par Raistlin » lun. 14 sept. 2009, 9:44
Bonjour Théo d'Or,
Théo d'Or a écrit :Oui, mais je parlais justement d’une belle qui accepte sciemment d’aller en enfer mais qui, en même temps, espère contenir quand même de l’amour sans forcément essayer de monnayer quoique ce soit à la Miséricorde Divine.
Excusez-moi, je ne suis pas catholique… mais que devient l’amour qu’elle espère malgré tout avoir en elle ? Est-ce de l’amour ? C’est quoi l’amour ? Ca a l’air d’aller de soi pour pleins de gens, mais pas pour moi….. Même à la lecture de la Bible….
Le problème, c'est que votre cas comporte des imprécisions. Comme vous l'avez décrit, j'imagine que la femme en question connaît l'avis de Dieu sur la question et donc sait qu'elle va pécher. En outre, il ne semble pas que ce soit par défaillance de la volonté (ce qui pourrait constituer une circonstance atténuante) mais parce qu'elle est prête à "prendre le risque". Hé bien c'est ce que j'appelle essayer de se servir de la Miséricorde. Et selon moi (mais Dieu seul est juge), ça mérite l'Enfer car ça prétend se servir de l'amour de Dieu contre Sa Justice pour assouvir nos envies personnelles.
Maintenant, vous soulevez un point essentiel : qu'est-ce que l'amour ? Après tout, ne nous rabâche-t-on pas les oreilles que multiplier les partenaires, tant que c'est fait avec respect et "humanité" (ça veut dire quoi au fait ?), c'est de l'amour ? N'entend-on pas partout dans les media que sexe et amour, c'est la même chose ?
Hé bien non, selon Dieu, l'amour a une définition : le don de soi. Le don de soi jusqu'à la mort pour sauver ceux qu'on aime (c'est tout le sens de la Croix du Christ). L'amour est donc profondément exigeant, profondément "décentrant", profondément tourné vers l'autre. Une personne qui multiplierait les expériences sexuelles, sans jamais s'attacher, méconnaîtrait justement ce qu'est l'amour vrai puisqu'elle ne se donnerait jamais complètement. Certes, elle se donnerait un peu, mais jamais au point d'oublier que son plaisir, c'est d'avoir beaucoup de partenaires, et que c'est son plaisir qui passe avant.
En outre, que dit le Christ dans son grand commandement de l'amour ? Voici (souvent amputé de la part qui dérange) :
Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Hé oui, le premier commandement de l'amour, c'est d'aimer Dieu. Et donc d'essayer de faire Sa volonté, avant même notre volonté. Donc ignorer la volonté de Dieu, pour soi-disant vivre "l'amour" des créatures, c'est préférer la créature au Créateur, c'est tomber dans l'idolâtrie.
Bien sûr, tout ce que je vous dit n'a de sens que dans la foi chrétienne. Cependant, je pense que la définition chrétienne de l'amour est universelle et profondément juste. Vous savez, même l'homme qui bat sa femme peut dire qu'il l'aime. Ce ne sont que des mots. Mais l'amour vrai, c'est lorsque je m'oublie pour l'autre, lorsque je lui donne tout ce que j'ai, tout ce que je suis,
sans reprise d'aucune sorte. Seul Dieu sait aimer comme ça mais, apparemment, il a décidé de nous apprendre.
Théo d'Or a écrit :Peut-être suis-je abominable…
Mais la question n’est pas là. Dans quelle mesure peut-il y avoir de l’amour dans le fait de laisser partir la personne qui aurait lié son existence à la vôtre dans un premier temps. Autrement dit, ne bascule t’on pas vite dans la possession, ce qui est différent de l’amour ?
L'adultère est une abomination car il viole non seulement notre promesse de fidélité mais aussi défigure l'image de l'amour en nous. Nous sommes à l'image de Dieu et Dieu est fidèle.
Mais nous sommes tous pécheurs et le repentir est toujours possible. Dieu peut toujours nous relever. Mais ce qui est encore plus abominable, c'est d'essayer de faire passer la faute pour normale et quasi bonne parce qu'on n'a pas la force de combattre ou l'humilité de nous reconnaître pécheur.
Sinon, je suis d'accord avec vous, la possession n'est pas l'amour. L'amour laisse libre et laisse libre jusqu'à la possibilité de l'adultère (Voyez Dieu dans l'Ancien Testament avec le peuple d'Israël : celui-ci ne cesse de Lui faire des infidélités mais Dieu ne cesse de rappeler Son amour et de pardonner). Mais il est aussi possible d'aimer sans possession. Oui chacun doit demeurer libre mais chacun doit demeurer aussi responsable et fidèle à la parole donnée. L'amour c'est la liberté mais c'est aussi l'engagement. D'ailleurs peut-il y avoir de vraie liberté sans engagement réel et ferme ? Car papillonner à droite à gauche, tout le monde peut le faire, il suffit de suivre ses pulsions, mais s'engager, se donner, voilà qui exige un effort de volonté et une bonne dose d'amour vrai. Voilà qui exige de s'oublier un instant pour se donner totalement.
Bref, dans tous les cas, il ne me semble pas juste d'avancer la liberté - et encore moins l'amour - pour justifier nos écarts de conduite. Que nous soyons faibles, c'est une chose, que nous tentions de faire passer cette faiblesse pour une vertu c'en est une autre.
Pour aller plus loin sur la liberté, je vous donne la vision qu'en a l'Église : la vraie liberté, c'est celle de choisir le bien, de préférer ce qui est juste et bon. Voilà pourquoi il est illicite de se réclamer de la liberté pour faire le mal, et l'adultère est un mal objectif puisqu'il dénature complètement le concept d'alliance fidèle.
Bien à vous,
P.S.: Bien entendu, je ne me permets en aucun cas de vous juger, je me contente de donner des réponses générales sur ce que je pense comprendre de Dieu et de la doctrine de l'Église.
Bonjour Théo d'Or,
[quote="Théo d'Or"]Oui, mais je parlais justement d’une belle qui accepte sciemment d’aller en enfer mais qui, en même temps, espère contenir quand même de l’amour sans forcément essayer de monnayer quoique ce soit à la Miséricorde Divine.
Excusez-moi, je ne suis pas catholique… mais que devient l’amour qu’elle espère malgré tout avoir en elle ? Est-ce de l’amour ? C’est quoi l’amour ? Ca a l’air d’aller de soi pour pleins de gens, mais pas pour moi….. Même à la lecture de la Bible….[/quote]
Le problème, c'est que votre cas comporte des imprécisions. Comme vous l'avez décrit, j'imagine que la femme en question connaît l'avis de Dieu sur la question et donc sait qu'elle va pécher. En outre, il ne semble pas que ce soit par défaillance de la volonté (ce qui pourrait constituer une circonstance atténuante) mais parce qu'elle est prête à "prendre le risque". Hé bien c'est ce que j'appelle essayer de se servir de la Miséricorde. Et selon moi (mais Dieu seul est juge), ça mérite l'Enfer car ça prétend se servir de l'amour de Dieu contre Sa Justice pour assouvir nos envies personnelles.
Maintenant, vous soulevez un point essentiel : qu'est-ce que l'amour ? Après tout, ne nous rabâche-t-on pas les oreilles que multiplier les partenaires, tant que c'est fait avec respect et "humanité" (ça veut dire quoi au fait ?), c'est de l'amour ? N'entend-on pas partout dans les media que sexe et amour, c'est la même chose ?
Hé bien non, selon Dieu, l'amour a une définition : le don de soi. Le don de soi jusqu'à la mort pour sauver ceux qu'on aime (c'est tout le sens de la Croix du Christ). L'amour est donc profondément exigeant, profondément "décentrant", profondément tourné vers l'autre. Une personne qui multiplierait les expériences sexuelles, sans jamais s'attacher, méconnaîtrait justement ce qu'est l'amour vrai puisqu'elle ne se donnerait jamais complètement. Certes, elle se donnerait un peu, mais jamais au point d'oublier que son plaisir, c'est d'avoir beaucoup de partenaires, et que c'est son plaisir qui passe avant.
En outre, que dit le Christ dans son grand commandement de l'amour ? Voici (souvent amputé de la part qui dérange) : [color=#0000BF][b]Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement.[/b] Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.[/color]
Hé oui, le premier commandement de l'amour, c'est d'aimer Dieu. Et donc d'essayer de faire Sa volonté, avant même notre volonté. Donc ignorer la volonté de Dieu, pour soi-disant vivre "l'amour" des créatures, c'est préférer la créature au Créateur, c'est tomber dans l'idolâtrie.
Bien sûr, tout ce que je vous dit n'a de sens que dans la foi chrétienne. Cependant, je pense que la définition chrétienne de l'amour est universelle et profondément juste. Vous savez, même l'homme qui bat sa femme peut dire qu'il l'aime. Ce ne sont que des mots. Mais l'amour vrai, c'est lorsque je m'oublie pour l'autre, lorsque je lui donne tout ce que j'ai, tout ce que je suis, [u]sans reprise d'aucune sorte[/u]. Seul Dieu sait aimer comme ça mais, apparemment, il a décidé de nous apprendre. :saint:
[quote="Théo d'Or"]Peut-être suis-je abominable…
Mais la question n’est pas là. Dans quelle mesure peut-il y avoir de l’amour dans le fait de laisser partir la personne qui aurait lié son existence à la vôtre dans un premier temps. Autrement dit, ne bascule t’on pas vite dans la possession, ce qui est différent de l’amour ?[/quote]
L'adultère est une abomination car il viole non seulement notre promesse de fidélité mais aussi défigure l'image de l'amour en nous. Nous sommes à l'image de Dieu et Dieu est fidèle.
Mais nous sommes tous pécheurs et le repentir est toujours possible. Dieu peut toujours nous relever. Mais ce qui est encore plus abominable, c'est d'essayer de faire passer la faute pour normale et quasi bonne parce qu'on n'a pas la force de combattre ou l'humilité de nous reconnaître pécheur.
Sinon, je suis d'accord avec vous, la possession n'est pas l'amour. L'amour laisse libre et laisse libre jusqu'à la possibilité de l'adultère (Voyez Dieu dans l'Ancien Testament avec le peuple d'Israël : celui-ci ne cesse de Lui faire des infidélités mais Dieu ne cesse de rappeler Son amour et de pardonner). Mais il est aussi possible d'aimer sans possession. Oui chacun doit demeurer libre mais chacun doit demeurer aussi responsable et fidèle à la parole donnée. L'amour c'est la liberté mais c'est aussi l'engagement. D'ailleurs peut-il y avoir de vraie liberté sans engagement réel et ferme ? Car papillonner à droite à gauche, tout le monde peut le faire, il suffit de suivre ses pulsions, mais s'engager, se donner, voilà qui exige un effort de volonté et une bonne dose d'amour vrai. Voilà qui exige de s'oublier un instant pour se donner totalement.
Bref, dans tous les cas, il ne me semble pas juste d'avancer la liberté - et encore moins l'amour - pour justifier nos écarts de conduite. Que nous soyons faibles, c'est une chose, que nous tentions de faire passer cette faiblesse pour une vertu c'en est une autre.
Pour aller plus loin sur la liberté, je vous donne la vision qu'en a l'Église : la vraie liberté, c'est celle de choisir le bien, de préférer ce qui est juste et bon. Voilà pourquoi il est illicite de se réclamer de la liberté pour faire le mal, et l'adultère est un mal objectif puisqu'il dénature complètement le concept d'alliance fidèle.
Bien à vous,
P.S.: Bien entendu, je ne me permets en aucun cas de vous juger, je me contente de donner des réponses générales sur ce que je pense comprendre de Dieu et de la doctrine de l'Église.