par MB » sam. 18 avr. 2009, 1:16
Avé
J'ai en effet lu, d'après les plumes les plus autorisées, que le Colisée n'est pas l'endroit du martyre des chrétiens. Je n'ai pas eu la patience de vérifier... mais peu importe : leur martyre est une réalité, il a pu se passer ailleurs à Rome ou dans l'Empire.
Cela dit, on y a fait mourir une grande quantité d'hommes, soit dans des combats, soit dans des exécutions-spectacles. Pour en avoir une idée, on peut lire quelques épigrammes de Martial qui décrivent les grandes festivités qui ont eu lieu à l'inauguration du monument ; je ne sais ce qui fait le plus froid dans le dos, le fond ou la forme assez amusée ou indifférente :
"Croyez à l'union de Pasiphaé avec le taureau de Crète. Nous l'avons vu, et l'ancienne fable a trouvé foi à nos yeux ; que la haute antiquité, César, cesse de se vanter : ce qu'a chanté la Renommée, l'arène te l'a montré." (1, 5)
"De même que Prométhée, enchaîné sur un rocher au fond de la Scythie, repaît de ses entrailles, promptes à renaître, l'oiseau de proie qui ne cesse de les dévorer ; de même Lauréolus, attaché à une véritable croix, a offert sa poitrine nue à un ours de la Calédonie. Le sang ruisselait de ses membres palpitants et déchirés ; et nulle place, sur son corps, ne rappelait la forme d'un corps. Il fallait enfin, pour subir un pareil supplice, que ce condamné eût commis un parricide, ou qu'il eût plongé dans le sein de son maître un fer meurtrier, ou que, dans un accès de délire, il eût enlevé les trésors des temples, ou qu'enfin, Rome, il eût tenté de te réduire en cendres. Il avait. surpassé tous les crimes dont parle l'antiquité, et ce supplice, jadis fictif, est devenu pour lui une réalité." (1, 7)
... et encore quelques autres. On notera que Martial en profite pour faire des traits d'esprits, de fines remarques d'homme cultivé. Même, par conséquent, si les malheureux en question n'ont pas été des martyrs chrtétiens, il n'est pas interdit de penser à eux en foulant le sol du Colisée.
Amicalement
MB
Avé
J'ai en effet lu, d'après les plumes les plus autorisées, que le Colisée n'est pas l'endroit du martyre des chrétiens. Je n'ai pas eu la patience de vérifier... mais peu importe : leur martyre est une réalité, il a pu se passer ailleurs à Rome ou dans l'Empire.
Cela dit, on y a fait mourir une grande quantité d'hommes, soit dans des combats, soit dans des exécutions-spectacles. Pour en avoir une idée, on peut lire quelques épigrammes de Martial qui décrivent les grandes festivités qui ont eu lieu à l'inauguration du monument ; je ne sais ce qui fait le plus froid dans le dos, le fond ou la forme assez amusée ou indifférente :
"Croyez à l'union de Pasiphaé avec le taureau de Crète. Nous l'avons vu, et l'ancienne fable a trouvé foi à nos yeux ; que la haute antiquité, César, cesse de se vanter : ce qu'a chanté la Renommée, l'arène te l'a montré." (1, 5)
"De même que Prométhée, enchaîné sur un rocher au fond de la Scythie, repaît de ses entrailles, promptes à renaître, l'oiseau de proie qui ne cesse de les dévorer ; de même Lauréolus, attaché à une véritable croix, a offert sa poitrine nue à un ours de la Calédonie. Le sang ruisselait de ses membres palpitants et déchirés ; et nulle place, sur son corps, ne rappelait la forme d'un corps. Il fallait enfin, pour subir un pareil supplice, que ce condamné eût commis un parricide, ou qu'il eût plongé dans le sein de son maître un fer meurtrier, ou que, dans un accès de délire, il eût enlevé les trésors des temples, ou qu'enfin, Rome, il eût tenté de te réduire en cendres. Il avait. surpassé tous les crimes dont parle l'antiquité, et ce supplice, jadis fictif, est devenu pour lui une réalité." (1, 7)
... et encore quelques autres. On notera que Martial en profite pour faire des traits d'esprits, de fines remarques d'homme cultivé. Même, par conséquent, si les malheureux en question n'ont pas été des martyrs chrtétiens, il n'est pas interdit de penser à eux en foulant le sol du Colisée.
Amicalement
MB