par archi » mer. 03 nov. 2010, 17:31
Didyme a écrit :ami de la Miséricorde a écrit :J'entendis une voix intérieure qui me dit : Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l'exige.
Je ne comprends pas, elle a servi à quoi la croix ?!
Par ailleurs, une telle phrase me choque car elle laisse supposer qu’un attribut a l’ascendant sur l’autre, que la justice a plus de poids que la miséricorde, qu’elle l’écrase même ici. Ça les place même en opposition.
Bonjour.
Comme vous l'avez dit, la justcie écrase la miséricorde
ici (au Purgatoire). Sinon, les âmes ne seraient pas là à souffrir au Purgatoire...
Après, on peut et on doit se demander quelles circonstances font que, pour une âme particulière, la justice (attribut divin) l'emporte sur la miséricorde (autre attribut divin). On trouve les bases de la réponse dans l'Ecriture. Notamment dans la parabole du mauvais serviteur dans Mt 18, que je crois vraiment essentielle:
Mt, 18, 23-35 a écrit :C'est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Emu de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu'il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.
Ici, le serviteur pourrait voire ses dettes remises par la miséricorde du maître, ie de Dieu. Mais n'étant pas capable d'être lui-même miséricordieux envers son prochain, la justice divine s'applique dans toute sa rigueur.
D'où ce que nous demande la prière du Notre Père: "remets-nous nos dettes comme nous remettons celles de nos débiteurs", ou (traduction moins fidèle mais plus connue) "pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé".
Après, je me demande toujours ce qu'il en est de celui que le méchant serviteur a fait mettre en prison, en supposant que lui soit capable de s'ouvrir à la miséricorde divine. Dieu lui fera-t-il grâce de la dette qu'il a envers le méchant serviteur, ou bien, puisque ledit serviteur a refusé de lui pardonner et de lui remettre cette dette, devra-t-il quand même s'en acquitter, même si le serviteur n'y gagne rien, lui qui aurait pu se voire remettre la dette bien plus importante qu'il a envers Dieu. Autrement dit, même si nous pardonnons de façon parfaite à tout le monde et remettons toutes nos dettes, si quelqu'un que nous avons lésé au cours de cette vie refuse de nous pardonner, ce qui l'empêchera de recevoir la miséricorde divine, devrons-nous quand même payer cette dette post-mortem?
In Xto,
archi.
[quote="Didyme"][quote="ami de la Miséricorde"]J'entendis une voix intérieure qui me dit : Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l'exige. [/quote]
Je ne comprends pas, elle a servi à quoi la croix ?!
Par ailleurs, une telle phrase me choque car elle laisse supposer qu’un attribut a l’ascendant sur l’autre, que la justice a plus de poids que la miséricorde, qu’elle l’écrase même ici. Ça les place même en opposition.[/quote]
Bonjour.
Comme vous l'avez dit, la justcie écrase la miséricorde [u]ici[/u] (au Purgatoire). Sinon, les âmes ne seraient pas là à souffrir au Purgatoire...
Après, on peut et on doit se demander quelles circonstances font que, pour une âme particulière, la justice (attribut divin) l'emporte sur la miséricorde (autre attribut divin). On trouve les bases de la réponse dans l'Ecriture. Notamment dans la parabole du mauvais serviteur dans Mt 18, que je crois vraiment essentielle:
[quote="Mt, 18, 23-35"]C'est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Emu de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu'il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. [/quote]
Ici, le serviteur pourrait voire ses dettes remises par la miséricorde du maître, ie de Dieu. Mais n'étant pas capable d'être lui-même miséricordieux envers son prochain, la justice divine s'applique dans toute sa rigueur.
D'où ce que nous demande la prière du Notre Père: "remets-nous nos dettes comme nous remettons celles de nos débiteurs", ou (traduction moins fidèle mais plus connue) "pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé".
Après, je me demande toujours ce qu'il en est de celui que le méchant serviteur a fait mettre en prison, en supposant que lui soit capable de s'ouvrir à la miséricorde divine. Dieu lui fera-t-il grâce de la dette qu'il a envers le méchant serviteur, ou bien, puisque ledit serviteur a refusé de lui pardonner et de lui remettre cette dette, devra-t-il quand même s'en acquitter, même si le serviteur n'y gagne rien, lui qui aurait pu se voire remettre la dette bien plus importante qu'il a envers Dieu. Autrement dit, même si nous pardonnons de façon parfaite à tout le monde et remettons toutes nos dettes, si quelqu'un que nous avons lésé au cours de cette vie refuse de nous pardonner, ce qui l'empêchera de recevoir la miséricorde divine, devrons-nous quand même payer cette dette post-mortem?
In Xto,
archi.