par PriereUniverselle » jeu. 26 mai 2011, 1:50
Mac a écrit :Marc06 a écrit :St Paul a été pardonné du meurtre de nombreux chrétiens et est devenu l’apôtre des païens. Mais le meurtre d'une famille entière à quelque chose de bien particulier. Jésus alors qu'Il était sur la croix disait : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font." (Lc 23, 34). Cette célèbre parole nous invite à nous poser une question : Faut il savoir ce que nous faisons pour être impardonnable?
C'est ici que réside le blasphème contre l'Esprit Saint, un blasphème en pleine lumière et en pleine connaissance de ce que nous faisons. Tuer sa famille n'a rien de naturel, notre être tout entier le rejette car, faire cela, c'est tuer l'amour que nous portons en nous. Il est difficile de faire une généralité avec un tel cas mais nous pouvons dire toutefois ce qui sera impardonnable. Ce qui est impardonnable c'est de tuer sa famille alors que nous l'aimons et que nous le faisons avec une véritable intention maléfique de tuer cet amour (en pleine connaissance). Ce n'est pas qu'une telle personne ne pourra pas être pardonnée mais qu'elle ne le voudra pas dans son cœur même si sa bouche dit le contraire.
Maintenant on peut imaginer quelqu'un qui tue sa famille pour lui éviter une mort dans une extrême souffrance par exemple ! Ou alors quelqu'un qui est malade mental !..
Chaque cas est particulier et ce n'est pas à nous de juger qui doit être pardonné et qui ne le doit pas. Car Dieu seul connait les cœurs.
Bonsoir Marc,
En fait il y a quelque chose qui m'échappe. Un blasphème est une parole qui outrage gravement. Chaque fois que les pharisiens ont voulu lapider Notre Seigneur Jésus Christ pour blasphème, c'est qu'Il aurait dit des paroles outrageantes selon leur vision de Dieu et de Sa loi. Et Notre Seigneur me semble être le premier à faire référence au blasphème contre le Saint Esprit lorsqu'un pharisien lui dit que c'est par le démon qu'Il opère des guérisons. Donc je ne comprends pas comment on arrive à la conclusion que tuer c'est blasphémer contre le Saint Esprit.
Par ailleurs, vous dites que le blasphème est commis en pleine lumière et en pleine connaissance de ce que nous faisons. Je m'interroge puisque ce pharisien qui voit les œuvres de Notre Seigneur et qui malgré tout dit que c'est par l'œuvre du démon que Notre Seigneur guérit a t-il pleine lumière et pleine connaissance ? Je ne crois pas, car si sur la croix Notre Seigneur dit "Père pardonne leur ils ne savent pas ce qu'il font", je ne vois pas comment ce pharisien pouvait savoir au fond ce qu'il disait.
Fraternellement en Notre Seigneur Jésus Christ.
Je vais essayer d'éclaircir mieux :
Version courte :
Evangile de St-Matthieu Jesus et Béézéboul 12 ; 22-32 lisez bien tout celà d'abord pour aborder ensuite les versets 31 et 32 qui y répondent. Effectivement dans le verset 31-32, il est dit : voilà pourquoi je vous déclare, tout péché, tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas pardonné. Et si quelqu'un dit une parole contre le Fils de l'homme, cela lui sera pardonné ; mais s'il parle contre l'esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni en ce monde ni dans le monde à venir. (explication : non pas condamnation sans appel, mais mise en garde pour n'être pas condamné. L'homme peut méconnaître le mystère du Fils de l'homme, il n'est pas excusable de mal interpréter lorsqu'il a la totale conscience de ce que représente le signe qui constitue l'exorcisme opéré par Jésus dans l'Esprit). De plus les versets 31 et 32 ne doivent pas être sortis du contexte suivant les versets 22 à 30 auquels ils se rapportent . D'autant plus que le verset 30 se termine par Qui n'est pas avec moi, et qui ne rassemble pas avec moi disperse (l'expression évoque le comportement du berger qui figure la conduite de Dieu même envers son peuple). Lorsqu'on dit qui n'amasse pas avec moi dissipe , ce qui évoque le moissonneur au travail.
Version longue :
La patience de Dieu à l’égard de l’homme pécheur est l’un des aspects les plus encourageants du message chrétien. Tous peuvent recevoir le pardon divin. La Bible nous révèle de façon surprenante que Dieu a même choisi de retarder la seconde venue du Christ afin de laisser le plus de temps possible aux hommes l’occasion de se repentir (2Pierre 3.9). Mais la miséricorde de Dieu a des limites. Il y a en effet un péché qui ne peut pas être pardonné. Jésus l’appelle "le blasphème contre l’Esprit." Il s’agit d’une offense qui est sans remède. Regardons l’enseignement de Jésus sur ce sujet.
Matthieu 12.31. C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné.
32 Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque parlera contre le Saint–Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.
Deux sortes de blasphème
Ce passage fait une distinction très nette entre deux catégories de blasphème. Il y a le blasphème contre le Fils de l’homme et le blasphème contre l’Esprit de Dieu. Dans le premier cas, le péché est commis contre le Fils de l’homme. Qui est le Fils de l’homme ? Il s’agit bien sûr du Seigneur Jésus. Tout blasphème et tout péché contre Jésus pourra être pardonné aux hommes. Mais le blasphème contre le Saint-Esprit ne peut pas être pardonné. Le blasphème est un crime qui consiste à tenir des propos diffamatoires et outrageants contre quelqu’un. On attaque la réputation d’une personne par des paroles injurieuses. Lorsque nous plaçons les versets 31 et 32 l’un à côté de l’autre, nous notons que ‘le blasphème contre l’Esprit’ est défini par l’action en toute conscience de "parler contre l’Esprit Saint." Nous insultons ainsi la personne du Saint-Esprit.
Donc, tous les péchés sont pardonnables, sauf un. Il n’y a pas de pardon pour quiconque parlera contre l’Esprit. Avant d’explorer la signification de ce terrible péché, je crois qu’il serait utile d’expliquer pourquoi le blasphème contre Jésus peut être pardonné alors que ce n’est pas le cas pour le blasphème contre l’Esprit.
En effet, comment se fait-il que vous pouvez parler en mal contre le Fils de l’homme, de pécher contre Jésus, et avoir encore la possibilité de bénéficier du pardon tandis que le blasphème contre l’Esprit, lui, n’est pas pardonnable ? Ne trouvez-vous pas étrange que Jésus établisse une différence entre ces deux sortes de péché ? Considérez la question de cette façon. Lorsque vous parlez contre Jésus, ne parlez-vous pas aussi contre Dieu ? Et en insultant Dieu, vos paroles ne sont-elles pas aussi dirigées contre l’Esprit Saint ? Suite au mensonge d’Ananias et Saphira, l’apôtre Pierre affirma que mentir au Saint-Esprit, c’est mentir à Dieu (Actes 5.3-4). Alors comment expliquer la si grande différence entre le blasphème contre Jésus et le blasphème contre l’Esprit ? Le degré de culpabilité n’est-il pas le même dans les deux cas ?
Pécher par ignorance
Jean le Baptiste dit à la foule en Jean 1.26, "Il y a quelqu’un au milieu de vous que vous ne connaissez pas." Jésus se trouvait au milieu d’eux, en chair et en os, bien qu’ils ne le connaissaient pas. Ils ne le reconnaissaient pas comme le Messie. Certaines personnes, par leur ignorance de la véritable identité du Christ, ont peut-être injurié le Seigneur. Or un péché commis par ignorance est pardonnable. Tout péché contre Jésus, même celui de le crucifier sur la croix, peut être pardonné. Souvenez-vous de ses paroles au moment de sa crucifixion. Père, pardonne–leur, car ils ne savent ce qu’ils font (Luc 23.34). Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Ils ne savaient pas qu’ils mettaient à mort le Messie. Ce péché, qu’elle qu’en fût la culpabilité, Dieu pouvait le pardonner parce qu’ils avaient agi par ignorance. Il est important de bien observer ce point.
Cela signifie, par contraste, que le péché contre le Saint Esprit ne peut pas être commis par ignorance. Lorsque vous commettez une telle faute, vous n’êtes plus dans l’ignorance. Il y a donc ici une distinction entre la méconnaissance de la personne du Christ et le rejet délibéré et persistent de sa divinité après l’avoir connue. Nous reviendrons sur le péché impardonnable dans un moment.
Je peux ainsi pécher contre Jésus par ignorance, sans savoir qui il est vraiment. Le nom de Jésus ne signifie rien pour moi. Je peux mépriser les chrétiens. Je peux attaquer l’église. Je peux ridiculiser le christianisme. Malgré tout cela, je peux encore bénéficier du pardon de Dieu. Paul a bien connu cette expérience-là. L’apôtre Paul avoue en 1Timothée 1.13 qu’il a été un blasphémateur envers Dieu avant qu’il ne se convertisse. Il dit, Moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j’ai obtenu miséricorde, parce que j’agissais par ignorance, dans l’incrédulité. Par ces paroles, Paul reconnaît trois fautes : il a blasphémé, persécuté et attaqué Jésus. Malgré tous ses torts, Dieu lui a quand même manifesté sa miséricorde. Pourquoi le Seigneur lui a-t-il pardonné ses péchés ? Parce que Paul a persécuté l’église "par ignorance" et "dans l’incrédulité." L’ignorance et l’incrédulité ne peuvent excuser les actes outrageux de Paul envers les croyants mais elles expliquent pourquoi Dieu l’a traité avec miséricorde.
En nommant ses propres péchés, Paul montre qu’il n’était pas un pécheur opiniâtre. Il n’a pas péché contre l’Esprit Saint même si on pourrait qualifier sa conduite de barbare. Voyez-vous, son cœur n’a jamais cessé d’être ouvert à Dieu. Il ne savait pas que Jésus était le Christ. En persécutant les chrétiens, il pensait sincèrement rendre service à Dieu. Il croyait vraiment que la foi chrétienne était opposée au Jéhovah de l’AT. Avec tout le zèle et l’énergie qu’il possédait, il a alors cherché à défendre l’honneur de Dieu en faisant mourir les chrétiens (Philippiens 3.6). Mais il s’agissait d’un zèle qui reposait sur un mauvais fondement. Et en ce sens, il a agit par ignorance, sans savoir que son zèle causerait tant de tort à Dieu.
L’apôtre Paul s’est toujours efforcé d’avoir une conscience sans reproche. Il s’agit-là d’une règle de conduite qu’il s’est exercé à appliquer tout au long de sa vie, même avant qu’il ne devienne chrétien. Il déclara devant le sanhédrin en Actes 23.1, Hommes frères, c’est en toute bonne conscience que je me suis conduit jusqu’à ce jour devant Dieu. Il répéta la même chose en Actes 24.16. C’est pourquoi, moi aussi, je m’exerce à avoir constamment une conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes.
Un récepteur spirituel
La question de la conscience est extrêmement importante dans la relation de l’être humain avec Dieu. Pourquoi est-elle importante? Il faut savoir que Dieu utilise la conscience pour parler aux hommes. Mais qu’est-ce que la conscience ? Définie simplement, la conscience est un agent intérieur qui porte des jugements de valeur morale sur les motivations et les actions d’une personne. Elle ne provient ni de notre éducation ni de la société, bien qu’elle puisse en être influencée. Il s’agit avant tout d’une faculté humaine innée. Tous les hommes naissent avec une certaine capacité d’évaluer le caractère juste ou injuste d’une situation ou d’une action. C’est pourquoi un individu, même s’il ne connaît pas Dieu, peut éprouver des remords après avoir mal agi. La conscience constitue le dernier lien par lequel un contact avec le divin est encore possible, même si la personne vit dans le péché. En Romains 2.15, Paul lie le témoignage intérieur de la conscience à la loi de Dieu écrite dans tout cœur humain. Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi … ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage… Ce verset nous montre que le non-chrétien, même s’il ne connaît pas la loi de Dieu, accomplit les préceptes de cette loi lorsqu’il écoute la voix de sa conscience.
L’apôtre Paul est un homme qui n’a jamais cessé d’ouvrir sa conscience à Dieu, même avant sa conversion. C’est pourquoi Dieu a pu le toucher d’une manière si puissante sur la route conduisant à Damas. Du point de vue biblique, il est clair que la conscience joue un rôle crucial dans l’expérience de la conversion. Si Paul avait ignoré le témoignage de sa conscience, il n’aurait pas été en mesure d’être sensible à la voix de Dieu. De la même manière, Dieu nous parle encore aujourd’hui au travers de notre conscience.
Ceci étant dit, il ne faudrait toutefois pas mettre sur le même pied la conscience et la voix de Dieu ou la loi de Dieu. La conscience n’est pas la voix de Dieu. Elle n’est pas toujours fiable. La conscience rend témoignage aux normes morales des autorités qui l’ont inspirée mais comme dans le cas de tout témoin, le témoignage de la conscience peut être erroné. Il est possible par exemple qu’elle ait mal interprété les normes sur lesquelles reposent son témoignage, que ces normes soient chrétiennes ou non. On se souviendra du zèle fautif de Paul. Donc la conscience n’est pas la voix de Dieu, mais la voix de Dieu peut certainement instruire la conscience. Notre conscience se compare ainsi à un récepteur spiritual, capable de capter les signaux émis par Dieu.
Réduite au silence
Lorsque nous agissons à l’encontre de notre conscience, il se produit quelque chose en nous qui nous rend inconfortables. Ce sentiment se traduit souvent par du remords, du regret ou de la culpabilité. Mais nous ne sommes pas obligés d’écouter notre conscience. Il suffit tout simplement de la réduire au silence, un peu comme on le ferait en baissant le volume de la radio. Nous avons tous déjà entendu parler de ces criminels chez qui le sens moral semble totalement absent. Ils continuent à proclamer leur innocence même après leur emprisonnement. Ces cas sont des exemples extrêmes où la conscience a été complètement insensibilisée. En supprimant le témoignage de la conscience, il est possible de commettre les crimes les plus haineux sans avoir le sentiment d’avoir mal agi.
Le chrétien peut aussi refouler sa conscience. La Bible nous enseigne qu’une bonne conscience a un rôle très important à jouer sur le plan de la foi et que la suppression de son activité entraîne inévitablement d’importantes perturbations spirituelles. À cet effet, Paul établit un lien étroit entre la foi et la conscience. En 1Timothée 1.5, il écrit, Or la fin de l’ordonnance, c’est l’amour qui procède d’un cœur pur et d’une bonne conscience et d’une foi sincère. L’amour est le but suprême de la rédemption. Pour que l’amour de Dieu soit répandu dans nos cœurs, trois conditions sont nécessaires : un cœur pur, une bonne conscience et une foi sincère. Sans un cœur pur, vous ne pouvez pas avoir une bonne conscience. Et si vous n’avez pas une bonne conscience, comment votre foi peut-elle être sincère ? Il y aurait lieu de questionner votre foi si votre conscience vous accuse sur une base régulière. Foi et bonne conscience vont de pair et doivent toujours être en harmonie.
Quel est donc le danger que court celui qui ne prête pas attention à sa conscience ? Continuons à lire ce passage. En 1Timothée 1.18-19, Paul écrit ceci. Je te confie cette ordonnance, mon enfant Timothée … afin que par elles tu combattes le bon combat, gardant la foi et une bonne conscience (notez à nouveau le lien entre foi et conscience), que quelques–uns ayant rejetée, ils ont fait naufrage quant à la foi. Certains individus ont fait naufrage par rapport à la foi parce qu’ils n’ont pas voulu écouter les avertissements de leur conscience. Ainsi le rejet de leur conscience a causé le naufrage de leur foi, tel un navire qui frappe un rocher et coule. Autrement dit, ils ont perdu la foi.
Voilà un très sérieux avertissement. "Quelques-uns ont rejeté leur conscience." Le mot grec pour "rejeté" (apotheomai) désigne un geste énergique. Il signifie "repousser avec force." Il s’agit donc d’un acte délibéré, et non pas d’une négligence passive comme pourraient suggérer les traductions où on retrouve le terme "perdu" ou "abandonner" (Cette conscience, quelques–uns l’ont perdue – Louis Segond). Lorsqu’une personne repousse constamment sa conscience, celle-ci s’expose à un danger terrible : le naufrage de sa foi. Sa foi sera perdue, détruite à jamais. En d’autres mots, le fait de tourner le dos à sa bonne conscience conduira inévitablement à l’anéantissement de la foi si rien ne change. Et j’aimerais vous faire remarquer qu’on ne peut pas parler de naufrage sans qu’il y ait un navire qui sombre. De la même façon, le naufrage de la foi ne peut pas se produire sans qu’il y ait au préalable une foi véritable. Ceux qui ont fait naufrage par rapport à la foi devaient être de vrais croyants, de disciples qui ont connu la foi et qui maintenant l’ont perdue.
Un acte volontaire
Retournons au péché qui consiste à blasphémer contre le Saint Esprit. Certains disent que ce péché n’est commis que par des chrétiens. Le non-chrétien, ne connaissant pas le Saint Esprit, ne peut pas se rendre coupable d’un tel crime. Je suis loin de partager cette opinion. Je ne crois pas que le péché contre l’Esprit doit nécessairement être limité aux croyants. Il est possible pour un individu, même s’il n’a jamais entendu parlé du Saint Esprit, de commettre ce péché.
Je m’explique. Cet avertissement, Jésus l’a adressé avant tout aux pharisiens. Au v. 24, nous voyons que ce sont eux qui ont dit, Cet homme (Jésus) ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons. Les pharisiens ont attribué à Satan les œuvres du Seigneur. Et c’est en réaction à cette fausse accusation que Jésus soulève la question du péché impardonnable. S’il y a un groupe de personnes qui ont pu commettre ce péché, ce sont bien les pharisiens. Or les pharisiens n’étaient pas pour la plupart des croyants dans le sens d’être des disciples de Christ. Ils pratiquaient la religion avec beaucoup de minutie, certes. Ils connaissaient l’existence de l’Esprit de Dieu mais ils n’étaient pas sauvés pour autant. Jésus les accuse d’avoir un cœur malsain, les qualifiant au v. 34 de "vipères" à cause de leurs paroles malveillantes. Il va jusqu’à les prévenir du crime impardonnable qu’ils étaient sur le point de commettre.
Comment les pharisiens ont-ils pu se rendre jusque-là ? Voilà une question fort importante et nous allons tenter d’y répondre en regardant le passage parallèle dans l’évangile de Marc. Le Seigneur Jésus dit en Marc 3.29, Quiconque blasphémera contre le Saint–Esprit n’obtiendra jamais de pardon : il est coupable d’un péché éternel. Vous vous souviendrez que dans l’évangile de Matthieu, nous avions la phrase, Il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir (Matthieu 12.32). Ce verset a exactement la même signification que celui en Marc. Il est coupable d’un péché éternel. Le péché éternel est donc un péché pour lequel il n’y a pas de pardon. Il ne pourra jamais être effacé, ni dans cette vie ni dans le monde à venir.
Marc nous explique pourquoi les pharisiens et les scribes sont en danger de subir ce redoutable jugement. V. 30 : Jésus parla ainsi (à propos du péché éternel) parce qu’ils disaient : Il est possédé d’un esprit impur. En attribuant au diable les miracles accomplis par Jésus, ceux-ci avaient péché contre le Saint Esprit. Prenez note que les pharisiens n’ont même pas mentionné le nom du Saint Esprit. Alors comment ont-ils pu blasphémer contre lui ? Et bien, ils ont attaqué le Saint Esprit par insinuation. Les pharisiens avaient accusé Jésus de faire des prodiges par la puissance du diable. En vérité, c’est par la puissance de l’Esprit que Jésus opérait les miracles (Matthieu 12.28). Les pharisiens qualifiaient donc le Saint Esprit de Satan ! C’est pourquoi Jésus lança un sévère avertissement à tous ceux qui, comme eux, blasphémeraient consciemment contre l’Esprit de Dieu.
Mais pourquoi, en agissant de la sorte, se rend-on coupable d’un péché éternel ? La réponse est bien simple. Examinez la situation. Pensez-vous que les pharisiens et les scribes ont accusé Jésus dans l’ignorance de ses pouvoirs divins ? Pas du tout. Ils ont refusé d’admettre la vérité, sachant fort bien que la puissance de Jésus ne pouvait pas provenir de Satan. Ils ont délibérément discrédité le travail de l’Esprit même s’il n’y avait pas d’autres façons d’expliquer l’exorcisme dont ils venaient d’être témoins. Ils savaient pertinemment que la puissance de Dieu était en Christ dans ce miracle mais ils ont quand même nié cette vérité en déclarant publiquement que Jésus détenait son pouvoir du diable.
[quote="Mac"][quote="Marc06"]St Paul a été pardonné du meurtre de nombreux chrétiens et est devenu l’apôtre des païens. Mais le meurtre d'une famille entière à quelque chose de bien particulier. Jésus alors qu'Il était sur la croix disait : "[i]Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.[/i]" (Lc 23, 34). Cette célèbre parole nous invite à nous poser une question : Faut il savoir ce que nous faisons pour être impardonnable?
C'est ici que réside le blasphème contre l'Esprit Saint, un blasphème en pleine lumière et en pleine connaissance de ce que nous faisons. Tuer sa famille n'a rien de naturel, notre être tout entier le rejette car, faire cela, c'est tuer l'amour que nous portons en nous. Il est difficile de faire une généralité avec un tel cas mais nous pouvons dire toutefois ce qui sera impardonnable. Ce qui est impardonnable c'est de tuer sa famille alors que nous l'aimons et que nous le faisons avec une véritable intention maléfique de tuer cet amour (en pleine connaissance). Ce n'est pas qu'une telle personne ne pourra pas être pardonnée mais qu'elle ne le voudra pas dans son cœur même si sa bouche dit le contraire.
Maintenant on peut imaginer quelqu'un qui tue sa famille pour lui éviter une mort dans une extrême souffrance par exemple ! Ou alors quelqu'un qui est malade mental !..
Chaque cas est particulier et ce n'est pas à nous de juger qui doit être pardonné et qui ne le doit pas. Car Dieu seul connait les cœurs.[/quote]
Bonsoir Marc,
En fait il y a quelque chose qui m'échappe. Un blasphème est une parole qui outrage gravement. Chaque fois que les pharisiens ont voulu lapider Notre Seigneur Jésus Christ pour blasphème, c'est qu'Il aurait dit des paroles outrageantes selon leur vision de Dieu et de Sa loi. Et Notre Seigneur me semble être le premier à faire référence au blasphème contre le Saint Esprit lorsqu'un pharisien lui dit que c'est par le démon qu'Il opère des guérisons. Donc je ne comprends pas comment on arrive à la conclusion que tuer c'est blasphémer contre le Saint Esprit.
Par ailleurs, vous dites que le blasphème est commis en pleine lumière et en pleine connaissance de ce que nous faisons. Je m'interroge puisque ce pharisien qui voit les œuvres de Notre Seigneur et qui malgré tout dit que c'est par l'œuvre du démon que Notre Seigneur guérit a t-il pleine lumière et pleine connaissance ? Je ne crois pas, car si sur la croix Notre Seigneur dit "Père pardonne leur ils ne savent pas ce qu'il font", je ne vois pas comment ce pharisien pouvait savoir au fond ce qu'il disait.
Fraternellement en Notre Seigneur Jésus Christ.[/quote]
[color=#0000FF]Je vais essayer d'éclaircir mieux :
[u]Version courte[/u] :
Evangile de St-Matthieu Jesus et Béézéboul 12 ; 22-32 lisez bien tout celà d'abord pour aborder ensuite les versets 31 et 32 qui y répondent. Effectivement dans le verset 31-32, il est dit : voilà pourquoi je vous déclare, tout péché, tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas pardonné. Et si quelqu'un dit une parole contre le Fils de l'homme, cela lui sera pardonné ; mais s'il parle contre l'esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni en ce monde ni dans le monde à venir. (explication : non pas condamnation sans appel, mais mise en garde pour n'être pas condamné. L'homme peut méconnaître le mystère du Fils de l'homme, il n'est pas excusable de mal interpréter lorsqu'il a la totale conscience de ce que représente le signe qui constitue l'exorcisme opéré par Jésus dans l'Esprit). De plus les versets 31 et 32 ne doivent pas être sortis du contexte suivant les versets 22 à 30 auquels ils se rapportent . D'autant plus que le verset 30 se termine par Qui n'est pas avec moi, et qui ne rassemble pas avec moi disperse (l'expression évoque le comportement du berger qui figure la conduite de Dieu même envers son peuple). Lorsqu'on dit qui n'amasse pas avec moi dissipe , ce qui évoque le moissonneur au travail.
[u]Version longue [/u]:
La patience de Dieu à l’égard de l’homme pécheur est l’un des aspects les plus encourageants du message chrétien. Tous peuvent recevoir le pardon divin. La Bible nous révèle de façon surprenante que Dieu a même choisi de retarder la seconde venue du Christ afin de laisser le plus de temps possible aux hommes l’occasion de se repentir (2Pierre 3.9). Mais la miséricorde de Dieu a des limites. Il y a en effet un péché qui ne peut pas être pardonné. Jésus l’appelle "le blasphème contre l’Esprit." Il s’agit d’une offense qui est sans remède. Regardons l’enseignement de Jésus sur ce sujet.
Matthieu 12.31. C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné.
32 Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque parlera contre le Saint–Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.
Deux sortes de blasphème
Ce passage fait une distinction très nette entre deux catégories de blasphème. Il y a le blasphème contre le Fils de l’homme et le blasphème contre l’Esprit de Dieu. Dans le premier cas, le péché est commis contre le Fils de l’homme. Qui est le Fils de l’homme ? Il s’agit bien sûr du Seigneur Jésus. Tout blasphème et tout péché contre Jésus pourra être pardonné aux hommes. Mais le blasphème contre le Saint-Esprit ne peut pas être pardonné. Le blasphème est un crime qui consiste à tenir des propos diffamatoires et outrageants contre quelqu’un. On attaque la réputation d’une personne par des paroles injurieuses. Lorsque nous plaçons les versets 31 et 32 l’un à côté de l’autre, nous notons que ‘le blasphème contre l’Esprit’ est défini par l’action en toute conscience de "parler contre l’Esprit Saint." Nous insultons ainsi la personne du Saint-Esprit.
Donc, tous les péchés sont pardonnables, sauf un. Il n’y a pas de pardon pour quiconque parlera contre l’Esprit. Avant d’explorer la signification de ce terrible péché, je crois qu’il serait utile d’expliquer pourquoi le blasphème contre Jésus peut être pardonné alors que ce n’est pas le cas pour le blasphème contre l’Esprit.
En effet, comment se fait-il que vous pouvez parler en mal contre le Fils de l’homme, de pécher contre Jésus, et avoir encore la possibilité de bénéficier du pardon tandis que le blasphème contre l’Esprit, lui, n’est pas pardonnable ? Ne trouvez-vous pas étrange que Jésus établisse une différence entre ces deux sortes de péché ? Considérez la question de cette façon. Lorsque vous parlez contre Jésus, ne parlez-vous pas aussi contre Dieu ? Et en insultant Dieu, vos paroles ne sont-elles pas aussi dirigées contre l’Esprit Saint ? Suite au mensonge d’Ananias et Saphira, l’apôtre Pierre affirma que mentir au Saint-Esprit, c’est mentir à Dieu (Actes 5.3-4). Alors comment expliquer la si grande différence entre le blasphème contre Jésus et le blasphème contre l’Esprit ? Le degré de culpabilité n’est-il pas le même dans les deux cas ?
Pécher par ignorance
Jean le Baptiste dit à la foule en Jean 1.26, "Il y a quelqu’un au milieu de vous que vous ne connaissez pas." Jésus se trouvait au milieu d’eux, en chair et en os, bien qu’ils ne le connaissaient pas. Ils ne le reconnaissaient pas comme le Messie. Certaines personnes, par leur ignorance de la véritable identité du Christ, ont peut-être injurié le Seigneur. Or un péché commis par ignorance est pardonnable. Tout péché contre Jésus, même celui de le crucifier sur la croix, peut être pardonné. Souvenez-vous de ses paroles au moment de sa crucifixion. Père, pardonne–leur, car ils ne savent ce qu’ils font (Luc 23.34). Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Ils ne savaient pas qu’ils mettaient à mort le Messie. Ce péché, qu’elle qu’en fût la culpabilité, Dieu pouvait le pardonner parce qu’ils avaient agi par ignorance. Il est important de bien observer ce point.
Cela signifie, par contraste, que le péché contre le Saint Esprit ne peut pas être commis par ignorance. Lorsque vous commettez une telle faute, vous n’êtes plus dans l’ignorance. Il y a donc ici une distinction entre la méconnaissance de la personne du Christ et le rejet délibéré et persistent de sa divinité après l’avoir connue. Nous reviendrons sur le péché impardonnable dans un moment.
Je peux ainsi pécher contre Jésus par ignorance, sans savoir qui il est vraiment. Le nom de Jésus ne signifie rien pour moi. Je peux mépriser les chrétiens. Je peux attaquer l’église. Je peux ridiculiser le christianisme. Malgré tout cela, je peux encore bénéficier du pardon de Dieu. Paul a bien connu cette expérience-là. L’apôtre Paul avoue en 1Timothée 1.13 qu’il a été un blasphémateur envers Dieu avant qu’il ne se convertisse. Il dit, Moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j’ai obtenu miséricorde, parce que j’agissais par ignorance, dans l’incrédulité. Par ces paroles, Paul reconnaît trois fautes : il a blasphémé, persécuté et attaqué Jésus. Malgré tous ses torts, Dieu lui a quand même manifesté sa miséricorde. Pourquoi le Seigneur lui a-t-il pardonné ses péchés ? Parce que Paul a persécuté l’église "par ignorance" et "dans l’incrédulité." L’ignorance et l’incrédulité ne peuvent excuser les actes outrageux de Paul envers les croyants mais elles expliquent pourquoi Dieu l’a traité avec miséricorde.
En nommant ses propres péchés, Paul montre qu’il n’était pas un pécheur opiniâtre. Il n’a pas péché contre l’Esprit Saint même si on pourrait qualifier sa conduite de barbare. Voyez-vous, son cœur n’a jamais cessé d’être ouvert à Dieu. Il ne savait pas que Jésus était le Christ. En persécutant les chrétiens, il pensait sincèrement rendre service à Dieu. Il croyait vraiment que la foi chrétienne était opposée au Jéhovah de l’AT. Avec tout le zèle et l’énergie qu’il possédait, il a alors cherché à défendre l’honneur de Dieu en faisant mourir les chrétiens (Philippiens 3.6). Mais il s’agissait d’un zèle qui reposait sur un mauvais fondement. Et en ce sens, il a agit par ignorance, sans savoir que son zèle causerait tant de tort à Dieu.
L’apôtre Paul s’est toujours efforcé d’avoir une conscience sans reproche. Il s’agit-là d’une règle de conduite qu’il s’est exercé à appliquer tout au long de sa vie, même avant qu’il ne devienne chrétien. Il déclara devant le sanhédrin en Actes 23.1, Hommes frères, c’est en toute bonne conscience que je me suis conduit jusqu’à ce jour devant Dieu. Il répéta la même chose en Actes 24.16. C’est pourquoi, moi aussi, je m’exerce à avoir constamment une conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes.
Un récepteur spirituel
La question de la conscience est extrêmement importante dans la relation de l’être humain avec Dieu. Pourquoi est-elle importante? Il faut savoir que Dieu utilise la conscience pour parler aux hommes. Mais qu’est-ce que la conscience ? Définie simplement, la conscience est un agent intérieur qui porte des jugements de valeur morale sur les motivations et les actions d’une personne. Elle ne provient ni de notre éducation ni de la société, bien qu’elle puisse en être influencée. Il s’agit avant tout d’une faculté humaine innée. Tous les hommes naissent avec une certaine capacité d’évaluer le caractère juste ou injuste d’une situation ou d’une action. C’est pourquoi un individu, même s’il ne connaît pas Dieu, peut éprouver des remords après avoir mal agi. La conscience constitue le dernier lien par lequel un contact avec le divin est encore possible, même si la personne vit dans le péché. En Romains 2.15, Paul lie le témoignage intérieur de la conscience à la loi de Dieu écrite dans tout cœur humain. Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi … ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage… Ce verset nous montre que le non-chrétien, même s’il ne connaît pas la loi de Dieu, accomplit les préceptes de cette loi lorsqu’il écoute la voix de sa conscience.
L’apôtre Paul est un homme qui n’a jamais cessé d’ouvrir sa conscience à Dieu, même avant sa conversion. C’est pourquoi Dieu a pu le toucher d’une manière si puissante sur la route conduisant à Damas. Du point de vue biblique, il est clair que la conscience joue un rôle crucial dans l’expérience de la conversion. Si Paul avait ignoré le témoignage de sa conscience, il n’aurait pas été en mesure d’être sensible à la voix de Dieu. De la même manière, Dieu nous parle encore aujourd’hui au travers de notre conscience.
Ceci étant dit, il ne faudrait toutefois pas mettre sur le même pied la conscience et la voix de Dieu ou la loi de Dieu. La conscience n’est pas la voix de Dieu. Elle n’est pas toujours fiable. La conscience rend témoignage aux normes morales des autorités qui l’ont inspirée mais comme dans le cas de tout témoin, le témoignage de la conscience peut être erroné. Il est possible par exemple qu’elle ait mal interprété les normes sur lesquelles reposent son témoignage, que ces normes soient chrétiennes ou non. On se souviendra du zèle fautif de Paul. Donc la conscience n’est pas la voix de Dieu, mais la voix de Dieu peut certainement instruire la conscience. Notre conscience se compare ainsi à un récepteur spiritual, capable de capter les signaux émis par Dieu.
Réduite au silence
Lorsque nous agissons à l’encontre de notre conscience, il se produit quelque chose en nous qui nous rend inconfortables. Ce sentiment se traduit souvent par du remords, du regret ou de la culpabilité. Mais nous ne sommes pas obligés d’écouter notre conscience. Il suffit tout simplement de la réduire au silence, un peu comme on le ferait en baissant le volume de la radio. Nous avons tous déjà entendu parler de ces criminels chez qui le sens moral semble totalement absent. Ils continuent à proclamer leur innocence même après leur emprisonnement. Ces cas sont des exemples extrêmes où la conscience a été complètement insensibilisée. En supprimant le témoignage de la conscience, il est possible de commettre les crimes les plus haineux sans avoir le sentiment d’avoir mal agi.
Le chrétien peut aussi refouler sa conscience. La Bible nous enseigne qu’une bonne conscience a un rôle très important à jouer sur le plan de la foi et que la suppression de son activité entraîne inévitablement d’importantes perturbations spirituelles. À cet effet, Paul établit un lien étroit entre la foi et la conscience. En 1Timothée 1.5, il écrit, Or la fin de l’ordonnance, c’est l’amour qui procède d’un cœur pur et d’une bonne conscience et d’une foi sincère. L’amour est le but suprême de la rédemption. Pour que l’amour de Dieu soit répandu dans nos cœurs, trois conditions sont nécessaires : un cœur pur, une bonne conscience et une foi sincère. Sans un cœur pur, vous ne pouvez pas avoir une bonne conscience. Et si vous n’avez pas une bonne conscience, comment votre foi peut-elle être sincère ? Il y aurait lieu de questionner votre foi si votre conscience vous accuse sur une base régulière. Foi et bonne conscience vont de pair et doivent toujours être en harmonie.
Quel est donc le danger que court celui qui ne prête pas attention à sa conscience ? Continuons à lire ce passage. En 1Timothée 1.18-19, Paul écrit ceci. Je te confie cette ordonnance, mon enfant Timothée … afin que par elles tu combattes le bon combat, gardant la foi et une bonne conscience (notez à nouveau le lien entre foi et conscience), que quelques–uns ayant rejetée, ils ont fait naufrage quant à la foi. Certains individus ont fait naufrage par rapport à la foi parce qu’ils n’ont pas voulu écouter les avertissements de leur conscience. Ainsi le rejet de leur conscience a causé le naufrage de leur foi, tel un navire qui frappe un rocher et coule. Autrement dit, ils ont perdu la foi.
Voilà un très sérieux avertissement. "Quelques-uns ont rejeté leur conscience." Le mot grec pour "rejeté" (apotheomai) désigne un geste énergique. Il signifie "repousser avec force." Il s’agit donc d’un acte délibéré, et non pas d’une négligence passive comme pourraient suggérer les traductions où on retrouve le terme "perdu" ou "abandonner" (Cette conscience, quelques–uns l’ont perdue – Louis Segond). Lorsqu’une personne repousse constamment sa conscience, celle-ci s’expose à un danger terrible : le naufrage de sa foi. Sa foi sera perdue, détruite à jamais. En d’autres mots, le fait de tourner le dos à sa bonne conscience conduira inévitablement à l’anéantissement de la foi si rien ne change. Et j’aimerais vous faire remarquer qu’on ne peut pas parler de naufrage sans qu’il y ait un navire qui sombre. De la même façon, le naufrage de la foi ne peut pas se produire sans qu’il y ait au préalable une foi véritable. Ceux qui ont fait naufrage par rapport à la foi devaient être de vrais croyants, de disciples qui ont connu la foi et qui maintenant l’ont perdue.
Un acte volontaire
Retournons au péché qui consiste à blasphémer contre le Saint Esprit. Certains disent que ce péché n’est commis que par des chrétiens. Le non-chrétien, ne connaissant pas le Saint Esprit, ne peut pas se rendre coupable d’un tel crime. Je suis loin de partager cette opinion. Je ne crois pas que le péché contre l’Esprit doit nécessairement être limité aux croyants. Il est possible pour un individu, même s’il n’a jamais entendu parlé du Saint Esprit, de commettre ce péché.
Je m’explique. Cet avertissement, Jésus l’a adressé avant tout aux pharisiens. Au v. 24, nous voyons que ce sont eux qui ont dit, Cet homme (Jésus) ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons. Les pharisiens ont attribué à Satan les œuvres du Seigneur. Et c’est en réaction à cette fausse accusation que Jésus soulève la question du péché impardonnable. S’il y a un groupe de personnes qui ont pu commettre ce péché, ce sont bien les pharisiens. Or les pharisiens n’étaient pas pour la plupart des croyants dans le sens d’être des disciples de Christ. Ils pratiquaient la religion avec beaucoup de minutie, certes. Ils connaissaient l’existence de l’Esprit de Dieu mais ils n’étaient pas sauvés pour autant. Jésus les accuse d’avoir un cœur malsain, les qualifiant au v. 34 de "vipères" à cause de leurs paroles malveillantes. Il va jusqu’à les prévenir du crime impardonnable qu’ils étaient sur le point de commettre.
Comment les pharisiens ont-ils pu se rendre jusque-là ? Voilà une question fort importante et nous allons tenter d’y répondre en regardant le passage parallèle dans l’évangile de Marc. Le Seigneur Jésus dit en Marc 3.29, Quiconque blasphémera contre le Saint–Esprit n’obtiendra jamais de pardon : il est coupable d’un péché éternel. Vous vous souviendrez que dans l’évangile de Matthieu, nous avions la phrase, Il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir (Matthieu 12.32). Ce verset a exactement la même signification que celui en Marc. Il est coupable d’un péché éternel. Le péché éternel est donc un péché pour lequel il n’y a pas de pardon. Il ne pourra jamais être effacé, ni dans cette vie ni dans le monde à venir.
Marc nous explique pourquoi les pharisiens et les scribes sont en danger de subir ce redoutable jugement. V. 30 : Jésus parla ainsi (à propos du péché éternel) parce qu’ils disaient : Il est possédé d’un esprit impur. En attribuant au diable les miracles accomplis par Jésus, ceux-ci avaient péché contre le Saint Esprit. Prenez note que les pharisiens n’ont même pas mentionné le nom du Saint Esprit. Alors comment ont-ils pu blasphémer contre lui ? Et bien, ils ont attaqué le Saint Esprit par insinuation. Les pharisiens avaient accusé Jésus de faire des prodiges par la puissance du diable. En vérité, c’est par la puissance de l’Esprit que Jésus opérait les miracles (Matthieu 12.28). Les pharisiens qualifiaient donc le Saint Esprit de Satan ! C’est pourquoi [u]Jésus lança un sévère avertissement à tous ceux qui, comme eux, blasphémeraient consciemment contre l’Esprit de Dieu.[/u]
Mais pourquoi, en agissant de la sorte, se rend-on coupable d’un péché éternel ? La réponse est bien simple. Examinez la situation. Pensez-vous que les pharisiens et les scribes ont accusé Jésus dans l’ignorance de ses pouvoirs divins ? Pas du tout. Ils ont refusé d’admettre la vérité, sachant fort bien que la puissance de Jésus ne pouvait pas provenir de Satan. Ils ont délibérément discrédité le travail de l’Esprit même s’il n’y avait pas d’autres façons d’expliquer l’exorcisme dont ils venaient d’être témoins. Ils savaient pertinemment que la puissance de Dieu était en Christ dans ce miracle mais ils ont quand même nié cette vérité en déclarant publiquement que Jésus détenait son pouvoir du diable.
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