Est-il moral d'être fonctionnaire d'un Etat pro-avortement ?

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Re: Est-il moral d'être fonctionnaire d'un Etat pro-avorteme

par Kerniou » dim. 07 nov. 2010, 11:21

Peut-être pouvez-vous promouvoir les mesures favorables au respect de la vie et n'exécuter qu'à minima celles qui la détruisent. Même si vos marges de manoeuvres sont limitées, votre avis dans la définition des choix de financement et de prospectives entre tel ou tel service pourrait, j'imagine, être entendu voire influer sur les décisions.

Re: Est-il moral d'être fonctionnaire d'un Etat pro-avorteme

par Thibaud » sam. 06 nov. 2010, 18:47

Merci de ces premières réponses !

La teneur générale semble être le raisonnement que je me fais dans mes "bons jours" : à part des postes dont la principale fonction est de favoriser l'exécution de la politique d'avortement (ma catégorie 1 (directeurs d'hôpitaux, etc)), il est acceptable (voire même souhaitable, pour pouvoir influencer le système de l'intérieur (même si cette idée est sans doute assez illusoire aujourd'hui)) pour un catholique de chercher à devenir fonctionnaire d'un Etat qui exécute des politiques pro-mort.

Je devrais sans doute essayer de parler avec des catholiques placés dans ce type de situations (pas seulement des fonctionnaires. On imagine tous les cas de personnes placés face à ce genre de dilemmes à cause de cette monstrueuse structure de péché : pharmaciens, médecins, etc).

Re: Est-il moral d'être fonctionnaire d'un Etat pro-avorteme

par gerardh » sam. 06 nov. 2010, 15:36

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Bonjour Théophile,

Je suis tout à fait d'accord avec vous. Le Christ nous demande de donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

Il y a certes des métiers qui sont difficilement endossables par un chrétien, par exemple celui d'avocat dans la mesure où l'on peut être amené à mentir, etc. Mais je n'en ferais pas une généralité.

Nos autorités (même les plus fâcheuses) sont instituées par Dieu, et donc tout chrtéien doit leur être soumis, avec cependant une restriction importante : " il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes".


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Est-il moral d'être fonctionnaire d'un Etat pro-avortement ?

par Théophile » sam. 06 nov. 2010, 8:54

Bonjour Thibaud !

Très bonne question. Et ce problème peut se poser dans d'autres domaines.
Par exemple tous les objets et la nourriture qu'on achète. D'où viennent-ils et où vont-ils ? Qui les a fait et dans quelles conditions ?
Et pourtant je dois bien vivre. Un discernement est ici aussi nécessaire.
Autre exemple : dès que je met un peu d'argent à la banque, je suis capitaliste. De même je suis obligé de payer des impôts qui vont sûrement être très mal être utilisés.

"Vous êtes dans le monde, mais vous n'êtes pas du monde", nous dit Jésus. De toute façon on est impliqué dans une structure de péchés qui nous dépasse et qui s'emballe de plus en plus. Le tout est d'être "candide comme une colombe et rusé comme un serpent." La foi nous apprend la souplesse d'esprit et d'action, comme un skieur apprend à slalomer entre les piquets.

La réponse à votre question n'est certainement pas de refuser tout poste à l'Etat sans distinction, sinon on ne peut que rejetter tout travail, en suivant cette logique. Une modulation s'impose.

Je me réjouis de lire les réponses de ce fil. Merci d'avoir posé la question !

Cordialement,
Théophile

Est-il moral d'être fonctionnaire d'un Etat pro-avortement ?

par Thibaud » sam. 06 nov. 2010, 0:24

Préparant actuellement les concours administratifs, j'en viens à m'interroger sérieusement sur le fait de savoir si un catholique peut, en toute conscience et de façon cohérente, devenir fonctionnaire d'un Etat comme la France.
L'Etat français et l'ensemble des forces politiques qui ont la moindre chance de contrôler le gouvernement et donc l'administration soutiennent et font la promotion de comportements gravement immoraux, notamment en matière de morale sexuelle et familiale. Mais surtout, ils défendent, promeuvent et mettent en œuvre une politique qu'un catholique ne peut que considérer comme l'une des politiques les plus monstrueuses de l'histoire, d'un niveau d'horreur comparable à l'action du IIIème Reich et des régimes totalitaires communistes : l'extermination de 250 000 êtres humains innocents par an, y compris l'élimination systématique des handicapés mentaux. Cette politique abominable, à peu près aussi meurtrière que la Shoah, le goulag et la Révolution Culturelle, est défendue comme une exception à l'interdiction du meurtre, et même en fait comme un droit par le gouvernement et l'Etat français.

Un catholique peut-il choisir d'entrer au service de l'Etat français dans ces conditions ? Si il croit vraiment ce que j'ai écris dans le premier paragraphe, il semble évident que non. Etudions la question.

On pourrait peut être distinguer plusieurs cas (qui, pour la situation où je me trouve, signifie une distinction entre plusieurs concours) :

1) Les fonctionnaires qui sont directement chargés dans l'exercice de leur fonction, comme un élément substantiel de celle-ci, de l'application de cette politique d'extermination.

Exemples : directeurs d'hôpitaux (issus d'un concours particulier (l'EHESP)). Un élément de leur fonction est nécessairement, je pense, de faire en sorte que le service de l'hôpital chargé de l'extermination des enfants fonctionne de la manière la plus efficace possible, afin d'obtenir le plus grand nombre possible d'enfants tués par jour, au coût minimum, etc.

Cela ressemble exactement à une fonction de directeur de camp d'extermination. Il me semble qu'un catholique ne peut en aucune façon chercher à exercer cette fonction.

2) Les fonctionnaires qui généralement ne sont pas chargés de l'exécution de cette politique, et lorsque c'est le cas, uniquement de façon tengantielle et/ou marginale.

Exemples : directeurs de caisses de sécurité sociale (issus de l'EN3S (techniquement pas des fonctionnaires mais le problème est le même)). Il est tout à fait possible qu'ils fassent toute leur carrière sans être jamais chargés de l'exécution de cette mission (par exemple s'ils ne travaillent que pour des caisses de sécurité sociale n'ayant aucun lien avec cette politique (Accidents du travail, Vieillesse, Allocations Familiales)). Mais il est également possible qu'ils soient parfois conduits à l'exécution de cette mission. Par exemple, en tant que directeurs d'une caisse d'assurance maladie, ils sont chargés de s'assurer que les cotisations sociales perçues permettent de financer de façon efficiente le massacre d'enfants, la rétribution des exécuteurs, etc.

Cela ressemble à une fonction de responsable des chemins de fer du IIIème Reich (si cette personne était au courant de là où les trains allaient) : de fortes chances de n'être jamais chargé de favoriser le massacre et dans le cas contraire, une aide marginale seulement. Un catholique peut-il malgré tout accepter ce risque de participer même indirectement au massacre ?

3) Les fonctionnaires dont les fonctions n'ont aucun lien avec l'exécution de cette politique et qui sont assurés de n'être jamais chargés de l'exécution de celle-ci.

Exemples : Enarques, fonctionnaires des collectivités territoriales, etc. Un fonctionnaire s'occupant toute sa carrière d'urbanisme, de comptabilité publique, de contrôle fiscal, de transports publics, etc ne sera jamais chargé de l'exécution de cette politique. Mais même dans cette catégorie (fonctionnaires n'ayant a priori aucun lien avec cette politique), on pourrait toujours trouver des liens : un préfet ou un juge administratif doivent faire exécuter la loi, y compris cette loi monstrueuse ; un ambassadeur peut être chargé de chanter les louanges de l'avortement aux dirigeants de l'Etat du Tiers-Monde auprès desquels il exerce ses fonctions ; un comptable public doit réprimander le service de l'Etat qui n'a pas versé les subventions prévus aux abattoirs pour enfants ; etc.

On pourrait comparer cette situation à un fonctionnaire du ministère des Finances, de l'Instruction Publique, etc du IIIème Reich : aucun lien avec le massacre (en théorie), mais tout de même le fait de travailler pour un Etat qui massacre des centaines de milliers d'innocents par an. Un catholique peut-il accepter cet arrangement ?


Pour résumer mon problème est donc :

Est-il licite pour un catholique de devenir fonctionnaire d'un Etat français pro-avortement (et pro-de nombreux autres politiques gravement immorales, en augmentation prévisible à court terme) ? Dans tous les cas ou seulement à certaines conditions ?

Ensuite si la réponse est oui, cela est ou peut être licite, il me restera encore à me demander si je souhaite entrer au service de gouvernements successifs qui non seulement nient la monstruosité de tout avortement mais sont même engagés dans une fuite en avant consistant à ne pas comprendre pourquoi plus aucun médecin ne souhaite pratiquer d'avortements (peut être parce qu'ils sont devenus médecins pour sauver des vies et pas tuer des bébés ???) et cherchent à répondre à ce problème en donnant plus d'argent pour l'avortement.


Vraiment ma situation ne me semble pas très heureuse. Malgré tous les défauts de la fonction publique, j'ai toujours voulu devenir fonctionnaire pour servir le bien commun. Le problème c'est que devenir fonctionnaire français aujourd'hui veut forcément dire : servir le bien commun ET contribuer à tuer des bébés.

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