par VexillumRegis » dim. 11 juin 2006, 8:51
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Azuu a écrit :Pourtant, ici on ne consacre plus l'hostie face au crucifix, mais bien face à l'assemblée depuis bien longtemps...
La question n'est pas de savoir s'il faut consacrer l'hostie face au crucifix ou face à l'assemblée (
versus populum). Il s'agit ici de l'orientation de l'autel et du prêtre. La Tradition liturgique la plus ancienne demande à ce que le prêtre soit tourné vers l'Orient, symbole du Christ. Si l'abside est orienté vers l'Est, le prêtre devrait célébrer dos au peuple ; si elle est orientée vers l'Ouest (comme à Saint Pierre ou dans la propre église que je fréquente), alors le prêtre devrait célébrer face au peuple.
Le cardinal Ratzinger, dans son ouvrage majeur
L'Esprit de la liturgie, plaide pour le retour à une théologie plus juste de la place de l'autel et de son orientation dans la liturgie.
"
La position du prêtre tourné vers le peuple a fait de l'assemblée priante une communauté refermée sur elle-même. Celle-ci n'est plus ouverte ni vers le monde à venir, ni vers le Ciel. La prière en commun vers l'est ne signifiait pas que la célébration se faisait en direction du mur ni que le prêtre tournait le dos au peuple - on n'accordait d'ailleurs pas tant d'importance au célébrant. De même que dans la synagogue tous regardaient vers Jérusalem, de même tous ensemnle regardaient "vers le Seigneur". Il s'agissait donc, pour reprendre les termes de J.A. Jungmann [que je cite ci-dessous], un des pères de la Constitution sur la Liturgie de Vatican II, d'une orientation commune du prêtre et du peuple, conscients d'avancer ensemble en procession vers le Seigneur. Ils ne s'enfermaient pas dans un cercle, ne se regardaient pas l'un l'autre mais, peuple de Dieu en marche vers l'Orient, ils se tournaient ensemble vers le Christ qui vient à notre rencontre". (
Cardinal Ratzinger,
L'Esprit de la liturgie, p. 68 )
“
A propos de cette insistance actuelle sur cette position de l’autel [versus populum] comme facteur d’une union plus grande entre le célébrant et l’assemblée, il peut être bon de faire voir nettement que ce précédent historique en faveur de l’orientation de l’autel est souvent fort exagéré. Les divers rites orientaux n’ont jamais favorisé la célébration de la liturgie dans cette position. Ceci mérite d’être noté, car ces rites ont, généralement, conservé les pratiques primitives traditionnelles de l’Eglise avec beaucoup de fidélité, et ont maintenu jusqu’à ce jour une participation très active et très étroite des fidèles. Le principal motif en faveur de cette manière de placer d’autel est à rechercher, comme nous l’avons déjà indiqué, dans la règle générale de l’orientation pour la prière. Avec l’abside de l’église tournée vers l’ouest, comme c’était généralement le cas à Rome, le prêtre était obligé de tourner le dos à l’abside et de regarder le peuple. Et l’on peut remarquer au passage que le peuple aussi tournait le dos au prêtre tandis qu’il se tenait ainsi pour prier. Il est donc bien possible que la disposition de l’autel dans les basiliques romaines se rattache à cette orientation dans la prière, car dans ces églises le prêtre est à même de faire face à l’autel en même temps qu’à l’orient. Mais pour le peuple, la nécessité de se détourner de l’autel était un inconvénient certain (...) Ce fut sans doute cet inconvénient qui conduisit en fin de compte à modifier le plan de construction des églises. Dès le IVè siècle, certaines églises furent construites avec l’abside vers l’est, selon ce qui devient par la suite la règle général. Désormais, le prêtre se tient à l’autel, généralement bâti en pierre, comme le guide de son peuple, et le peuple le regarde et regarde l’autel en même temps, et avec le prêtre il fait face à l’est. Désormais, toute l’assemblée constitue comme une vaste procession menée par le prêtre, et en marche vers le soleil, vers le Christ Seigneur”. (
Joseph A. Jungmann, s. j.,
La liturgie des premiers siècles jusqu’à l’époque de Grégoire de Grand, Paris, Cerf, 1962, pp. 214-215).
Pour plus de précisions à ce sujet, voir :
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http://www.salve-regina.com/Liturgie/au ... peuple.htm
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http://www.clerus.org/clerus/dati/2001- ... n%E9s.html
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http://www.30giorni.it/fr/articolo_stampa.asp?id=3529 (cette ouvrage va être prochainement édité en français par les éditions
Ad Solem).
En Christ,
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[align=justify][quote="Azuu"]Pourtant, ici on ne consacre plus l'hostie face au crucifix, mais bien face à l'assemblée depuis bien longtemps...[/quote]
La question n'est pas de savoir s'il faut consacrer l'hostie face au crucifix ou face à l'assemblée ([i]versus populum[/i]). Il s'agit ici de l'orientation de l'autel et du prêtre. La Tradition liturgique la plus ancienne demande à ce que le prêtre soit tourné vers l'Orient, symbole du Christ. Si l'abside est orienté vers l'Est, le prêtre devrait célébrer dos au peuple ; si elle est orientée vers l'Ouest (comme à Saint Pierre ou dans la propre église que je fréquente), alors le prêtre devrait célébrer face au peuple.
Le cardinal Ratzinger, dans son ouvrage majeur [i]L'Esprit de la liturgie[/i], plaide pour le retour à une théologie plus juste de la place de l'autel et de son orientation dans la liturgie.
"[color=darkred][i]La position du prêtre tourné vers le peuple a fait de l'assemblée priante une communauté refermée sur elle-même. Celle-ci n'est plus ouverte ni vers le monde à venir, ni vers le Ciel. [u]La prière en commun vers l'est ne signifiait pas que la célébration se faisait en direction du mur ni que le prêtre tournait le dos au peuple[/u] - on n'accordait d'ailleurs pas tant d'importance au célébrant. De même que dans la synagogue tous regardaient vers Jérusalem, de même tous ensemnle regardaient "vers le Seigneur". Il s'agissait donc, pour reprendre les termes de J.A. Jungmann [que je cite ci-dessous], un des pères de la Constitution sur la Liturgie de Vatican II, d'une orientation commune du prêtre et du peuple, conscients d'avancer ensemble en procession vers le Seigneur. Ils ne s'enfermaient pas dans un cercle, ne se regardaient pas l'un l'autre mais, peuple de Dieu en marche vers l'Orient, ils se tournaient ensemble vers le Christ qui vient à notre rencontre[/i][/color]". ([b]Cardinal Ratzinger[/b], [i]L'Esprit de la liturgie[/i], p. 68 )
“[color=darkred][i]A propos de cette insistance actuelle sur cette position de l’autel [versus populum] comme facteur d’une union plus grande entre le célébrant et l’assemblée, il peut être bon de faire voir nettement que ce précédent historique en faveur de l’orientation de l’autel est souvent fort exagéré. Les divers rites orientaux n’ont jamais favorisé la célébration de la liturgie dans cette position. Ceci mérite d’être noté, car ces rites ont, généralement, conservé les pratiques primitives traditionnelles de l’Eglise avec beaucoup de fidélité, et ont maintenu jusqu’à ce jour une participation très active et très étroite des fidèles. Le principal motif en faveur de cette manière de placer d’autel est à rechercher, comme nous l’avons déjà indiqué, dans la règle générale de l’orientation pour la prière. Avec l’abside de l’église tournée vers l’ouest, comme c’était généralement le cas à Rome, le prêtre était obligé de tourner le dos à l’abside et de regarder le peuple. [u]Et l’on peut remarquer au passage que le peuple aussi tournait le dos au prêtre tandis qu’il se tenait ainsi pour prier[/u]. Il est donc bien possible que la disposition de l’autel dans les basiliques romaines se rattache à cette orientation dans la prière, car dans ces églises le prêtre est à même de faire face à l’autel en même temps qu’à l’orient. Mais pour le peuple, la nécessité de se détourner de l’autel était un inconvénient certain (...) Ce fut sans doute cet inconvénient qui conduisit en fin de compte à modifier le plan de construction des églises. Dès le IVè siècle, certaines églises furent construites avec l’abside vers l’est, selon ce qui devient par la suite la règle général. [b]Désormais, le prêtre se tient à l’autel, généralement bâti en pierre, comme le guide de son peuple, et le peuple le regarde et regarde l’autel en même temps, et avec le prêtre il fait face à l’est. Désormais, toute l’assemblée constitue comme une vaste procession menée par le prêtre, et en marche vers le soleil, vers le Christ Seigneur[/b][/i][/color]”. ([b]Joseph A. Jungmann[/b], s. j., [i]La liturgie des premiers siècles jusqu’à l’époque de Grégoire de Grand[/i], Paris, Cerf, 1962, pp. 214-215).
Pour plus de précisions à ce sujet, voir :
- [url]http://www.salve-regina.com/Liturgie/autel.face.au.peuple.htm[/url]
- [url]http://www.clerus.org/clerus/dati/2001-05/22-13/Tourn%E9s.html[/url]
- [url]http://www.30giorni.it/fr/articolo_stampa.asp?id=3529[/url] (cette ouvrage va être prochainement édité en français par les éditions [i]Ad Solem[/i]).
En Christ,
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