Versions diverses de l'Ave Maria

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Re: Danse et messe

par Laurent L. » sam. 13 févr. 2010, 23:48

Harfang a écrit :"Viscères" ça fait quand même plus anatomique que "les entrailles" qui sonne comme plus généralistes à mes oreilles...
C'est vrai que "entrailles" a un sens littéraire, figuré contrairement à "viscères", le mot est donc peut-être moins connoté...:incertain: Même si le sens propre des deux mots est identique.
Cela dit, "viscéral" se dit bien pour quelque chose d'intime, qui relève de plus profond de l'être.

Voici la définition de "Viscus, eris" dans le Gaffiot : http://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?p=1684. Il y a une multitude de significations, comme toujours en latin.

EDIT : OK, Philémon, je n'avais pas lu votre dernier message. J'aurais eu une sale note en version.
EDIT 2 : intéressant, vos deux traductions bibliques : l'une au siècle de Rabelais, l'autre au siècle des Précieuses ;)

Re: Danse et messe

par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 23:29

Laurent L. a écrit :
philémon.siclone a écrit : Heu... :D je crois qu'on traduit par "entrailles", justement.

Sinon, pourquoi les "tripes", tant qu'on y est... ? :D
Que voulez-vous, le latin est moins prude que notre langue précieuse. :p
D'ailleurs, "le fruit de vos entrailles" choque souvent les non-catholiques, leur évoquant la triperie. Pas sûr que "viscères" soit plus hard que "entrailles". :incertain:
De toute façon, "le fruit de vos entrailles", c'est "fructus VENTRIS tui".

EDIT : les Heures Grégoriennes traduisent : "bienheureux le sein de la vierge". Le français est vraiment moins... VISCÉRAL !
Oui, mais le latin possède ses propres sens multiples. Si j'ouvre mon Gaffiot, je trouve que viscus, vsiceris ou viscera, viscerum peut être traduit de diverses manières. 1. Parties internes du corps, viscères, intestins, entrailles. 2. chair. Et au sens figuré, pour une femme : le fruit de ses entrailles, progéniture, enfant (exemples chez des auteurs latins classiques, comme Ovide). 3. Au sens figuré : entrailles, coeur, sein. Cicéron parle des "entrailles" de la République. Etc. Ces sens figurés préexistent à l'Evangile et à la Vierge Marie.

Choisir de traduire "viscera" par le mot "viscères", qui est plutôt en français un terme de boucherie, de médecine, ou de cuisine, c'est à mon avis bousculer l'usage normal de langue française, et tenter d'y introduire un sens archaïque qui n'est pas attesté jusqu'ici.

Prenons les deux plus anciennes bibles catholiques imprimées en français : celle de Louvain (XVIe), et celle de Sacy (XVIIe), traduites à partir de la Vulgate.

Sacy emploie le mot "entrailles" : "Heureuses sont les entrailles qui vous ont porté, et les mamelles qui vous ont nourri." (Luc XI, 27)
La Bible de Louvain emploie le mot "ventre" : "Bienheureux est le ventre qui t'a porté, & les mammelles que tu as succées. [sic]"

Re: Danse et messe

par Harfang » sam. 13 févr. 2010, 23:06

"Viscères" ça fait quand même plus anatomique que "les entrailles" qui sonne comme plus généralistes à mes oreilles... après c'est sûrement ma propre sensibilité qui l'interprète comme ça...

Chez les grecs, l'esprit était situé dans "les entrailles", peut-être est-ce à cause de ça que ça nous paraît plus "soft"...

Re: Danse et messe

par Laurent L. » sam. 13 févr. 2010, 22:29

philémon.siclone a écrit :
Laurent L. a écrit : Beata viscera Mariæ Virginis, quæ portaverunt æterni Patris Filium. Alleluia.
Bienheureux les viscères de la Vierge Marie, qui ont porté le Fils du Père Eternel. Alleluia.
Heu... :D je crois qu'on traduit par "entrailles", justement.

Sinon, pourquoi les "tripes", tant qu'on y est... ? :D
Que voulez-vous, le latin est moins prude que notre langue précieuse. :p
D'ailleurs, "le fruit de vos entrailles" choque souvent les non-catholiques, leur évoquant la triperie. Pas sûr que "viscères" soit plus hard que "entrailles". :incertain:
De toute façon, "le fruit de vos entrailles", c'est "fructus VENTRIS tui".

EDIT : les Heures Grégoriennes traduisent : "bienheureux le sein de la vierge". Le français est vraiment moins... VISCÉRAL !

Re: Danse et messe

par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 22:16

Laurent L. a écrit : Beata viscera Mariæ Virginis, quæ portaverunt æterni Patris Filium. Alleluia.
Bienheureux les viscères de la Vierge Marie, qui ont porté le Fils du Père Eternel. Alleluia.
Heu... :D je crois qu'on traduit par "entrailles", justement.

Sinon, pourquoi les "tripes", tant qu'on y est... ? :D

Re: Danse et messe

par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 22:12

Laurent L. a écrit :
Philémon a écrit :Bref, je vous trouve très pointilleux, sur ce chapitre.
Je ne faisais que répondre à votre message, cher Philémon. J'avais mis un ;) après "version frelatée". Et puis le forum "liturgie" a un effet catharsique non négligeable. Certes, il n'y a pas de quoi fouetter un chat, mais il me semble que "votre enfant" et "la mort" sont euphémisants. Le "fruit de vos entrailles", c'est quand même plus fort. Mais c'est vrai que l'air est entrainant, entêtant même.
Ha oui, c'est vrai, ils ont osé escamoter le "fruit de vos entrailles". Donc en effet, c'est grave. Je pense que d'abord : nous ne savons plus composer des chants qui aillent avec des paroles. Le savoir-faire s'est perdu. Le compositeur de l'Emmanuel a sans doute commencé par trouver une mélodie entraînante, dans le style bien particulier de l'Emmanuel (style que je déteste, en fait). Et ensuite : mince alors, les paroles ne rentrent pas ! Peu importe : y a qu'à les escamoter. Et voilà l'artiste moderniste qui, pour ne pas renoncer à son invention mélodique, se permet de changer le texte sacré. Cela témoigne, finalement, de l'intention spirituelle qui se cache derrière ces chants.

Re: Danse et messe

par Laurent L. » sam. 13 févr. 2010, 19:33

Fée Violine a écrit : Ces euphémismes tendent à évacuer l'incarnation, ce qui est quand même gênant.
Exactement! Et, de manière plus large, ça tend à atténuer le caractère éminemment charnel de notre religion (l'incarnation, mais aussi la Passion).
Les calvinistes avaient cérébralisé (comme dirait Cœurderoy) la religion en supprimant notamment les corpus Christi sur les crucifix.
Aujourd'hui, nous faisons la même chose, paradoxalement, non plus en cérébralisant, mais en introduisant une sensiblerie superficielle.

En comparaison, voici quelques extraits du commun de la Vierge Marie, aux laudes :
Hymne :
O gloriosa Domina, excelsa super sidera, qui te creavit provide, lactas sacrato ubere.
Ô glorieuse Dame, plus élevée que les astres, celui qui t'a créée et prédestinée, tu l'as nourri de ton sein sacré.

Antienne 1 :
Beata viscera Mariæ Virginis, quæ portaverunt æterni Patris Filium. Alleluia.
Bienheureux les viscères de la Vierge Marie, qui ont porté le Fils du Père Eternel. Alleluia.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------
Alma redemptoris :amoureux: :
Tu, quæ genuisti, natura mirante, Tuum sanctum Genitorem
Toi qui as engendré - ô merveille de la nature! - Ton saint Créateur*.

* Littéralement, "géniteur", mais au sens figuré, c'est une tournure poétique signifiant "fondateur" ou "créateur".
[+] Texte masqué

Le fruit de vos entrailles

par Fée Violine » sam. 13 févr. 2010, 19:26

Laurent L. a écrit :Certes, il n'y a pas de quoi fouetter un chat, mais il me semble que "votre enfant" et "la mort" sont euphémisants. Le "fruit de vos entrailles", c'est quand même plus fort.
Ces euphémismes tendent à évacuer l'incarnation, ce qui est quand même gênant.

Re: Danse et messe

par Laurent L. » sam. 13 févr. 2010, 18:47

Philémon a écrit :Bref, je vous trouve très pointilleux, sur ce chapitre.
Je ne faisais que répondre à votre message, cher Philémon. J'avais mis un ;) après "version frelatée". Et puis le forum "liturgie" a un effet catharsique non négligeable. Certes, il n'y a pas de quoi fouetter un chat, mais il me semble que "votre enfant" et "la mort" sont euphémisants. Le "fruit de vos entrailles", c'est quand même plus fort. Mais c'est vrai que l'air est entrainant, entêtant même.
Philémon a écrit :Ce n'est qu'une chanson...
:-@ C'est bien plus que ça! ( ;) ou pas)
Philémon a écrit :Et les tradis eux-mêmes, sur les routes de pèlerinages où j'ai été, chantent ce "Je vous salue" à tue-tête, et en égrainant des chapelets.
Les tradis chantent aussi "ô marie, ô mère chéri-i-euh"...
Effectivement, ils chantent aussi ce Je Vous salue Marie. J'avais hésité à mentionner ce fait en ajoutant "quelle décadence!" ou "c'est la fin des haricots!" ou "Dom Guéranger, au secours!", mais je craignais de passer pour un dangereux fanatique... :clown:

Re: Danse et messe

par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 17:37

steph a écrit :Pour le "Je vous salue Marie" de l'Emmanuel, je dois dire que c'est un superbe chant... La version qui en est présentée ci-dessus n'en illustre pas les possibilités... Chanté à quatre voix, c'est un délice...
Ouais bon, ça va. Pas de quoi s'extasier non plus.

Re: Danse et messe

par steph » sam. 13 févr. 2010, 17:33

Pour le "Je vous salue Marie" de l'Emmanuel, je dois dire que c'est un superbe chant... La version qui en est présentée ci-dessus n'en illustre pas les possibilités... Chanté à quatre voix, c'est un délice...

Re: Danse et messe

par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 17:28

coeurderoy a écrit :Ouais, dites donc Laurent, c'est le goût des confiseurs à Noël qui s'empare de l'image de Marie "forte comme une armée en bataille"... stratégie de l"autre" pour en détourner les fidèles ma parole !!! La Sainte-Vierge est bien bonne et compatissante de continuer à déverser les grâces du Ciel, malgré tout !

Philémon je crois que les différentes réformes liturgiques ont correspondu aux besoins et charismes propres à des moments précis de l'Histoire de l'Eglise : les hommes des XII-XIIIème s. n'avaient plus rien à voir avec les serfs de l'époque mérovingienne : l'abbaye de Ligugé au temps de saint Martin n'était pas un prieuré grandmontain de 1200, un moine de Fleury des alentours de 800 n'avait rien à voir avec un Dominicain urbain du XIV ème... Bref, que saint Bernard ait considéré que les moines de son ordre, tout en rendant le culte dû à Dieu, devaient entrer aussi dans une certaine simplicité liturgique me semble intéressant en un temps qui revalorise fortement le travail manuel et se soucie de l'apostolat auprès des laïcs urbains...
Et que les musicologues regrettent telle ou telle perte... Louent-ils Dieu ces spécialistes ou se contentent-ils d'érudition et d'esthétisme liturgiques ?

Personnellement n'ayant guère le goût (malgré mon intérêt pour le symbolisme) de la "sacralisation du détail liturgique", je crois qu'il faut être pragmatique et rester conscients des besoins du temps ...
Que des Bénédictins soient experts dans l'exécution des neumes : bravo !
Que des ordres à vocation apostolique permettent aux fidèles de se sanctifier et de jubiler en pouvant s'associer facilement à la louange communautaire, c'est merveilleux je trouve (car on en vient vite à penser que les "spécialistes de l'office divin" sont juste bons à produire de beaux enregistrements de musique sacrée). Bref je trouve que la simplicité est souvent vertu lorsqu"elle ne tombe pas dans l'indigence...
Cordialement !
Certes, il faut accepter le développement organique de la vie de l'Eglise. Mais je vous rapportais seulement une opinion que je ne partage pas nécessairement. Et Marcel Perez est très loin d'être musicologue. C'est avant tout un artiste qui s'intéresse avant tout à l'esthétique de la liturgie. Cela ne veut pas dire pour autant que sa démarche soit dénuée de motifs spirituels.

Je suis d'accord qu'il ne faut pas sacraliser, voir fétichiser le "détail liturgique", de peur de tomber dans quelque idolâtrie. Cependant, il serait temps que l'on se soucie un jour du caractère esthétique qui se manifeste globalement dans la vie de l'Eglise, que ce soit dans l'art chrétien, l'architecture des nouveaux édifices, et même de l'aménagement des anciens monuments souvent dénaturés à l'intérieur, de leur mobilier, et bien sûr de l'expression musicale.

La MUSIQUE ! Un vaste problème de notre temps, ne trouvez-vous pas ? Aucun mode d'expression ne pose autant problème, ne dérange la sensibilité, ne viole les coeurs, n'indigne les sentiments, et ne divise les hommes autant que la musique. Personne n'est indifférent face à la musique. Les musulmans ont réglé le problème de façon radicale. Chez nous, il reste entier, surtout aujourd'hui.

Mais Benoît XVI, au début de son pontificat, a dit que tout rentrerait naturellement dans l'ordre, globalement en matière artistique, le jour où les catholiques auraient retrouvé une vraie vie de prière. Et je comprends donc où il veut en venir. Le Saint-Esprit d'abord. Après tout, ça relève de sa compétence. Et si les catholiques sont sincères, au-delà de leur sensibilité, ils doivent s'en remettre à ce que leur insuffle le Saint-Esprit. Ce dernier est, je crois, resté bien muet depuis 40 ans que souffle le fameux "Esprit du Concile", qui à mon avis n'est rien d'autre que les "fumées de Satan", pour reprendre le mot de Paul VI.

Si on repense à l'histoire d'Élie, c'est bien après le tonnerre, les éclairs, et la tempête, qu'enfin survient la légère brise divine. On a eu le tonnerre, les éclairs et la tempête du grand n'importe quoi des réformes post-Vatican II. Maintenant que les hommes ont tout gueulé, tout fracassé et tout piétiné, ils se retrouvent face à leur propre néant, au néant de leur "création", qui est davantage une destruction. On devait voir ce qu'on allait voir, avec l'Esprit du Concile. Et bien, à présent, que voit-on ? Rien. Désolation, ruine, langueurs. Voilà ce que l'on voit. Peut-être qu'après 40 ans de ce vrai concert de klaxon, ce tohu-bohu, que fut la réforme liturgique, ce vacarme tonitruant, ce Capharnaüm sonore, peut-être qu'à présent les hommes vont se mettre en prière pour invoquer réellement le Saint-Esprit, qui ne se manifeste jamais lorsque les hommes font du bruit, tout en se réclamant de lui.

Re: Danse et messe

par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 17:15

Laurent L. a écrit :
Revenons au latin intégral, et tous ces problèmes disparaissent d'eux-mêmes. 1 seule messe pour tout le monde, avec les mêmes chants sacrés (ceux de la tradition), et basta, fini les discussions interminables, les questions, les casse-tête chinois, les divisions, les disputes, les concessions, les négociations, les goûts, les modes, les décisions arbitraires, les styles, les messes à programmes et menus...
Déjà que c'est la croix et la bannière pour introduire un kyrie, un gloria ou un credo grégoriens alors si vous imposez une seule messe pour tout le monde, c'est Le grand schisme d'occident II, le retour que vous obtiendrez. :-D

Exemple vécu : dans ma bonne ville, la seule messe de minuit à l'heure était une messe en "forme extraordinaire" selon le Motu Proprio Summorum Pontificum, célébrée par un jeune prêtre de la FSSP ayant fait le déplacement pour l'occasion. Il y avait là, comme toujours aux messes de Noël, des gens qui n'ont pas l'habitude d'aller à la messe. Certains avaient l'air ravis, quoiqu'un peu "paumés" (et c'est bien normal), d'autres au contraire faisaient la tronche : le monsieur derrière moi, a dit a voix assez haute pour que je l'entende au milieu du graduel : "c'est quoi ce cirque, on comprend rien" ; je me suis retenu de lui dire que des feuilles étaient distribuées avec la traduction des prières, mais Monsieur est parti bruyamment au milieu de la messe. :(
La messe de minuit ? ça fait longtemps que ça ne se fait plus, mon brave homme, depuis une certaine réforme liturgique... Il faut permettre aux gens de bouffer et de festoyer. Et puis, de toute façon c'est des légendes : Jésus n'est pas né à minuit, ni même un 25 décembre, voyons... Alors effectivement, il n'y a plus que les messes tradis pour célébrer la Nativité à minuit. Mais ça nous arrange : personne ne vient nous disputer l'église à cette heure-là.

Quant au grognon qui était derrière vous, c'était sans doute un provocateur. Et c'en dit long sur la mentalité des modernistes, capables de claquer la porte de l'église un soir de Noël. Tandis que d'autres acceptent de souffrir en silence pendant 1h30 de pitreries dans certaines messes où ils se sont fait piéger.

Re: Danse et messe

par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 17:10

Fée Violine a écrit :La musique est jolie, mais c'est vrai que les images...
Ouais, c'est joli. ça tire un peu trop sur les sentiments, et manque de force. Certains ont besoin de trucs solides qui tiennent la route.

Quant à la chanteuse, je regrette qu'elle attaque les notes par le bas, comme on faisait dans les années 70. Pour le coup, ce n'est pas très esthétique. Les voix sont agréables à entendre lorsqu'elles sont bien claires. Et pour ma part, j'aime les timbres purs, simples et sans manières. Seuls les enfants non dégénérés savent encore aujourd'hui chanter de cette façon.

Re: Danse et messe

par philémon.siclone » sam. 13 févr. 2010, 16:59

Laurent L. a écrit :
Philémon Siclone a écrit : Au fait, Laurent : je ne sais pas de quel "Je vous salue Marie" vous parlez, qui ne respecterait pas les vraies paroles. J'en connais au moins 4 ou 5 différents, en français, qui tous reprennent les bonnes paroles, y compris celui qu'on chante tout le temps dans les messes ordinaires. Ou bien, j'aurais par miracle échappé à quelque horreur, dites moi ?
Je crois qu'on peut en effet parler de miracle! :rire:
Chez moi, la version new look est quasi systématique (bon, ce n'est pas "l'horreur" non plus ;)) :

Amen, amen, alleluia! Pauvre enluminure des Très Riches Heures noyée au milieu de la quincaillerie sulpicienne! :cry:

Remarque : dans la vidéo, la dame dit bien "notre mort" alors qu'en paroisse, c'est "la mort" qui est souvent chanté.
Ha oui, je connais. La belle affaire : "comblée de grâce" au lieu de "pleine de grâce", "votre enfant" au lieu de "votre fils"...

Ce n'est qu'une chanson... ça vaut mieux que : "saute de joie parce que Jésus t'aime et te fait chanter la vie", n'est-ce pas...

Moi, perso, ça ne me choque pas. Et les tradis eux-mêmes, sur les routes de pèlerinages où j'ai été, chantent ce "Je vous salue" à tue-tête, et en égrainant des chapelets. Mais effectivement, ils ont soin de restituer les deux premières paroles. Cependant pas la 3e ("notre mort" au lieu de "la mort"), parce que ça ne va pas avec le rythme. Il vaut mieux dire, d'ailleurs "la mort", plutôt que "not' mort", qui est très inélégant.

Bref, je vous trouve très pointilleux, sur ce chapitre. Ce qui me conforte dans l'idée qu'il faut revenir au latin pour en finir avec les querelles idiotes. Je suis sûr que le Diable éclate de rire (en se frottant les mains d'un air sardonique) chaque fois qu'il voit les catholiques s'opposer entre eux sur des problèmes de formes, marmonnant sans doute dans sa barbe hirsute : "héhé, j'ai bien réussi mon coup" (c'est-à-dire Vatican II, et les réformes funestes qui ont suivi).

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