par etienne lorant » ven. 08 oct. 2010, 17:58
Après avoir parlé - sur un autre forum, de ce que je crois de la parfaite concordance des volontés entre les trois personnes de la Trinité, j'ai reçu ce message privé qui disait : "Vous dites des choses vraies sur les rapports de Fils et du Père, mais vous mettez en doute le fait que le Christ ait souffert de la part de Dieu. Pourtant le Psaume 22 (parfois numéroté 21) dans sa première partie, aurait dû vous convaincre. Il y a aussi le chapitre 53 d'Esaïe, qui est on ne peut plus clair. Voici un texte sur ce thème :
"Le Christ souffrit de la part de Dieu sur la croix.[Esaïe 53] : Il plut à l’Éternel de le meurtrir ; il l’a soumis à la souffrance."
J'ai répondu que je ne cherche pas à polémiquer, car de toute manière, que sont les mots devant les réalités invisibles qu'elles voudraient représenter ? Donc, je dirai comme vous et comme Esaïe: "Il souffrit de la part de Dieu pour le péché". On peut le dire ainsi, pourquoi pas ? Qu'il souffrit, c'est évident. D'une façon qu'on n'imagine pas - et dès l'incarnation, évidemment. Durant sa vie cachée, il souffrit aussi. Sur la croix, évidemment. Et n'oublions pas la nuit de Gethsémani... je suis toujours d'accord. C'est seulement qu'au fond de moi, je vais traduire "de la part de Dieu" d'une façon que je ne dirai pas.
Ensuite, une nouvelle relancé, j'ai écrit ce qui suit, et je n'ai plus rien écrit ensuite:
Comment le Christ souffrit de la part de Dieu - Conte
Le grand conseil de la Trinité
Adam et Eve ayant désobéi, il y eut, un jour céleste, un grand conseil entre les trois personnes de la Trinité. Oh, on n'en vient pas tout de suite à discuter, car le Père, le Fils et l'Esprit passent l'éternité à se communiquer eux-mêmes l'un à l'autre et cela donne, dans les très pâles images humaines, une sorte de danse où chacun tourne autour de chacun avec de grands gestes de révérence et de reconnaissance d'amour. Quand ce fut fini (mais le mot "finir" n'existe pas pour elles), le Fils se proposa et dit : "Voici ce que je ferai, Père, avec le secours de l'Esprit. Je me ferai homme, comme eux en tout sauf le péché, et ainsi, ils ne seront plus détachés, ils reviendront, je les ramènerai, je serai leur berger je les sauverai". Quelles exclamations à nouveau, que de louange pour ce mouvement d'amour, auquel les trois avaient participé et que le Fils, dans sa gloire de Fils et de Verbe, par qui tout fut créé, avait exprimé ! Ils se réjouirent encore. Le Père s'inquiéta cependant de ce que le Fils risquait dans une telle aventure, mais Il se rassura en ayant sondé Abraham: celui-ci eut foi, il n'hésita pas à emmener son Isaac au lieu du sacrifice. Tout ému, le Père arrêta le geste meurtrier d'Abraham, car désormais Il avait confiance: si le Fils, si le Christ s'incarnait (quelle folie !), Lui, ils Le respecteraient. Encore fallait-il trouver une femme digne de recevoir le Verbe qui entre-temps, s'était choisi un nom qui honorait le Père ("Dieu Sauve" ou "Dieu avec nous"), ce qui avait encore entraîné une céleste joie qui dura quelques centaine d'années humaines...
Comme les temps étaient arrivés, le Fils n'hésita pas au moment d'effectuer, avec le concours de l'Esprit, ce grand voyage vers les zones les plus ténébreuses de l'univers afin de racheter l'homme. Le Fils avait expliqué son plan: Il se ferait le plus pauvre d'entre tous, afin de sauver tous les hommes; Il passerait ce temps sur terre dans la plus grande indigence possible de tous les biens terrestres; Il passerait trente ans à féconder silencieusement la terre par sa sainte présence parmi les hommes; ensuite Il les enseignerait, Il les guérirait, Il chasserait les démons, Il endurerait toutes les rebuffades, les incompréhensions imbéciles, les menaces de mort; Il affronterait la mort elle-même puisque le péché avait introduit la mort dans la création, afin de sauver non seulement les hommes mais la création aussi. Il ne choisirait pas la mort la plus facile, mais la plus difficile, la plus douloureuse, la plus abandonnée, car Il voulait partager, aussi, le sort du plus petit des réprouvés qu'on mène à l'abattoir en l'arrachant aux siens.
Que d'émotions là-haut. "Et moi, comment pourrais-je T'abandonner, mon Fils, dit le Père ?" Mais le Fils lui répondit: "Parce que notre triomphe sera tel, mon Père, que non seulement Tu ne perdras pas ton Fils, mais Tu auras les hommes, de toutes les générations, comme une multitude d'enfants invités à notre propre banquet dans le Paradis". Quel gloire encore pour le Fils par un dessein si élevé et si beau !
Et le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous, plein de gloire et de vérité. Et nous recevons de Lui grâce après grâce. L'épisode terrestre dura un centième de millième de parsec sur le temps céleste mais avec un résultat si extraordinaire que la création toute entière commença de se renouveler, au point que les hommes se mirent à se dire entre eux: ne serait-ce pas bientôt la fin du monde ?
C'est donc ainsi que le Fils, si l'on s'en tient au langage d'Isaïe, traduit de l'hébreu en grec, puis en latin, puis en français, souffrit "de la part de Dieu". C'est ainsi qu'il nous arrive à nous aussi, nous qui sommes devenus enfants de Dieu de souffrir de la part du Père, dans les épreuves qui nous sont données pour progresser. Cependant, combien de saints et de saintes, à l'imitiation du Fils, désirèrent - alors même que cela n'ajouterait rien à l'œuvre de la Croix - imiter le Fils dans son holocauste ! Ils en demandèrent la grâce, et l'obtinrent - mais avec des adoucissements (car ils n'auraient pu y survivre).
Lorsqu'on me dit, à moi qui ai vu, un dimanche matin, le regard de Jésus en croix, posé sur mon chagrin, lorsqu'on m'affirme que le Fils a souffert pour satisfaire la Justice du Père, je comprends dans ces mots exactement ce que ma toute petite expérience de l'Amour me permet de comprendre. Pour moi, j'ai renoncé au bonheur humain. Comme écrivait Cesbron, j'en étais pourtant digne, mais ayant croisé le chemin du Fils, je ne voulus plus y avoir droit et je choisis la Joie.
Après avoir parlé - sur un autre forum, de ce que je crois de la parfaite concordance des volontés entre les trois personnes de la Trinité, j'ai reçu ce message privé qui disait : "Vous dites des choses vraies sur les rapports de Fils et du Père, mais vous mettez en doute le fait que le Christ ait souffert de la part de Dieu. Pourtant le Psaume 22 (parfois numéroté 21) dans sa première partie, aurait dû vous convaincre. Il y a aussi le chapitre 53 d'Esaïe, qui est on ne peut plus clair. Voici un texte sur ce thème :
"Le Christ souffrit de la part de Dieu sur la croix.[Esaïe 53] : Il plut à l’Éternel de le meurtrir ; il l’a soumis à la souffrance."
J'ai répondu que je ne cherche pas à polémiquer, car de toute manière, que sont les mots devant les réalités invisibles qu'elles voudraient représenter ? Donc, je dirai comme vous et comme Esaïe: "Il souffrit de la part de Dieu pour le péché". On peut le dire ainsi, pourquoi pas ? Qu'il souffrit, c'est évident. D'une façon qu'on n'imagine pas - et dès l'incarnation, évidemment. Durant sa vie cachée, il souffrit aussi. Sur la croix, évidemment. Et n'oublions pas la nuit de Gethsémani... je suis toujours d'accord. C'est seulement qu'au fond de moi, je vais traduire "de la part de Dieu" d'une façon que je ne dirai pas.
Ensuite, une nouvelle relancé, j'ai écrit ce qui suit, et je n'ai plus rien écrit ensuite:
Comment le Christ souffrit de la part de Dieu - Conte
[img]http://www.pagesorthodoxes.net/trinite/trinite1cp.jpg[/img]
[b]Le grand conseil de la Trinité[/b]
Adam et Eve ayant désobéi, il y eut, un jour céleste, un grand conseil entre les trois personnes de la Trinité. Oh, on n'en vient pas tout de suite à discuter, car le Père, le Fils et l'Esprit passent l'éternité à se communiquer eux-mêmes l'un à l'autre et cela donne, dans les très pâles images humaines, une sorte de danse où chacun tourne autour de chacun avec de grands gestes de révérence et de reconnaissance d'amour. Quand ce fut fini (mais le mot "finir" n'existe pas pour elles), le Fils se proposa et dit : "Voici ce que je ferai, Père, avec le secours de l'Esprit. Je me ferai homme, comme eux en tout sauf le péché, et ainsi, ils ne seront plus détachés, ils reviendront, je les ramènerai, je serai leur berger je les sauverai". Quelles exclamations à nouveau, que de louange pour ce mouvement d'amour, auquel les trois avaient participé et que le Fils, dans sa gloire de Fils et de Verbe, par qui tout fut créé, avait exprimé ! Ils se réjouirent encore. Le Père s'inquiéta cependant de ce que le Fils risquait dans une telle aventure, mais Il se rassura en ayant sondé Abraham: celui-ci eut foi, il n'hésita pas à emmener son Isaac au lieu du sacrifice. Tout ému, le Père arrêta le geste meurtrier d'Abraham, car désormais Il avait confiance: si le Fils, si le Christ s'incarnait (quelle folie !), Lui, ils Le respecteraient. Encore fallait-il trouver une femme digne de recevoir le Verbe qui entre-temps, s'était choisi un nom qui honorait le Père ("Dieu Sauve" ou "Dieu avec nous"), ce qui avait encore entraîné une céleste joie qui dura quelques centaine d'années humaines...
Comme les temps étaient arrivés, le Fils n'hésita pas au moment d'effectuer, avec le concours de l'Esprit, ce grand voyage vers les zones les plus ténébreuses de l'univers afin de racheter l'homme. Le Fils avait expliqué son plan: Il se ferait le plus pauvre d'entre tous, afin de sauver tous les hommes; Il passerait ce temps sur terre dans la plus grande indigence possible de tous les biens terrestres; Il passerait trente ans à féconder silencieusement la terre par sa sainte présence parmi les hommes; ensuite Il les enseignerait, Il les guérirait, Il chasserait les démons, Il endurerait toutes les rebuffades, les incompréhensions imbéciles, les menaces de mort; Il affronterait la mort elle-même puisque le péché avait introduit la mort dans la création, afin de sauver non seulement les hommes mais la création aussi. Il ne choisirait pas la mort la plus facile, mais la plus difficile, la plus douloureuse, la plus abandonnée, car Il voulait partager, aussi, le sort du plus petit des réprouvés qu'on mène à l'abattoir en l'arrachant aux siens.
Que d'émotions là-haut. "Et moi, comment pourrais-je T'abandonner, mon Fils, dit le Père ?" Mais le Fils lui répondit: "Parce que notre triomphe sera tel, mon Père, que non seulement Tu ne perdras pas ton Fils, mais Tu auras les hommes, de toutes les générations, comme une multitude d'enfants invités à notre propre banquet dans le Paradis". Quel gloire encore pour le Fils par un dessein si élevé et si beau !
Et le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous, plein de gloire et de vérité. Et nous recevons de Lui grâce après grâce. L'épisode terrestre dura un centième de millième de parsec sur le temps céleste mais avec un résultat si extraordinaire que la création toute entière commença de se renouveler, au point que les hommes se mirent à se dire entre eux: ne serait-ce pas bientôt la fin du monde ?
C'est donc ainsi que le Fils, si l'on s'en tient au langage d'Isaïe, traduit de l'hébreu en grec, puis en latin, puis en français, souffrit "de la part de Dieu". C'est ainsi qu'il nous arrive à nous aussi, nous qui sommes devenus enfants de Dieu de souffrir de la part du Père, dans les épreuves qui nous sont données pour progresser. Cependant, combien de saints et de saintes, à l'imitiation du Fils, désirèrent - alors même que cela n'ajouterait rien à l'œuvre de la Croix - imiter le Fils dans son holocauste ! Ils en demandèrent la grâce, et l'obtinrent - mais avec des adoucissements (car ils n'auraient pu y survivre).
Lorsqu'on me dit, à moi qui ai vu, un dimanche matin, le regard de Jésus en croix, posé sur mon chagrin, lorsqu'on m'affirme que le Fils a souffert pour satisfaire la Justice du Père, je comprends dans ces mots exactement ce que ma toute petite expérience de l'Amour me permet de comprendre. Pour moi, j'ai renoncé au bonheur humain. Comme écrivait Cesbron, j'en étais pourtant digne, mais ayant croisé le chemin du Fils, je ne voulus plus y avoir droit et je choisis la Joie.