@ Gyrovague
Pourriez-vous comparer ce qui est comparable car si vous donnez autant de valeur au fait de changer la litière d'un chat qu'à la composition d'une oeuvre littéraire, musicale ou artistique alors je ne partage pas votre "échelle des valeurs".
M'en fous je fais les deux. (je change la litière et je crée).
Plus sérieusement, je dirais que :
. si on parle d'amour, au sens vrai du terme, alors (et même si ce n'est pas spontané, c'est ce vers quoi nous devons tendre) , cet amour doit venir de l'amour de Dieu. Chacun de nos actes doit être fait, en fait, en lien avec Dieu, par amour de Dieu. (je vous rassure, je ne considère pas que j'en sois là, en pratique, mais bon, on est censé tous s'y efforcer).
Or, donc, (relisons Ste Thérèse, même si elle n'avait pas de chat), changer la litière, dans cette optique, n'est ni plus ni moins un acte d'amour que de composer une symphonie. (on peut même composer une symphonie dans un esprit tout à fait égoïste, ce qui ferait alors que changer la litière pourrait devenir plus profitable et plus valable, si on le fait avec amour).
. "changer la litière" n'est pas un acte ponctuel sans lien avec le reste : on change la litière parce qu'il le faut quand on a chez soi un chat ; "changer la litière" fait donc partie des devoirs du propriétaire de chat (ce que de toute façon le chat lui rappelle assez vite, au besoin), et ça n'est jamais qu'un acte parmi d'autres concourant à l'acte général de "s'occuper de cet animal".
Donc, assumer sa relation et ses responsabilités vis-à-vis de cet animal.
Donc, je ne vois pas en quoi cela serait plus ou moins valable que de composer une symphonie ou d'écrire un roman.
Ce sont des actes successifs, qui ne s'excluent pas, et qui peuvent tout à fait se lier les uns aux autres. C'est donc en ce sens que je disais que le temps consacré à s'occuper d'un animal n'est pas, ou en tout cas pas plus que n'importe quoi d'autre, du temps "non-consacré à un être humain".
. Mais enfin, tout cela nous ramène finalement à cette histoire du pèlerin médiéval qui croise, sur sa route, successivement, trois hommes appliqués à la même activité, ahanant sous l'effort chacun dans sa carrière (au sens matériel et non équestre du terme). À la même question "que faites-vous",
le premier répond "je casse des cailloux", le second "je taille des pierres", et le troisième "je bâtis une cathédrale".
. Nota : je continue de déplorer que de nombreux catholiques croient bon ou en tout cas acceptable de continuer à entretenir une vision dévalorisante, ou de total désintérêt, vis-à-vis des animaux.
Ou de considérer avec méfiance et comme une pratique quasiment déviante l'intérêt porté aux animaux ou à un animal.
(alors même que certains d'entre eux n'auront pas forcément les mêmes réticences quant au temps ou à l'intérêt porté à leur voiture ou à leur ordinateur, ce qui serait illogique)
. Nota 2 : je continue à ne pas comprendre pourquoi précisément le temps et l'argent consacré à un ou des animaux serait
spécifiquement du temps et de l'argent "détournés" de leur usage d'aide à autrui, et non le temps et l'argent consacrés aux loisirs, à l'ordinateur, à la voiture, au sport, à la décoration de son intérieur, à ses produits cosmétiques,...