Je construis un modèle social

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MARX ATTAC !!!

par Christophe » lun. 10 avr. 2006, 19:51

[align=justify]Vous avez largement raison Renaud, comme souvent, mais je ne crois pas qu'ATTAC revendique l'application du Crédit Social... mais plutôt, comme le montre le texte cité par Richard, l'application du programme marxiste.

Deus in adjutorium
Christophe[/align]

par Renaud » lun. 10 avr. 2006, 16:43

Bonjour Christophe
et Bonjour à tous,

Je vais rabâcher, mais comme projet, il y a le Crédit Social ne l'oubliez jamais!

Avec la seule différence, c'est que l'on répercute à qui mieux mieux, et même ad nauseam, les projets politiques dont il faut, je crois être aveugle et sourd, sauf miracle, pour ne pas voir que ces projets ne révelent plus que l'habileté manoeuvrière de leurs auteurs, plutôt hommes de pailles pour parvenir aux prochaines élections. Les élections hypothèquent complètement les compétences (s'ils en ont) des prétendants aux postes gouvernementaux et elles hypothèquent quasi définitivement tout projet sérieux et fécond à moyen et long terme. La compétition des mâles Sarko-Villepin, ou mâle et femelle Strauss-Khan-Royal est dérisoire et nuisible! Les partis politiques divisent et le monde de l'argent dirige. Les fractions politiques sont les rejetons du monde de l'argent et des affaires qu'il est beaucoup plus important de surveiller et d'interpeller.

De grâce, ne tombons plus dans ces panneaux de foire faits pour nous lanterner. Coluche, qui allait droit au fait, traduisait la dictature par: Ta gueule! Et il traduisait la démocratie par: Causes toujours...
Et bien nous en sommes là, et depuis longtemps!

Le capitalisme, dont je n'ai pas beaucoup d'idée pour le juger, si ce n'est qu'il est d'abord et tout simplement un système "digestif", est entièrement vicié par la fraude (inconsciente et consciente) de l'élaboration et du traitement de l'argent dont le contrôle donne le pouvoir ici-bas. Alors certains disent qu'il faut supprimer le capitalisme, en attendant, autant supprimer les lois de la gravitation...

Vraiment, ceux qui ont bien voulu apprendre et comprendre l'essentiel de ce qu'est la création de l'argent et les mécanismes bancaires et financiers (1) qui s'y rapportent, ne voient plus du tout la politique, le politique, comme on nous le présente. Combien et combien de chrétiens sont tombés dans ce panneau misérabiliste!

Le Pape Jean-Paul II stigmatisait les structures de péché dans son encyclique Solicitudo Rei Socialis (30 décembre 1988). Et bien ce sont ces tructures-là qui nous permettent, ou non, de respirer, qui permettent, ou non à des continents entiers de respirer. "(...)Sans leur consentement, nul ne peut plus respirer" écrivait prophétiquement le Pape Pie XI dans son encyclique Quadragesimo Anno (mai 1931). Avant sans doute qu'au fil des années, s'il n'y a pas retour à la vérité socio-économique, les problèmes liés à l'énergie chèreet rare aiguisent encore plus la souffrance et les peurs des moins pourvus.


Deux difficultés gigantesques nous entravent. La première, plus actuelle que jamais, c'est le contrôle de l'argent par des cénacles réduits et le plus souvent mal intentionnés étant, de toute façon, au services d'autres intérêts que ceux de la vie ici bas. Cette difficulté-ci est de plus en plus à l'oeuvre depuis le début du passage du capitalisme industriel au capitalisme financier qu'on peut dater à peu près à partir de la dernière décennie du XIXème siècle. La deuxième difficulté est celle qui serait matérialisée ce qu'on appelle le "pic du pétrole" à l'échelle mondiale (peak-oil) (2), où, quelque soit le prix du baril de pétrole, il faudrait UTILISER PLUS QU'UN BARIL POUR PRODUIRE UN AUTRE BARIL... Impasse énergétique totale.... (même problème possible avec le pic du gaz) (3). Les deux problèmes, le financier et l'énergétique, se multiplient l'un par l'autre...

Tout le monde est bien d'accord pour trouver d'urgence des énergies de substitution au pétrole, mais nous "aimons bien trop l'argent du pétrole" pour nous presser à le faire... Tandis que dans le cas d'un système d'argent sous contrôle de la société civile productrice, tel que les tenants du Crédit Social le cherchent (et j'y suis engagé), la crise énergétique prendrait une tout autre tournure et on commencerait dès à présent à cultiver et investir dans des formules énergétiques qui, si cela avait été fait depuis quelques temps, ferait qu'on ne parlerait pas, ou presque pas, de l'impasse majeure que signifie un pic du pétrole généralisé (et des énergies attenantes).

Si la vérité économique et sociale ne parvient pas à se faire entendre, l'on va s'entendre dire qu'on ne pourra pas investir suffisamment vite (tu parles!... la guerre en Irak coute 150 millions de dollars PAR JOUR!) dans d'autres systèmes énergétiques et qu'il faut s'attendre à payer l'énergie de plus en plus chère, ce qui commence à être le cas (je souhaite me tromper mais de toute façon ça ne change rien à terme). On ne se relèvera pas de payer une énergie rendue plus ou moins artificiellement très chère, rajouté à ce contre quoi les Créditistes se battent, c'est à dire les frais financiers, agios, intérêts bancaires sur TOUTE la monnaie émise comme maintenant, qui alourdit de plus de 50% (souvent bien plus!) les prix et les impôts que nous payons au quotidien avec pour corollaire la pauvreté des plus nombreux, et ce, dans une production surabondante, ce qui a été démontré en son temps par le major Douglas et dont personne n'a jamais pu apporter la preuve de la fausseté de ses expérimentations.

Alors, une fois de plus, il faut répercuter tout cela et "enjamber" les politiques. Ils gênent la société.
"Non seulement ils confisquent la clé, mais ils empêchent d'entrer ceux qui le voudraient"


(1) http://perso.wanadoo.fr/jean.bayard-mac ... onnaie.htm

(2) Moment que les études sérieuses annoncent au plus tôt pour 2008, au plus tard pour 2030 avec les données actuelles, mais pic très réel et il se fait sentir bien avant son intensité maximum. K. Hubbert, géophysicien, avait prédit en 1956, pour les seuls Etats-Unis, le pic du pétrole des Etats-Unis pour 1970. Les faits lui ont donné exactement raison, il était devenu, alors, célèbre après qu'on se soit moqué de lui. On comprend mieux pourquoi les Etats-Unis, ayant eu leur pic pétrolier, ont voulu garder au maximum ce qu'il leur reste tout en contrôlant le maximum de régions pétrolifères stratégiques du monde... Bien noter, vu la technicité du pic pétrolier, que le pic dans un seul pays pétrolier (par exemple les Etats-Unis) n'a rien à voir avec les enjeux d'une résultante de ce que serait un pic pétrolier à l'échelle mondiale. Rien que la Chine et l'Inde ne sont plus du tout ce qu'elles étaient il y a plus de 35 ans, etc

(3) voir: http://oleocene.org

Par Marie
Deus in Adjutorium
Renaud

Relents de marxisme...

par Christophe » dim. 09 avr. 2006, 23:02

Bonjour Richard
JM Harribey, cité par Richard, a écrit :[align=justify]- Oh, si. Mais combattre le modèle capitaliste suppose de réunir plusieurs conditions : mettre fin à la propriété qui autorise tous les accaparements dont celle des biens communs, placer ceux-ci hors marché, réconcilier progrès social et écologie et garantir que ces décisions soient prises démocratiquement.[/align]
[align=justify]Comme quoi le cadavre du communisme marxiste est encore tiéde...
Autant les critiques du capitalisme par ATTAC et le mouvement "altermondialiste" sont parfois pertinentes, autant les alternatives proposées manquent encore de toute crédibilité... Dommage.

Bonne Fête des Rameaux !
Christophe[/align]

par MB » ven. 07 avr. 2006, 15:43

Cet Haribey est de nouveau un bel exemple d'imbécile. Comme quoi, même chez les universitaires, on ne trouve pas des lumières.

Je construis un modèle social

par Richard » mer. 05 avr. 2006, 19:23

[align=justify]« Bonjour, dit le Petit Prince.
- Bonjour, dit le ministre le plus important.
- Que fais-tu ? demanda le Petit Prince.
- Je construis un modèle social.

Je brade les entreprises publiques ou les noie dans un conglomérat privé, je supprime les contrats à durée indéterminée, j'invente les contrats nouvelle embauche et première embauche et je réduis les impôts des riches pour qu'ils emploient les pauvres comme domestiques.
Parce qu'il y a beaucoup de chômage.

Et, sur l'écran de l'ordinateur du ministre, se dessina une courbe de croissance des dividendes.

- C'est la courbe du chômage ? demanda le Petit Prince.
- Non. Enfin, oui, c'est pareil. Le chômage et les profits, ça va ensemble.

- Pourquoi ? s'obstina le Petit Prince qui ne renonçait jamais à une question. Les chômeurs perçoivent des dividendes ?
- Ah non, les dividendes sont pour les actionnaires qui peuvent acheter d'autres actions qui leur servent à recevoir d'autres dividendes, et ainsi de suite. Ça s'appelle l'accumulation. Tu ne connais donc pas ça sur ta planète ? demanda le ministre, soudain l'air intéressé.

- Sur l'étoile où j'habite, rien ne se vend, rien ne s'achète. Chacun rend des services gratuitement.

Le ministre demanda un instant. Il téléphona et, peu après, un monsieur bien mis et une dame avec de la prestance les rejoignirent. S'adressant à eux, le ministre leur dit :
- Il existe une étoile non marchande. Pouvez-vous y apporter le progrès ?
- Oui, répondit le monsieur bien mis. Mais, auparavant, il faut écrire une directive libéralisant le commerce des services entre les planètes.
- Les habitants de mon étoile refuseront de renoncer à leurs services et de voir leur travail méprisé, objecta le Petit Prince.
- La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? interrogea la dame, faussement ingénue.

Sentant les choses mal tourner, le ministre, patelin, dit au Petit Prince :
- Donnez-nous l'adresse de votre étoile. Le capital ne fera qu'une visite de reconnaissance, car lui seul a la liberté totale de circuler.
- Sur mon étoile, l'eau du puits est gratuite et elle coule sans l'aide du capital, s'entêta le Petit Prince.

Mais, déjà, les autres étaient partis, emportant avec eux la position de l'astre encore inviolé.

Le Petit Prince, étonné que l'on pût rêver d'une étoile pour autre chose que la lueur de son réverbère et la douceur de ses fleurs, reprit sa marche et rencontra le renard.
- Tous les hommes sont-ils comme le ministre important, le monsieur bien mis et la dame fière ? lui demanda le Petit Prince.
- Non, répondit le renard. Mais plus les marchands marchandisent, plus le lien social se distend et la solidarité se dissout dans l'appât du gain. Un modèle chasse l'autre.

- Je ne comprends rien à votre histoire de modèles, rétorqua le Petit Prince, très en colère. Pour avoir autant de chômeurs et de précaires, souffrez-vous de trop ou de pas assez de solidarité ?
- Modèle est un mot magique.
Tu crois qu'il désigne ce qui est bon pour tous, ce qui est un bien commun à préserver et même à étendre.
En fait, il désigne aussi n'importe quelle organisation existante, même catastrophique pour les plus humbles.

- Votre modèle est encore plus compliqué que la fleur de mon étoile qui a des épines, murmura le Petit Prince.

- Tu n'as pas vu le pire. Car il y a des experts du déclin qui expliquent que le modèle catastrophique est venu à cause d'un trop bon modèle antérieur et qu'il y a du chômage parce que nous ne travaillons pas assez longtemps.
Nous n'avons plus de réverbères, mais nous avons de puissants projecteurs médiatiques aveuglants qui sont tournés vers les miettes laissées aux pauvres, laissant dans l'ombre l'opulence, le luxe et le gaspillage.

- Comment s'appelle votre modèle ? demanda le Petit Prince, au comble de la perplexité.
- Capitalisme. Ça veut dire : modèle qui marchandise tout au nom de la mise en valeur.
- Valeur, c'est comme modèle, vous m'embrouillez avec vos mots à double sens. N'y a-t-il donc personne pour s'insurger contre cette marchandisation des choses et des relations et contre cette perversion des mots ?
- Oh, si. Mais combattre le modèle capitaliste suppose de réunir plusieurs conditions : mettre fin à la propriété qui autorise tous les accaparements dont celle des biens communs, placer ceux-ci hors marché, réconcilier progrès social et écologie et garantir que ces décisions soient prises démocratiquement.
On essaie d'apprivoiser toutes ces choses ensemble pour en faire un réel anticapitalisme.

- Qu'est-ce que signifie apprivoiser ?
- Ça signifie créer des liens (...). On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard.
Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands.
Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. »


Par JM Harribey, maître de conférences à l'université Bordeaux-IV, membre du conseil scientifique d'ATTAC[/align]

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