La crise, c'est quoi la crise ?

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Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par vobisangelicum » dim. 14 févr. 2010, 10:45

Le Pape a raison mais qui l'écoutera dans une société qui a propension à adorer l'Argent ? La société actuelle a cassé ses fondements, ses racines... et quelque chose me dit qu elle ne laissera pas tomber le pouvoir et l'argent comme ca.

Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par etienne lorant » sam. 13 févr. 2010, 16:29

Ci-après l'extrait d'une lecture de l'Encyclique du Pape Benoît XVI à propos des marchés financiers et les media

Lettre encyclique de Benoit XVI donnée à Rome le 29 juin 2009

La finance devenue chrématistique (ou, comme l’on dit aujourd’hui, un art de créer de la valeur) pervertit l’économie. “Le développement économique s’avère factice et nuisible, s’il s’en remet aux “prodiges” de la finance pour soutenir une croissance artificielle liée à une consommation excessive (68). ” Il faut rappeler que “la visée exclusive du profit, s’il est produit de façon mauvaise ou s’il n’a pas le bien commun pour but ultime, risque de détruire la richesse et d’engendrer la pauvreté. Le développement économique que Paul VI souhaitait devait être en mesure de produire une croissance réelle qui s’étende à tous et soit concrétement durable (21)” Cependant, s’il avait compris “que la question sociale était devenue mondiale (13”), on constate qu’avec cette récente “explosion de l’interdépendance planétaire, désormais communément appelée mondialisation (33).”, les écarts sociaux n’ont pas diminuaient. Ainsi, ‘la richesse mondiale croît en terme abvsolu, mais les inégalités augmentent (21).” La croissance de ces dernières décennies n’est pas universelle. Elle n’est pas partagée par tous, ni durable. Elle s’inscrit dans une logique de court terme au détriment d’investissements publics et privés de protection et d’aménagement patrimonial, notamment de nos environnements et infrastructures collectives qui nécessitent le long terme. Ainsi, “ces dernières années, on a vu la croissance d’une classe cosmopolite de managers qui, souvent, ne répondent qu’aux indications des actionnaires de référence, constituées en général par des fonds anonymes qui fixent de fait leurs rémunérations (39).” Le danger de la création de valeur à court terme est ici clairement dénoncé : “Il faut éviter que le motif de l’emploi des ressources financières soit spéculatif et cède à la tentation de rechercher seulement un profit à court terme, sans rechercher aussi la continuité de l’entreprise à long terme… (29).” Rappelons que cette tentation de court terme est entretenue par la libéralisation des capitaux qui autorise la mobilité des capitaux, l’instabilité des taux de changes, la prépondérance des marchés financiers et l’acceptation des normes comptables qui privilégie la valeur actuarielle (c’est—à-dire incorporant des plus values potentielles qui ne sont pas encore réalisées) à la valeur historique. Il convient par ailleurs que “les initiatives financières où la dimension humanitaire est dominante”, soient certes poursuivies, mais ne soient pas le prétexte à empêcher “le système financier tout entier de s’orienter vers un soutien du développement véritable”. (…) En ce sens, “les opérateurs financiers doivent rédécouvrir le fondement véritablement éthique de leur activité afin de ne pas faire un usage abusif de ces instruments sophistiqués qui peuvent servir à tromper les épargnants” Sont ici encouragées les expériences de crédit coopératif, de microfinance, mais l’encyclique conseille également de concevoir “ d’autres voies, comme par exemple des formes de coopération à l’achat, telles que les coopératives de consommation (66)”.

· Le danger d’asservissement médiatique La diffusion croissante des moyens de communication sociale est également influencée par le développement technologique, “ pour le bien et pour le mal.” Mais “ cette nature strictement technique des médias” tend “à favoriser leur subordination au calcul économique, dans le but de dominer les marchés, (…) d’imposer des paramètres culturels de fonctionnement à des fins idéologiques et politiques” (73). Les échanges culturels sont aussi devenus des marchandises, ce qui favorise un double danger : On note, en premier lieu, “un éclectisme culturel assumé souvent de façon non critique : les cultures sont souvent mises côte à côte et considérées comme substantiellement équivalentes et interchangeables entre elles. Cela favorise un glissement vers un relativisme qui n’encourage pas le vrai dialogue interculturel (26)”. Il faut également souligner que les techniques d’aujourd’hui permettent d’élargir le spectre des connaissances culturelles mais n’en délivrent pas le sens et les signications spirituelles et sociales. Amputées de leurs valeurs originelles “la signification profonde de la culture des différentes nations, des traditions des divers peuples, à l’intérieur desquelles la personne affronte les questions fondamentales de l’existence, en vient à disparaître (26)”.“Quand cela advient, l’humanité court de nouveaux périls d’asservissement et de manipulation (26)”. Les peuples sans mémoire sont des peuples sans avenir. Considérer que le perfectionnement technologique est une fin en soi dont l’aboutissement marquera la fin de l’aventure humaine est une dérive intellectuelle fréquente [2], notamment, quand l’homme, en s’interrogeant uniquement sur le comment, omet de considérer tous les pourquoi qui le poussent à agir (70).” Il convient donc de dénoncer “l’absolutisme de la technique (qui) tend à provoquer une incapacité à percevoir ce qui ne s’explique pas par la matière (77).” Il faut retrouver le sens de nos activités et le lien qui nous unit dans la proximité, mais aussi dans le temps et l’espace.

Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par vobisangelicum » sam. 13 févr. 2010, 14:33

Permettez-moi d'émettre et de contrôler les ressources monétaires d'un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois.

Rothschild

Que peuvent les lois, là où seul l'argent est roi.

Pétrone

Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par boisvert » sam. 13 févr. 2010, 12:49

Pleure donc pas l'ami... Tu savais bien pourtant que le libéralisme, c'est pratiquement la société idéale ! Toi, tu pries et tu bosses, les autres font des sous, les Etats des chômeurs, et quand les saints spéculateurs font ratent leur coup, c'est pas grave, c'est le citoyen qui paie !

Tâche d’encre

Comment le monde financier peut-il influer sur les prix du pétrole et du blé ? Nombre d’institutions financières n’achètent pas réellement du pétrole ou du maïs, mais profitent de ce qu’on appelle des « futures ». Les « futures » sont des contrats selon lesquels un acheteur s’engage à acheter, à un certain moment, une quantité d’une matière première à un prix fixé. Le vendeur accepte de livrer à ce prix. Ces contrats permettent aux producteurs de se munir contre d’éventuelles fluctuations de prix : l’agriculteur qui sème en mars est donc sûr du prix qu’il recevra en septembre. Le spéculateur traditionnel achète ces futures à ce prix, tout en espérant qu’en septembre le prix sera supérieur, lui permettant de vendre à profit.

Même les caisses, les fonds d'investissement alternatifs et les banques se présentent en masse comme acheteurs des futures. Cela augmente la demande, fait monter les prix futurs et, partant, les prix actuels. Car plus la différence entre les futures et le prix du jour est grande, plus les entreprises de pétrole, par exemple, auront tendance à garder leurs stocks de pétrole, dans l’espoir de vendre aux prix « futures » plus intéressants. Voilà qui fait monter le prix du jour.

Michael Masters, pendant douze ans le manager d’un de ces fonds, à une séance d’audition du sénat américain en mai 2008 : « Pourquoi la demande des matières premières ne cesse d’augmenter, même si le prix est déjà très haut ? C’est parce qu’une nouvelle catégorie de joueurs s’est présentée sur le marché des futures en matières premières :des investisseurs institutionnels comme les caisses, les fonds,… A eux seuls ils excèdent déjà le nombre d’intervenants traditionnels. » Et Masters d’appeler ces investisseurs institutionnels des « spéculateurs de l’index » parce qu’ils spéculent sur sur l’augmentation des prix de matières premières et l’index correspondant.

Comme quoi on peut être catho avec des lunettes noires et dire: "Mais non, je ne vois rien !"


Image

D'après le livre de Georges Conchon, le film relate une affaire d'escroquerie, sur la base de bulle spéculative en 1974 sur le prix du sucre. Jean Carmet y incarne un petit épargnant (Adrien Courtois) qui y perd tout l'héritage de sa femme. Gérard Depardieu est lui un courtier fantasque et sans scrupules nommé Renaud D'Homécourt de la Vibraye (vicomte de...). Entre les deux hommes, si différents, va naître une amitié et une complicité.

Autour de ce couple gravitent des personnages tout aussi savoureux : Karbaoui (Roger Hanin), l'homme d'affaires pied-noir exubérant et magouilleur ; Grézillo (Michel Piccoli), haut magnat de la finance complètement mégalomane. Il faut aussi remarquer la métamorphose de la pharmacienne de province, madame Courtois, au départ austère et introvertie qui « explose » littéralement avec l'arrivée de la fortune

Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par MB » sam. 13 févr. 2010, 11:27

Franck a écrit ::arrow: Il me semble que Rolls-Royce plc, l'entreprise citée par l'article, ne fabrique pas des voitures de luxe mais des moteurs pour avions et pour navires. Le journaliste confond Rolls-Royce plc et Rolls-Royce Motor Cars, qui sont deux sociétés parfaitement distinctes et indépendantes, ce qui est fâcheux car cette séparation remonte tout de même à 1973. Rolls-Royce Motor Cars appartient aujourd'hui au groupe BMW.

:arrow: On comprend toutefois le sous-entendu douteux de ce journaliste : alors que la crise fait rage, les fleurons du luxe prospèrent ! Et alors ? Les voitures de luxe ont au moins le mérite d'être plus ou moins largement conçues et assemblées sur le continent européen. On est loin de Renault et de sa Clio made in Bursa.

:arrow: Si la Grèce est dans une telle situation, c'est avant tout la faute de l'État grec et de sa politique d'endettement inconsidérée -sans même parler de ses mensonges et autres falsifications. Il est dès lors cocasse d'appeler à la reprise en main des marchés financiers par ces mêmes États incapables de gérer correctement un budget. Si les États ne veulent pas devenir la victime consentante des spéculateurs, qu'ils cessent de vivre au-dessus de leurs moyens.
Avé
Entièrement d'accord avec Franck !
Les marchés financiers ont bon dos : manière commode, pour les dirigeants des Etats, de se défaire de leurs reponsabilités (c'est pas ma faute, c'est celle des méchants capitalistes). Commençons déjà par gérer correctement les finances publiques, et après on en reparlera.
Je rappelle au passage - en déviant légèrement - que les finances de l'Etat français, jusqu'en 1980, étaient en situation d'équilibre ; depuis 1980, les dirigeants qui se sont succédé ont rendu systématique la pratique du déficit : "après moi, le déluge", ce qui correspond d'ailleurs à peu près à l'arrivée aux commandes de la nation de cette génération parasitaire née tout juste après la Seconde guerre mondiale.

Amicalement
MB

Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par etienne lorant » ven. 12 févr. 2010, 18:07

arrow: Il me semble que Rolls-Royce plc, l'entreprise citée par l'article, ne fabrique pas des voitures de luxe mais des moteurs pour avions et pour navires. Le journaliste confond Rolls-Royce plc et Rolls-Royce Motor Cars, qui sont deux sociétés parfaitement distinctes et indépendantes, ce qui est fâcheux car cette séparation remonte tout de même à 1973. Rolls-Royce Motor Cars appartient aujourd'hui au groupe BMW.

C'est vrei que Rolls-Royce a produit le moteur Merlin qui a permis aux Spitifies, ainsi qu'aux P51 Mustang, de surclasser les Messerschidt 109.

:arrow: Si la Grèce est dans une telle situation, c'est avant tout la faute de l'État grec et de sa politique d'endettement inconsidérée -sans même parler de ses mensonges et autres falsifications. Il est dès lors cocasse d'appeler à la reprise en main des marchés financiers par ces mêmes États incapables de gérer correctement un budget. Si les États ne veulent pas devenir la victime consentante des spéculateurs, qu'ils cessent de vivre au-dessus de leurs moyens.

D'accord c'est la faute de l'état Grec. Mais étant donné que vous avez voté pour l'Europe, vous allez payer pour la Grèce. Allons, soyez philosophe, pensez à Socrate !

Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par FMD » ven. 12 févr. 2010, 16:26

:arrow: Il me semble que Rolls-Royce plc, l'entreprise citée par l'article, ne fabrique pas des voitures de luxe mais des moteurs pour avions et pour navires. Le journaliste confond Rolls-Royce plc et Rolls-Royce Motor Cars, qui sont deux sociétés parfaitement distinctes et indépendantes, ce qui est fâcheux car cette séparation remonte tout de même à 1973. Rolls-Royce Motor Cars appartient aujourd'hui au groupe BMW.

:arrow: On comprend toutefois le sous-entendu douteux de ce journaliste : alors que la crise fait rage, les fleurons du luxe prospèrent ! Et alors ? Les voitures de luxe ont au moins le mérite d'être plus ou moins largement conçues et assemblées sur le continent européen. On est loin de Renault et de sa Clio made in Bursa.

:arrow: Si la Grèce est dans une telle situation, c'est avant tout la faute de l'État grec et de sa politique d'endettement inconsidérée -sans même parler de ses mensonges et autres falsifications. Il est dès lors cocasse d'appeler à la reprise en main des marchés financiers par ces mêmes États incapables de gérer correctement un budget. Si les États ne veulent pas devenir la victime consentante des spéculateurs, qu'ils cessent de vivre au-dessus de leurs moyens.

Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par etienne lorant » ven. 12 févr. 2010, 11:08

Lorsqu'on entend que l'UE se réunit et se met d'accord pour soutenir la Grèce, l'expression "marchés financiers" revient tout le temps. Les "marchés financiers" étaient inquiets et ils se sont tournés vers le dollar, supposé être une valeur refuge. Les pays de l'UE se sont mis d'accord pour dire qu'ils s'uniront pour défendre la zone euro; cette déclaration a pour but de rassurer les "marchés financiers".

Et finalement, c'est qui, les "marchés financiers" ? Ce sont les spéculateurs, pardi ! Oui, mais qui sont les spéculateurs ? Les plus gros sont sans doute connus, mais tous ceux qui les suivent à chaque mouvement ... on sait pas trop. Cela signifie donc que l'Union européenne comme les Etats-Unis sont obligés de faire de la politique en fonction des spéculateurs. Je me pose donc ces questions : Qui nous gouverne en fait ? Que valent encore les programmes de gouvernement ? Où cela peut-il aboutir ? Comment financer les programmes d'écologie si les "marchés financiers" ne suivent pas ?

Il faudrait que les Etats et les unions d'Etat reprennent le contrôle, par la force s'il le faut, quitte à fermer les "marchés financiers".

Re: La crise, c'est quoi la crise ?

par vobisangelicum » jeu. 11 févr. 2010, 22:35

Si cela peut vous rassurer, je ne sais plus ou j'ai lu ca mais les banques ont fait leur meilleur chiffre d'affaire depuis dix ans :siffle:

La crise, c'est quoi la crise ?

par etienne lorant » jeu. 11 févr. 2010, 17:45

Après une perte en 2008, Rolls Royce et ces célèbres voitures ont terminé l'année 2009 avec un carnet de commandes record. Plus de 10 milliards de livres de chiffres d'affaires et plus de 2 milliards de bénéfices.


Rolls Royce ne connait pas ...

Le motoriste britannique Rolls-Royce a terminé l'année 2009 avec un carnet de commandes record. Le montant? 58,3 milliards de livres. Le constructeur annonce aussi un solide bénéfice net après une perte l'année précédente. Ce bénéfice s'élève à 2,221 milliards de livres, après une perte de 1,34 milliard l'année précédente.

Le chiffre d'affaires s'est élevé à 10,414 milliards de livres, une hausse de 14,7%. Le groupe a proposé un dividende final de 9 pence par action, en hausse de 5% par rapport à 2008, soit un total de 15 pence par action pour l'année, en hausse de 4,9%.

Le directeur général John Rose a noté qu'il s'agissait "de résultats solides malgré des conditions commerciales difficiles, ce qui démontre la solidité de notre entreprise". Il a estimé qu'en 2010, le chiffre d'affaires et les bénéfices seraient "globalement en ligne avec ceux de 2009".

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