faire comprendre : j'ai lu il y a quelques années l'histoire d'un intellectuel égyptien qui avait visité la France dans les années 1820, à l'époque de la Restauration. Il avait été accueilli dans les meilleurs salons, les meilleures maisons de l'époque, etc. Vous conviendrez avec moi que cette époque-là n'était pas aussi dévergondée que la nôtre (c'est l'époque de la loi sur la blasphème, des ultras, etc.). Et pourtant, malgré cela, cet homme avait été scandalisé : car on traitait les femmes, dans les salons, comme des égales ! On leur tenait la porte ! Elles avaient le droit de parler, et les hommes le devoir de se taire !
Pour un musulman, la décadence occidentale, c'est ça. Ce n'est pas la pornographie ou les émissions vulgaires (ils en ont leur lot chez eux, cf. les DVD pornos de Ben Laden). Pour eux, le fait qu'une femme soit l'égale de l'homme - même s'il n'est absolument pas question de sexe ou de séduction ou de je ne sais quoi - est en lui-même d'une obscénité gravissime.
Quand vous les entendez vous parler de la décadence de nos moeurs, vous succombez à un quiproquo ; eux ne veulent entendre par là que l'égalité des sexes ! Même si nous vivions dans une société parfaitement chrétienne, cela sera pour eux de la plus grosse obscénité : les femmes pouvant marcher seules dans la rue, faire des choses d'elles-mêmes, donner leur consentement au mariage, etc.
Vous savez, il y a peu de temps, j'ai eu l'occasion de vivre quelques mois à la Guillotière, à Lyon, dans le quartier maghrébin du centre-ville. L'ambiance n'était pas méchante (on était à mille lieues d'une cité), mais ce qui était frappant, c'était l'absence frappante de la féminité dans la rue - pas seulement des femmes, mais de la féminité en général. Nous, en Occident, nous vivons avec cette féminité qui s'affiche, et à la limite, même, nous en avons besoin : elle a un caractère public ; la sphère publique n'est pas réservée au masculin. Pour eux, c'est ce caractère public qui pose problème : il leur est insupportable de voir du féminin dans la rue, du féminin libre et égal du masculin, et c'est cela qu'ils appellent notre "décadence". Vous conviendrez que vous et eux ne mettez pas le même sens sur ce mot.
Par pitié, ne vous trompez donc pas de combat. Si le prix à payer pour lutter contre le déclin de nos moeurs, c'est l'asservissement des femmes (et le voile en est un signe), alors je préfère le déclin de nos moeurs.
Bien à vous
MB