par papillon » ven. 19 mars 2010, 8:04
Morgane a écrit : Ccomment vous addressez-vous à Jésus? à Dieu?
Bonjour Morgane,
je suppose que chacun a son cheminement particulier, ses difficultés, ses préférences.
En ce qui me concerne, la prière a toujours été un peu...diffficile. J'ai mis longtemps à comprendre pourquoi.
Dans la religion catholique, on utilise beaucoup l'image du père en parlant de Dieu. C'est cette image qui me cause des difficultés, aussi étrange que ça puisse paraître de dire ça.
Cette image m'attire et me donne soif de Dieu de façon un peu biaisée et pathologique en ce sens que toute ma vie j'ai eu soif de mon père terrestre, un homme bon et présent physiquement tous les jours mais fermé, comme inaccessible et au silence intimidant. Je l'ai tellement désiré et espéré! Je me suis tellement tue!
En voyant Dieu comme un père, autant je le désire, autant je revis toutes les inhibitions que j'ai toujours eues avec le mien (gêne, extrême pudeur, crainte de "déranger", d'indisposer, incapacité de me confier ou simplement de parler, crainte d'être rejetée) . Tout en sachant que ça na aucun sens, que c'est ridicule, je n'y peux rien, ces réflexes n'obéissent à rien de rationnel. J'aime sentir que Dieu est là, tout près, sans avoir à lui parler...
J'essaie d'éviter cette spiritualité que je considère fausse et malsaine, travestie en relations humaines.
Voilà sans doute pourquoi je me suis sentie souvent plus à l'aise avec d'autres spiritualités qui font moins appel à cette image du père.
Ceci étant dit, je me soigne

, peu à peu. Les prières toutes faites, qu'on récite, ne font qu'accentuer ce "mur" qui m'isole. On dirait que je n'arrive pas à croire ce que je dis. J'essaie plutôt, pour le moment, de prier comme l'a écrit Mathilde, comme on parle à un ami, simplement, spontanément. Les prières 'programmées', planifiées, m'ennuient et me stressent comme quand je répétais dans ma tête à la virgule près ce que je devais dire à mon père, quand je ne pouvais y échapper.
Quelque chose s'est passé, avant-hier, quand j'écrivais mon texte "Dans ta bonté, Seigneur...". Il arrive occasionnellement, quand je suis sur internet, que mon ordi "décroche" du net sans que je sache trop pourquoi. Je vis à la campagne et je dois composer un no. de téléphone pour me brancher (j'occupe ainsi la ligne téléphonique de la maison). Quand j'écris un texte et que mon ordi 'décroche', rien ne me le laisse voir, je peux continuer à taper mon texte, mais lorsque je clique sur "envoyer", tout s'efface évidemment car je ne suis plus en contact.
C'est ce qui est arrivé. Ma première réaction a été de

, puis je me suis sentie ô combien ridicule et petite de me mettre ainsi en rogne pour si peu alors que je venais d'écrire un texte de louange et d'amour pour Dieu.
En réalisant cela j'ai 'lâché prise', je me suis calmée, je me suis sentie apaisée, je me suis rebranchée et j'ai tapé de nouveau mon texte, de façon différente.
La première fois, je l'avais tapé avec les yeux et les doigts, en prenant soin de ne pas sauter de ligne.
La deuxième fois je l'ai tapé avec le coeur, tout doucement, et c'est devenu...une prière.
J'essaie ainsi de faire de chaque événement de la journée, l'événement d'une prière non planifiée, de lâcher prise, de vivre en priant et de prier en vivant. De remercier le Seigneur quand quelque chose d'heureux survient, et de penser "ce sera comme Tu voudras, et non comme je veux" , quand je suis contrariée.
Un jour, je le sais, je pourrai réciter des psaumes et croire à ce que je dis.
[quote="Morgane"] Ccomment vous addressez-vous à Jésus? à Dieu?[/quote]
Bonjour Morgane,
je suppose que chacun a son cheminement particulier, ses difficultés, ses préférences.
En ce qui me concerne, la prière a toujours été un peu...diffficile. J'ai mis longtemps à comprendre pourquoi.
Dans la religion catholique, on utilise beaucoup l'image du père en parlant de Dieu. C'est cette image qui me cause des difficultés, aussi étrange que ça puisse paraître de dire ça.
Cette image m'attire et me donne soif de Dieu de façon un peu biaisée et pathologique en ce sens que toute ma vie j'ai eu soif de mon père terrestre, un homme bon et présent physiquement tous les jours mais fermé, comme inaccessible et au silence intimidant. Je l'ai tellement désiré et espéré! Je me suis tellement tue!
En voyant Dieu comme un père, autant je le désire, autant je revis toutes les inhibitions que j'ai toujours eues avec le mien (gêne, extrême pudeur, crainte de "déranger", d'indisposer, incapacité de me confier ou simplement de parler, crainte d'être rejetée) . Tout en sachant que ça na aucun sens, que c'est ridicule, je n'y peux rien, ces réflexes n'obéissent à rien de rationnel. J'aime sentir que Dieu est là, tout près, sans avoir à lui parler...
J'essaie d'éviter cette spiritualité que je considère fausse et malsaine, travestie en relations humaines.
Voilà sans doute pourquoi je me suis sentie souvent plus à l'aise avec d'autres spiritualités qui font moins appel à cette image du père.
Ceci étant dit, je me soigne :-D , peu à peu. Les prières toutes faites, qu'on récite, ne font qu'accentuer ce "mur" qui m'isole. On dirait que je n'arrive pas à croire ce que je dis. J'essaie plutôt, pour le moment, de prier comme l'a écrit Mathilde, comme on parle à un ami, simplement, spontanément. Les prières 'programmées', planifiées, m'ennuient et me stressent comme quand je répétais dans ma tête à la virgule près ce que je devais dire à mon père, quand je ne pouvais y échapper.
Quelque chose s'est passé, avant-hier, quand j'écrivais mon texte "Dans ta bonté, Seigneur...". Il arrive occasionnellement, quand je suis sur internet, que mon ordi "décroche" du net sans que je sache trop pourquoi. Je vis à la campagne et je dois composer un no. de téléphone pour me brancher (j'occupe ainsi la ligne téléphonique de la maison). Quand j'écris un texte et que mon ordi 'décroche', rien ne me le laisse voir, je peux continuer à taper mon texte, mais lorsque je clique sur "envoyer", tout s'efface évidemment car je ne suis plus en contact.
C'est ce qui est arrivé. Ma première réaction a été de :furieux: , puis je me suis sentie ô combien ridicule et petite de me mettre ainsi en rogne pour si peu alors que je venais d'écrire un texte de louange et d'amour pour Dieu.
En réalisant cela j'ai 'lâché prise', je me suis calmée, je me suis sentie apaisée, je me suis rebranchée et j'ai tapé de nouveau mon texte, de façon différente.
La première fois, je l'avais tapé avec les yeux et les doigts, en prenant soin de ne pas sauter de ligne.
La deuxième fois je l'ai tapé avec le coeur, tout doucement, et c'est devenu...une prière.
J'essaie ainsi de faire de chaque événement de la journée, l'événement d'une prière non planifiée, de lâcher prise, de vivre en priant et de prier en vivant. De remercier le Seigneur quand quelque chose d'heureux survient, et de penser "ce sera comme Tu voudras, et non comme je veux" , quand je suis contrariée.
Un jour, je le sais, je pourrai réciter des psaumes et croire à ce que je dis.