par Hélène » mar. 07 févr. 2006, 21:46
Tel que promis...
Tiré du livre
Familles…à vos marques ! (P. Joseph-Marie Verlinde, Éditions Téqui, Paris 2002) :
L’objection était déjà apparue dans le contexte de la chaste cohabitation entre Marie et Joseph. Une telle union répondait-elle aux exigences d’un véritable mariage ? Nous laissons saint Augustin répondre à cette question. À la suite de l’Évêque d’Hippone, les théologiens reconnaissent trois biens dans le mariage (1):
-proles,
-fides,
-sacramentum.
« Dans la fidélité conjugale (fides), on a en vue cette obligation qu’ont les époux de s’abstenir de tout rapport sexuel en dehors du lien conjugal; dans les enfants (proles), on a en vue le devoir, pour les époux, de les accueillir avec amour, de les nourrir avec sollicitude, de les élever religieusement; dans le sacrement (sacramentum) enfin, on a en vue le devoir qui s’impose aux époux de ne pas rompre la vie commune, et l’interdiction, pour celui ou celle qui se sépare, de s’engager dans une autre union, fût-ce pour motif de descendance. Telle est la loi du mariage où la fécondité de nature trouve sa gloire, et le dévergondage de l’incontinence sont frein(2). »
La procréation constitue la fin principale du mariage : « Sans aucun doute, commente le pape Pie XI, le Créateur même du genre humain qui, dans sa bonté, a voulu se servir du ministère des hommes pour la propagation de la vie, nous a donné cet enseignement lorsque, en instituant le mariage dans le paradis terrestre, il a dit à nos premiers parents, et en même temps, à tous les époux à venir : “Croissez et multipliez-vous et remplissez la terre ” (Gn 1, 28).
Ce que saint Augustin a très bien fait ressortir des paroles de l’Apôtres saint Paul à Timothée (1 Tm 5, 14) en disant lui-même : “Que la procréation des enfants soit la raison du mariage, l’Apôtre en témoigne en ces termes : ‘Je veux, déclare-t-il, que les jeunes filles se marient’. Et comme pour répondre à cette question : ‘Mais pourquoi ?’ il poursuit aussitôt : ‘qu’elles procréent des enfants, qu’elles soient mères de famille’(3-4) »
Mais la procréation n’appartient cependant que d’une manière extrinsèque et accidentellement à la perfection essentielle du mariage : ce sont la fidélité mutuelle – ou l’unité – et l’indissolubilité qui constituent sa perfection première; autrement dit, l’enfant peut faire défaut sans compromettre la perfection de l’union matrimoniale.
Dans son argumentation, saint Augustin prend précisément appui sur l’exemple de la Sainte Famille; ainsi il écrit au pélagien Julien d’Éclane : « J’ai dit de Joseph selon l’affirmation de l’Évangile que Marie était réellement son épouse; et toi, tu t’élèves effrontément contre mon affirmation et tu t’efforces de montrer qu’il n’y a pas eu de mariage, parce que le commerce charnel a fait défaut. Ainsi donc selon toi, si les époux cessent de se connaître, ils cessent d’être époux; la cessation de l’acte conjugale vaudrait le divorce(5). »
Le même auteur dit encore : « L’exemple de Marie et de Joseph prouve clairement aux fidèles mariés qu’ils peuvent demeurer de véritables époux et en mériter le nom, tout en gardant leur promesse réciproque de continence, sans avoir de commerce conjugal(6). »
La décision que Marie et Joseph avaient prise de rester vierges ne pouvait cependant impliquer une réserve dans le don, autrement le mariage n’eut pas été véritable. Rien n’a manqué à l’union de Marie et de Joseph et de ce qui fait le vrai mariage : chacun s’est donné donc à l’autre totalement et chacun a reçu l’autre, corps et âme. La réserve vise l’exercice de ces droits et non leur concession : ils se sont réciproquement donnés tous les droits conjugaux, mais tous deux s’interdisent de jamais user d’une partie de ces droits qu’ils se confèrent.
(1) Augustin, De bono conjugali 24, 32; PL 40, 394.
(2) Augustin, De genesi ad litteram 9, 7; PL 34, 397.
(3) Augustin, De bono conjugali 24, 32; PL 40, 394.
(4) Pie XI, Casti Connubii.
(5) Augustin, Contra julianum, L. V, c.12, n.46, PL 44, 810.
(6) Augustin, De consensu Evang., L.II, c.1, n.2, PL 34, 1071.
Et Jean Paul II, dans son
Homélie pour la fête de la Sainte Famille (31 décembre 1978), nous dit ceci :
« La naissance d’un enfant marque toujours le début d’une famille. La naissance de Jésus à Bethléem a marqué le début de cette famille unique et exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité. Dans cette famille est venu au monde, a grandi et a été formé le Fils de Dieu, conçu et né de la Vierge-Mère, et qui en même temps a été dès le début confié aux soins authentiquement paternels de Joseph, le charpentier de Nazareth. Devant la loi juive, celui-ci était l’époux de Marie, et devant l’Esprit Saint il fut son digne époux et – vraiment et paternellement – le protecteur du mystère maternel de son épouse. La famille de Nazareth, que l’Église met devant les yeux de toutes les familles, surtout dans la liturgie d’aujourd’hui, constitue effectivement le point de référence culminant pour la sainteté de toute famille humaine. »
Et Pie XI ajoute dans
Casti Connubii :
L’union conjugale rapproche dans un accord intime, les âmes plus étroitement que les corps; ce n’est point un attrait sensible ni une inclination passagère des cœurs qui la détermine, mais une décision délibérée et ferme des volontés : et cette conjonction des esprits, en vertu du décret divin, produit un lien sacré et inviolable ».
Jean Paul II de rajouter :
Une fois que l’engagement est donné et accepté au moyen du consentement, l’amour devient conjugal et ne perd jamais ce caractère.
Voilà en gros…mais il faudrait creuser la question en profondeur avec d’autres textes du Magistère.
Il faut aussi se poser la question quant à la validité d’un mariage chaste : par exemple, considères-tu qu’un mariage, contracté en bonne et due forme et catholique, entre deux personnes âgés (dont la vie sexuelle est éteinte) – ce qui s’est déjà vu j’en connais personnellement : une dame de 82 ans s’est mariée avec un veuf de 85 ans en chaise roulante ! – n’est pas un Sacrement ? Le Sacrement n’est pas une œuvre humaine. Il est la part de Dieu…ce ne peut être la relation sexuelle qui le valide. Ou encore, dans le cas de personnes handicapées (ça s’est déjà vu aussi) physiquement qui ne pourront jamais vivre la relation charnelle complète. Bien sûr ce sont des cas extrêmes mais ils expriment bien mon propos. C’est la communion d’une vie à deux, entre un homme et une femme, fidèles à leur engagement qui est signe concret (Sacrement) de la présence de Dieu au milieu du monde.
Fraternellement,
Hélène
Tel que promis...
Tiré du livre [b][i]Familles…à vos marques ![/i][/b] (P. Joseph-Marie Verlinde, Éditions Téqui, Paris 2002) :
[color=darkblue]L’objection était déjà apparue dans le contexte de la chaste cohabitation entre Marie et Joseph. Une telle union répondait-elle aux exigences d’un véritable mariage ? Nous laissons saint Augustin répondre à cette question. À la suite de l’Évêque d’Hippone, les théologiens reconnaissent trois biens dans le mariage [size=75](1)[/size]:
-[i]proles[/i],
-[i]fides[/i],
-[i]sacramentum[/i].
« Dans la fidélité conjugale ([i]fides[/i]), on a en vue cette obligation qu’ont les époux de s’abstenir de tout rapport sexuel en dehors du lien conjugal; dans les enfants ([i]proles[/i]), on a en vue le devoir, pour les époux, de les accueillir avec amour, de les nourrir avec sollicitude, de les élever religieusement; dans le sacrement ([i]sacramentum[/i]) enfin, on a en vue le devoir qui s’impose aux époux de ne pas rompre la vie commune, et l’interdiction, pour celui ou celle qui se sépare, de s’engager dans une autre union, fût-ce pour motif de descendance. Telle est la loi du mariage où la fécondité de nature trouve sa gloire, et le dévergondage de l’incontinence sont frein[size=75](2)[/size]. »
La procréation constitue la fin principale du mariage : « Sans aucun doute, commente le pape Pie XI, le Créateur même du genre humain qui, dans sa bonté, a voulu se servir du ministère des hommes pour la propagation de la vie, nous a donné cet enseignement lorsque, en instituant le mariage dans le paradis terrestre, il a dit à nos premiers parents, et en même temps, à tous les époux à venir : “[i]Croissez et multipliez-vous et remplissez la terre[/i] ” (Gn 1, 28).
Ce que saint Augustin a très bien fait ressortir des paroles de l’Apôtres saint Paul à Timothée (1 Tm 5, 14) en disant lui-même : “Que la procréation des enfants soit la raison du mariage, l’Apôtre en témoigne en ces termes : ‘[i]Je veux[/i], déclare-t-il, [i]que les jeunes filles se marient’[/i]. Et comme pour répondre à cette question : ‘[i]Mais pourquoi ?[/i]’ il poursuit aussitôt : [i]‘qu’elles procréent des enfants, qu’elles soient mères de famille’[/i][size=75](3-4)[/size] »
[b]Mais la procréation n’appartient cependant que d’une manière extrinsèque et accidentellement à la perfection essentielle du mariage :[/b] [b]ce sont la fidélité mutuelle – ou l’unité – et l’indissolubilité qui constituent sa perfection première[/color][/b][color=darkblue]; autrement dit, l’enfant peut faire défaut sans compromettre la perfection de l’union matrimoniale.
Dans son argumentation, saint Augustin prend précisément appui sur l’exemple de la Sainte Famille; ainsi il écrit au pélagien Julien d’Éclane : [b]« J’ai dit de Joseph selon l’affirmation de l’Évangile que Marie était réellement son épouse; et toi, tu t’élèves effrontément contre mon affirmation et tu t’efforces de montrer qu’il n’y a pas eu de mariage, parce que le commerce charnel a fait défaut[/b]. Ainsi donc selon toi, si les époux cessent de se connaître, ils cessent d’être époux; la cessation de l’acte conjugale vaudrait le divorce[size=75](5)[/size]. »
Le même auteur dit encore : « [b]L’exemple de Marie et de Joseph prouve clairement aux fidèles mariés qu’ils peuvent demeurer de véritables époux et en mériter le nom, tout en gardant leur promesse réciproque de continence, sans avoir de commerce conjugal[/b][size=75](6)[/size]. »
[b]La décision que Marie et Joseph avaient prise de rester vierges ne pouvait cependant impliquer une réserve dans le don, autrement le mariage n’eut pas été véritable.[/b] [b]Rien n’a manqué à l’union de Marie et de Joseph et de ce qui fait le vrai mariage : chacun s’est donné donc à l’autre totalement et chacun a reçu l’autre, corps et âme. [/b]La réserve vise l’exercice de ces droits et non leur concession : [b]ils se sont réciproquement donnés tous les droits conjugaux[/b], mais tous deux s’interdisent de jamais user d’une partie de ces droits qu’ils se confèrent.
[size=75](1) Augustin, [i]De bono conjugali [/i]24, 32; PL 40, 394.
(2) Augustin, [i]De genesi ad litteram [/i]9, 7; PL 34, 397.
(3) Augustin, [i]De bono conjugali [/i]24, 32; PL 40, 394.
(4) Pie XI, [i]Casti Connubii.[/i]
(5) Augustin, [i]Contra julianum[/i], L. V, c.12, n.46, PL 44, 810.
(6) Augustin, [i]De consensu Evang[/i]., L.II, c.1, n.2, PL 34, 1071.[/size][/color]
Et Jean Paul II, dans son [i]Homélie pour la fête de la Sainte Famille [/i](31 décembre 1978), nous dit ceci : [quote]« La naissance d’un enfant marque toujours le début d’une famille. La naissance de Jésus à Bethléem a marqué le début de cette famille unique et exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité. Dans cette famille est venu au monde, a grandi et a été formé le Fils de Dieu, conçu et né de la Vierge-Mère, et qui en même temps a été dès le début confié aux soins authentiquement paternels de Joseph, le charpentier de Nazareth. [b]Devant la loi juive, celui-ci était l’époux de Marie, et devant l’Esprit Saint il fut son digne époux et – vraiment et paternellement – le protecteur du mystère maternel de son épouse.[/b] La famille de Nazareth, que l’Église met devant les yeux de toutes les familles, surtout dans la liturgie d’aujourd’hui, constitue effectivement le point de référence culminant pour la sainteté de toute famille humaine. » [/quote]
Et Pie XI ajoute dans [i]Casti Connubii [/i]: [quote][b]L’union conjugale rapproche dans un accord intime, les âmes plus étroitement que les corps[/b]; ce n’est point un attrait sensible ni une inclination passagère des cœurs qui la détermine, mais une [b]décision délibérée et ferme des volontés [/b]: [color=blue][b]et cette conjonction des esprits, en vertu du décret divin, produit un lien sacré et inviolable ».[/b][/color] [/quote]
Jean Paul II de rajouter : [quote]Une fois que l’engagement est donné et accepté [u][b]au moyen du consentement[/b][/u], [b]l’amour devient conjugal [/b]et ne perd jamais ce caractère.[/quote]
Voilà en gros…mais il faudrait creuser la question en profondeur avec d’autres textes du Magistère.
Il faut aussi se poser la question quant à la validité d’un mariage chaste : par exemple, considères-tu qu’un mariage, contracté en bonne et due forme et catholique, entre deux personnes âgés (dont la vie sexuelle est éteinte) – ce qui s’est déjà vu j’en connais personnellement : une dame de 82 ans s’est mariée avec un veuf de 85 ans en chaise roulante ! – n’est pas un Sacrement ? Le Sacrement n’est pas une œuvre humaine. Il est la part de Dieu…ce ne peut être la relation sexuelle qui le valide. Ou encore, dans le cas de personnes handicapées (ça s’est déjà vu aussi) physiquement qui ne pourront jamais vivre la relation charnelle complète. Bien sûr ce sont des cas extrêmes mais ils expriment bien mon propos. C’est la communion d’une vie à deux, entre un homme et une femme, fidèles à leur engagement qui est signe concret (Sacrement) de la présence de Dieu au milieu du monde.
Fraternellement,
Hélène