par ancilla » sam. 29 août 2009, 2:50
L'idée de Jean 15 est simple : tant que nous sommes en relation étroite avec Jésus; tant que la sève du Saint-Esprit coule en nous parce que nous sommes branchés spirituellement au cep qui est Jésus, nous portons du fruit. Par contre, si nous sommes des sarments séparés du cep, si notre vie se déroule sans être dans cette intimité avec le Christ, nous vivons, certes, mais nous ne portons pas de fruits.
Et si nous ne portons pas de fruit, cela pose un grave problème ! Pourquoi ?
Parce que Jésus dit: "tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, je le retranche". Pascal nous avait dit que ce mot retranché pouvait avoir aussi un autre sens, celui d'être élevé, ce qui signifierait : le sarment qui ne porte pas de fruit, Dieu l'élève, l'attache sur une palissade, ou le remet en place, en résumé, lui redonne une chance... Cette hypothèse est confirmée par Kühn et nous ouvre une réflexion nouvelle.
C'est vrai, Dieu nous donne et redonne sans cesse de nouvelles chances; il est très patient avec nous..à l'image de cette parabole du figuier dans Luc 13. Devant ce figuier qui ne porte pas fruit alors qu'il devrait en porter, le propriétaire -Dieu-demande au vigneron -Jésus- de le couper. Mais le vigneron demande un délai : "Attends encore cette année; je vais y mettre du fumier et peut-être que l'année prochaine il portera du fruit!"
Dieu est patient avec nous, c'est vrai, mais l'avertissement reste totalement valable: tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, finalement, dit Jésus.. je le retranche, je l'ôte !
Il faut prendre cet avertissement au sérieux : si je suis greffé à Jésus, c'est-à-dire chrétien déclaré, mais sans porter du fruit, sans mettre mes dons et mes talents à son service, la pince m'attend pour me retrancher. On n'aime pas trop en parler, mais c'est ce que le texte dit !
Donc il ne suffit pas d'être sauvé, Dieu attend de nous impérativement que nous portions du fruit.
J'aimerais maintenant prendre les choses sous un angle plus positif à travers une sorte de parabole, une histoire qui nous aidera à comprendre comment mieux porter du fruit.
De passage dans une grande ville un violoniste célèbre annonça qu'il donnerait son concert en se servant d'un " Stradivarius", le plus célèbre des violons. Il fit salle comble. Beaucoup étaient venus pour voir le violon aussi bien que l'artiste. Quand le musicien se mit à jouer, tout l'auditoire fut saisi par sa virtuosité et une ambiance magique régnait dans la salle.
Quand soudain, à la fin du premier morceau, le violoniste, à la stupeur de tous, brisa l'instrument sur ses genoux et quitta la scène. Les auditeurs jugèrent qu'il avait dû perdre la raison pour avoir brisé un instrument aussi précieux.
Se présentant au public, le directeur du théâtre s'efforça de calmer les esprits en disant : " Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, ne soyez pas inquiets, car le violoniste ne s'est pas encore servi du " Stradivarius" . Le violon qu'il vient de briser n'est qu'un vieux crincrin sans valeur ".
Le virtuose réapparut, muni cette fois d'un vrai " Stradivarius ". Il reprit le morceau de musique là où il l'avait arrêté. A la fin, il demanda qui, dans la salle, avait remarqué la différence entre les deux instruments. Seules quelques mains se levèrent. Presque personne n'avait fait la différence entre un vieux crincrin à 20 francs et un Stradivarius valant une fortune.
Il déclara alors à la foule : " Je voulais démontrer ce soir que ce n'est pas tellement de l'instrument que dépend le charme de la musique, mais de l'instrumentiste....
Le sens de cette parabole est simple. Je suis comme un violon. Pour qu'une belle mélodie sorte de ma vie, il suffit que je laisse le Christ me prendre entre ses mains et me jouer avec l'archet du Saint-Esprit. Alors des mélodies merveilleuses peuvent retentir de ma vie.
Je crois que cette affirmation qui dit que l'instrumentiste est plus important que l'instrument sur le plan spirituel est juste et je vais vous en fais la démonstration tout de suite :
Je vais vous jouer une mélodie avec le violon aimablement prêté par Mélody ...mais sachez d'abord que je n'ai pas rejoué de violon depuis 30 ans et que j'ai répété moins d'une minute.
(Je joue de manière pitoyable le refrain du cantique "A toi la Gloire").
Maintenant je redonne le violon à Mélody et c'est elle qui va jouer la même mélodie... vous entendrez facilement la différence si je joue ou si elle joue , alors que nous utilisons le même violon !
(A Mélody joue de manière extraordinaire le refrain du cantique "A toi la Gloire" avec brio).
Vous avez entendu la différence ? Qu'est-ce qui fait la différence entre les deux exhibitions ? pas le violon mais le violoniste !
Qui parmi nous, peut se vanter, d'être par lui-même, sur le plan humain, un vrai " Stradivarius " ? Nous ne sommes tous que de modestes violons plus ou moins usagés : " tous de pauvres crincrins "
A moins que Jésus cohabite en nous. Alors des choses extraordinaires peuvent se passer dans notre vie.
Ce modeste violon que nous sommes tous ne peut pas faire grand chose tout seul. Mais si le Seigneur nous prend dans ses mains de violoniste, des mélodies extraordinaires vont se faire entendre.. et les fruits vont pousser dans notre vie !
Pour vivre cela il y a toutefois quelques étapes à franchir. D'abord il faut accepter de sortir de notre boite à violon
Imaginez un violon qui refuse de sortir de sa boite ? "Allez sors ! Non je ne veux pas, laisse-moi tranquille!" Un tel violon serait vite rempli de poussière et de toiles d'araignées.
N'est-ce pas un peu ce que nous faisons lorsque nous ne mettons pas nos dons à Son service ? Lorsque notre engagement nos dons ou nos talents restent cachés ou inutilisés ? On entend souvent des remarques telles que : " Je ne suis pas doué... D'autres feront beaucoup mieux que moi... je suis incapable... je n'ai pas le temps, j'ai d'autres priorités en ce moment, etc...
Nous avons tous des dons extraordinaires et en laissant Jésus nous prendre entre ses doigts, nos dons vont résonner comme des mélodies harmonieuses, à la maison, au travail, à l'église. Car Dieu croit en nous... et il a équipé chacun de nous de nombreux dons ou talents destinés à bénir l'église... encore faut-il que nous sortions de notre confort, de nos craintes, de notre mauvaise estime de soi, de nos réserves, etc... pour nous laisser prendre en main par le Grand violoniste.
J'ai entendu plusieurs fois ces derniers années des personnes dire : " J'ai tel don, mais je ne le pratique pas dans l'église, pour telle ou telle raison ".
Ils ont décidé de rester dans sa boîte.
Tous les grands personnages bibliques que Dieu a utilisés ont du faire l'effort de sortir de leur boîte: par exemple Moïse devant le buisson ardent qui, bloqué dans sa mauvaise estime de lui-même et dans sa peur de l'échec, refuse de partir en Egypte lorsque Dieu veut l'y envoyer pour sortir son peuple d'Egypte.. ou Gédéon, que Dieu veut envoyer libérer Israël des madianites. Gédéon se lamente : "Pourquoi me demander à moi qui suis le plus petit de ma famille, une famille d'ailleurs qui est la plus petite de toutes les tribus.." Il se sent aussi incapable et complexé que Moïse. Dieu doit les aider à se décider, à se mettre en marche et sortir de leur boîte.
Alors nous aussi, croyons en nous-même et en tout ce que Dieu a investi dans notre vie. Croyons à la richesse des dons que Dieu a mis en nous, même si nous avons de la peine à les voir. Et sortons de notre boîte pour que Jésus puisse nous mettre en valeur ! nous mettre en marche !
--------------------------------------------------------------------------------
Continuons.
Il y a une autre étape que le violoniste accomplit avec son violon, une fois qu'il est sorti de sa boîte. Il doit l'accorder. C'est ce que je vais faire maintenant (j'accorde le violon).
Si notre violon n'est pas accordé, ça joue faux, ça fait mal aux oreilles ! (jouer faux)...
L'accordage , c'est la sanctification, la guérison de mes côtés charnels, de mes blessures, de mes réactions émotionnelles perturbées, etc... Combien de dons se trouvant en nous ne peuvent pas s'épanouir parce qu'il y a des problèmes émotionnels, des fausses motivations, des blessures non guéries qui suscitent en nous un zèle amer ou perturbent nos relations communautaires ? Combien de fruits qui poussent mal, qui ne mûrissent jamais à cause de guérisons pas terminées ?
Petit exemple purement imaginaire.
Supposons que je sois jaloux de Guy, grand pianiste devant l'Eternel parce qu'il joue mieux que moi du piano. Chaque fois qu'il joue pendant la louange je me sens nul. Je commence à détester ces moments de louange. Lorsque je préside un culte, je suis tenté de proposer de chanter "a cappella", sans piano, c'est tellement plus beau ! En réalité je fais cela par jalousie, par mauvaise estime de moi. Mon manque de guérison m'empêche alors de porter du fruit.
Cet exemple était purement imaginaire... En fait non, cela m'est arrivé avec un autre pianiste, il y a de nombreuses années.
Vous pourriez certainement me donner vous-même de nombreux exemples montrant comment un don, un talent peut être perturbé par une vieille blessure... ou par un problème non réglé.
Je crois que les pires obstacles à porter du fruit, ce sont les problèmes de caractère et la difficulté à dompter notre langue. Si nous n'avons pas vécu une guérison en profondeur, nos dons aussi merveilleux soient-ils, seront sans cesse handicapés.
Dans ce cas nous avons besoin d'un accordage afin que nos mélodies sonnent juste. Laissons-nous accorder par le Seigneur ! Alors nous pourrons porter du fruit, de bons fruits bien mûrs !!!
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Continuons.
3e démarche. Entre le violon et le violoniste, il se passe quelque chose d'extraordinaire; une sorte de symbiose. A force d'être bien joué, un violon s'améliore et le son qu'il produit est de plus en plus pur. Comme un bon vin, le violon se bonifie avec le temps. Il faut dire que c'est un instrument extraordinaire.
Regardez sur ce dessin: chaque partie a un nom; ce violon a été fait avec art et amour par un luthier qui est un artiste accompli.. e violon est une oeuvre artistique sophistiquée: avec sa volute, son manche, sa table d'harmonie, ses cordes , son chevalet, sa mentonnière, son bouton, son cordier, son ouïe, son échancrure, sa cheville.. que c'est beau !
Cela me fait penser au psaume 139, lorsque le psalmiste dit de nous que nous sommes des créatures merveilleuses, à l'image de Dieu, remplies de qualités extraordinaires. Et ce violon me fait penser à chacun de nous:
La volute c'est notre originalité... le manche c'est le fondement biblique en nous... la table d'harmonie c'est notre caractère.. les cordes, nos dons et nos talents.. le chevalet, notre engagement, notre fidélité..la mentonnière c'est foi et la loyauté.. le bouton qui tient les cordes c'est l'amour, le cordier la volonté.. l'ouïe c'est notre l'authenticité, notre transparence.. l'échancrure c'est notre beauté, notre personnalité.. la cheville c'est notre souplesse à laisser Dieu nous accorder (sanctification).. finalement, l'archet c'est le Saint-Esprit qui nous habite et
le luthier bien-sûr, c'est Dieu qui nous a créés avec tellement de qualités.
Cette découverte nous remplit de reconnaissance. Elle me pousse à dire au Seigneur: "Merci pour ce que tu mis en moi... et vas-y, continue à m'accorder afin que spirituellement, ma vie résonne de mélodies toujours plus belle !
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Il reste une 4e démarche à faire entre le violon et le violoniste.
Il faut aimer la musique. C'est le violoniste qui choisit les morceaux, pas le violon. C'est le Seigneur qui choisit les talents qu'il nous a donnés. C'est lui qui choisit d'avance nos dons et l'église dans laquelle il nous envoie pour les mettre en oeuvre.. etc..
Aimer la musique, c'est aimer le Seigneur, bien sûr, mais c'est aussi aimer le reste de l'orchestre, l'église, malgré ses couacs. Aimer la musique, c'est finalement de croire à l'utilité de l'église et de s'y investir.
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Un jour, je parlais devant un public majoritairement non chrétien. Durant tout mon message, un homme me regardait avec amusement. Je me suis dit plusieurs fois " il a vraiment l'air de se moquer de moi ". Un peu plus tard, cet homme, qui était ambassadeur Suisse en Roumanie, est venu vers moi et m'a expliqué la raison de son amusement. Il m'a dit ceci : " En vous écoutant parler, M. Aubert, j'ai eu l'impression d'avoir devant moi, mon ancien patron le Conseiller Fédéral Pierre Aubert. Vous vous ressemblez comme 2 gouttes d'eau. Voilà le sujet de mon amusement."
Il y a longtemps que j'avais remarqué notre ressemblance et j'attends toujours l'occasion de le rencontrer, persuadé que nous avons quelques liens de parenté.
Pourquoi terminer par cette ressemblance ? Parce que cela m'honore de ressembler à un Conseiller Fédéral ? Non. Cela m'a parlé dans un autre sens.
Quand j'accepte de sortir de ma boîte à violon en acceptant mon potentiel et mes dons... Quand je laisse Jésus me prendre entre ses doigts pour mettre en valeur les dons reçus, quand je fais l'effort d'aimer l'église et que je m'y engage... je commence à ressembler à Jésus! Non pas pour essayer de devenir divin, mais pour devenir pleinement humain, à l'image de Jésus incarné. Et alors on commence à manifester sur soi, des petits airs de familles héréditaires... Nous commencerons à avoir dans nos attitudes, dans notre service, dans notre engagement, des manifestations du caractère de Dieu et de Jésus, comme l'amour, la joie, la paix, la patience, bonté, bienveillance, la fidélité, la douceur, maîtrise de soi, etc... Voilà les fruits de l'Esprit qui mûrissent en nous, tous des fruits relationnels entre nous qui attestent que nous commençons à ressembler à Jésus, ne serait-ce qu'un petit peu. C'est ce que Paul exprime lorsqu'il parle d'avoir l'odeur de Christ. Il s'agit de lui ressembler de plus en plus.
Vous me direz peut-être : " Oh là là, le chemin sera long pour vivre cela ".
C'est un chemin passionnant, à condition de se laisser sortir de son étui. Laissons le Seigneur nous prendre dans ses mains et ces choses vont se passer. Ça prendra du temps certes, mais cela se passera.
Comme Jésus a dit à Lazare : " Sors du tombeau ", j'ai envie de nous dire à chacun : " Sors de ton étui, laisse éclore tes dons, laisse le Seigneur guérir tes craintes. Mets-toi tout simplement à Son service, ose être toi-même.. et tu seras étonné de voir les fruits extraordinaires qu'II fera lui-même pousser sur ton sarment.
Philippe AUBERT, le 4 mai 2003 Pasteur
L'idée de Jean 15 est simple : tant que nous sommes en relation étroite avec Jésus; tant que la sève du Saint-Esprit coule en nous parce que nous sommes branchés spirituellement au cep qui est Jésus, nous portons du fruit. Par contre, si nous sommes des sarments séparés du cep, si notre vie se déroule sans être dans cette intimité avec le Christ, nous vivons, certes, mais nous ne portons pas de fruits.
Et si nous ne portons pas de fruit, cela pose un grave problème ! Pourquoi ?
Parce que Jésus dit: "tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, je le retranche". Pascal nous avait dit que ce mot retranché pouvait avoir aussi un autre sens, celui d'être élevé, ce qui signifierait : le sarment qui ne porte pas de fruit, Dieu l'élève, l'attache sur une palissade, ou le remet en place, en résumé, lui redonne une chance... Cette hypothèse est confirmée par Kühn et nous ouvre une réflexion nouvelle.
C'est vrai, Dieu nous donne et redonne sans cesse de nouvelles chances; il est très patient avec nous..à l'image de cette parabole du figuier dans Luc 13. Devant ce figuier qui ne porte pas fruit alors qu'il devrait en porter, le propriétaire -Dieu-demande au vigneron -Jésus- de le couper. Mais le vigneron demande un délai : "Attends encore cette année; je vais y mettre du fumier et peut-être que l'année prochaine il portera du fruit!"
Dieu est patient avec nous, c'est vrai, mais l'avertissement reste totalement valable: tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, finalement, dit Jésus.. je le retranche, je l'ôte !
Il faut prendre cet avertissement au sérieux : si je suis greffé à Jésus, c'est-à-dire chrétien déclaré, mais sans porter du fruit, sans mettre mes dons et mes talents à son service, la pince m'attend pour me retrancher. On n'aime pas trop en parler, mais c'est ce que le texte dit !
Donc il ne suffit pas d'être sauvé, Dieu attend de nous impérativement que nous portions du fruit.
J'aimerais maintenant prendre les choses sous un angle plus positif à travers une sorte de parabole, une histoire qui nous aidera à comprendre comment mieux porter du fruit.
De passage dans une grande ville un violoniste célèbre annonça qu'il donnerait son concert en se servant d'un " Stradivarius", le plus célèbre des violons. Il fit salle comble. Beaucoup étaient venus pour voir le violon aussi bien que l'artiste. Quand le musicien se mit à jouer, tout l'auditoire fut saisi par sa virtuosité et une ambiance magique régnait dans la salle.
Quand soudain, à la fin du premier morceau, le violoniste, à la stupeur de tous, brisa l'instrument sur ses genoux et quitta la scène. Les auditeurs jugèrent qu'il avait dû perdre la raison pour avoir brisé un instrument aussi précieux.
Se présentant au public, le directeur du théâtre s'efforça de calmer les esprits en disant : " Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, ne soyez pas inquiets, car le violoniste ne s'est pas encore servi du " Stradivarius" . Le violon qu'il vient de briser n'est qu'un vieux crincrin sans valeur ".
Le virtuose réapparut, muni cette fois d'un vrai " Stradivarius ". Il reprit le morceau de musique là où il l'avait arrêté. A la fin, il demanda qui, dans la salle, avait remarqué la différence entre les deux instruments. Seules quelques mains se levèrent. Presque personne n'avait fait la différence entre un vieux crincrin à 20 francs et un Stradivarius valant une fortune.
Il déclara alors à la foule : " Je voulais démontrer ce soir que ce n'est pas tellement de l'instrument que dépend le charme de la musique, mais de l'instrumentiste....
Le sens de cette parabole est simple. Je suis comme un violon. Pour qu'une belle mélodie sorte de ma vie, il suffit que je laisse le Christ me prendre entre ses mains et me jouer avec l'archet du Saint-Esprit. Alors des mélodies merveilleuses peuvent retentir de ma vie.
Je crois que cette affirmation qui dit que l'instrumentiste est plus important que l'instrument sur le plan spirituel est juste et je vais vous en fais la démonstration tout de suite :
Je vais vous jouer une mélodie avec le violon aimablement prêté par Mélody ...mais sachez d'abord que je n'ai pas rejoué de violon depuis 30 ans et que j'ai répété moins d'une minute.
(Je joue de manière pitoyable le refrain du cantique "A toi la Gloire").
Maintenant je redonne le violon à Mélody et c'est elle qui va jouer la même mélodie... vous entendrez facilement la différence si je joue ou si elle joue , alors que nous utilisons le même violon !
(A Mélody joue de manière extraordinaire le refrain du cantique "A toi la Gloire" avec brio).
Vous avez entendu la différence ? Qu'est-ce qui fait la différence entre les deux exhibitions ? pas le violon mais le violoniste !
Qui parmi nous, peut se vanter, d'être par lui-même, sur le plan humain, un vrai " Stradivarius " ? Nous ne sommes tous que de modestes violons plus ou moins usagés : " tous de pauvres crincrins "
A moins que Jésus cohabite en nous. Alors des choses extraordinaires peuvent se passer dans notre vie.
Ce modeste violon que nous sommes tous ne peut pas faire grand chose tout seul. Mais si le Seigneur nous prend dans ses mains de violoniste, des mélodies extraordinaires vont se faire entendre.. et les fruits vont pousser dans notre vie !
Pour vivre cela il y a toutefois quelques étapes à franchir. D'abord il faut accepter de sortir de notre boite à violon
Imaginez un violon qui refuse de sortir de sa boite ? "Allez sors ! Non je ne veux pas, laisse-moi tranquille!" Un tel violon serait vite rempli de poussière et de toiles d'araignées.
N'est-ce pas un peu ce que nous faisons lorsque nous ne mettons pas nos dons à Son service ? Lorsque notre engagement nos dons ou nos talents restent cachés ou inutilisés ? On entend souvent des remarques telles que : " Je ne suis pas doué... D'autres feront beaucoup mieux que moi... je suis incapable... je n'ai pas le temps, j'ai d'autres priorités en ce moment, etc...
Nous avons tous des dons extraordinaires et en laissant Jésus nous prendre entre ses doigts, nos dons vont résonner comme des mélodies harmonieuses, à la maison, au travail, à l'église. Car Dieu croit en nous... et il a équipé chacun de nous de nombreux dons ou talents destinés à bénir l'église... encore faut-il que nous sortions de notre confort, de nos craintes, de notre mauvaise estime de soi, de nos réserves, etc... pour nous laisser prendre en main par le Grand violoniste.
J'ai entendu plusieurs fois ces derniers années des personnes dire : " J'ai tel don, mais je ne le pratique pas dans l'église, pour telle ou telle raison ".
Ils ont décidé de rester dans sa boîte.
Tous les grands personnages bibliques que Dieu a utilisés ont du faire l'effort de sortir de leur boîte: par exemple Moïse devant le buisson ardent qui, bloqué dans sa mauvaise estime de lui-même et dans sa peur de l'échec, refuse de partir en Egypte lorsque Dieu veut l'y envoyer pour sortir son peuple d'Egypte.. ou Gédéon, que Dieu veut envoyer libérer Israël des madianites. Gédéon se lamente : "Pourquoi me demander à moi qui suis le plus petit de ma famille, une famille d'ailleurs qui est la plus petite de toutes les tribus.." Il se sent aussi incapable et complexé que Moïse. Dieu doit les aider à se décider, à se mettre en marche et sortir de leur boîte.
Alors nous aussi, croyons en nous-même et en tout ce que Dieu a investi dans notre vie. Croyons à la richesse des dons que Dieu a mis en nous, même si nous avons de la peine à les voir. Et sortons de notre boîte pour que Jésus puisse nous mettre en valeur ! nous mettre en marche !
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Continuons.
Il y a une autre étape que le violoniste accomplit avec son violon, une fois qu'il est sorti de sa boîte. Il doit l'accorder. C'est ce que je vais faire maintenant (j'accorde le violon).
Si notre violon n'est pas accordé, ça joue faux, ça fait mal aux oreilles ! (jouer faux)...
L'accordage , c'est la sanctification, la guérison de mes côtés charnels, de mes blessures, de mes réactions émotionnelles perturbées, etc... Combien de dons se trouvant en nous ne peuvent pas s'épanouir parce qu'il y a des problèmes émotionnels, des fausses motivations, des blessures non guéries qui suscitent en nous un zèle amer ou perturbent nos relations communautaires ? Combien de fruits qui poussent mal, qui ne mûrissent jamais à cause de guérisons pas terminées ?
Petit exemple purement imaginaire.
Supposons que je sois jaloux de Guy, grand pianiste devant l'Eternel parce qu'il joue mieux que moi du piano. Chaque fois qu'il joue pendant la louange je me sens nul. Je commence à détester ces moments de louange. Lorsque je préside un culte, je suis tenté de proposer de chanter "a cappella", sans piano, c'est tellement plus beau ! En réalité je fais cela par jalousie, par mauvaise estime de moi. Mon manque de guérison m'empêche alors de porter du fruit.
Cet exemple était purement imaginaire... En fait non, cela m'est arrivé avec un autre pianiste, il y a de nombreuses années.
Vous pourriez certainement me donner vous-même de nombreux exemples montrant comment un don, un talent peut être perturbé par une vieille blessure... ou par un problème non réglé.
Je crois que les pires obstacles à porter du fruit, ce sont les problèmes de caractère et la difficulté à dompter notre langue. Si nous n'avons pas vécu une guérison en profondeur, nos dons aussi merveilleux soient-ils, seront sans cesse handicapés.
Dans ce cas nous avons besoin d'un accordage afin que nos mélodies sonnent juste. Laissons-nous accorder par le Seigneur ! Alors nous pourrons porter du fruit, de bons fruits bien mûrs !!!
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Continuons.
3e démarche. Entre le violon et le violoniste, il se passe quelque chose d'extraordinaire; une sorte de symbiose. A force d'être bien joué, un violon s'améliore et le son qu'il produit est de plus en plus pur. Comme un bon vin, le violon se bonifie avec le temps. Il faut dire que c'est un instrument extraordinaire.
Regardez sur ce dessin: chaque partie a un nom; ce violon a été fait avec art et amour par un luthier qui est un artiste accompli.. e violon est une oeuvre artistique sophistiquée: avec sa volute, son manche, sa table d'harmonie, ses cordes , son chevalet, sa mentonnière, son bouton, son cordier, son ouïe, son échancrure, sa cheville.. que c'est beau !
Cela me fait penser au psaume 139, lorsque le psalmiste dit de nous que nous sommes des créatures merveilleuses, à l'image de Dieu, remplies de qualités extraordinaires. Et ce violon me fait penser à chacun de nous:
La volute c'est notre originalité... le manche c'est le fondement biblique en nous... la table d'harmonie c'est notre caractère.. les cordes, nos dons et nos talents.. le chevalet, notre engagement, notre fidélité..la mentonnière c'est foi et la loyauté.. le bouton qui tient les cordes c'est l'amour, le cordier la volonté.. l'ouïe c'est notre l'authenticité, notre transparence.. l'échancrure c'est notre beauté, notre personnalité.. la cheville c'est notre souplesse à laisser Dieu nous accorder (sanctification).. finalement, l'archet c'est le Saint-Esprit qui nous habite et
le luthier bien-sûr, c'est Dieu qui nous a créés avec tellement de qualités.
Cette découverte nous remplit de reconnaissance. Elle me pousse à dire au Seigneur: "Merci pour ce que tu mis en moi... et vas-y, continue à m'accorder afin que spirituellement, ma vie résonne de mélodies toujours plus belle !
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Il reste une 4e démarche à faire entre le violon et le violoniste.
Il faut aimer la musique. C'est le violoniste qui choisit les morceaux, pas le violon. C'est le Seigneur qui choisit les talents qu'il nous a donnés. C'est lui qui choisit d'avance nos dons et l'église dans laquelle il nous envoie pour les mettre en oeuvre.. etc..
Aimer la musique, c'est aimer le Seigneur, bien sûr, mais c'est aussi aimer le reste de l'orchestre, l'église, malgré ses couacs. Aimer la musique, c'est finalement de croire à l'utilité de l'église et de s'y investir.
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Un jour, je parlais devant un public majoritairement non chrétien. Durant tout mon message, un homme me regardait avec amusement. Je me suis dit plusieurs fois " il a vraiment l'air de se moquer de moi ". Un peu plus tard, cet homme, qui était ambassadeur Suisse en Roumanie, est venu vers moi et m'a expliqué la raison de son amusement. Il m'a dit ceci : " En vous écoutant parler, M. Aubert, j'ai eu l'impression d'avoir devant moi, mon ancien patron le Conseiller Fédéral Pierre Aubert. Vous vous ressemblez comme 2 gouttes d'eau. Voilà le sujet de mon amusement."
Il y a longtemps que j'avais remarqué notre ressemblance et j'attends toujours l'occasion de le rencontrer, persuadé que nous avons quelques liens de parenté.
Pourquoi terminer par cette ressemblance ? Parce que cela m'honore de ressembler à un Conseiller Fédéral ? Non. Cela m'a parlé dans un autre sens.
Quand j'accepte de sortir de ma boîte à violon en acceptant mon potentiel et mes dons... Quand je laisse Jésus me prendre entre ses doigts pour mettre en valeur les dons reçus, quand je fais l'effort d'aimer l'église et que je m'y engage... je commence à ressembler à Jésus! Non pas pour essayer de devenir divin, mais pour devenir pleinement humain, à l'image de Jésus incarné. Et alors on commence à manifester sur soi, des petits airs de familles héréditaires... Nous commencerons à avoir dans nos attitudes, dans notre service, dans notre engagement, des manifestations du caractère de Dieu et de Jésus, comme l'amour, la joie, la paix, la patience, bonté, bienveillance, la fidélité, la douceur, maîtrise de soi, etc... Voilà les fruits de l'Esprit qui mûrissent en nous, tous des fruits relationnels entre nous qui attestent que nous commençons à ressembler à Jésus, ne serait-ce qu'un petit peu. C'est ce que Paul exprime lorsqu'il parle d'avoir l'odeur de Christ. Il s'agit de lui ressembler de plus en plus.
Vous me direz peut-être : " Oh là là, le chemin sera long pour vivre cela ".
C'est un chemin passionnant, à condition de se laisser sortir de son étui. Laissons le Seigneur nous prendre dans ses mains et ces choses vont se passer. Ça prendra du temps certes, mais cela se passera.
Comme Jésus a dit à Lazare : " Sors du tombeau ", j'ai envie de nous dire à chacun : " Sors de ton étui, laisse éclore tes dons, laisse le Seigneur guérir tes craintes. Mets-toi tout simplement à Son service, ose être toi-même.. et tu seras étonné de voir les fruits extraordinaires qu'II fera lui-même pousser sur ton sarment.
Philippe AUBERT, le 4 mai 2003 Pasteur