par Cinci » mer. 11 août 2010, 20:01
Enyo32 :
Serait-ce alors de l'ironie de la part des exégètes ( mais je ne pense pas ), ou alors une prophétie manquée ?
Ni l'un ni l'autre.
Le commentaire
infra dans la Bible de Jérusalem peut s'expliquer relativement facilement. Faut voir que «le messie dont il est question dans ce passage est "non identifié"», mais alors que ce l'est ainsi à raison de la version du texte de la Bible qu'auront choisi de retenir pour leur travail de traduction les gens de l'école biblique de Jérusalem tout simplement. Bref, le problème peut relever (une possibilité ici) uniquement de la source employée; source de traduction juive en l'occurence. C'est dans le texte massorétique que la prophétie de Daniel est obscure, imprécise et vague.
Voici le texte de la même prophétie mais dans la Septante (le texte grec) dans sa version dite de Théodotion :
- à l'instant même de ta prière, a paru
un édit et moi je suis venu t'apporter
un message, parce que tu es un hom-
me cher à Dieu.
Sois donc attentif à ma parole et com-
prends la vision.
Un nombre de soixante-dix semaines
a été fixé pour ton peuple et la Cité
sainte, pour que la prévarication soit
abolie, que le péché prenne fin, que
la justice éternelle vienne, que les vi -
sions et les prophéties soient accom-
plies et que le Saint des Saints soit
oint.
Saches-le donc et comprends : à par-
tir de l'édit qui sera émis pour que
Jérusalem soit enclose et réédifiée,
jusqu'au Christ chef, il y aura sept
semaines et soixante-deux semaines.
Et Jérusalem redeviendra elle-même,
et ses murs avec ses fossés seront
rétablis, malgré les difficultés du temps.
Et après les soixante-deux semaines,
l'Oint sera mis à mort sans qu'il y ait
en lui de cas de condamnation.
Mais lui détruira la ville et le Saint
Temple, avec un chef qui viendra, et
la ville et le Temple succomberont
à la catastrophe et s'abîmeront dans
les ruines jusqu'à la fin de la guerre
décrétée.
Et la semaine une confirmera pour
toujours l'alliance avec les hommes.
Et à la moitié de la semaine, les obla-
tions et les sacrifices seront abolis.
Puis sur le Temple, sera l'abomination
de la désolation, et la désolation ne
finira qu'avec la fin des temps.
«...ce fut en effet l'opinion générale des Pères de l'Église des premiers siècles que, depuis la dernière destruction de Jérusalem, sous l'empereur Hadrien, certains juifs, par hostilité au christianisme, avaient altéré les Livres saints, surtout dans des endroits relatifs au Messie, et notamment dans les prophéties qui le concernaient. Car, à l'égard des caractères distinctifs du Messie, applicables à Jésus Christ, la différence entre l'hébreu de la recension rabbinique et la version grecque des Septante [...] est telle qu'il est impossible de ne pas y voir le résultat des polémiques entre juifs et chrétiens, pour savoir si Jésus Christ ou non est le Messie annoncé par les prophètes. [...] altérations dont on a la preuve par la comparaison de la version des Septante et autres versions orientales également antérieures et celle de l'hébreu moderne. Et cette comparaison montre que l'édition hébraïque de la Bible, dite la Massorète, oeuvre des rabbins de l'école d'Akiba (1er siècle), ne méritait pas en tout la confiance que saint Jérôme lui a accordée [...] malgré les accusations de falsifications émises antérieurement par saint Justin, saint Irénée, saint Cyprien, Tertullien, Origène, Eusèbe, saint Épiphane et autres, et que, Théodoret
[1], l'un des plus brillants savants et écrivains ecclésiastiques, confirme, en constatant que les juifs, irrités de ce que, dans leurs controverses avec les chrétiens, on les réduisaient au silence, avec les prédictions si précises de Daniel sur le Messie, mieux conservées dans la version des Septante dont l'Église primitive se servait, en était venus à le retrancher du nombre des prophètes, en dépit de l'opinion de leurs pères, qui le plaçaient à côté d'Isaïe et de Jérémie, et du témoignage de Josèphe lui-même, qui l'appelle ''un des plus grands prophètes''.
La traduction reçue des Septante, sans être non plus la version originale, perdue dès les premiers temps du christianisme, mérite en général plus de confiance. Cette traduction grecque de la Bible, entreprise sous le règne de Ptolémée Soter, à la demande des juifs d'Alexandrie, et complétée sous son successeur, Philadelphe, fut faite vers l'an 300 avant Jésus Christ, par des docteurs de la synagogue, lorsqu'ils n'avaient aucun intérêt à toucher aux prophéties concernant le Messie. [...] Les anciens Pères ne se sont pas trompés, comme le veulent les défenseurs trop absolus de l'intégrité et de la véracité de la Massorétique, en accusant les Juifs d'avoir altéré de parti-pris certaines parties de l'Écriture sainte, Tout au moins est-il impossible de ne pas reconnaître que saint Jean Chrysostôme a eu raison de reprocher aux traducteurs juifs d'avoir à dessein traduit obscurément les prophéties messianiques, comme par exemple pour la prophétie même des 70 semaines de Daniel. [...]
Elle [la version Théodotion] lui fut même substitué, de bonne heure, dans les Églises d'Orient, pour le livre de Daniel.
Depuis la découverte, au XVIIIe siècle, de la partie retranchée [version ''Aquila''] de la traduction des Septante, que l'on croyait, jusque là perdue, on peut se rendre compte des préférences justifiées des Églises grecques pour la version Théodotion et du bien fondé du jugement [positif] de saint Jérôme à son égard. Nous avons donc, dans la traduction de Daniel par Théodotion, incorporée depuis la fin du IIe siècle, dans la Septante, un texte suffisamment autorisé.»
-
Jésus Christ dans l'histoire, p. 579
____
[1] Théodoret ( Comment. in Daniel, dans Migne, Patr. gr. LXXXII, Drach) juif converti, accuse même, en connaissance de cause, les rabbins d'avoir supprimé plusieurs livres hébreux qui contenaient un grand nombre de passages favorable au christianisme
Encore :
Les critiques contemporains, même orthodoxes, tout en observant le respect dû à la Vulgate, sanctionnée d'une manière générale, par l'autorité de l'Église, n'hésitent pas à déclarer, comme le dit l'un d'eux, que, «en adhérant si fermement au texte que nous nommons massorétique, et qui était pour lui l'
hebraica veritas, saint Jérôme sacrifiait trop aisément la recension des Septante, consacrée par l'usage ecclésiastique. Il est certain, de plus, que même lorsqu'il traduisait l'hébreu, il a été égaré par une tradition juive qui, dès le temps d'Aquila (IIe siècle), et même avant, s'était greffée sur le texte reçu (Le Père Lagrange,
Revue Biblique, 1898, t.VII, p.565)
Saint Justin, pour ne citer que lui, reprochait encore aux juifs d'avoir retranché
depuis peu ces paroles de Jérémie, relatives à la Passion du Messie :«Je suis comme un agneau qu'on mène à la boucherie», qui se trouvent dans la version des Septante (Dial. cum Tryph., Migne, Patr. gr., t.VI) Il leur reproche de même la suppression du mot
a ligno dans le verset 9 du psaume 95.
Comme autre exemple de modifications du texte hébreu par les rabbins, dans les passages relatifs au Messie, il suffira de citer les suivants : Is 40, 3,5 : Jean le baptiste annonçant le Messie cite ce passage de la prophétie d'Isaïe :«Parate viam Domini ... et videbit omnis caro salutare Dei» Ces mots :
salutare Dei, qui désignent le Messie, les plus importants de la prophétie, et cités par le précurseur (Lc 3,6), comme ils sont dans la Septante et comme ils étaient dans l'hébreu de son temps, ne se trouvent plus dans l'hébreu actuel. Or Jean le baptiste connaissait les Écritures et certainement aussi la langue hébraïque. Pourquoi ces mots ont-ils disparu de la version des massorètes ?
- Texte d'Isaïe (massorète) :
«Une voix crie : dans le désert
préparez le chemin de Yavhé
applanissez dans la steppe
une chaussée pour notre Dieu.
Que toute vallée soit élevée,
toute colline et montagne abais-
sée;
que les mamelons se changent
en plaines, et les escarpements
en vallées !
La gloire de Yavhé se révélera
et toute chair la verra pareillement,
car la bouche de Yavhé a parlé.»
Texte de Luc (en Grec) :
Voix de celui qui clame dans le
désert : Préparez le chemin du
Seigneur, rendez droit ses sen -
tiers;
tout ravin sera comblé et toute
montagne et colline abaissées;
et les passages tortueux devien-
dront droits et les chemins rabo-
teux deviendront lisses,
et toute chair verra le salut de Dieu.
Luc cite Isaïe dans le texte de la Septante.
Isaïe 53, 7-8 : dans ce passage, relatif à la Passion du Messie, le sauveur, s'offrant lui-même en victime, est représenté comme un agneau conduit à l'abattoir, qui se laisse faire, docile et muet. Le prophète Isaïe ajoute dans le texte des Septante [...] ce qui se traduit en latin :
in humilitate est judiciam ejus elatum est, et en français :
« ... dans cet abaissement, sa condamnation a été extorquée.» La traduction littérale de l'hébreu des massorète donne :
de clausura et judicio sublatus est. Que signifie ces mots ? Et pourquoi ont-ils été substitués au texte de la Septante, qui explique si clairement le sens du prophète ? Pris à la lettre, ils sont ainsi traduits dans la Bible de Sacy : « ... dans son abaissement, il a été délivré de la mort, à laquelle il avait été condamné.» On voit que cette dernière traduction, conforme à l'hébreu des massorètes, détruit la prophétie et la rend inapplicable à Jésus Christ, qui n'a pas été délivré de la mort,
mais dont la condamnation fut l'effet de la perfidie et de la violence.
(Dans ma Bible Osty, le texte massorétique d'Isaïe 53, 7-8 est corrigé par la Septante ainsi qu'on peut s'en rendre compte par les notes
infra du chanoine Émile Osty.)
Enyo32 :
[quote]Serait-ce alors de l'ironie de la part des exégètes ( mais je ne pense pas ), ou alors une prophétie manquée ?[/quote]
Ni l'un ni l'autre.
Le commentaire [i]infra[/i] dans la Bible de Jérusalem peut s'expliquer relativement facilement. Faut voir que «le messie dont il est question dans ce passage est "non identifié"», mais alors que ce l'est ainsi à raison de la version du texte de la Bible qu'auront choisi de retenir pour leur travail de traduction les gens de l'école biblique de Jérusalem tout simplement. Bref, le problème peut relever (une possibilité ici) uniquement de la source employée; source de traduction juive en l'occurence. C'est dans le texte massorétique que la prophétie de Daniel est obscure, imprécise et vague.
Voici le texte de la même prophétie mais dans la Septante (le texte grec) dans sa version dite de Théodotion :
[list][color=#004080] à l'instant même de ta prière, a paru
un édit et moi je suis venu t'apporter
un message, parce que tu es un hom-
me cher à Dieu.
Sois donc attentif à ma parole et com-
prends la vision.
Un nombre de soixante-dix semaines
a été fixé pour ton peuple et la Cité
sainte, pour que la prévarication soit
abolie, que le péché prenne fin, que
la justice éternelle vienne, que les vi -
sions et les prophéties soient accom-
plies et que le Saint des Saints soit
oint.
Saches-le donc et comprends : à par-
tir de l'édit qui sera émis pour que
Jérusalem soit enclose et réédifiée,
jusqu'au Christ chef, il y aura sept
semaines et soixante-deux semaines.
Et Jérusalem redeviendra elle-même,
et ses murs avec ses fossés seront
rétablis, malgré les difficultés du temps.
Et après les soixante-deux semaines,
l'Oint sera mis à mort sans qu'il y ait
en lui de cas de condamnation.
Mais lui détruira la ville et le Saint
Temple, avec un chef qui viendra, et
la ville et le Temple succomberont
à la catastrophe et s'abîmeront dans
les ruines jusqu'à la fin de la guerre
décrétée.
Et la semaine une confirmera pour
toujours l'alliance avec les hommes.
Et à la moitié de la semaine, les obla-
tions et les sacrifices seront abolis.
Puis sur le Temple, sera l'abomination
de la désolation, et la désolation ne
finira qu'avec la fin des temps. [/color][/list]
«...ce fut en effet l'opinion générale des Pères de l'Église des premiers siècles que, depuis la dernière destruction de Jérusalem, sous l'empereur Hadrien, certains juifs, par hostilité au christianisme, avaient altéré les Livres saints, surtout dans des endroits relatifs au Messie, et notamment dans les prophéties qui le concernaient. Car, à l'égard des caractères distinctifs du Messie, applicables à Jésus Christ, la différence entre l'hébreu de la recension rabbinique et la version grecque des Septante [...] est telle qu'il est impossible de ne pas y voir le résultat des polémiques entre juifs et chrétiens, pour savoir si Jésus Christ ou non est le Messie annoncé par les prophètes. [...] altérations dont on a la preuve par la comparaison de la version des Septante et autres versions orientales également antérieures et celle de l'hébreu moderne. Et cette comparaison montre que l'édition hébraïque de la Bible, dite la Massorète, oeuvre des rabbins de l'école d'Akiba (1er siècle), ne méritait pas en tout la confiance que saint Jérôme lui a accordée [...] malgré les accusations de falsifications émises antérieurement par saint Justin, saint Irénée, saint Cyprien, Tertullien, Origène, Eusèbe, saint Épiphane et autres, et que, Théodoret[color=#FF0000] [1][/color], l'un des plus brillants savants et écrivains ecclésiastiques, confirme, en constatant que les juifs, irrités de ce que, dans leurs controverses avec les chrétiens, on les réduisaient au silence, avec les prédictions si précises de Daniel sur le Messie, mieux conservées dans la version des Septante dont l'Église primitive se servait, en était venus à le retrancher du nombre des prophètes, en dépit de l'opinion de leurs pères, qui le plaçaient à côté d'Isaïe et de Jérémie, et du témoignage de Josèphe lui-même, qui l'appelle ''un des plus grands prophètes''.
La traduction reçue des Septante, sans être non plus la version originale, perdue dès les premiers temps du christianisme, mérite en général plus de confiance. Cette traduction grecque de la Bible, entreprise sous le règne de Ptolémée Soter, à la demande des juifs d'Alexandrie, et complétée sous son successeur, Philadelphe, fut faite vers l'an 300 avant Jésus Christ, par des docteurs de la synagogue, lorsqu'ils n'avaient aucun intérêt à toucher aux prophéties concernant le Messie. [...] Les anciens Pères ne se sont pas trompés, comme le veulent les défenseurs trop absolus de l'intégrité et de la véracité de la Massorétique, en accusant les Juifs d'avoir altéré de parti-pris certaines parties de l'Écriture sainte, Tout au moins est-il impossible de ne pas reconnaître que saint Jean Chrysostôme a eu raison de reprocher aux traducteurs juifs d'avoir à dessein traduit obscurément les prophéties messianiques, comme par exemple pour la prophétie même des 70 semaines de Daniel. [...]
Elle [la version Théodotion] lui fut même substitué, de bonne heure, dans les Églises d'Orient, pour le livre de Daniel.
Depuis la découverte, au XVIIIe siècle, de la partie retranchée [version ''Aquila''] de la traduction des Septante, que l'on croyait, jusque là perdue, on peut se rendre compte des préférences justifiées des Églises grecques pour la version Théodotion et du bien fondé du jugement [positif] de saint Jérôme à son égard. Nous avons donc, dans la traduction de Daniel par Théodotion, incorporée depuis la fin du IIe siècle, dans la Septante, un texte suffisamment autorisé.»
- [u]Jésus Christ dans l'histoire[/u], p. 579
____
[color=#FF0000][1][/color] Théodoret ( Comment. in Daniel, dans Migne, Patr. gr. LXXXII, Drach) juif converti, accuse même, en connaissance de cause, les rabbins d'avoir supprimé plusieurs livres hébreux qui contenaient un grand nombre de passages favorable au christianisme
Encore :
Les critiques contemporains, même orthodoxes, tout en observant le respect dû à la Vulgate, sanctionnée d'une manière générale, par l'autorité de l'Église, n'hésitent pas à déclarer, comme le dit l'un d'eux, que, «en adhérant si fermement au texte que nous nommons massorétique, et qui était pour lui l'[i]hebraica veritas[/i], saint Jérôme sacrifiait trop aisément la recension des Septante, consacrée par l'usage ecclésiastique. Il est certain, de plus, que même lorsqu'il traduisait l'hébreu, il a été égaré par une tradition juive qui, dès le temps d'Aquila (IIe siècle), et même avant, s'était greffée sur le texte reçu (Le Père Lagrange, [i]Revue Biblique[/i], 1898, t.VII, p.565)
Saint Justin, pour ne citer que lui, reprochait encore aux juifs d'avoir retranché [i]depuis peu[/i] ces paroles de Jérémie, relatives à la Passion du Messie :«Je suis comme un agneau qu'on mène à la boucherie», qui se trouvent dans la version des Septante (Dial. cum Tryph., Migne, Patr. gr., t.VI) Il leur reproche de même la suppression du mot [i]a ligno [/i]dans le verset 9 du psaume 95.
Comme autre exemple de modifications du texte hébreu par les rabbins, dans les passages relatifs au Messie, il suffira de citer les suivants : Is 40, 3,5 : Jean le baptiste annonçant le Messie cite ce passage de la prophétie d'Isaïe :«Parate viam Domini ... et videbit omnis caro salutare Dei» Ces mots : [i]salutare Dei[/i], qui désignent le Messie, les plus importants de la prophétie, et cités par le précurseur (Lc 3,6), comme ils sont dans la Septante et comme ils étaient dans l'hébreu de son temps, ne se trouvent plus dans l'hébreu actuel. Or Jean le baptiste connaissait les Écritures et certainement aussi la langue hébraïque. Pourquoi ces mots ont-ils disparu de la version des massorètes ?
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[b]Texte d'Isaïe (massorète) : [/b]
«Une voix crie : dans le désert
préparez le chemin de Yavhé
applanissez dans la steppe
une chaussée pour notre Dieu.
Que toute vallée soit élevée,
toute colline et montagne abais-
sée;
que les mamelons se changent
en plaines, et les escarpements
en vallées !
La gloire de Yavhé se révélera
et toute chair la verra pareillement,
car la bouche de Yavhé a parlé.»
[b]Texte de Luc (en Grec) :[/b]
Voix de celui qui clame dans le
désert : Préparez le chemin du
Seigneur, rendez droit ses sen -
tiers;
tout ravin sera comblé et toute
montagne et colline abaissées;
et les passages tortueux devien-
dront droits et les chemins rabo-
teux deviendront lisses,
et toute chair verra le salut de Dieu. [/list]
Luc cite Isaïe dans le texte de la Septante.
Isaïe 53, 7-8 : dans ce passage, relatif à la Passion du Messie, le sauveur, s'offrant lui-même en victime, est représenté comme un agneau conduit à l'abattoir, qui se laisse faire, docile et muet. Le prophète Isaïe ajoute dans le texte des Septante [...] ce qui se traduit en latin : [i]in humilitate est judiciam ejus elatum est[/i], et en français : [color=#FF0000]« ... dans cet abaissement, sa condamnation a été extorquée.»[/color] La traduction littérale de l'hébreu des massorète donne : [i]de clausura et judicio sublatus est[/i]. Que signifie ces mots ? Et pourquoi ont-ils été substitués au texte de la Septante, qui explique si clairement le sens du prophète ? Pris à la lettre, ils sont ainsi traduits dans la Bible de Sacy : « ... dans son abaissement, il a été délivré de la mort, à laquelle il avait été condamné.» On voit que cette dernière traduction, conforme à l'hébreu des massorètes, détruit la prophétie et la rend inapplicable à Jésus Christ, qui n'a pas été délivré de la mort, [i]mais dont la condamnation fut l'effet de la perfidie et de la violence.[/i]
(Dans ma Bible Osty, le texte massorétique d'Isaïe 53, 7-8 est corrigé par la Septante ainsi qu'on peut s'en rendre compte par les notes [i]infra[/i] du chanoine Émile Osty.)