par philémon.siclone » dim. 28 févr. 2010, 20:30
boisvert a écrit :Mononk Jacques a écrit :C'est certain que ça fait drôle de mettre deux mots contraires pour en faire un, si je peux dire.
République et Chrétienne en fait c'est difficilement compatible. L'un contient la vie et l'autre pas.
Une république ça se base uniquement sur des concepts humain.
Ça regarde mal en partant pour trouver la façon de faire du Bon Dieu.
.
Et une royauté se fonderait sur des concepts divins ? Il faut vous souvenir de l'avis du Très-Haut sur la royauté ?
Quand Samuel fut devenu vieux, il plaça ses fils à la tête du peuple d'Israël. Son fils aîné s'appelait Joël et le second Abia. Ils s'installèrent à Berchéba pour y rendre la justice. Mais ils ne suivirent pas l'exemple de leur père. Attirés par l'argent, ils acceptaient des cadeaux et prononçaient des jugements injustes. C'est pourquoi les anciens d'Israël se réunirent et se rendirent chez Samuel à Rama; ils lui déclarèrent : « Vois-tu, Samuel, tu es vieux, et tes fils ne suivent pas ton exemple. Désigne donc un roi pour nous gouverner, comme cela se fait chez tous les autres peuples. » Samuel fut très mécontent qu'ils aient demandé un roi et il se mit à prier le Seigneur. Le Seigneur lui répondit : « Écoute les Israélites, accepte leurs revendications. En effet, ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi! Ils ne veulent plus que je sois leur roi. Depuis le jour où je les ai fait sortir d'Égypte jusqu'à maintenant, ils n'ont pas cessé de m'abandonner pour adorer d'autres dieux ; ce qu'ils ont ainsi fait avec moi, ils vont maintenant le faire avec toi aussi. C'est pourquoi, accepte leurs revendications ; seulement, avertis-les solennellement et indique-leur quels seront les droits du roi qui régnera sur eux. Samuel rapporta les paroles du Seigneur à ceux qui lui avaient demandé un roi :
« Sachez quels seront les droits du roi qui régnera sur vous : Il prendra parmi vos fils des soldats pour conduire ses chars de guerre, pour monter ses chevaux, ou pour courir devant son propre char; certains auront à commander un régiment ou une compagnie. Il en prendra d'autres pour labourer ses champs et rentrer ses moissons, ou pour lui fabriquer des armes et des équipements de chars. Il prendra aussi vos filles comme parfumeuses, cuisinières ou boulangères. Il s'appropriera les meilleurs de vos champs, de vos vignes ou de vos plantations d'oliviers et les donnera à ses officiers ; il prélèvera sur les produits de vos champs et de vos vignes une redevance de dix pour cent, qu'il donnera à ses fonctionnaires et à ses officiers. Il réquisitionnera vos serviteurs et vos servantes, les plus forts de vos jeunes gens, et même vos ânes, pour travailler à son service. Il prélèvera une bête sur dix dans vos troupeaux de moutons et de chèvres. En un mot, vous serez ses esclaves. Alors vous vous plaindrez au Seigneur à cause du roi que vous vous serez choisi, mais il ne vous répondra pas. »
Les Israélites refusèrent de tenir compte des paroles de Samuel et déclarèrent : « Tant pis, nous voulons quand même un roi, pour être comme tous les autres peuples. Nous voulons un roi qui rende la justice parmi nous, qui marche à la tête de notre armée et qui combatte avec nous. » Samuel écouta tout ce que disaient les Israélites et le rapporta au Seigneur. Le Seigneur lui répondit : « Accorde-leur ce qu'ils te demandent : donne-leur un roi. » Après cela, Samuel invita les Israélites à retourner chez eux.
C'est tout à fait exact. La royauté est concédée par Dieu du bout des lèvres au peuple hébreux, lesquels préfèrent un régime dont le souverain est clairement visible, et qui est l'un d'eux, au régime théocratique qui précède, dont le souverain est évidemment invisible puisqu'il s'agit de Dieu lui-même. Il s'agit certainement d'une dégradation, d'une déchéance, où le peuple hébreux révolté remplace ni plus ni moins Dieu par un être de chair. Et l'on doit reconnaître que l'avènement de la démocratie, telle que conçue en 1792 par les fondateurs de la Ire République, constitue, dans cet ordre d'idée, un palier supplémentaire dans ce processus de déchéance, puisqu'il s'agit de remplacer le monarque souverain, en tant que "lieutenant" de Dieu, et d'une certaine façon représentant du Christ-Roi, seul souverain véritable, par le peuple fait souverain, la nation. Dieu étant cette fois exclu de l'institution temporelle, cela donne un régime en révolte ouverte contre Dieu. Le stade suivant ne peut être que l'anarchie généralisée, voire la guerre civile. Remarquons en passant que la monarchie chrétienne avait ceci d'intéressant qu'elle reconnaissait la véritable royauté au seul Christ, comme le montre d'ailleurs l'invention du comput de l'ère chrétienne, où les années sont comptées à partir de l'avènement du Christ (à savoir sa naissance, et plus exactement sa Circoncision, qui se fête au 1er janvier, par laquelle tout le peuple chrétien entre dans la divine Alliance, faisant le lien entre l'Ancien et le Nouveau Testament). Avant cette réforme du comput, due à un calcul de Denys le Petit (au 6e s.), toutes les années se comptaient en fonction du souverain en place : an x du règne d'Untel. On voit bien donc que par ce nouveau comput, le Christ est devenu le souverain universel, aux pieds duquel les rois chrétiens de la terre jettent leurs couronnes temporelles en se prosternant.
Ceci étant, je crois que la civilisation humaine possède une expérience suffisante des différents types de régimes de gouvernement possibles et imaginables, pour concevoir ce qui peut convenir le mieux au genre humain, et ce dans une perspective chrétienne. Et le fait est que la Chose Publique a toujours existé, de tout temps. Ce forum s'intitule même "Cité Catholique". Qu'est-ce qu'une Cité si ce n'est une République ? Je trouve complètement stupide de rayer ce mot de notre vocabulaire sous prétexte que notre expérience républicaine en France aurait été si calamiteuse. D'ailleurs, l'a-t-elle toujours été, calamiteuse, et complètement ? Soyons un peu objectif. Tout n'est pas noir. Et tout n'était pas blanc avant 1789.
De plus, au point de vue du droit, je me demande même si la République, je veux parler de la République romaine d'où les premiers souverains de l'Europe tiraient leurs propres mandats, a seulement cessé d'exister depuis. Ce serait à fouiller.
[quote="boisvert"][quote="Mononk Jacques"]C'est certain que ça fait drôle de mettre deux mots contraires pour en faire un, si je peux dire.
République et Chrétienne en fait c'est difficilement compatible. L'un contient la vie et l'autre pas.
Une république ça se base uniquement sur des concepts humain.
Ça regarde mal en partant pour trouver la façon de faire du Bon Dieu.
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Et une royauté se fonderait sur des concepts divins ? Il faut vous souvenir de l'avis du Très-Haut sur la royauté ?
Quand Samuel fut devenu vieux, il plaça ses fils à la tête du peuple d'Israël. Son fils aîné s'appelait Joël et le second Abia. Ils s'installèrent à Berchéba pour y rendre la justice. Mais ils ne suivirent pas l'exemple de leur père. Attirés par l'argent, ils acceptaient des cadeaux et prononçaient des jugements injustes. C'est pourquoi les anciens d'Israël se réunirent et se rendirent chez Samuel à Rama; ils lui déclarèrent : « Vois-tu, Samuel, tu es vieux, et tes fils ne suivent pas ton exemple. Désigne donc un roi pour nous gouverner, comme cela se fait chez tous les autres peuples. » Samuel fut très mécontent qu'ils aient demandé un roi et il se mit à prier le Seigneur. Le Seigneur lui répondit : « Écoute les Israélites, accepte leurs revendications. En effet, ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi! Ils ne veulent plus que je sois leur roi. Depuis le jour où je les ai fait sortir d'Égypte jusqu'à maintenant, ils n'ont pas cessé de m'abandonner pour adorer d'autres dieux ; ce qu'ils ont ainsi fait avec moi, ils vont maintenant le faire avec toi aussi. C'est pourquoi, accepte leurs revendications ; seulement, avertis-les solennellement et indique-leur quels seront les droits du roi qui régnera sur eux. Samuel rapporta les paroles du Seigneur à ceux qui lui avaient demandé un roi :
« Sachez quels seront les droits du roi qui régnera sur vous : Il prendra parmi vos fils des soldats pour conduire ses chars de guerre, pour monter ses chevaux, ou pour courir devant son propre char; certains auront à commander un régiment ou une compagnie. Il en prendra d'autres pour labourer ses champs et rentrer ses moissons, ou pour lui fabriquer des armes et des équipements de chars. Il prendra aussi vos filles comme parfumeuses, cuisinières ou boulangères. Il s'appropriera les meilleurs de vos champs, de vos vignes ou de vos plantations d'oliviers et les donnera à ses officiers ; il prélèvera sur les produits de vos champs et de vos vignes une redevance de dix pour cent, qu'il donnera à ses fonctionnaires et à ses officiers. Il réquisitionnera vos serviteurs et vos servantes, les plus forts de vos jeunes gens, et même vos ânes, pour travailler à son service. Il prélèvera une bête sur dix dans vos troupeaux de moutons et de chèvres. En un mot, vous serez ses esclaves. Alors vous vous plaindrez au Seigneur à cause du roi que vous vous serez choisi, mais il ne vous répondra pas. »
Les Israélites refusèrent de tenir compte des paroles de Samuel et déclarèrent : « Tant pis, nous voulons quand même un roi, pour être comme tous les autres peuples. Nous voulons un roi qui rende la justice parmi nous, qui marche à la tête de notre armée et qui combatte avec nous. » Samuel écouta tout ce que disaient les Israélites et le rapporta au Seigneur. Le Seigneur lui répondit : « Accorde-leur ce qu'ils te demandent : donne-leur un roi. » Après cela, Samuel invita les Israélites à retourner chez eux.[/quote]
C'est tout à fait exact. La royauté est concédée par Dieu du bout des lèvres au peuple hébreux, lesquels préfèrent un régime dont le souverain est clairement visible, et qui est l'un d'eux, au régime théocratique qui précède, dont le souverain est évidemment invisible puisqu'il s'agit de Dieu lui-même. Il s'agit certainement d'une dégradation, d'une déchéance, où le peuple hébreux révolté remplace ni plus ni moins Dieu par un être de chair. Et l'on doit reconnaître que l'avènement de la démocratie, telle que conçue en 1792 par les fondateurs de la Ire République, constitue, dans cet ordre d'idée, un palier supplémentaire dans ce processus de déchéance, puisqu'il s'agit de remplacer le monarque souverain, en tant que "lieutenant" de Dieu, et d'une certaine façon représentant du Christ-Roi, seul souverain véritable, par le peuple fait souverain, la nation. Dieu étant cette fois exclu de l'institution temporelle, cela donne un régime en révolte ouverte contre Dieu. Le stade suivant ne peut être que l'anarchie généralisée, voire la guerre civile. Remarquons en passant que la monarchie chrétienne avait ceci d'intéressant qu'elle reconnaissait la véritable royauté au seul Christ, comme le montre d'ailleurs l'invention du comput de l'ère chrétienne, où les années sont comptées à partir de l'avènement du Christ (à savoir sa naissance, et plus exactement sa Circoncision, qui se fête au 1er janvier, par laquelle tout le peuple chrétien entre dans la divine Alliance, faisant le lien entre l'Ancien et le Nouveau Testament). Avant cette réforme du comput, due à un calcul de Denys le Petit (au 6e s.), toutes les années se comptaient en fonction du souverain en place : an x du règne d'Untel. On voit bien donc que par ce nouveau comput, le Christ est devenu le souverain universel, aux pieds duquel les rois chrétiens de la terre jettent leurs couronnes temporelles en se prosternant.
Ceci étant, je crois que la civilisation humaine possède une expérience suffisante des différents types de régimes de gouvernement possibles et imaginables, pour concevoir ce qui peut convenir le mieux au genre humain, et ce dans une perspective chrétienne. Et le fait est que la Chose Publique a toujours existé, de tout temps. Ce forum s'intitule même "Cité Catholique". Qu'est-ce qu'une Cité si ce n'est une République ? Je trouve complètement stupide de rayer ce mot de notre vocabulaire sous prétexte que notre expérience républicaine en France aurait été si calamiteuse. D'ailleurs, l'a-t-elle toujours été, calamiteuse, et complètement ? Soyons un peu objectif. Tout n'est pas noir. Et tout n'était pas blanc avant 1789.
De plus, au point de vue du droit, je me demande même si la République, je veux parler de la République romaine d'où les premiers souverains de l'Europe tiraient leurs propres mandats, a seulement cessé d'exister depuis. Ce serait à fouiller.