par Jean-Mic » mer. 11 avr. 2012, 23:57
Je partage ce qui précède sur le fait que la représentation et la figuration ne font pas du christianisme une idôlatrie, mais j'y apporterais quand même quelques nuances.
Au temps de la Première Alliance (= l'Ancien Testament), le commandement cité visait, me semble-t-il, les figures où les dieux des contemporains des hébreux prenaient des formes animales ou humaines. Un exégète pourrait peut-être le préciser, mais à l'époque de la Loi de Moïse, la figuration de la divinité va de pair avec le polythéisme : le Veau d'Or n'est qu'un dieu parmi d'autre, voilà comment le peuple hébreu se détourne de Celui qui Est (se prostitue, dit la Bible, puisqu'il se tourne vers un autre que celui avec qui il a fait alliance). Aujourd'hui encore, le judaïsme préconise de ne pas chercher à représenter Dieu (mais il n'exclue pas que soit représentés les patriarches et les prophètes).
Tout change avec Jésus-Christ et la manifestation de l'Incarnation. Dieu étant venu en personne croiser les pas des hommes, il est légitime pour les chrétiens de représenter Dieu ainsi que tout ce qui manifeste la longue histoire de l'Alliance de Dieu avec les hommes (Bible, Evangiles, Révélation-Apocalypse, vie des Saints, ...). Et heureusement pour nous, c'est là une source particulièrement féconde, majeure même, pour l'art.
Ces oeuvres figuratives, y compris les représentations, ô combien incomplètes et maladroites du Père et de l'Esprit, ou même du Ressuscité (comment représenter en vérité la résurrection ?), ne sont pas des idôles. Personne n'oserait prétendre que la divinité est contenue ou résumée dans un tableau, une sculpture, un vitrail, ... Mais elles sont (peuvent être) d'authentiques chemins vers la connaissance de Dieu. C'est comme ça que ça marche (plutôt bien d'ailleurs) depuis deux mille ans ...
En ce qui concerne plus particulièrement les icônes ... :
Raistlin a écrit :... nos icônes ne sont rien d'autre que de jolies images et nous ne les mettons pas au-dessus de Dieu ou à son niveau.
... elles ne sont pas que de jolies images. Pour les chrétiens, catholiques et orthodoxes, les icônes sont des sacramentaux. C'est à dire qu'ils sont des expressions, des visualisations de la Vérité divine.
C'est que précise le quatrième Concile de Constantinople en 870 :
- Nous décidons que l'image sacrée de notre Seigneur Jésus-Christ libérateur et sauveur de tous les hommes, doit être vénérée avec autant d'honneur que le livre des saints évangiles. Car de même que, grâce aux paroles que contient ce livre, nous arrivons tous au salut ; de même, grâce à l'action qu'exercent ces images en leurs couleurs, tous, savants ou ignorants, en tirent un utile profit. Ce qui nous est dit par les mots, l'image nous l'annonce et nous le fait valoir par les couleurs. Il est convenable, conformément à la raison et à la plus ancienne tradition, puisque l'honneur est reporté sur le sujet principal, d'honorer et de vénérer les images qui en dérivent, comme le livre sacré des saints évangiles et comme l'image de la précieuse croix. Si donc quelqu'un ne vénère pas l'image du Christ, notre Sauveur, il ne verra pas non plus sa forme sensible, lorsqu'il viendra dans la gloire de son Père, pour être glorifié et glorifier ses saints.
Qu'il soit donc exclu de sa société et de sa splendeur. Nous disons de même pour qui ne vénère pas l'image de sa mère immaculée Marie, mère de Dieu. Nous peignons aussi les images des saints anges, tels que les mots de la sainte Écriture les représentent.
Nous honorons et nous vénérons encore les images des Apôtres si dignes de louanges, des prophètes, des martyrs, des saints personnages ainsi que de tous les saints. Que ceux qui n'ont pas cette attitude soient anathèmes de la part du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Toutes les représentations artistiques ne sont pas des icônes au sens où l'entend le Concile de Constantinople ; cela ne nous dispense pas pour autant de la contemplation, ni du plaisir ...
"pour la gloire de Dieu et le bonheur des hommes" comme dit Jean-Sébastien Bach (je sais : je me répète, je l'ai déjà cité).
Fraternellement
Jean-Mic
Je partage ce qui précède sur le fait que la représentation et la figuration ne font pas du christianisme une idôlatrie, mais j'y apporterais quand même quelques nuances.
[b]Au temps de la Première Alliance[/b] (= l'Ancien Testament), le commandement cité visait, me semble-t-il, les figures où les dieux des contemporains des hébreux prenaient des formes animales ou humaines. Un exégète pourrait peut-être le préciser, mais à l'époque de la Loi de Moïse, la figuration de la divinité va de pair avec le polythéisme : le Veau d'Or n'est qu'un dieu parmi d'autre, voilà comment le peuple hébreu se détourne de Celui qui Est (se prostitue, dit la Bible, puisqu'il se tourne vers un autre que celui avec qui il a fait alliance). Aujourd'hui encore, le judaïsme préconise de ne pas chercher à représenter Dieu (mais il n'exclue pas que soit représentés les patriarches et les prophètes).
[b]Tout change avec Jésus-Christ et la manifestation de l'Incarnation[/b]. Dieu étant venu en personne croiser les pas des hommes, il est légitime pour les chrétiens de représenter Dieu ainsi que tout ce qui manifeste la longue histoire de l'Alliance de Dieu avec les hommes (Bible, Evangiles, Révélation-Apocalypse, vie des Saints, ...). Et heureusement pour nous, c'est là une source particulièrement féconde, majeure même, pour l'art.
Ces oeuvres figuratives, y compris les représentations, ô combien incomplètes et maladroites du Père et de l'Esprit, ou même du Ressuscité (comment représenter en vérité la résurrection ?), ne sont pas des idôles. Personne n'oserait prétendre que la divinité est contenue ou résumée dans un tableau, une sculpture, un vitrail, ... Mais elles sont (peuvent être) d'authentiques chemins vers la connaissance de Dieu. C'est comme ça que ça marche (plutôt bien d'ailleurs) depuis deux mille ans ...
En ce qui concerne plus particulièrement les icônes ... :
[quote="Raistlin"]... nos icônes ne sont rien d'autre que de jolies images et nous ne les mettons pas au-dessus de Dieu ou à son niveau.[/quote]... elles ne sont pas que de jolies images. Pour les chrétiens, catholiques et orthodoxes, les icônes sont des sacramentaux. C'est à dire qu'ils sont des expressions, des visualisations de la Vérité divine.
C'est que précise le quatrième Concile de Constantinople en 870 :
[i][list]Nous décidons que l'image sacrée de notre Seigneur Jésus-Christ libérateur et sauveur de tous les hommes, doit être vénérée avec autant d'honneur que le livre des saints évangiles. Car de même que, grâce aux paroles que contient ce livre, nous arrivons tous au salut ; de même, grâce à l'action qu'exercent ces images en leurs couleurs, tous, savants ou ignorants, en tirent un utile profit. Ce qui nous est dit par les mots, l'image nous l'annonce et nous le fait valoir par les couleurs. Il est convenable, conformément à la raison et à la plus ancienne tradition, puisque l'honneur est reporté sur le sujet principal, d'honorer et de vénérer les images qui en dérivent, comme le livre sacré des saints évangiles et comme l'image de la précieuse croix. Si donc quelqu'un ne vénère pas l'image du Christ, notre Sauveur, il ne verra pas non plus sa forme sensible, lorsqu'il viendra dans la gloire de son Père, pour être glorifié et glorifier ses saints.
Qu'il soit donc exclu de sa société et de sa splendeur. Nous disons de même pour qui ne vénère pas l'image de sa mère immaculée Marie, mère de Dieu. Nous peignons aussi les images des saints anges, tels que les mots de la sainte Écriture les représentent.
Nous honorons et nous vénérons encore les images des Apôtres si dignes de louanges, des prophètes, des martyrs, des saints personnages ainsi que de tous les saints. Que ceux qui n'ont pas cette attitude soient anathèmes de la part du Père, du Fils et du Saint Esprit.[/list][/i]
Toutes les représentations artistiques ne sont pas des icônes au sens où l'entend le Concile de Constantinople ; cela ne nous dispense pas pour autant de la contemplation, ni du plaisir ... [b][i]"pour la gloire de Dieu et le bonheur des hommes"[/i][/b] comme dit Jean-Sébastien Bach (je sais : je me répète, je l'ai déjà cité).
Fraternellement
Jean-Mic