par Petit Matthieu » sam. 01 mai 2010, 16:12
Je continue cette fiche, vraiment ce livre me captive. Quel magnifique personnage, quelle grande expérience !
Livre quatrième :
Chapitre I : Augustin confesse les égarements de son intelligence
« Pendant cette période de neuf ans, de ma dix-neuvième à ma vingt-huitième année, jouet de mes passions diverses, je fus séduit et séducteur, trompé et trompeur : en public par l’enseignement des sciences qu’on dit « libérales », en secret sous le faux nom de religion, ici proie de l’orgueil, là de la superstition et partout de la vanité. D’un côté je poursuivais le fantôme de la gloire populaire jusqu’aux applaudissements du théâtre, aux concours de poésie, aux joutes pour des couronnes de foin, aux bagatelles des spectacles, aux passions déréglées. D’un autre côté, j’aspirais à me purifier de ces souillures, j’apportais des aliments à ceux qu’on nommait les « élus », les « saints », pour que, dans l’officine de leur estomac, ils en fabriquassent des anges et des dieux chargés de me libérer. Ces chimères, je les poursuivais, ces pratiques, je m’y adonnais avec mes amis dupés par moi et comme moi. »
Chapitre II : Enseignement, faux ménage et magie
« Ces années-là, j’enseignais la rhétorique : vaincu par mes passions, je vendais l’art de vaincre par le bavardage. »
« En ce temps-là, je cohabitais avec une femme que je n’avais point épousée en mariage légitime, mais que m’avait fait rechercher l’imprudence d’une ardeur inquiète. »
« Je me souviens aussi qu’ayant voulu concourir pour un prix de poésie dramatique, je ne sais quel haruspice me fit demander ce que je consentirais à lui donner pour être vainqueur ; mais plein de dégoût et d’horreur pour ces honteux trafics, je répondis que, la récompense fût-elle une couronne d’or impérissable, je ne souffrirais pas que ma victoire coûtât la vie à une mouche. »
« Qu’est-ce dont si ce n’est « repaître les vents » (Osée, XII, 2) que de repaître ces esprits diaboliques et leur devenir par nos erreurs un objet de joie et de raillerie. »
Chapitre III : Augustin et l’astrologie
« Il est bon de ne pas abuser de votre indulgence envers le pécheur pour se donner licence de rechuter, mais de se souvenir de la parole du Seigneur : « Voici que tu es guéri ; ne pèche plus désormais, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pis. (Jean, V, 14) »
Augustin fustige l’astrologie qui décharge l’homme de toute faute en l’attribuant aux Dieux, aux astres. En parlant de la méthode et de la réussite de ceux-ci, Vindicianus, proconsul et médecin lui répond : « A quoi il répondit, comme il put, que la cause en était le pouvoir du hasard, répandu partout dans la nature. Si, en consultant à l’aventure une page d’un poète quelconque, qui chante un sujet très différent dans une tout autre pensée, on tombe souvent sur un vers qui s’accorde à merveille avec l’affaire qui vous occupe, il n’est point étonnant, disait-il, qu’en vertu de quelque instinct d’en haut, l’âme humaine, dans l’inconscience de ce qui se passe en elle, non par l’effet d’un art, mais par fortune, fasse entendre quelque parole qui convienne au faits et gestes du questionneur. »
Chapitre IV : L’ami perdu et pleuré
Augustin commence alors à enseigner, c’est alors que son ami d’enfance meurt, celui avec lequel il partage ses goûts, son enfance, ses errements superstitieux : « Malade, fiévreux, il gisait depuis longtemps sans connaissance, dans une sueur mortelle. Comme on désespérait de le sauver, il fut baptisé à son insu. Je ne m’en mis pas en peine, persuadé que son âme garderait les sentiments que je lui avais inculqués, plutôt que l’empreinte de ce qu’on avait fait à son corps inconscient. Mais il en fut tout autrement. Il se trouva mieux et on le crut hors de danger. Dès que je pus causer avec lui – et je le pus bientôt, aussitôt qu’il fut lui-même capable de parler, car je ne le quittais pas, tant nous étions dans une dépendance étroite l’un de l’autre, - j’essayai de plaisanter avec lui, croyant qu’il se moquerait avec moi d’un baptême qu’il avait reçu, privé d’intelligence et de sentiment. Pourtant il savait déjà qu’il l’avait reçu. Eh bien, il me regarda avec horreur, comme un ennemi, et m’avertit avec une franchise étonnamment brusque d’avoir à cesser de lui tenir un tel langage, si je voulais rester son ami. Stupéfait et troublé, je maîtrisai les mouvements de mon coeur. Je voulais lui laisser d’abord reprendre des forces et rétablir sa santé ; je pourrais alors en user avec lui librement. Mais il fut arraché à ma démence pour être réservé auprès de vous à ma consolation : quelques jours après, en mon absence, il fut repris de la fièvre et mourut. »
« La douleur que j’en ressentis enténébra mon coeur. Tout ce que je voyais n’était que mort. La patrie m’était un supplice, la maison paternelle un lieu d’étrange infortune. Tout ce que j’avais mis en commun avec lui, sans lui se changeait en un cruel tourment. Mes yeux le demandaient partout, et il leur était refusé. »
« Les larmes seules m’étaient douces et elles avaient succédé à mon ami dans les délices de mon coeur. »
Chapitre V : Douceur des larmes
« D’où vient donc la douceur du fruit que l’on recueille des amertumes de la vie, des gémissements, des pleurs, des soupirs et des plaintes ? »
« Serait-ce que les larmes, chose amère, nous deviennent douces à cause du dégoût ressenti pour les plaisirs passés et tant que dure cette aversion ? »
Chapitre VI : Augustin inconsolable de la mort de son ami
« J’étais malheureux ; malheureuse est toute âme enchaînée par l’amour des choses mortelles ; elle est déchirée lorqu’elle les perd et c’est alors qu’elle sent sa misère, dont elle souffre avant même de les avoir perdues. »
« Je m’étonnais de voir vivre les autres mortels, parce qu’il était mort celui que j’avais aimé comme s’il n’eût pas dû mourir ; et je m’étonnais plus encore, lui mort, de vivre, car j’étais un autre lui-même. Avec un grand bonheur d’expression un poète, parlant de son ami, l’a nommé « la moitié de son âme » (Horace, Odes,I, III, 8). »
« Et qui sait si je ne craignais pas de mourir de peur qu’il ne mourût tout entier, celui que j’avais tant aimé ! »
Chapitre VII : Il part pour Carthage
« Vous n’étiez pour ma pensée rien de consistant ni de réel. Ce n’était pas vous, mais un vain fantôme, et mon erreur était mon dieu. Si j’essayais d’y reposer mon âme, elle tombait dans le vide et de nouveau s’affaisait sur moi. »
« Où échapper à ma propre poursuite ? Et pourtant je m’enfuis de ma patrie. Mes yeux le cherchaient moins, là où il n’avait pas l’habitude de le voir. De Thagaste, j’allai à Carthage. »
Chapitre VIII : Le temps et l’amitié consolent sa peine
Sa douleur passe avec le temps et il reprend goût à ses anciens plaisirs : « Mais ce qui lui succédait, c’était, sinon d’autres douleurs, du moins des semences d’autres douleurs. Car pourquoi cette douleur avait-elle pénétré si facilement jusqu’au fond de moi-même, sinon parce que j’avais répandu mon âme sur le sable en aimant un être mortel, comme s’il n’avait pas dû mourir ? » Augustin partage sa vie avec des amis qui lui apportent le plaisir de vivre.
Chapitre IX : L’amitié et Dieu
« Heureux celui qui vous aime, et son ami en vous et son ennemi à cause de vous ! Seul, il ne perd aucun être cher, l’homme à qui tous sont chers en Celui qu’on ne perd jamais. »
Chapitre X : Les créatures qui passent ne peuvent nous donner le bonheur
En parlant des « belles choses » : « Tout ne parvient pas à la vieillesse, mais tout meurt. Donc lorsqu’elles naissent et s’efforcent d’être, plus vite elle croissent pour être, et plus elles se hâtent de ne plus être. Telle est leur loi. »
Chapitre XI : Dieu seul ne passe pas
« Pourquoi, t’écartant de la loi, suis-tu les impulsions de ta chair ? Retourne-toi, que ce soit elle qui te suive ! » A propos de la connaissance par partie ressentie par la chair : « Il en est toujours de même des parties dont se compose un tout, quand ces parties composantes n’existent pas simultanément : il y a plus de charme dans le tout que dans les parties perçues une à une, si on peut le percevoir dans sa totalité. Mais combien vaut mieux Celui qui a fait toutes choses ! »
Chapitre XII : L’âme ne peut trouver la paix et la vie heureuse qu’en Dieu
« Si les corps te plaisent, c’est Dieu que tu en loueras, ô mon âme, reporte ton amour sur leur Auteur, pour ne point lui déplaire dans les choses qui te plaisent. Si les âmes te plaisent, aime-les en Dieu, car elles aussi sont sujettes au changement et c’est en se fixant en lui qu’elles se stabilisent ; autrement elles passeraient et périraient. »
« Il est descendu ici-bas, celui qui est notre vie, il a souffert notre mort et il l’a tuée de l’abondance de sa vie. D’une voie tonnante il nous a crié de revenir d’ici vers lui, en ce lieu secret, d’où il est venu à nous d’abord dans le sein d’une vierge où s’est mariée à lui la nature humaine, cette chair mortelle, pour n’être pas toujours mortelle ; et de là, « pareil à un époux qui sort du lit nuptial » (Psaume XIX, 6 ), il a bondi comme un géant pour courrir sa route. Il ne s’est pas attardé, mais il a couru en nous criant par ses paroles, ses actes, sa mort, sa vie, sa descente aux enfers, son ascension, en nous criant, dis-je, de revenir à lui. Et il s’est dérobé à nos yeux afin que nous « rentrions dans notre coeur » (Isai, XLVI, 8) et que nous l’y trouvions. Il s’est éloigné, et pourtant, le voici. Il n’a pas voulu demeurer longtemps avec nous, mais il ne nous a pas abandonnés. Il s’en est allé en un lieu d’où il ne s’était jamais retiré, car « le monde a été crée par lui » (Jean, I, 10) et « il était en ce monde, et il est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs » (Timothée I, 15) . »
« Descendez pour monter, pour monter vers Dieu, car vous êtes tombés en montant contre Dieu. »
Chapitre XIII : Augustin médite le problème du beau
« Et je remarquais, je voyais que, dans les corps, il faut distinguer le beau qui est une sorte de tout harmonieux et le convenable qui résulte d’une juste appropriation, comme une partie du corps s’accorde avec l’ensemble de l’organisme ou une chaussure avec le pied et autres choses semblables. » Augustin a écrit auparavant le traité : « Du Beau et du Convenable », mais il l’a perdu.
Chapitre XIV : Il dédie son ouvrage à Hiérius
Augustin parle de Hiérus, un syrien passé maître en éloquence grecque, puis orateur latin et possédant une grande science sur les questions de sagesse. Sa renommée est immense et Augustin lui dédie son traité susdit. Il déplore d’avoir aimé des hommes selon le jugement des hommes et non pas par le jugement de Dieu. Augustin aime les histrions mais n’aurait pas aimé être aimé comme eux, avoir leur notoriété humaine : « Ainsi j’aime dans un homme ce que j’aurais horreur d’être moi-même, quoique je sois un homme ! Profond abîme que l’homme ! Vous connaissez le nombre de ses cheveux, vous Seigneur, et il ne s’en perd aucun pour vous ; mais il est plus facile de compter ses cheveux que les passions et les mouvements de son coeur. »
« D’où sais-je et comment puis-je vous confesser avec certitude que j’aimais cet homme plus à cause de l’amour qu’il inspirait à ceux qui en faisaient l’éloge, que pour les mérites mêmes qui lui valaient ces éloges ? »
Chapitre XV : Résumé du « De Pulchro et Apto »
« Telle était alors mon âme. J’ignorais qu’elle avait besoin d’être éclairée d’une autre lumière pour participer à la vérité, n’étant pas elle-même l’essence de la vérité. »
« Je m’efforçais de m’approcher de vous, et vous me repoussiez, afin que j’eusse un avant-goût de la mort, « car vous résistez aux superbes » (I Pierre, V, 5) .»
Chapitre XVI : Augustin découvre les « catégories » d’Aristote et s’enfonce dans ses erreurs
Cet ouvrage parle des substances, dont celle de l’homme. Augustin essaye de concevoir Dieu dans ces catégories et donc fait une erreur. De plus en parlant de la lectures de livres consacrés aux arts libéraux : « J’en aimais la lecture et je ne savais pas d’où venaient les vérités et les certitudes qu’ils renfermaient. Le dos tourné à la lumière, je faisais face aux objets qu’elle éclairait, et mes yeux qui les voyaient lumineux ne recevaient pas eux-mêmes la lumière. »
« [...] la vivacité de l’intelligence et la pénétration de l’esprit sont vos dons ; mais je n’y voyais pas de quoi vous offrir un sacrifice. Aussi ces qualités ne m’étaient-elles d’aucun profit et contribuaient plutôt à me perdre. »
En parlant de ses élèves : « [...] le meilleur d’entre eux n’était que le moins lent à suivre mes explications. »
Je continue cette fiche, vraiment ce livre me captive. Quel magnifique personnage, quelle grande expérience !
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[color=#0080FF]Chapitre I : Augustin confesse les égarements de son intelligence[/color]
« Pendant cette période de neuf ans, de ma dix-neuvième à ma vingt-huitième année, jouet de mes passions diverses, je fus séduit et séducteur, trompé et trompeur : en public par l’enseignement des sciences qu’on dit « libérales », en secret sous le faux nom de religion, ici proie de l’orgueil, là de la superstition et partout de la vanité. D’un côté je poursuivais le fantôme de la gloire populaire jusqu’aux applaudissements du théâtre, aux concours de poésie, aux joutes pour des couronnes de foin, aux bagatelles des spectacles, aux passions déréglées. D’un autre côté, j’aspirais à me purifier de ces souillures, j’apportais des aliments à ceux qu’on nommait les « élus », les « saints », pour que, dans l’officine de leur estomac, ils en fabriquassent des anges et des dieux chargés de me libérer. Ces chimères, je les poursuivais, ces pratiques, je m’y adonnais avec mes amis dupés par moi et comme moi. »
[color=#0080FF]Chapitre II : Enseignement, faux ménage et magie[/color]
« Ces années-là, j’enseignais la rhétorique : vaincu par mes passions, je vendais l’art de vaincre par le bavardage. »
« En ce temps-là, je cohabitais avec une femme que je n’avais point épousée en mariage légitime, mais que m’avait fait rechercher l’imprudence d’une ardeur inquiète. »
« Je me souviens aussi qu’ayant voulu concourir pour un prix de poésie dramatique, je ne sais quel haruspice me fit demander ce que je consentirais à lui donner pour être vainqueur ; mais plein de dégoût et d’horreur pour ces honteux trafics, je répondis que, la récompense fût-elle une couronne d’or impérissable, je ne souffrirais pas que ma victoire coûtât la vie à une mouche. »
« Qu’est-ce dont si ce n’est « repaître les vents » (Osée, XII, 2) que de repaître ces esprits diaboliques et leur devenir par nos erreurs un objet de joie et de raillerie. »
[color=#0080FF]Chapitre III : Augustin et l’astrologie[/color]
« Il est bon de ne pas abuser de votre indulgence envers le pécheur pour se donner licence de rechuter, mais de se souvenir de la parole du Seigneur : « Voici que tu es guéri ; ne pèche plus désormais, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pis. (Jean, V, 14) »
[color=#008000]Augustin fustige l’astrologie qui décharge l’homme de toute faute en l’attribuant aux Dieux, aux astres. En parlant de la méthode et de la réussite de ceux-ci, Vindicianus, proconsul et médecin lui répond :[/color] « A quoi il répondit, comme il put, que la cause en était le pouvoir du hasard, répandu partout dans la nature. Si, en consultant à l’aventure une page d’un poète quelconque, qui chante un sujet très différent dans une tout autre pensée, on tombe souvent sur un vers qui s’accorde à merveille avec l’affaire qui vous occupe, il n’est point étonnant, disait-il, qu’en vertu de quelque instinct d’en haut, l’âme humaine, dans l’inconscience de ce qui se passe en elle, non par l’effet d’un art, mais par fortune, fasse entendre quelque parole qui convienne au faits et gestes du questionneur. »
[color=#0080FF]Chapitre IV : L’ami perdu et pleuré[/color]
[color=#008000]Augustin commence alors à enseigner, c’est alors que son ami d’enfance meurt, celui avec lequel il partage ses goûts, son enfance, ses errements superstitieux : [/color]« Malade, fiévreux, il gisait depuis longtemps sans connaissance, dans une sueur mortelle. Comme on désespérait de le sauver, il fut baptisé à son insu. Je ne m’en mis pas en peine, persuadé que son âme garderait les sentiments que je lui avais inculqués, plutôt que l’empreinte de ce qu’on avait fait à son corps inconscient. Mais il en fut tout autrement. Il se trouva mieux et on le crut hors de danger. Dès que je pus causer avec lui – et je le pus bientôt, aussitôt qu’il fut lui-même capable de parler, car je ne le quittais pas, tant nous étions dans une dépendance étroite l’un de l’autre, - j’essayai de plaisanter avec lui, croyant qu’il se moquerait avec moi d’un baptême qu’il avait reçu, privé d’intelligence et de sentiment. Pourtant il savait déjà qu’il l’avait reçu. Eh bien, il me regarda avec horreur, comme un ennemi, et m’avertit avec une franchise étonnamment brusque d’avoir à cesser de lui tenir un tel langage, si je voulais rester son ami. Stupéfait et troublé, je maîtrisai les mouvements de mon coeur. Je voulais lui laisser d’abord reprendre des forces et rétablir sa santé ; je pourrais alors en user avec lui librement. Mais il fut arraché à ma démence pour être réservé auprès de vous à ma consolation : quelques jours après, en mon absence, il fut repris de la fièvre et mourut. »
« La douleur que j’en ressentis enténébra mon coeur. Tout ce que je voyais n’était que mort. La patrie m’était un supplice, la maison paternelle un lieu d’étrange infortune. Tout ce que j’avais mis en commun avec lui, sans lui se changeait en un cruel tourment. Mes yeux le demandaient partout, et il leur était refusé. »
« Les larmes seules m’étaient douces et elles avaient succédé à mon ami dans les délices de mon coeur. »
[color=#0080FF]Chapitre V : Douceur des larmes[/color]
« D’où vient donc la douceur du fruit que l’on recueille des amertumes de la vie, des gémissements, des pleurs, des soupirs et des plaintes ? »
« Serait-ce que les larmes, chose amère, nous deviennent douces à cause du dégoût ressenti pour les plaisirs passés et tant que dure cette aversion ? »
[color=#0080FF]Chapitre VI : Augustin inconsolable de la mort de son ami[/color]
« J’étais malheureux ; malheureuse est toute âme enchaînée par l’amour des choses mortelles ; elle est déchirée lorqu’elle les perd et c’est alors qu’elle sent sa misère, dont elle souffre avant même de les avoir perdues. »
« Je m’étonnais de voir vivre les autres mortels, parce qu’il était mort celui que j’avais aimé comme s’il n’eût pas dû mourir ; et je m’étonnais plus encore, lui mort, de vivre, car j’étais un autre lui-même. Avec un grand bonheur d’expression un poète, parlant de son ami, l’a nommé « la moitié de son âme » (Horace, Odes,I, III, 8). »
« Et qui sait si je ne craignais pas de mourir de peur qu’il ne mourût tout entier, celui que j’avais tant aimé ! »
[color=#0080FF]Chapitre VII : Il part pour Carthage[/color]
« Vous n’étiez pour ma pensée rien de consistant ni de réel. Ce n’était pas vous, mais un vain fantôme, et mon erreur était mon dieu. Si j’essayais d’y reposer mon âme, elle tombait dans le vide et de nouveau s’affaisait sur moi. »
« Où échapper à ma propre poursuite ? Et pourtant je m’enfuis de ma patrie. Mes yeux le cherchaient moins, là où il n’avait pas l’habitude de le voir. De Thagaste, j’allai à Carthage. »
[color=#0080FF]Chapitre VIII : Le temps et l’amitié consolent sa peine[/color]
[color=#008000]Sa douleur passe avec le temps et il reprend goût à ses anciens plaisirs :[/color] « Mais ce qui lui succédait, c’était, sinon d’autres douleurs, du moins des semences d’autres douleurs. Car pourquoi cette douleur avait-elle pénétré si facilement jusqu’au fond de moi-même, sinon parce que j’avais répandu mon âme sur le sable en aimant un être mortel, comme s’il n’avait pas dû mourir ? » [color=#008000]Augustin partage sa vie avec des amis qui lui apportent le plaisir de vivre.
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[color=#0080FF]Chapitre IX : L’amitié et Dieu[/color]
« Heureux celui qui vous aime, et son ami en vous et son ennemi à cause de vous ! Seul, il ne perd aucun être cher, l’homme à qui tous sont chers en Celui qu’on ne perd jamais. »
[color=#0080FF]Chapitre X : Les créatures qui passent ne peuvent nous donner le bonheur[/color]
[color=#008000]En parlant des « belles choses » :[/color] « Tout ne parvient pas à la vieillesse, mais tout meurt. Donc lorsqu’elles naissent et s’efforcent d’être, plus vite elle croissent pour être, et plus elles se hâtent de ne plus être. Telle est leur loi. »
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« Pourquoi, t’écartant de la loi, suis-tu les impulsions de ta chair ? Retourne-toi, que ce soit elle qui te suive ! » [color=#008000]A propos de la connaissance par partie ressentie par la chair : [/color]« Il en est toujours de même des parties dont se compose un tout, quand ces parties composantes n’existent pas simultanément : il y a plus de charme dans le tout que dans les parties perçues une à une, si on peut le percevoir dans sa totalité. Mais combien vaut mieux Celui qui a fait toutes choses ! »
[color=#0080FF]Chapitre XII : L’âme ne peut trouver la paix et la vie heureuse qu’en Dieu[/color]
« Si les corps te plaisent, c’est Dieu que tu en loueras, ô mon âme, reporte ton amour sur leur Auteur, pour ne point lui déplaire dans les choses qui te plaisent. Si les âmes te plaisent, aime-les en Dieu, car elles aussi sont sujettes au changement et c’est en se fixant en lui qu’elles se stabilisent ; autrement elles passeraient et périraient. »
« Il est descendu ici-bas, celui qui est notre vie, il a souffert notre mort et il l’a tuée de l’abondance de sa vie. D’une voie tonnante il nous a crié de revenir d’ici vers lui, en ce lieu secret, d’où il est venu à nous d’abord dans le sein d’une vierge où s’est mariée à lui la nature humaine, cette chair mortelle, pour n’être pas toujours mortelle ; et de là, « pareil à un époux qui sort du lit nuptial » (Psaume XIX, 6 ), il a bondi comme un géant pour courrir sa route. Il ne s’est pas attardé, mais il a couru en nous criant par ses paroles, ses actes, sa mort, sa vie, sa descente aux enfers, son ascension, en nous criant, dis-je, de revenir à lui. Et il s’est dérobé à nos yeux afin que nous « rentrions dans notre coeur » (Isai, XLVI, 8) et que nous l’y trouvions. Il s’est éloigné, et pourtant, le voici. Il n’a pas voulu demeurer longtemps avec nous, mais il ne nous a pas abandonnés. Il s’en est allé en un lieu d’où il ne s’était jamais retiré, car « le monde a été crée par lui » (Jean, I, 10) et « il était en ce monde, et il est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs » (Timothée I, 15) . »
« Descendez pour monter, pour monter vers Dieu, car vous êtes tombés en montant contre Dieu. »
[color=#0080FF]Chapitre XIII : Augustin médite le problème du beau[/color]
« Et je remarquais, je voyais que, dans les corps, il faut distinguer le beau qui est une sorte de tout harmonieux et le convenable qui résulte d’une juste appropriation, comme une partie du corps s’accorde avec l’ensemble de l’organisme ou une chaussure avec le pied et autres choses semblables. » [color=#008000]Augustin a écrit auparavant le traité : « Du Beau et du Convenable », mais il l’a perdu.[/color]
[color=#0080FF]Chapitre XIV : Il dédie son ouvrage à Hiérius[/color]
[color=#008000]Augustin parle de Hiérus, un syrien passé maître en éloquence grecque, puis orateur latin et possédant une grande science sur les questions de sagesse. Sa renommée est immense et Augustin lui dédie son traité susdit. Il déplore d’avoir aimé des hommes selon le jugement des hommes et non pas par le jugement de Dieu. Augustin aime les histrions mais n’aurait pas aimé être aimé comme eux, avoir leur notoriété humaine :[/color] « Ainsi j’aime dans un homme ce que j’aurais horreur d’être moi-même, quoique je sois un homme ! Profond abîme que l’homme ! Vous connaissez le nombre de ses cheveux, vous Seigneur, et il ne s’en perd aucun pour vous ; mais il est plus facile de compter ses cheveux que les passions et les mouvements de son coeur. »
« D’où sais-je et comment puis-je vous confesser avec certitude que j’aimais cet homme plus à cause de l’amour qu’il inspirait à ceux qui en faisaient l’éloge, que pour les mérites mêmes qui lui valaient ces éloges ? »
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Chapitre XV : Résumé du « De Pulchro et Apto »[/color]
« Telle était alors mon âme. J’ignorais qu’elle avait besoin d’être éclairée d’une autre lumière pour participer à la vérité, n’étant pas elle-même l’essence de la vérité. »
« Je m’efforçais de m’approcher de vous, et vous me repoussiez, afin que j’eusse un avant-goût de la mort, « car vous résistez aux superbes » (I Pierre, V, 5) .»
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Chapitre XVI : Augustin découvre les « catégories » d’Aristote et s’enfonce dans ses erreurs[/color]
[color=#008000]Cet ouvrage parle des substances, dont celle de l’homme. Augustin essaye de concevoir Dieu dans ces catégories et donc fait une erreur. De plus en parlant de la lectures de livres consacrés aux arts libéraux : [/color]« J’en aimais la lecture et je ne savais pas d’où venaient les vérités et les certitudes qu’ils renfermaient. Le dos tourné à la lumière, je faisais face aux objets qu’elle éclairait, et mes yeux qui les voyaient lumineux ne recevaient pas eux-mêmes la lumière. »
« [...] la vivacité de l’intelligence et la pénétration de l’esprit sont vos dons ; mais je n’y voyais pas de quoi vous offrir un sacrifice. Aussi ces qualités ne m’étaient-elles d’aucun profit et contribuaient plutôt à me perdre. »
[color=#008000]En parlant de ses élèves :[/color] « [...] le meilleur d’entre eux n’était que le moins lent à suivre mes explications. »