par etienne lorant » dim. 01 août 2010, 19:21
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21.
Il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède.
Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. '
Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ? '
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »
Voici donc le raisonnement de l'homme raisonnable, de l'homme qui calcule ses chances, qui mesure ses forces, qui saisit ce qui se tient à sa portée... et tout cela, il le fait hors de Dieu. Mais cette raison est celle d'un fou, et les projections d'avenir auxquelles elle procède ne tiennent pas compte de Dieu.
Saint Paul a vraiment bien parlé lorsqu'il a dit:
"Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse:
nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.
Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles.
Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont,
afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu."
J'ai connu un homme qui, à mon âge (54 ans), a liquidé toutes ses autres affaires, pour n'en garder q'une seule: au bout d'une année seulement, il fut clair pour toute la ville qu'il avait réussi. Il a donc commencé à prendre du repos. Chaque matin, je l'ai vu prendre un verre d'alcool dès 9 heures avec d'autres commerçants installés de longue date, sur la Grand-Place de la ville. Un jour, un médecin lui annonce qu'il doit se faire opérer, mais qu'une cure médicamenteuse est nécessaire avant l'opération afin de purifier son sang d'un excès de cholesterol. Mais l'homme-à-qui-tout-avait-réussi n'a rien voulu entendre: il a joué de son portefeuille pour être opéré six mois plus tôt - et il est décédé au cours de l'intervention. Ses fils ont repris l'affaire et l'ont encore agrandie: ils déménageront l'an prochain pour occuper une surface deux fois supérieure à l'ancienne ! Hélas encore, le temps de la suprématie absolule des très grandes surfaces a fondu avec la crise financière, et les enfants de cet homme, qui ont aujourd'hui la cinquantaine comme moi, sourient beaucoup moins.
Ainsi va le monde et Jésus le dénonce en tout temps et à tous les temps. Car avant Jésus, il faut se souvenir de ce qu'écrivit l'Ecclésiaste, à qui le mêm Esprit avait soufflé :
Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David et roi de Jérusalem. "Vanité des vanités ! tout est vanité ! Quel profit l'homme retire-t-il de tout le labeur dont il se fatigue sous le soleil ?
Une génération s'en va, une génération arrive, mais la terre subsiste toujours." Et sa conclusion est immanquable : "Dieu agit ainsi afin qu'on Le craigne"... Autrement dit, tous les biens de l'homme lui ont été confiés par Dieu pour que l'homme soit heureux et rende grâce au Seigneur". Force est bien de constater combien les hommes sont prompts à se détourner de Dieu, en usant de raisonnements qui ont la fragilité des édifices de verre.
J'écris ces mots, et je suis heureux de pouvoir dire qu'à cause du Seigneur, et de tout cet Amour qu'Il m'a révélé, je n'ai jamais plus rêvé de m'édifier des "châteaux en Espagne". Mais ce dimanche, levé tôt, rentré de congé, un peu sombre à cause du changement, je me suis mis à prier, et la prière ne m'a plus quitté de toute la journée. J'ai élagué des arbres dans le jardin, tondu la pelouse; j'ai rendu visite à trois personnes, je me suis promené sur le marché aux puces, j'ai mangé léger, j'ai fait la sieste, j'ai pris soin du sourire de ma mère, et je vais me coucher dans deux heures après avoir pu prier (était-ce dans ma tête, ou dans mon coeur ?) un peu plus de trente dizaines de chapelet - du moins je n'ai plus compté au-delà. Pour amasser en vue de Dieu, il suffit de s'en remettre à Lui... c'est ce qui paraît souvent le plus difficile - et pourtant !
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21.
Il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède.
Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. '
Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ? '
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »
Voici donc le raisonnement de l'homme raisonnable, de l'homme qui calcule ses chances, qui mesure ses forces, qui saisit ce qui se tient à sa portée... et tout cela, il le fait hors de Dieu. Mais cette raison est celle d'un fou, et les projections d'avenir auxquelles elle procède ne tiennent pas compte de Dieu.
Saint Paul a vraiment bien parlé lorsqu'il a dit:
"Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse:
nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.
Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles.
Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont,
afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu."
J'ai connu un homme qui, à mon âge (54 ans), a liquidé toutes ses autres affaires, pour n'en garder q'une seule: au bout d'une année seulement, il fut clair pour toute la ville qu'il avait réussi. Il a donc commencé à prendre du repos. Chaque matin, je l'ai vu prendre un verre d'alcool dès 9 heures avec d'autres commerçants installés de longue date, sur la Grand-Place de la ville. Un jour, un médecin lui annonce qu'il doit se faire opérer, mais qu'une cure médicamenteuse est nécessaire avant l'opération afin de purifier son sang d'un excès de cholesterol. Mais l'homme-à-qui-tout-avait-réussi n'a rien voulu entendre: il a joué de son portefeuille pour être opéré six mois plus tôt - et il est décédé au cours de l'intervention. Ses fils ont repris l'affaire et l'ont encore agrandie: ils déménageront l'an prochain pour occuper une surface deux fois supérieure à l'ancienne ! Hélas encore, le temps de la suprématie absolule des très grandes surfaces a fondu avec la crise financière, et les enfants de cet homme, qui ont aujourd'hui la cinquantaine comme moi, sourient beaucoup moins.
Ainsi va le monde et Jésus le dénonce en tout temps et à tous les temps. Car avant Jésus, il faut se souvenir de ce qu'écrivit l'Ecclésiaste, à qui le mêm Esprit avait soufflé :
Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David et roi de Jérusalem. "Vanité des vanités ! tout est vanité ! Quel profit l'homme retire-t-il de tout le labeur dont il se fatigue sous le soleil ?
Une génération s'en va, une génération arrive, mais la terre subsiste toujours." Et sa conclusion est immanquable : "Dieu agit ainsi afin qu'on Le craigne"... Autrement dit, tous les biens de l'homme lui ont été confiés par Dieu pour que l'homme soit heureux et rende grâce au Seigneur". Force est bien de constater combien les hommes sont prompts à se détourner de Dieu, en usant de raisonnements qui ont la fragilité des édifices de verre.
J'écris ces mots, et je suis heureux de pouvoir dire qu'à cause du Seigneur, et de tout cet Amour qu'Il m'a révélé, je n'ai jamais plus rêvé de m'édifier des "châteaux en Espagne". Mais ce dimanche, levé tôt, rentré de congé, un peu sombre à cause du changement, je me suis mis à prier, et la prière ne m'a plus quitté de toute la journée. J'ai élagué des arbres dans le jardin, tondu la pelouse; j'ai rendu visite à trois personnes, je me suis promené sur le marché aux puces, j'ai mangé léger, j'ai fait la sieste, j'ai pris soin du sourire de ma mère, et je vais me coucher dans deux heures après avoir pu prier (était-ce dans ma tête, ou dans mon coeur ?) un peu plus de trente dizaines de chapelet - du moins je n'ai plus compté au-delà. Pour amasser en vue de Dieu, il suffit de s'en remettre à Lui... c'est ce qui paraît souvent le plus difficile - et pourtant !