par philémon.siclone » mar. 11 janv. 2011, 0:34
Laurent L. a écrit : Ce serait une vision bien trop positive de l'homme, ce me semble. L'homme a certes été créé bon, mais a été perverti par le péché originel.
Je ne pense pas que le gamin qui s'amuse à torturer des insectes soit forcément un pauvre bout de chou mal aimé, s'estimant lésé. Voyez aussi les crimes commis sous la pression du groupe par des gens fort différents, comment on peut exciter les foules. Le mal peut, dans certains cas, ne pas avoir d'autre objet que la jouissance sadique et ne pas avoir d'autre cause que la nature viciée de l'humanité et la tentation satanique.
Je ne crois pas à l'existence d'un sadisme purement gratuit. Comme vous le dites vous-même, le péché originel est le point de départ de la méchanceté humaine, péché originel qui possède une part d'ombre indéfinissable, le fameux "mystère d'iniquité", et qui consiste dans une révolte d'orgueil contre Dieu. A cette révolte contre Dieu, succède celle de l'homme contre l'homme, le motif en étant principalement la jalousie. Je sais qu'en employant le mot "amour", ou les expressions "manque d'amour", "blessure d'amour", je me fais l'écho des discours psycho-naïfs très à la mode ces temps-ci. Pourtant il est évident qu'une réaction de jalousie pouvant confiner à la haine la plus totale a toujours pour principe le désir inassouvi et frustré d'être reconnu, regardé, considéré, honoré, respecté, etc., bref en un mot : "aimé" ! Est-ce si étonnant de constater chez toutes les personnes dangereuses, instables psychologiquement et agressives, qu'elles ont eu, la plupart du temps, une enfance difficile ? Au contraire, les personnes stables et paisibles ont eu des parents normaux qui leur ont apporté l'affection nécessaire dont un enfant a besoin. Mais ce besoin n'est jamais complètement comblé, à cause justement du péché originel. Pour cette raison, tous les hommes sans exception, mais à des degrés divers, sont portés à la méchanceté, et au péché. Le commandement d'amour que Dieu adresse aux hommes n'a donc rien de fortuit, l'amour constituant l'opposition par excellence au péché.
Si on transporte ce problème au niveau social, on pourrait conclure que les dirigeants de la société humaine sont tous ligués entre eux par une volonté de "jouissance sadique" assouvie dans la misère infligée au plus grand nombre. On serait tenté d'entrer dans ce raisonnement qui, finalement, ne nous apprend rien sur l'homme, et sur nous-même. Mais la question que l'on pourrait se poser sur l'origine d'un mal qui pousse chaque homme à se réjouir du malheur d'autrui, voire à l'organiser, tout en s'assurant pour soi-ême une position de domination, mérite de recevoir des réponses un peu plus élaborées. Le manque d'amour profond inérrent à la nature humaine privée de Dieu, me paraît une piste intéressante... et peut expliquer en partie le désir constant de faire le mal, ou du moins de rabaisser autrui pour se retrouver soi-même mécaniquement dans une situation moins défavorable. Au fond, le moteur de tout cela est l'orgueil, autrement dit : "l'amour de soi-même".
[quote="Laurent L."] Ce serait une vision bien trop positive de l'homme, ce me semble. L'homme a certes été créé bon, mais a été perverti par le péché originel.
Je ne pense pas que le gamin qui s'amuse à torturer des insectes soit forcément un pauvre bout de chou mal aimé, s'estimant lésé. Voyez aussi les crimes commis sous la pression du groupe par des gens fort différents, comment on peut exciter les foules. Le mal peut, dans certains cas, ne pas avoir d'autre objet que la jouissance sadique et ne pas avoir d'autre cause que la nature viciée de l'humanité et la tentation satanique.
[/quote]
Je ne crois pas à l'existence d'un sadisme purement gratuit. Comme vous le dites vous-même, le péché originel est le point de départ de la méchanceté humaine, péché originel qui possède une part d'ombre indéfinissable, le fameux "mystère d'iniquité", et qui consiste dans une révolte d'orgueil contre Dieu. A cette révolte contre Dieu, succède celle de l'homme contre l'homme, le motif en étant principalement la jalousie. Je sais qu'en employant le mot "amour", ou les expressions "manque d'amour", "blessure d'amour", je me fais l'écho des discours psycho-naïfs très à la mode ces temps-ci. Pourtant il est évident qu'une réaction de jalousie pouvant confiner à la haine la plus totale a toujours pour principe le désir inassouvi et frustré d'être reconnu, regardé, considéré, honoré, respecté, etc., bref en un mot : "aimé" ! Est-ce si étonnant de constater chez toutes les personnes dangereuses, instables psychologiquement et agressives, qu'elles ont eu, la plupart du temps, une enfance difficile ? Au contraire, les personnes stables et paisibles ont eu des parents normaux qui leur ont apporté l'affection nécessaire dont un enfant a besoin. Mais ce besoin n'est jamais complètement comblé, à cause justement du péché originel. Pour cette raison, tous les hommes sans exception, mais à des degrés divers, sont portés à la méchanceté, et au péché. Le commandement d'amour que Dieu adresse aux hommes n'a donc rien de fortuit, l'amour constituant l'opposition par excellence au péché.
Si on transporte ce problème au niveau social, on pourrait conclure que les dirigeants de la société humaine sont tous ligués entre eux par une volonté de "jouissance sadique" assouvie dans la misère infligée au plus grand nombre. On serait tenté d'entrer dans ce raisonnement qui, finalement, ne nous apprend rien sur l'homme, et sur nous-même. Mais la question que l'on pourrait se poser sur l'origine d'un mal qui pousse chaque homme à se réjouir du malheur d'autrui, voire à l'organiser, tout en s'assurant pour soi-ême une position de domination, mérite de recevoir des réponses un peu plus élaborées. Le manque d'amour profond inérrent à la nature humaine privée de Dieu, me paraît une piste intéressante... et peut expliquer en partie le désir constant de faire le mal, ou du moins de rabaisser autrui pour se retrouver soi-même mécaniquement dans une situation moins défavorable. Au fond, le moteur de tout cela est l'orgueil, autrement dit : "l'amour de soi-même".