par Laurent L. » mar. 06 juil. 2010, 17:50
Ce mot est à prendre dans le premier sens : ce qui est vain, insignifiant, futile (et non dans le second, qui signifie "orgueil", "fatuité").
Dictionnaire TLF a écrit :VANITÉ, subst. fém.
A. [À propos d'une chose]
1. Caractère de ce qui est vain, de ce dont la réalité ou la valeur est illusoire. Synon. futilité, insignifiance, néant, vide. Vanité de la gloire militaire; vanité du monde, du siècle, des choses humaines; universelle vanité. Vous n'êtes sensible qu'aux espérances dont vous auriez dû depuis longtemps reconnaître la vanité. À quoi sert de chercher le bonheur où il n'est pas? Vous vous raidissez contre l'ordre éternel (LAMENNAIS, Lettres Cottu, 1819, p. 58). La faute est pour une part de se lier par le rien; la vanité « qui s'est étendue sur toutes choses » est cette captivité dont nous sommes à la fois les geôliers et les détenus (RICŒUR, Philos. volonté, 1949, p. 94).
[P. allus. biblique] Tout n'est que vanité. Pour un titre ils vendraient leur âme, en vérité! Vanité! vanité! tout n'est que vanité! (HUGO, Hernani, 1830, IV, 1, p. 99).
Ce sens apparait clairement quand on lit l'Ecclésiaste :
Chapitre I a écrit :
1 .Paroles de l'Écclésiaste, fils de David, roi dans Jérusalem.
2 .Vanité des vanités! dit l'Écclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.
3 .Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?
4 .Une génération passe, une génération vient, et la terre subsiste toujours.
5 .Le soleil se lève, le soleil se couche, et il se hâte de retourner à sa demeure, d'où il se lève de nouveau.
6 .Allant vers le midi, tournant vers le nord, le vent se retourne encore, et reprend les mêmes circuits.
7 .Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; vers le lieu où ils se dirigent, ils continuent à aller.
8 .Toutes choses sont en travail, au-delà de ce qu'on peut dire; l'oeil n'est pas rassasié de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.
9 .Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera; et il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Le mot hébreu (hevel) signifie "vapeur éphémère", "souffle passager". D'ailleurs, le nom du fils d'Adam et Eve, "Abel", a le même sens de "passager", "éphémère", car sa vie fut bien courte. On retrouve cette notion dans le livre de la Sagesse :
Chapitre V a écrit :
Chapitre 5
1 Alors le juste sera debout en grande assurance, en face de ceux qui l'ont persécuté, et qui méprisaient ses labeurs.
2 A cette vue, ils [les impies] seront agités d'une horrible épouvante, ils seront dans la stupeur devant la révélation du salut.
3 Ils se diront, pleins de regret, et gémissant dans le serrement de leur coeur: «Voilà donc celui qui était autrefois l'objet de nos moqueries, et le but de nos outrages!
4 Insensés, nous regardions sa vie comme une folie et sa fin comme un opprobre.
5 Comment est-il compté parmi les enfants de Dieu, et sa part est-elle parmi les saints?
6 Nous avons donc erré, loin du chemin de la vérité; la lumière de la justice n'a pas brillé sur nous, et sur nous ne s'est pas levé le soleil.
7 Nous nous sommes rassasiés dans la voie de l'iniquité et de la perdition, nous avons marché dans des déserts sans chemin, et nous n'avons pas connu la voie du Seigneur.
8 A quoi nous a servi l'orgueil, et que nous a rapporté la richesse avec la jactance?
9 Toutes ces choses ont passé comme l'ombre, comme une rumeur qui s'enfuit;
10 comme le navire qui fend l'onde agitée, sans qu'on puisse découvrir la trace de son passage,
11 ou comme l'oiseau traversant les airs, sans qu'on relève aucun vestige de sa route; mais il bat à coups de plumes l'air léger, d'un puissant élan il le déchire, s'y fait un chemin en agitant ses ailes; puis, on n'y voit aucun indice de son passage;
12 ou comme, lorsque la flèche a été lancée vers son but, l'air qu'elle a fendu revient aussitôt sur lui-même, et l'on ne sait plus par où elle a passé:
13 Ainsi nous-mêmes, nous sommes nés et nous avons cessé d'être, et nous n'avons à montrer aucune trace de vertu; et dans notre iniquité, nous avons été retranchés.»
14 En effet, l'espoir de l'impie est comme le duvet que le vent emporte, comme le givre léger que disperse l'ouragan, comme la fumée qu'un souffle dissipe, comme le souvenir de l'hôte d'un jour qui s'évanouit.
15 Mais les justes vivent éternellement; leur récompense est auprès du Seigneur, et le Tout-Puissant a souci d'eux.
16 C'est pourquoi ils recevront de la main du Seigneur le magnifique royaume et le splendide diadème; car il les protégera de sa droite, de son bras, il les couvrira comme d'un bouclier.
Certaines natures mortes du XVIIe siècles, très en vogue chez les Protestants, représentant la futilité des occupations humaines, s'appellent des "vanités".
In Christo per Mariam.
Ce mot est à prendre dans le premier sens : ce qui est vain, insignifiant, futile (et non dans le second, qui signifie "orgueil", "fatuité").
[quote="Dictionnaire TLF"]VANITÉ, subst. fém.
A. [À propos d'une chose]
1. Caractère de ce qui est vain, de ce dont la réalité ou la valeur est illusoire. Synon. futilité, insignifiance, néant, vide. Vanité de la gloire militaire; vanité du monde, du siècle, des choses humaines; universelle vanité. Vous n'êtes sensible qu'aux espérances dont vous auriez dû depuis longtemps reconnaître la vanité. À quoi sert de chercher le bonheur où il n'est pas? Vous vous raidissez contre l'ordre éternel (LAMENNAIS, Lettres Cottu, 1819, p. 58). La faute est pour une part de se lier par le rien; la vanité « qui s'est étendue sur toutes choses » est cette captivité dont nous sommes à la fois les geôliers et les détenus (RICŒUR, Philos. volonté, 1949, p. 94).
[P. allus. biblique] Tout n'est que vanité. Pour un titre ils vendraient leur âme, en vérité! Vanité! vanité! tout n'est que vanité! (HUGO, Hernani, 1830, IV, 1, p. 99).[/quote]
Ce sens apparait clairement quand on lit l'Ecclésiaste :
[quote="Chapitre I"]
1 .Paroles de l'Écclésiaste, fils de David, roi dans Jérusalem.
2 .Vanité des vanités! dit l'Écclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.
3 .Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?
4 .Une génération passe, une génération vient, et la terre subsiste toujours.
5 .Le soleil se lève, le soleil se couche, et il se hâte de retourner à sa demeure, d'où il se lève de nouveau.
6 .Allant vers le midi, tournant vers le nord, le vent se retourne encore, et reprend les mêmes circuits.
7 .Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; vers le lieu où ils se dirigent, ils continuent à aller.
8 .Toutes choses sont en travail, au-delà de ce qu'on peut dire; l'oeil n'est pas rassasié de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.
9 .Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera; et il n'y a rien de nouveau sous le soleil.[/quote]
Le mot hébreu (hevel) signifie "vapeur éphémère", "souffle passager". D'ailleurs, le nom du fils d'Adam et Eve, "Abel", a le même sens de "passager", "éphémère", car sa vie fut bien courte. On retrouve cette notion dans le livre de la Sagesse :
[quote="Chapitre V"]
Chapitre 5
1 Alors le juste sera debout en grande assurance, en face de ceux qui l'ont persécuté, et qui méprisaient ses labeurs.
2 A cette vue, ils [les impies] seront agités d'une horrible épouvante, ils seront dans la stupeur devant la révélation du salut.
3 Ils se diront, pleins de regret, et gémissant dans le serrement de leur coeur: «Voilà donc celui qui était autrefois l'objet de nos moqueries, et le but de nos outrages!
4 Insensés, nous regardions sa vie comme une folie et sa fin comme un opprobre.
5 Comment est-il compté parmi les enfants de Dieu, et sa part est-elle parmi les saints?
6 Nous avons donc erré, loin du chemin de la vérité; la lumière de la justice n'a pas brillé sur nous, et sur nous ne s'est pas levé le soleil.
7 Nous nous sommes rassasiés dans la voie de l'iniquité et de la perdition, nous avons marché dans des déserts sans chemin, et nous n'avons pas connu la voie du Seigneur.
8 A quoi nous a servi l'orgueil, et que nous a rapporté la richesse avec la jactance?
9 [color=#FF0000]Toutes ces choses ont passé comme l'ombre, comme une rumeur qui s'enfuit;
10 comme le navire qui fend l'onde agitée, sans qu'on puisse découvrir la trace de son passage,
11 ou comme l'oiseau traversant les airs, sans qu'on relève aucun vestige de sa route; mais il bat à coups de plumes l'air léger, d'un puissant élan il le déchire, s'y fait un chemin en agitant ses ailes; puis, on n'y voit aucun indice de son passage;
12 ou comme, lorsque la flèche a été lancée vers son but, l'air qu'elle a fendu revient aussitôt sur lui-même, et l'on ne sait plus par où elle a passé:
13 Ainsi nous-mêmes, nous sommes nés et nous avons cessé d'être, et nous n'avons à montrer aucune trace de vertu; et dans notre iniquité, nous avons été retranchés.»
14 En effet, l'espoir de l'impie est comme le duvet que le vent emporte, comme le givre léger que disperse l'ouragan, comme la fumée qu'un souffle dissipe, comme le souvenir de l'hôte d'un jour qui s'évanouit.[/color]
15 Mais les justes vivent éternellement; leur récompense est auprès du Seigneur, et le Tout-Puissant a souci d'eux.
16 C'est pourquoi ils recevront de la main du Seigneur le magnifique royaume et le splendide diadème; car il les protégera de sa droite, de son bras, il les couvrira comme d'un bouclier.
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Certaines natures mortes du XVIIe siècles, très en vogue chez les Protestants, représentant la futilité des occupations humaines, s'appellent des "vanités".
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In Christo per Mariam.