par Laurent L. » jeu. 18 mars 2010, 0:08
ti'hamo a écrit :Que les diverses religions soient mises sur un pied d'égalité dans un cours de culture religieuse, personnellement ne me choque pas plus que cela. Franchement, si tout le monde, quel que soit son milieu et son éducation, avait au moins un minimum de culture religieuse objective, ça leur éviterait de croire pas mal d'âneries.
De toute façon il s'agirait de décrire des croyances, des rites, l'Histoire, la culture, l'Art...
(m'enfin, ils n'apprennent déjà plus ni à lire ni à écrire ni à s'exprimer correctement, donc c'est déjà mal parti pour la culture générale...)
Plus je lis les sujets sur les péripéties québécoises, moins l'idée d'un cours de religion me plaît. En plus du risque de relativisme, de "catéchisme républicain" ("mais non, Jésus n'a rien contre le mariage homosexuel, d'ailleurs en Suède, bla bla bla"), ce cours serait sûrement source de conflits. Par exemple, si un professeur fait un cours sur le christianisme et parle de la présence réelle : un protestant évangélique risque de s'opposer ; un élève musulman peut prendre la mouche si on dit "Mahomet" et non "Mohamed", etc. De manière générale, il y aura toujours un élève pour contester le prof, qui risque d'être vite débordé.
De plus, les religions sont déjà abordées au collège et au lycée, en cours d'Histoire, de lettres et de philosophie. Je me souviens avoir appris les 5 piliers de l'Islam en Histoire (5e), par exemple.
Le
rapport Obin de juin 2004 sur "Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires" parle d'ailleurs des réactions d' élèves et de leurs parents à ces cours qui abordent la religion :
Les lettres et la philosophie
[...]
Il y a enfin la difficulté à enseigner le fait religieux et notamment les textes fondateurs
des grandes religions du Livre. Certains élèves (et certaines familles, musulmanes le plus
souvent, juives parfois) contestent cette faculté au collège et aux professeurs (« Je vous
interdis de parler de Jésus à mon fils », vient dire un père à un professeur.) La plupart des
élèves cependant sont très intéressés par ces leçons, du moins celles qui concernent leur
religion. Mais là d’autres difficultés surgissent autour du caractère sacré du Livre (nombreux
refus que le professeur touche ou lise le Coran, refus de lire soi-même la Bible par exemple)
ou du fait de propos jugés impies ou sacrilèges du professeur, parce que simplement
distanciés et inspirés par une approche non théologique, mais littéraire, historique ou
philosophique des Ecritures. C’est toute la difficulté de cet enseignement dont, pour autant
qu’on ait pu nous le dire, il n’est pas sûr qu’elle soit partout surmontée par les professeurs.
Plusieurs nous ont dit avoir dû interrompre un cours ou même avoir renoncé à cette partie du
programme, pratiquant ainsi une autocensure préventive et pas même toujours consciente.
Plus inquiétant, d’autres enseignants, plus nombreux qu’on ne pourrait le croire, adoptent
l’ambition, devant ce qu’ils appellent « l’ignorance des élèves de leur propre religion », et
sans qu’ils en mesurent forcément la portée, de faire leur éducation religieuse. Ils n’hésitent
pas alors à statuer d’une orthodoxie, et à promouvoir une conception théologique jugée
compatible avec la modernité et la démocratie, face à des conceptions jugées superstitieuses
ou à des lectures « intégristes » des textes sacrés. Une dérive qu’on peut définir comme une
théologisation du contenu de cet enseignement.
[...]
L’histoire, la géographie et l’éducation civique
[...]
De manière générale, tout
ce qui a trait à l’histoire du christianisme, du judaïsme, de la Chrétienté ou du peuple juif peut
être l’occasion de contestations. Les exemples abondent, plus ou moins surprenants comme le
refus d’étudier l’édification des cathédrales, ou d’ouvrir le livre sur un plan d’église
byzantine, ou encore d’admettre l’existence de religions préislamiques en Egypte ou l’origine
sumérienne de l’écriture. L’histoire sainte est alors à tout propos opposée à l’histoire. Cette
contestation devient presque la norme et peut même se radicaliser et se politiser dès qu’on
aborde des questions plus sensibles, notamment les croisades, le génocide des Juifs (les
propos négationnistes sont fréquents), la guerre d’Algérie, les guerres israélo-arabes et la
question palestinienne.
[...]
Devant l’abondance des contestations et une parole débridée des élèves, qu’ils ne
parviennent pas à maîtriser, la réaction la plus répandue des enseignants est sans doute
l’autocensure. La peur des élèves, une mauvaise expérience d’une première année
d’enseignement, et on décide de ne pas aborder telle question sensible du programme. Cette
attitude est sans doute largement sous-estimée, car les intéressés n’en parlent qu’avec
réticence ; mais elle ne constitue pas vraiment une surprise. Il n’en est pas de même du second
type de réactions, rencontré à plusieurs reprises et qui consiste, devant l’abondance des
contestations d’élèves s’appuyant sur le Coran, à recourir au livre sacré pour tenter de
légitimer l’enseignement. Ainsi ce professeur qui déclare en toute candeur s’appuyer sur les
élèves inscrits à l’école coranique (« mes bons élèves » dit-il), garants de l’orthodoxie
musulmane, afin d’invalider les contestations venant d’autres élèves. Le comble est sans
doute atteint avec ce professeur enseignant avec le Coran sur son bureau (édition bilingue, car
certains élèves n’ont foi qu’en la version arabe, langue qu’il ne lit pas !), et qui y recourt dès
que des contestations se manifestent. On peut alors parler d’une véritable théologisation de la
pédagogie.
Ça promet, entre les élèves Ayatollahs et les profs d'Histoire qui s'improvisent théologiens...

Il faut dire quand même que les gens qui ont écrit le rapport ont eu affaire à de drôles de colis :
Les mathématiques
La seule difficulté mentionnée par des professeurs de cette discipline, en des endroits fort
éloignés, qui dénote la même obsession ou le même endoctrinement, est le refus d’utiliser tout
symbole ou de tracer toute figure (angle droit, etc.) ressemblant de près ou de loin à une croix.

[quote="ti'hamo"]Que les diverses religions soient mises sur un pied d'égalité dans un cours de culture religieuse, personnellement ne me choque pas plus que cela. Franchement, si tout le monde, quel que soit son milieu et son éducation, avait au moins un minimum de culture religieuse objective, ça leur éviterait de croire pas mal d'âneries.
De toute façon il s'agirait de décrire des croyances, des rites, l'Histoire, la culture, l'Art...
(m'enfin, ils n'apprennent déjà plus ni à lire ni à écrire ni à s'exprimer correctement, donc c'est déjà mal parti pour la culture générale...)[/quote]
Plus je lis les sujets sur les péripéties québécoises, moins l'idée d'un cours de religion me plaît. En plus du risque de relativisme, de "catéchisme républicain" ("mais non, Jésus n'a rien contre le mariage homosexuel, d'ailleurs en Suède, bla bla bla"), ce cours serait sûrement source de conflits. Par exemple, si un professeur fait un cours sur le christianisme et parle de la présence réelle : un protestant évangélique risque de s'opposer ; un élève musulman peut prendre la mouche si on dit "Mahomet" et non "Mohamed", etc. De manière générale, il y aura toujours un élève pour contester le prof, qui risque d'être vite débordé.
De plus, les religions sont déjà abordées au collège et au lycée, en cours d'Histoire, de lettres et de philosophie. Je me souviens avoir appris les 5 piliers de l'Islam en Histoire (5e), par exemple.
Le [url=ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/rapport_obin.pdf]rapport Obin de juin 2004 sur "Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires"[/url] parle d'ailleurs des réactions d' élèves et de leurs parents à ces cours qui abordent la religion :
[quote]Les lettres et la philosophie
[...]
Il y a enfin la difficulté à enseigner le fait religieux et notamment les textes fondateurs
des grandes religions du Livre. Certains élèves (et certaines familles, musulmanes le plus
souvent, juives parfois) contestent cette faculté au collège et aux professeurs (« Je vous
interdis de parler de Jésus à mon fils », vient dire un père à un professeur.) La plupart des
élèves cependant sont très intéressés par ces leçons, du moins celles qui concernent leur
religion. Mais là d’autres difficultés surgissent autour du caractère sacré du Livre (nombreux
refus que le professeur touche ou lise le Coran, refus de lire soi-même la Bible par exemple)
ou du fait de propos jugés impies ou sacrilèges du professeur, parce que simplement
distanciés et inspirés par une approche non théologique, mais littéraire, historique ou
philosophique des Ecritures. C’est toute la difficulté de cet enseignement dont, pour autant
qu’on ait pu nous le dire, il n’est pas sûr qu’elle soit partout surmontée par les professeurs.
Plusieurs nous ont dit avoir dû interrompre un cours ou même avoir renoncé à cette partie du
programme, pratiquant ainsi une autocensure préventive et pas même toujours consciente.
Plus inquiétant, d’autres enseignants, plus nombreux qu’on ne pourrait le croire, adoptent
l’ambition, devant ce qu’ils appellent « l’ignorance des élèves de leur propre religion », et
sans qu’ils en mesurent forcément la portée, de faire leur éducation religieuse. Ils n’hésitent
pas alors à statuer d’une orthodoxie, et à promouvoir une conception théologique jugée
compatible avec la modernité et la démocratie, face à des conceptions jugées superstitieuses
ou à des lectures « intégristes » des textes sacrés. Une dérive qu’on peut définir comme une
théologisation du contenu de cet enseignement.
[...]
L’histoire, la géographie et l’éducation civique
[...]
De manière générale, tout
ce qui a trait à l’histoire du christianisme, du judaïsme, de la Chrétienté ou du peuple juif peut
être l’occasion de contestations. Les exemples abondent, plus ou moins surprenants comme le
refus d’étudier l’édification des cathédrales, ou d’ouvrir le livre sur un plan d’église
byzantine, ou encore d’admettre l’existence de religions préislamiques en Egypte ou l’origine
sumérienne de l’écriture. L’histoire sainte est alors à tout propos opposée à l’histoire. Cette
contestation devient presque la norme et peut même se radicaliser et se politiser dès qu’on
aborde des questions plus sensibles, notamment les croisades, le génocide des Juifs (les
propos négationnistes sont fréquents), la guerre d’Algérie, les guerres israélo-arabes et la
question palestinienne.
[...]
Devant l’abondance des contestations et une parole débridée des élèves, qu’ils ne
parviennent pas à maîtriser, la réaction la plus répandue des enseignants est sans doute
l’autocensure. La peur des élèves, une mauvaise expérience d’une première année
d’enseignement, et on décide de ne pas aborder telle question sensible du programme. Cette
attitude est sans doute largement sous-estimée, car les intéressés n’en parlent qu’avec
réticence ; mais elle ne constitue pas vraiment une surprise. Il n’en est pas de même du second
type de réactions, rencontré à plusieurs reprises et qui consiste, devant l’abondance des
contestations d’élèves s’appuyant sur le Coran, à recourir au livre sacré pour tenter de
légitimer l’enseignement. Ainsi ce professeur qui déclare en toute candeur s’appuyer sur les
élèves inscrits à l’école coranique (« mes bons élèves » dit-il), garants de l’orthodoxie
musulmane, afin d’invalider les contestations venant d’autres élèves. Le comble est sans
doute atteint avec ce professeur enseignant avec le Coran sur son bureau (édition bilingue, car
certains élèves n’ont foi qu’en la version arabe, langue qu’il ne lit pas !), et qui y recourt dès
que des contestations se manifestent. On peut alors parler d’une véritable théologisation de la
pédagogie.
[/quote]
Ça promet, entre les élèves Ayatollahs et les profs d'Histoire qui s'improvisent théologiens...:s Il faut dire quand même que les gens qui ont écrit le rapport ont eu affaire à de drôles de colis :
[quote]Les mathématiques
La seule difficulté mentionnée par des professeurs de cette discipline, en des endroits fort
éloignés, qui dénote la même obsession ou le même endoctrinement, est le refus d’utiliser tout
symbole ou de tracer toute figure (angle droit, etc.) ressemblant de près ou de loin à une croix. [/quote]
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