La Règle d'Or

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Re: La Règle d'Or

par mike.adoo » jeu. 03 mai 2012, 19:50

Bonsoir

Jésus ne se contente pas d'énoncer cette "règle d'or " . Il la commente , la complète , la transcende .

j'ai écrit une page à ce proposhttp://catechisme-adulte.blogspot.fr/20 ... e-dor.html

Re: La Règle d'Or

par mike.adoo » jeu. 03 mai 2012, 19:44

Bonsoir à tous

Cette règle d'or ( éthique réciproque ) se retrouve dans toutes les religions et les philosophies du monde , depuis la nuit des temps .

Voici ce qu'en disent les Pères de l'Eglise dans la chaîne d'or de saint Thomas d'Aquin :

St.Aug. (serm. sur la mont., liv. 2, chap. 34.) Une conduite sage et réglée donne à l'homme une certaine fermeté et la force de marcher dans la voie de la sagesse, et le font parvenir jusqu'à la pureté, jusqu'à la simplicité du coeur. Notre-Seigneur conclut tous les développements qu'il vient de donner sur cette matière par ces paroles : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-même pour eux, » car il n'est personne qui voudrait qu'on agît à son égard avec duplicité et dissimulation.



St.Chrys. (sur St.Matth.) On peut encore établir de cette manière la liaison avec ce qui précède. Notre-Seigneur, voulant rendre notre prière plus sainte et plus pure, nous a commandé plus haut de ne pas juger ceux qui nous ont offensés. Or, comme il s'était écarté de ce sujet pour traiter d'autres matières, il y revient et complète l'explication de ce précepte en ajoutant : « Tout ce que vous voudrez, » etc., c'est-à-dire non-seulement vous ne devrez pas juger, mais tout ce que vous voudrez que les hommes fassent pour vous, vous devez le faire pour eux ; c'est alors que vos prières pourront être exaucées. La Glose. Ou bien encore c'est l'Esprit saint qui distribue toutes les grâces spirituelles qui nous font accomplir les oeuvres de la charité. C'est pour cela que Notre-Seigneur ajoute : « Faites aux hommes tout ce que vous vous voulez qu'ils vous fassent. »



St.Chrys. (hom. 24.) Ou bien, enfin, le Seigneur veut établir que les hommes doivent chercher près de Dieu le secours dont ils ont besoin, et faire en même temps tout ce qui dépend d'eux pour assurer le succès de leurs prières. C'est ainsi qu'après avoir dit : « Demandez et vous recevrez, » il enseigne clairement que les hommes doivent s'appliquer aux oeuvres de la charité : « Tout ce que vous voulez, » etc.



St.Aug. (serm. 5 sur les paroles du Seign.) Dieu nous avait promis de nous accorder les biens que nous lui demanderions ; or, si nous voulons qu'il nous reconnaisse pour ses mendiants, ne rejetons pas les nôtres. En effet, si on en excepte les richesses matérielles, il n'y a aucune différence entre ceux qui demandent et ceux à qui ils adressent leur prière. De quel front osez-vous donc approcher de Dieu pour le prier, vous qui ne voulez point écouter votre frère ? Aussi est-il écrit dans le livre des Proverbes : « Celui qui ferme son oreille au cri du pauvre demandera lui-même, et il ne sera pas exaucé (Pv 21). » Mais que devons-nous accorder à la prière de nos frères si nous voulons que Dieu exauce la nôtre ? Pour répondre à cette question, demandons-nous ce que nous voulons que les autres fassent pour nous-mêmes. « Faites aux hommes tout ce que vous voulez qu'on vous fasse. »

St.Chrys. (hom. 24.) Notre-Seigneur ne dît pas seulement : « Toutes les choses, » mais il ajoute le mot « donc, » comme s'il disait : « Si vous voulez que je vous exauce, joignez cette recommandation à toutes celles qui précèdent. Et remarquez qu'il ne dit pas : « Tout ce que vous voulez que Dieu fasse pour vous, faites-le aussi pour votre prochain, car vous pourriez dire : Cela m'est impossible, » mais : « Tout ce que vous voudriez que vous fît votre frère, faites-le vous-même pour lui. »

St.Aug. (serm. sur la mont., 2, 34.) On lit dans quelques exemplaires latins : « Faites-leur du bien. » Le mot bien a été ajouté pour plus de clarté. On pouvait en effet se demander si un homme qui désirerait qu'on agît à son égard d'une manière coupable, pourrait, en s'appuyant sur cette maxime, commettre le premier l'injustice dont il désire être lui-même l'objet. Il serait absurde de penser que cet homme accomplit ce précepte. Sans l'addition de ce mot « bien, » le sens de cette maxime est complet. Car ces paroles : « Tout ce que vous voulez, » ne doivent pas être prises ici dans un sens trop général, mais dans le sens propre du mot. Or, la volonté n'existe que dans les bons ; dans les mauvais, la volonté n'est à proprement parler que la cupidité. Sans doute les Écritures ne s'expriment pas toujours de la sorte, mais il faut les entendre ainsi alors qu'elles emploient une expression tellement propre qu'elles ne permettent pas de lui en substituer une autre.



St.Cypr. (de l'Orais. Dom.) Le Verbe de Dieu, le Seigneur Jésus étant venu pour tous les hommes, a résumé comme dans un admirable abrégé tous ses commandements dans ces paroles : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux. » C'est pour cela qu'il ajoute : « Car c'est la loi et les prophètes. » ». Chrys. (sur St.Matth.) En effet, tous les commandements de la loi et des prophètes disséminés dans les saintes Écritures, sont renfermés dans ce merveilleux abrégé comme les innombrables rameaux d'un arbre sont contenus dans une seule racine. ». Grég. (Moral. 10, 4 ; cf. Jb 2). Celui, en effet, qui pense à faire aux autres ce qu'il voudrait qu'on lui fit à lui-même s'applique à rendre le bien pour le mal, et le bien au centuple de ce qu'on lui fait. ». Chrys. (hom. 24 sur St.Matth.) Il est donc évident que tous nous pouvons trouver en nous-mêmes la connaissance de ce qu'il nous importe de savoir et que nous ne pouvons prétexter d'ignorance. ». Aug. (serm. sur la mont.) Ce précepte paraît avoir pour objet l'amour du prochain et non l'amour de Dieu, quoique Notre-Seigneur dise dans un autre endroit qu'il y a deux commandements qui renferment toute la loi et les prophètes. Mais ce dernier passage porte : « Toute la loi », ce que Notre-Seigneur ne dit pas ici pour réserver la place à l'autre commandement qui est celui de l'amour de Dieu. ». Aug. (De la Trinité, liv. 8, chap. 34.) Ou bien encore, la sainte Écriture ne fait mention que du seul commandement de l'amour du prochain en disant : « Tout ce que vous voulez, » car celui qui aime son prochain aime nécessairement et premièrement l'amour lui-même. Or, Dieu est amour ; donc il aime Dieu lui-même par-dessus toutes choses.

Re: La Règle d'Or

par Pneumatis » jeu. 13 janv. 2011, 22:06

Les deux formulations font partie de la tradition chrétienne, la formulation positive (incluant ainsi que Jésus le rappelle, d'abord l'amour de Dieu, puis en second l'amour du prochain), étant première sur la règle d'or proprement dite (formulation négative). cf. La Didaché, chapitre I :
1. - Il y a deux chemins : celui de la vie et celui de la mort; mais il y a une grande différence entre les deux chemins.
2. - Voici donc le chemin de la vie. En premier lieu tu aimeras le Dieu qui t'a créé; en second lieu tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mt 22,37-39; cf. Dt. 6,5). Et tout ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît, ne le fais pas non plus à autrui. (cf. Mt 7,12; Tb 4,15).
3. - Voici donc l'enseignement renfermé dans ces paroles : bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour vos ennemis, jeûnez pour ceux qui vous persécutent.
4. - Car quel gré vous saura-t-on si vous aimez seulement ceux qui vous aiment ? Les païens ne le font-ils pas aussi ? (cf. Mt 5,44-47; Lc 6,7s,32).
5. - Mais vous, aimez ceux qui vous haïssent et vous n'aurez pas d'ennemi.
6. - Abstiens-toi des passions charnelles et mondaines. (1 Pi 2,11)
7. - Si quelqu'un te donne un soufflet sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre (Mt 5,39; Lc 6,29) et tu seras parfait(cf. Mt 5,48).
8. - Si quelqu'un te requiert pour une corvée d'un mille, fais-en deux avec lui (Mt 5,41). Si quelqu'un t'enlève ton manteau, donne-lui aussi la tunique (cf. Mt 5,40). Si quelqu'un te prend ce qui est à toi, ne le redemande pas, car tu ne le peux.
9. - A quiconque te demande donne et ne redemande pas (Mt 5,42; Lc 6,30), car à tous le Père veut faire part de Ses propres bienfaits.
10. - Heureux celui qui donne selon le commandement, car il est sans reproche. Malheur à celui qui reçoit : si quelqu'un reçoit parce qu'il a besoin, il sera sans reproche.
11. - Mais, s'il n'a pas besoin, il rendra compte pourquoi il a reçu et dans quel but. Jeté en prison, il sera examiné sur ce qu'il a fait et il ne sera pas relaché jusqu'à ce qu'il ait restitué le dernier quadrant (Mt 5,26).
12. - Mais à ce sujet aussi il a été dit : "Que ton aumône transpire dans tes mains jusqu'à ce que tu saches à qui tu donnes."

Re: La Règle d'Or

par Luis » jeu. 13 janv. 2011, 17:23

La deuxième formulation implique seulement d'éviter de faire des choses mauvaises ; alors que la première est plus exigeante, elle implique de chercher à faire aux autres ce qu'on voudrait qu'ils nous fassent. La deuxième formulation invite à ne pas agir (mal) ; la première invite à agir (bien).

La Règle d'Or

par Vincichristi » jeu. 13 janv. 2011, 16:31

Dans Matthieu 7, on lit " ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux ; voilà la Loi et les Prophètes "

Un très grand rabbin Hillel a dit " ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse ; c'est toute la Loi, le reste est commentaire "

est-ce que ces deux formulations sont strictement équivallentes?
Y a-t-il des nuances ? notamment une forme passive et l'autre active de la règle d'or ?
Hillel et ce qu'il représente aurait-il influencé Jésus ?

commnent se situe cette règle d'or avec le commandement de Jésus : " aimez-vous les uns les autres " ?

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